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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 14:50

Dries Van Noten  inspirations multiples

Le « Dress code »  est sans doute « s’habiller en noir » : ce soir  vernissage au Musée des Arts décoratifs. Passent dans la foule une dame aux cheveux blancs, chaussettes noires et Dr. Martens, un monsieur chic en short suivi d’un autre avec une belle paire de derby noirs et dorés etc…

Accueil ambiance noire dans la première pièce tapissée de lettres et de textes.  Dries Van Noten est né en 1958 et nous sommes amenés à comprendre, dans la salle suivante, qu’il a étudié à Anvers en écoutant Bowie et Debbie Harris. Plongée dans l’inspiration de Dries Van Noten jeune dans les années 80 : Montana aimait le bleu électrique et les épaules larges. Si  l’on se réfère aux vêtements qui habillent les mannequins des vitrines, tout le monde aurait pu sans problème jouer dans la Guerre des étoiles. Dans la salle, papotage, embrassades en résulte  embouteillages et une  circulation difficile.

D’autres vitrines, d’autres vêtements, des petits écrans dans lesquels défilent soit des mannequins l’air sinistres soit des extraits de film : belle scène de Jane Campion avec le piano qui tombe dans la mer dans Dries Van Noten inspiré par l’époque victorienne.

Nous continuons notre lente avancée devant un Dries Van Noten inspiré par Gainsbourg ou par Bacon ?  La vue d’un joli petit short doré porté avec une veste noire fait ronronner mon accompagnatrice, mais elle n’aime pas le gros collier autour du cou du mannequin de tissu noir. 

Après un certain nombre de Dries Van Noten : aux jardins, en Orient, dans les corridas etc… Nous terminons par Dries Van Noten et Jimi Hendrix flower power inspiration de la collection 2014, ces modèles sont disponibles dans les boutiques Dries Van Noten.

Information Pratiques :

Dries Van Noten Inspirations

Jusqu’au 31 août 2014

Les Arts Décoratifs – Mode et textile
107 rue de Rivoli
75001 Paris

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20 juillet 2013 6 20 /07 /juillet /2013 19:15

 

    A se retourner dans son sarcophage par Michel Duvail

 

 

 

photo expoCertes, ce n’est pas une exposition d’art contemporain d’un accès facile.  Elle semble  même revendiquer son hermétisme et sa conceptualité. Globalement c’est pédant… et elle mérite sans doute un premier prix en matière d’élitisme abscond.

 

Les commissaires de l’exposition, à  vouloir inciter le public à devenir plus critique dans sa façon de regarder les expositions en général, ont totalement atteint leur objectif.

 

 

 

photo1-copie-1L’idée des concepteurs est qu’un objet d’art ou non, placé en situation d’être vu voit son statut changer. L’exposition, pour faire simple, donne à réfléchir sur la façon dont sont perçus les objets en fonction du lieu et de l’époque où ils sont admirés.  Pour cela les objets présentés  font des allers-retours entre culture ancienne (essentiellement égyptienne) et contemporaine de moins 2000 à plus 2000.  La confrontation historique entre les rapports complexes Occident – Moyen Orient a dû m’échapper dans la chaleur des sous-sols de l’IMA.

 

L’exposition est divisée en trois parties : sections artistes, musée, public mais cela ne la rend malheureusement pas plus accessible. Il y a quelques belles sculptures à admirer ainsi que les sublimes dessins de David Roberts (the Holly land – 1849).

photo2-copie-1.JPG

 

 

A ne pas rater le sarcophage Tupperware.

 

Dans un genre approchant,  les maîtres du désordre étaient au moins jouissifs.

  photo-3-copie-1.JPG

IMA

Jusqu’au 8 septembre 2013

 

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 18:22

Les frères Bouroullec aux Arts Décoratifs, ou comment rendre les gens heureux .

 

 

         chaises.jpgUne nef gigantesque, une architecture majestueuse et guindée, où les pas résonnent sur le marbre : le Musée des Arts Décoratifs, rue de Rivoli, le Temple des Arts Décoratifs. Il est aujourd'hui apprivoisé, transformé , rajeuni par les créations de Erwan et Ronan Bouroullec, jeunes designers édités par de nombreux et prestigieux distributeurs de meubles,  de vêtements, de spectacles ….

         Ce qui me frappe chez eux, au delà de ce tour de force très réussi de la transformation de l'espace du hall du Musée, c'est cet art de la séparation : cloisons, paravents, claustras, parois mobiles, l'espace est modulé, segmenté pour l'intimité (comme ce meuble lit, à mi chemin entre le camping- car, le lit de la princesse et la cabane de tous nos rêves d'enfants) ou le travail, comme ces réalisations qui humanisent et allègent les open spaces. Influences orientales et occidentales mélangées, un dialogue subtil avec les jardins des Tuileries, et leurs paravents de buis  , sur lesquels s'ouvrent les grandes fenêtres .

       lit.jpg J'ai également retenu la relation forte du design et du dessin, comme en témoignent les croquis, cahiers, aquarelles, dessins aux feutres exposés partout dans l'espace. Et la magie de la troisième dimension, si habilement sculptée par la lumière, qui surgit brusquement de la page du cahier .

         Les visiteurs ont le sourire, ils sont amusés et émerveillés dans cet univers simple et bienveillant.

 

         Oui, le design n'est pas seulement  nordique, japonais ou italien, il est aussi français , certains diront même breton !!

 

Informations pratiques :

Jusqu'en septembre 2013

Musée des Arts Décoratifs

107 , rue de Rivoli Paris

 

Illustrations par l'auteur ou extraites du site Bouroullec.com

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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 18:14

metro.jpgKeith Haring : l'art évident par Marie-Anne Chenerie

 

         Contemporain de Basquiat, Boisrond, Kenny Scharf, il a en commun avec eux l'aisance du trait , la simplicité apparente, une technique plus proche du graffiti que de la BD. Il représente pour moi ce que la «  figuration libre » des années 1980 a de meilleur, bien davantage que la peinture italienne ou allemande de cette époque, trop littéraire , mythologique, parfois prétentieuse .

         Ludique, mais pas seulement , on retrouve toujours l'engagement politique et social dans ses sujets, dans ses techniques , comme dans les supports utilisés ( le métro par exemple ). Urgence du Sida qui faisait alors des hécatombes, avec l'image  pour moi associée à Keith Haring : la mobilisation devant la Maison Blanche , où la pelouse était recouverte de couvertures brodées représentant chaque personne morte de l'épidémie, dont devait d'ailleurs faire partie Haring quelques années plus tard , à 31 ans .

         7760535479_keith-haring.jpgSon travail est devenu plus virulent, radical, sarcastique, bien différent de son regard rêveur et de son look à la Woody Allen : il est loin d'être uniquement drôle et décoratif , son art , si simple et si évident porte en fait un message violent .

         Un artiste «  parfait » aussi , accessible, universel , tout de suite identifiable , « maudit » parce que mort jeune , bref une icône !

 

Informations pratiques :

Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris , jusqu'au 18 août

et

The Political Line au 104

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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 22:07

affiche--2-.jpgL'impression de nature, par Marie-Anne Chenerie

 

         La visite avait bien mal commencé :je reçois un cinglant «  Vous avez votre carte de presse ? » à l'entrée de l'exposition lorsque je demande si je peux avoir le dossier de presse. Vexée , je me drape dans ma dignité , pensant que ces pourtant très jeunes femmes à l'accueil ne sont peut être pas au courant que le monde du journalisme a légèrement changé depuis les réseaux sociaux et les blogs. Vous aurez donc ici les photos que j'ai prises dans la Galerie des Gobelins , le principe du dossier de presse , par ailleurs accessible à tous depuis Google, étant de fournir des visuels autorisés et de bonne qualité .

         Bon, après ce début difficile, je reconnais que l'exposition est excellente , mêlant dans un parcours cohérent mais non chronologique des tapisseries  depuis l'âge d 'or de la «  verdure » , représentation convenue de la nature omniprésente et touffue depuis le Moyen Age jusqu'à de superbes oeuvres contemporaines : je citerai Hadju et le magnifique tapis / feuille avec des nuances de noir très subtiles , ou Traquandi et ses « Plantes avec un oeil », qui donne une dimension vivante et étrange à l'oeuvre , ou encore Oppenheim et les Marronniers . Ces artistes ont exploité la technique particulière de la tapisserie , en reproduisant la touche et le geste du peintre, avec une la profondeur et la subtilité spécifiques que donne la tapisserie . Et l'accrochage qui valorise aussi bien le revers que l'endroit est extrêmement intéressant : ce qui est habituellement caché se révèle complexe, riche, un faire valoir indispensable de l'endroit , à tel point que l'on ne sait plus ce qui doit être admiré , ou caché . gobelins-3--4-.JPG

         gobelins-2--3-.JPGUn seul regret, important : la tapisserie est , peut être encore davantage que la gravure,  une technique peu et mal connue , étiquetée rare, ancienne, difficile , rébarbative (que celui qui n'a pas baillé devant une tapisserie de Poussin lève la main) ; j'aurais aimé quelques explications techniques ou esthétiques , un parcours de l'exposition, un rappel de la continuité évidente et riche des représentations de la nature depuis plusieurs siècles, bref, un dossier de presse pour le public !

 

Informations pratiques:

Gobelins par Nature - Eloge de la Verdure - XVIè-XXIè siècle

Manufacture des Gobelins ,

jusqu'au 19 janvier 2014, 42 avenue des Gobelins

 

Illustrations par l'auteur

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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 18:21

Confesse : l ‘excellence des petits formats  par Marie-Anne Chenerie

 

 

affiche-copie-1.jpgIl y a des mots comme ça, inoffensifs en apparence, et qui, si vous les détaillez, prennent une vie propre et s’avèrent en définitive vivants, moqueurs, ambivalents. Tel est le mot « Confesse », qui prend un tout autre sens si on le lit comme sur l’affiche de l’exposition Fabien Chalon à la Mairie du IV è arrondissement à Paris ; même chose d’ailleurs pour le mot « Vraiment », aussi utilisé dans l’exposition.

 Des boîtes de la taille d’une télé ( … vintage ) dont le spectateur déclenche lui-même le mécanisme d’animation  évoquent cet univers particulier : son, fumée, lumière, mouvement, tout y est , avec quelques éléments récurrents comme les billes qui roulent ou les effets spéciaux de brouillards..

        Impression d’un univers de fantaisie, inquiétant et apaisant à la fois, qui mélange poésie et mécanique. Exactement comme quand, enfant, vous tombiez par hasard sur une séquence à la télé, ou une photo dans un magazine (on a beaucoup plus rarement regardé par le trou de la serrure…), presque une intrusion dans l’univers « des grandes personnes ». D’autant plus frappant lorsque les boîtes traitent du « sexe », rouge et noir, bordel et enfer, religion et contrition, sensualité et confessionnal. Peut-être certains de nos lecteurs gardent le  souvenir des passages dans les confessionnaux, moi j’y ai retrouvé cette ambiance confinée, ambiguë, dont le poids ne disparaît que quand vous sortez, trop content d’acheter votre  légèreté avec quelques prières dites d’autant plus fiévreusement que vous avez senti le vent de l’enfer ..

 

        IMG00538-20130405-1751-copie-1.jpgBref, de très bonnes mises en scène avec les petits formats de la Mairie du  IVè. En effet j’ai été revoir l’installation de Fabien Chalon à la Gare du Nord, et j’y ai été un peu déçue : quasiment personne ne regarde la machine, pourtant très grande, qui vit sa vie de machine un peu solitaire, dans l’indifférence de la foule pressée. Le petit format contribue, pour ce type de représentation, à l’intimité et à la force du message.

 

Informations pratiques :

Mairie du 4 ème jusqu’au 30 avril

2 place Baudoyer

 

Illustrations par l’auteur et affiche

 

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25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 08:45

 Hyper réalisme sculptural Par Michel Duvail

 

affiche.jpgPourquoi ai-je pensé à Angela Merkel, prenant le soleil sur une plage, en voyant la première sculpture monumentale qui occupe tout l’espace du grand hall de la Fondation Cartier ? Est-ce l’actualité, est-ce le réalisme exacerbé des sculptures ?

 

La nouvelle exposition de la Fondation, présente moins d’une dizaine d’œuvres et un documentaire de près d’une heure sur le travail de Ron Mueck. Le nombre réduit de sculptures exposées entraîne une petite frustration en sortant. De ce fait l’exposition se visite assez rapidement même si trois sculptures nouvelles ont été spécialement créées pour cette occasion.  On peut se rabattre sur le film quasiment muet mais très didactique sur la progression de la conception de ces 3 nouvelles œuvres.

photo-1.JPGL’opportunité de voir le travail de Ron Mueck est suffisamment rare pour justifier la visite et cette exposition qui devrait faire le plein. La lenteur du  processus de l’artiste : d’une très grande minutie créative, explique le peu d’œuvres nouvelles présentées.

Les pièces montrées sont d’un réalisme époustouflant presque dérangeant, ce qui peut exacerber notre côté voyeuriste. Mais les changements de format : du géant au modèle réduit en font toute leur originalité. On dirait des arrêts sur image montrant les détails les plus intimes des personnages, ce qui leur confère une dimension secrète, mystérieuse, intrigante. Pourquoi nous touchent-elles ? Alors que les sujets sont d’une grande banalité comme ces deux personnes âgées sur une plage, cette femme portant son enfant sur son ventre, ce coq plumé et pendu par les pattes ou encore cet homme se prélassant dans une piscine imaginaire mais présenté à la verticale. Je pense que chaque visiteur, comme dans certains vieux tests de psychologie clinique, sera amené à partir de sa propre interprétation à se raconter une histoire pour chacune. C’est ce qui rend les sculptures si vivantes dans leur immobilisme tout en agissant sur notre imaginaire, en faisant apparaître le rêve dans le réel.

 

photo-2.JPGInformations Pratiques

Fondation Cartier

261 boulevard Raspail

75014 – Paris

 

Du 16 avril au 29 septembre 2013

9,50 euros

 

 

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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 19:09

Fleurs de bitume par Marie-Anne Chenerie

 

flower2.jpgOui, j’avoue que j’ai jeté les piles de la télécommande dans la poubelle de cuisine, que j’ai mangé des tomates le jour où les rues étaient pleines de neige, que je râle contre l’ampoule écologique qui met si longtemps à éclairer et que je pense que le jus « gingembre, kiwi, persil, orange » ne vaut décidément pas un bon soda bien sucré .

Bref, j’ai parfois du mal avec la discipline écologique , mais les « Flowers 2.0 » de Pierre Estève sur le parvis de La Défense m’ont ravie, comme l’ont fait certaines créations en parfaite résonance avec ce lieu si particulier, et que nous avons régulièrement commentées dans ce blog. Ces fleurs faites de bouteilles de plastique donnent l’impression d’une nature qui a muté, qui a poussé sur ce sol de ciment et de business, graine d’internet, de communication et de consommation. Un réel symbole de notre nouvelle ville , une vraie réussite en accord avec ces tours et ce ciel harmonieusement gris et ces passants toujours pressés .

Une nature  fantastique et finalement très poétique comme beaucoup d’œuvres de Pierre Estève, artiste multiforme tourné vers le langage, les sons, les modes d’expression  aux confins de la musique, du land art et de la spiritualité. C’est la preuve, s’il le fallait, que l’art peut aussi contribuer efficacement au langage « vert » .

IMG00535-20130404-1252.jpgPhotos par l’auteur

L’exposition s’est terminée ( elle a duré quelques jours, comme de vraies fleurs , du 4 au 7 avril , le site de l’artiste : www.pierreesteve.com)

 

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 18:45

Ombres et lumières autour d’un  chat noir par Anne Le Menn.

Jardin-musee-de-Montmartre.jpgLe musée de Montmartre expose les mécanismes réalisés par  le peintre graveur Henri Rivière pour un théâtre d’ombres.  Ce spectacle était l’attraction du cabaret le Chat Noir. A la fin du XXe siècle, ces prestations étaient à la mode et tout Paris se pressait s’en divertir à Montmartre.

Le cabaret du Chat est emblématique d’une vie nocturne active où intellectuels, bourgeois et artistes se retrouvaient. Celle de la « Belle époque » que recherche le touriste qui arpente les rues du quartier. Le musée de Montmartre en garde l’âme, sur un site extraordinaire par son côté provincial désuet. Il a été rénové, un nouveau parcours permet de découvrir la maison et les jardins, desquels le regard plonge sur un Paris arboré.

Chat-noir-Henri-Riviere.jpgIl est délicieux de flâner devant la reconstitution des mises en scène d’Henri Rivière. Les silhouettes découpées dans du zinc apparaissent sur les écrans éclairés, elles donnent naissance à un monde binaire en noir et jaune. Un seul piano suffisait à accompagner le spectacle.

Le réalisateur Michel Ocelot a utilisé le théâtre d’ombres dans son film Princes et Princesses. De jeunes compagnies comme celle des Ombres Portées continuent à raconter des histoires par ce type de scénographie. Ils exploitent ainsi le potentiel créatif du théâtre d’ombres, déjà mis en lumière il y a plus d’un siècle par le cabaret du Chat Noir.

 

Informations pratiques

Exposition  "Autour du Chat Noir, arts et plaisir à Montmartre 1880-1910 » jusqu’au 2 juin 2013.

Pekee  Nuee Nuee théâtre d’ombres par la compagnie Les ombres portées.

 

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 18:39

L’atelier Brancusi à Beaubourg: seulement l’essentiel.

Par Marie-Anne Chenerie

 

 

atelier-beaubourg.jpgUn après midi, fatiguée d’expositions peu consistantes et néanmoins prétentieuses du Marais , je me suis dirigée vers l’atelier de Brancusi à Beaubourg, pour me « rincer l’œil », rincer dans le sens de nettoyer. Ici , tout est poli et pur, la collection de têtes ovales horizontales, tellement vues, si connues et si souvent reproduites qu’on ne les regarde plus, presque des noyaux, des cotylédons qui vont s’ouvrir pour laisser place au germe. Brancusi élimine toutes les imperfections, les marques d’usure, pour tendre à la pureté , avec des matériaux mêmes qui sont lourds, terrestres, comme le bronze, le marbre, le chêne. Ce qui me plait, c’est ce vieillard, qui dans les 20 dernières années de sa vie n’a presque rien créé de nouveau après ces formes épurées, comme s’il avait déjà trouvé l’essentiel et que davantage était inutile.

brancusi-photos-darchive.jpgLes photos de son atelier parisien réel, dans le XIV ème arrondissement de Paris, les piedestaux sculptés , la présence bienveillante et forte de l’artiste, sont des images mystérieuses et éblouissantes. Il me semble que son œuvre , présente partout dans son atelier, a trait au voyage, au départ, comme la colonne sans fin, départ vers le ciel, que ce soit la mort ou l’envol.

baiser.jpgLe « Baiser » est pourtant une exception, le thème le plus récurrent de son œuvre; toutes les créations autour de ce thème sont brutes et non polies, en un seul bloc parfaitement rectangulaire, comme des amants trapus. Et qui aspirent à être moins incomplets, leurs deux yeux de profil faisant une paire, leurs quatre lèvres faisant une seule bouche. Il y a presque une douleur dans ces pierres, et cette unité perdue, qui est, à mon avis, plus émouvante que la perfection tranquille des ovales polis .

 

Informations pratiques Atelier Brancusi Place Beaubourg, Du mercredi au lundi de 14h à 18h, Entrée libre

A lire : l’excellent ouvrage de critiques de John Berger «Le format d’une poche», qui m’a donné , entre autres, l’envie de revoir Brancusi

Les illustrations sont des visuels du Centre Pompidou .

 

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