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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 08:42

Intense Proximité – Triennale 2012 au Palais de Tokyo

« L’art en chantier » par Michel Duvail

 

ptk1-copie-2.jpgPremière grande exposition de la réouverture du Palais de Tokyo, la Triennale propose un large état des lieux de l’art contemporain au confluent de la scène française et internationale.

ptk2.jpgA votre arrivée, vous êtes accueilli par une immense structure métallique grise et rouille, une sorte de chimère gardienne des lieux et des entrailles du Palais qui pour la première fois vous sont ouverts.ptk3.jpg

 

Puis vous avez l’impression d’errer entre un chantier du bâtiment, une brocante, une quincaillerie et un fleuriste. C’est assez surprenant et exaspérant de se promener dans ce squat en friche peuplé de vigiles tout en noir. Au détour d’un couloir, vous risquez de marcher dans des excréments d’éléphants décorés de perles noires, vertes et rouges ou de croiser une chambre à air cousue de rubans. On passe devant les œuvres, on flâne, rien ne semble vous accrocher, vous pouvez même être envahi par un rejet de l’exposition dû à la laideur de ces lieux bruts et toujours en travaux.ptk5.jpg

 

Et puis perplexe devant une œuvre qui m’a fait penser à la décoration d’une chambre d’adolescent, une jeune fille s’approche et me propose des explications et tout s’éclaire. Les intercesseurs du Palais portent de gros badges, n’hésitez pas à les consulter.ptk6.jpg

 

Elle m’a accompagné et m’a consacré beaucoup de temps à me présenter l’exposition, me l’expliquer et réussir à faire évoluer mon  premier sentiment d’incompréhension et de frustration.ptk7.jpg

 

Elle m’a montré les recoins des sous sols ou certaines œuvres magnifiques se cachent derrière des palissades de chantiers, comme ce grand manteau de métal fusionné de l’artiste ghanéen El Anutsui et je vous laisse partir à la recherche des larmes de visiteurs… recueillies dans un flacon de cristal lui-même enchâssé dans une colonne.

 

Ne manquez pas non plus l’œuvre « la terre sous pression » de Bahloul S’Himi avec cocottes minutes et bouteilles de gaz découpées pour en faire des mappemondes. Et puis au plafond d’une salle de projection (l’ancienne cinémathèque) cette installation de Julien Salaud qui fait penser aux dessins de la grotte de Lascaux.

 

Ou l’œuvre d’Ulla van Brandeburg, un superbe assemblage de couleurs dans un espace s’inspirant des pistes de skateboard.

 

En arrivant ou en partant n’oubliez pas de vous attarder devant la superbe sculpture murale qui couvre la façade du musée Galliera de ce même artiste ghanéen.

Allez voir cette exposition pour vous faire votre propre opinion. Elle ne séduira pas tout le monde, mais prenez votre temps devant la densité des œuvres, leur complexité et peut être vous laisserez vous gagner par cette sauvagerie brute qui émane de cette exposition. Et peut être déciderez vous de revenir l’explorer une seconde fois.

Informations pratiques :

Du 20 avril au 26 août 2012

De midi à minuit tous les jours, sauf le mardi

Palais de Tokyo

13, avenue du Président Wilson,

75 116 Paris

 

 

 

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 09:51

Histoire de la page blanche, à la Maison du Danemark par Marie-Anne Chenerie

 

           callesen.jpg Il est 15 heures un samedi sur les Champs Elysées : chaleur, foule, bruit, achats  plus ou moins opportuns, mal aux pieds.

            Et j'entre dans la grande salle de la Maison du Danemark, pour l'exposition de Peter Callesen «  La vie en papier ». Ici, un petit miracle : tout est subtil, aéré, frais, léger . Mais pas de cette légèreté facile et finalement superficielle, léger parce que l'artiste utilise exclusivement pour ses créations une feuille de papier blanc et un cutter,  que ses œuvres sont un équilibre subtil entre plein et creux, qu'elles occupent harmonieusement l'espace. Et elles sont en fait lourdes, c'est à dire pleines des  histoires qu'elles racontent .bateau

            Car il y a mille façons de raconter des histoires, et cette façon là est pleine d'humour, de tristesse, comme ces oiseaux prisonniers de leurs dessins, et même morbides, comme l'auteur le dit lui même.birds-trying-to-escape-their-drawing-1

            Peter Callesen a le génie du raccourci, et nous fait directement sentir ce que nous vivons  d'instable, de tragique, de drôle, d'inattendu. J'ai trouvé en particulier que l'artiste rendait très justement ces moments particuliers de notre vie, où les choses peuvent arriver, ou pas, ou peut-être ou jamais .J'ai aussi pensé devant toutes ces œuvres, qui détachent le dessin découpé en gardant une zone de contact, que nous collions toujours à notre origine, sans pouvoir nous en détacher. la vague

            Et j'apprécie que tout ceci soit montré à partir d'une feuille blanche, neutre, familière, facile à remplir avec différentes significations, avec une grande économie de moyens et une force d'autant plus remarquable.

 

Informations pratiques :

Maison du Danemark. 2etage. 142 avenue des Champs-Elysées. Paris 8e 

mardi-vendredi 13h-19h 
samedi, dimanche et jours fériés 13h-18h, jusqu'au 17 juin
entrée libre 

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 22:44

 

 

Les accropodes des Frères Chapuisat :

Voyage aux confins de l'enfance par Marie-Anne Chenerie

 

            Qui n'a jamais rêvé de disposer , aux confins de son imaginaire , de fabuleux espaces qui n'ont pas encore été identifiés : un voyage sans bagage vers des formes inconnues , presque extra terrestres, en tout cas marines ou sous-marines .

 

            J'ai trouvé ces espaces un dimanche après midi, , là où je ne m'y attendais pas . Vous imaginez le Marais par un dimanche ensoleillé, du monde, beaucoup de monde, des magasins chics, des passants habillés comme dans un magazine . Et, brusquement, au fond  d'une ruelle qui ne paie vraiment pas de mine, une pièce qui paraît petite et basse  de plafond, vous vous trouvez , en haut de l'escalier, face à une chose ( une bête ? ) brutale,  massive,, ce sont les accropodes  des frères Chapuisat.accropode1.jpg 

 

           

accropode2

Alors, en vous approchant et en vous glissant dans les fentes volontairement organisées , juste assez large pour vous laisser passer et vous faire douter de pouvoir revenir en arrière  , voilà les images très fortes de l'enfance ou de l'adolescence qui reviennent . Les rochers gluants au bord de la mer, les piles d'un pont qui trempent dans l'eau noire du fleuve , l'animal qui s'enfuit en glissant , telle une loutre ou une anguille , le reflet d'une lumière dans l'eau, lune ou phare de voiture ? Nous sommes au bout du monde,  nous sommes revenus frigorifiés et heureux , nous avons réussi de grands exploits , nous seuls savons que les autres «  jouent petit » . Et puis, plus tard, nous y sommes revenus avec un ( une ) autre ,chapuisat2.jpgsible . Mais ne comptez pas sur moi pour vous le raconter …accropode-3.JPG

 accropode-4.jpg

            Allez plutôt à cette exposition, une installation massive et légère , sombre ,( et c'est un coup de génie d'avoir transformé ces blocs de ciment gris clair en masses sombres, vivantes et animales, terriennes, et d'avoir utilisé l'espace jusqu'au plafond) . C'est en même temps lourd et léger , brutal , fermé et ouvert à la fois . J'y suis restée longtemps , paradoxalement ramenée par cette construction si urbaine et si « intelligente » , par  ces formes si géométriques qu'elles confinent à l'abstraction , à des souvenirs de nature et d'émotion , nuancés et puissants , bref des souvenirs d'enfance .

chapuisat1.jpg 

 

Informations pratiques :

Les frères Chapuisat, Centre culturel suisse,

32-38, rue des Francs-Bourgeois (IIIe) Tél. : 01 42 71 44 50.

Horaires : du mar. au ven. de 10 h à 18 h, sam. et dim. de 13 h à 19 h

 jusqu'au 18 décembre.

Entrée gratuite

 

Les photos des oeuvres des Frères Chapuisat sont extraites du dossier de presse

 

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 22:29

 Un bûcheron à Paris Par Michel Duvail

 

Organisée en dix espaces : huit de sculptures, deux de peintures et de dessins, l’exposition organisée par le MAM nous propose la première rétrospective française de quarante ans (1979 – 2010) de sculptures en bois peint de Georg Baselitz.

Ce qui vous saisit dans cette exposition ce sont ces pièces de bois volumineuses travaillées grossièrement à la scie, à la hache, à la gouge où la peinture est plus jetée que posée qui dégagent une énergie et une virilité brute.Une exposition qui ne peut laisser indifférent face à ces têtes scarifiées, ces corps mutilés asymétriques, ces géants nus ou habillés, ces bois tronçonnés tâchés de rouge, de bleu.

Plus l’on progresse dans l’exposition et plus les œuvres deviennent monumentales et pesantes (plus de 600kg pour quelques unes). Certaines œuvres font penser à un pastiche du néoclassicisme nazi ou stalinien qui a marqué l’histoire personnelle de l’artiste. On peut aussi y avoir des références aux Moaïs de l’ile de Pâques, ou encore aux colosses des Ramsès, mais pour moi elles n’ont pas la beauté de celles d’Ousmane Sow.

Il y a plusieurs temps forts dans l’exposition. Les 13 têtes de femmes jaunes «Dresdner Frauen » aux proportions et volumes différents font penser aux statues des frontons des cathédrales. Elles ont été sculptées en mémoire aux bombardements dont la ville de Dresde a été la victime à la fin de la seconde guerre mondiale. Partout la peinture jaune s’incruste dans les anfractuosités du bois comme les tapis de bombes qui ont ravagé la ville en 1945 et anéanti sa population. Vu de loin, les coups de scie font penser à des coups de pinceaux. En montant vers ces statues installées en haut d’un escalier, c’est presque vers un mémorial à ces victimes civiles de la seconde guerre mondiale auquel l’on accède.BA1

La sculpture ouvrant l’exposition « Modell für ein skulptur » date de 1980, elle a été présentée à la biennale de Venise dans le pavillon allemand. Un scandale lui est associé : était-ce un salut nazi de cet homme « nouveau » sortant de sa gangue de bois ? Sa polychromie rouge et noire en renforce l’ambigüité. CG02-copie-1.jpgUne tête G-Kopf (1987) présente un volume géométrique, un rubbik cube sous forme de sphère dont les taches de peinture bleue figurent les aspérités du visage, et que l’on pourrait peut être faire tourner dans tous les sens ? BS3.jpgClôturant l’exposition, des géants assis « autoportrait : font allusion selon le sculpteur au Christ de douleurs. Personnellement j’ai vu toute autre chose, des jouets pour Gargantua, des poupées sexuelles pour un cyclope car les œuvres sont avantageusement sexuées. bS4.jpgIl n’y a pas d’élégance dans ces statues, et pourtant elles nous troublent et peut être nous séduisent. Les corps et les visages déchiquetés et tailladés nous font ressentir le plus souvent la souffrance de leur vision. Comme dans ses peintures, les sculptures de Baselitz révèlent sa lutte continue contre l’harmonie et la symétrie.

 

INFORMATIONS PRATIQUES

Ouvert du mardi au dimanche jusqu'à 18h, Nocturne le jeudi jusqu'à 22h Tarifs Plein tarif : 9 € 30 septembre 2011 au 29 janvier 2012 MUSEE D’ART MODERNE DE LA VILLE DE PARIS 11 Avenue du Président Wilson – 75116 Paris

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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 22:42

L’automne des dépressifs au Centre Pompidou

Edward Munch : L’œil moderne

Yayoi Kusama 

Par Michel Duvail

EXP-YAYOIKUSAMA 

YAYOI KUSAMA DANS YELLOW TREE FURNITURE (2002), À LA TRIENNALE D'AICHI, 2010, COURTESY YAYOI KUSAMA STUDIO, TOKYO
© HAL REIFF

EXP-MUNCH.jpg 

 

Pourquoi mixer dans un même article ces deux expositions, parce que tant qu’à aller au Centre Pompidou ne vous privez pas de voir ces deux rétrospectives.

 

Idée originale, mais était elle voulue, d’exposer au même moment et dans le même lieu deux artistes a priori aussi dissemblables qu’Edward Munch et Yayoi Kusama mais qui ont en commun un vécu en établissement psychiatrique.

Much-2.jpg

Quoique les commissaires de l’exposition nous mettent en garde sur la lecture standardisée de l’œuvre d’Edvard Munch, elle est dans l’air du temps : déprimante et anxiogène et donc contemporaine expliquant ainsi son sous titre : l’œil moderne. Son œuvre la plus connue n’a pas fait le voyage (pour cause de fragilité ( !) et de vols récurrents), mais si vous regardez attentivement certains tableaux, vous reconnaitrez le visage du cri à certains endroits. La peinture de Munch pleure comme ces femmes qu’il peint en larmes. Au travers des 12 sections thématiques, vous pourrez être submergés par des sentiments d’angoisse et de tristesse à la vision de ces cortèges de spectres sur des fonds de vagues de couleurs et de fuite du temps comme si se cachait derrière les toiles un énorme trou noir aspirant toute l’œuvre d’Edvard Munch.

munch 4 

Alors allez voir Munch, c’est l’exposition  incontournable de cet automne à Paris, mais surtout arrêtez vous à la Galerie sud niveau 1 pour vous faire plaisir avec Yakoi Kusama.

 

Y Kusama quant à elle n’est plus dans l’air du temps, elle est intemporelle tellement son œuvre est inimitable, provocante, sexuelle, innovante. Entre happening, sculptures dures et molles, peintures, installations, tout y passe, c’est jouissif et on en redemande.

y1.jpg

 

 

A la fin de la rétrospective qui lui est consacrée nous en sortons comme des grands enfants heureux qui viennent de vivre leur Noël avant l’heure. C’est contagieux, cela se ressent, les visiteurs en sortant des deux installations visitables ( infinity mirroir room et la chambre aux pois rouges qui fait penser à aux champignons géants de l’étoile mystérieuse la BD d’Hergé) parlent entre eux de la joie et de la surprise qu’ils ont éprouvées au cours de cette immersion sensorielle.

y2 

Et pourtant, après avoir lu la biographie de l’artiste et ses souffrances psychiques, l’obsession des pois, le vertige de l’infini des miroirs, la profusion des formes sexuelles masculines ne semblent plus aussi légers et joyeux. Et on en repart avec un sentiment de vertige et d’écrasement renvoyant à la folie de l’auteure enfermée dans ses souffrances enfantines.

 

Ainsi les deux expositions se rejoignent au travers des fragilités psychiques de ces deux artistes qui tentent de nous faire toucher de manière radicalement différente un même mal être : l’un par la mélancolie, l’autre par la joie. A vous de juger laquelle de ces approches vous marquera le plus.

 

Informations Pratiques

Centre Georges Pompidou - Paris

Horaires

Tous les jours de 11h à 21h,

Sauf le mardi

Jusqu'au 9 janvier 2012

 Tarifs

12 euros plein tarif

 

 

 

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 17:00

 

The Seabass :  Pêche bretonne à la Fondation d’Entreprise Ricard  par Anne Le Menn

 

Tiens donc,  mais c’est la Duchesse Anne, la boiteuse en sabot (elle ne fait pas l’unanimité depuis qu’elle a rattaché la Bretagne à la France du côté de la pointe finistérienne).  Que fait-elle, sur cette image,  façon sortie d’imprimante à picots des années 80,  dans cet endroit réputé «pointu » dans l’art contemporain ?  Voilà ce que je pensais en pénétrant dans l’exposition « The Seabass » à Fondation d’Entreprise Ricard. 

A la lecture de la brochure explicative et gracieusement mise à  disposition à l’entrée, geste d'autant plus apprécié que l'entrée est gratuite,  l’auteur en est un certain Loïc Raguénès, qui si je me fie à son patronyme ne doit pas être d’une famille originaire de Perpignan.LR02.jpgLR03.jpg

Je passe par  une arche bleue fort décorative, « Clouds »  constituée d’un assemblage de mousse thermocompressée, qui semble constitué de ballons de foot, pour découvrir une salle  où le retour du figuratif est notable.

 ERclouds.jpgERB02-the-clouds.jpg

Dessins,  photographies,  tout est bien propre. Pas de coulures un peu sales, pas de crâne ni de scène avec du sang.  Les dessins de Corentin Grossman  sous les traits de graphite soignés et leurs couleurs tendres sont bien un peu inquiétants,  ils présentent des personnages  qui semblent une dérivation un peu lubrique des monstres du livre   de Maurice Sendak  « Max et les Maximonstres ». 

cG2.jpgCG02.jpg

Un éclairage de Ronan et Erwan  Bouroullec (les auteurs de Clouds)  descend du plafond,  j’aimerais bien le même pour changer l’halogène du salon qui est vieux et moche.

Les différentes œuvres  se marient bien, ce qui est toujours difficile  dans une exposition collective, mais quel est leur point commun, à part une prédominance de prénoms bretons chez les exposants  et quel est le rapport avec le titre?  La genèse de l’exposition  est expliquée dans le  catalogue  par le commissaire de l’exposition,  Eric Troncy, elle est une sélection pour  la 13eme édition du Prix de la Fondation d’Entreprise Ricard. Le petit  livre commence et  termine  par un proverbe breton. Pour les néophytes les proverbes bretons sont généralement assez gratinés voire triviaux, celui de l’exposition est  très sage :

« Arabat eo kement tra a glever

Dibaot ar wirionez ha stank ar gevier « 

(Point ne faut croire tout ce que l’on dit : rare est la vérité et le mensonge répandu)

Donc curieusement une exposition dont  le nom « The Seabass » soit le bar, explique une pêche plutôt bonne d’artistes avec des noms bretons.

Même si vous n’avez pas tout suivi, allez voir par vous-même, c’est un lieu très agréable, et cette façon d’évoquer la Bretagne est tout à fait étonnante.

 Kenavo ! *

Informations pratiques

Fondation d’Entreprise Ricard 12 rue Boissy D’Anglas 75 008 Paris

Ronan et Erwan Bouroullec, Gaétan Brunet et Antoine Espinasseau, Erwan Frotin, Corentin Grossmann, Adrien Missika, Loïc Raguénes.

Voir plus d’expressions bretonnes dans le livre : Les bretonnismes d’Hervé Lossec : Le Français tel qu’on le parle en Bretagne, éditions Skol Vreizh 2010.

 

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 12:00

 

– Pékin  sur Seine –

Les artistes chinois à Paris par Michel Duvail

 


Surprise en découvrant l’exposition, je m’attendais à voir la production d’artistes contemporains chinois. Je n’avais pas été assez attentif au sous-titre et avais eu une lecture trop contemporaine de l’affiche représentant une petite fille à la « bonne bouille ».

 

L’exposition du musée Cernuschi met en lumière des œuvres au carrefour de la peinture occidentale – tendance montparnasienne de l’entre deux guerres – et de la peinture traditionnelle chinoise. Soixante-dix peintures, une dizaine de gravures et de dessins et quelques sculptures attestent des influences des séjours parisiens sur toute une génération d’artistes chinois se situant ainsi au confluent des traditions culturelles chinoises et européennes. Ce qui marque picturalement dans cette exposition c’est l’agrégation des techniques picturales chinoises et occidentales. Rien que pour cette mixité, cette exposition mérite le détour.

 

Quelques artistes ont particulièrement attiré mon attention.

 

Une superbe série d’animaux simplement croqués par Xu Beihong à l’encre et couleurs sur papier. Des chevaux au galop, un coq, des pies, un buffle dont se dégagent une énergie, une vitalité tracées avec une économie de moyens époustouflante. La décomposition du mouvement des chevaux font presque penser à des peintures anatomiques. Les nuances de l’encre, l’énergie et la sureté du trait de pinceau réussissent à faire jaillir un tel réalisme que les chevaux donnent l’impression de vie. Une lecture symbolique peut nous faire penser à la résistance du peuple chinois face à l’occupation japonaise et à sa volonté de résistance.

 Xu Beihong « Les chevaux galopant »

 

Ling Fengmian en quelques traits d’encre représente un philosophe solitaire contemplant des bambous. D’une manière admirable le peintre réussit à marier la tradition chinoise et son atmosphère poétique avec la modernité occidentale. La figure du sage décrite avec une forte concision et une simplification extrême des formes. Le choix du format du tableau est également une rupture avec les formats chinois.

 

Mais l’exposition est à surtout à voir pour les subtils et sublimes nus de la peintre Pan Yuliang. Des postures délicates de nus qui évoquent l’introspection, la maternité, l’amour, la fragilité. Deux œuvres sont particulièrement intéressantes : le nu au rouge à lèvres et le nu au peignoir rouge. On pense parfois à Modigliani et on se pose la question de son influence sur l’artiste que l’on a plus généralement qualifié de Manet sino-française. Un style unique : raffiné, délié, léger donne des tableaux très doux à forte charge sensuelle. A nouveau un mélange de technicité inter-culturelle : l’impressionnisme associé au Baimiao (le dessin au trait).

 Pan Yuliang

Pan Yuliang – Nue au peignoir rouge – Musée Cernuschi

 

Des grands kakemonos donnent des informations biographiques très intéressantes sur les artistes présentés et leur séjour parisien.

 

On peut, en quittant l’exposition, penser avoir vu un condensé d’interprétation chinoise de l’art occidental de la première partie du 20ème siècle : impressionnisme, fauvisme, figuratif, abstraction. Face à cette effervescence picturale il faut un ceratin pour s’approprier l’exposition

 

Les regrets: le manque d’espace pour le nombre d’œuvres exposées et la mise en scène quelconque.

  

Informations Pratiques

Musée Cernuschi 

7 avenue Vélasquez – Paris 8ème

01 53 96 21 50

Jusqu'au 31 décembre

Tous les jours sauf lundi et jours fériés de 10h à 18h

7 euros plein tarif

5 euros tarif réduit

 

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 22:36

 

Un peu d'humanité dans ce monde de business......par Marie Anne Chenerie

 

            Froid le parvis de la Defense ? Inhumaines ces tours ? Dépersonnalisées , «  désindivudualisées » , ces millions de personnes qui marchent comme des fourmis sur la  dalle  ?

 

            la defenseEt bien regardez mieux et vous verrez , très souvent maintenant, des figures colorées , comme des assemblages de pixels, sur beaucoup de fenêtres . Le principe est simple : des salariés dessinent sur leurs fenêtres , avec des post it de différentes tailles ou couleurs , un ou plusieurs personnages ou figures . la-defense-4.jpgA l'origine, ce sont des salariés de la firme Ubisoft , donc les figures étaient des personnages de jeux video célèbres , et l'idée, qui a vraiment démarré en ce début 2011, était celle d'un défi : «  la guerre des post it » , chacun surenchérissant sur les figures de la firme voisine .

 

           post-it-war-obelix-600x600.jpg Mais depuis, et devant le succès de cette idée, je ne peux que m'interroger sur le pourquoi de  ces installations ? post-it.jpgVoyez d'ailleurs ce simple et timide coeur rose  sur la tour «  Coeur défense », un coeur sur la tour qui porte le nom d'un coeur la-defense-3? Pourquoi par exemple, faire ces figures sur des fenêtres, visuels faits pour être vus du dehors plutôt que par exemple, sur un mur à l'intérieur d'un open space ? C'est bien parce que l'on veut montrer aux autres qu'on existe, qu'on est là , derrière cette façade, telle un miroir sans tain, il y moi , ma personne, mon humour, mon savoir faire . Je te le dis à toi passant ou à toi voisin de tour , à qui je ne parlerai jamais et que je déteste dans le RER bondé du matin ou du soir .

 

 

            Bien sûr, certains diront : «  Que font les Ressources Humaines ? Et c'est pris sur le temps de travail ! Et vous ne trouvez pas que l'on paie ( ici est cité le nom d'une énergie dont le staff et les services commerciaux sont logés à La Défense) assez cher ? Avec le matériel de l'entreprise ? »post-it-war-pacman-600x337.jpg

            Ici, des DRH très sérieux répondent que ces créations valent toutes les séances de  « team building »du monde , qui elles sont très chères : peut être parmi nos lecteurs y en a t il à qui on a fait construire en équipe des murs ou des tours , avec un succès mitigé , alors pourquoi pas un « Mario » sur la fenêtre du bureau ?post-it-war-superman-600x448.jpg

            Oui, c'est vrai, mais que celui qui n'a jamais travaillé en open space jette la première pierre .Et que vaut il mieux à l'heure du déjeuner ? Manger une salade seul (e) devant son ordinateur , ou avaler en vitesse et dans le bruit son  déjeuner  dans une des «  usines à manger » de ces tours ( qui servent au demeurant de très bons repas ) , ou alors, discuter avec son collègue pour savoir si on « répond » au nouveau dessin apparu sur la façade juste en face de nous, en réponse sans doute au magnifique spider man qui a été fait le mois depost-it-copie-1.jpgdernier  !coeur-defense-rose.JPG

             D'autres esprits chagrins ( et là, je suis d'accord ! ) diront : «  Quel dommage qu'on ne représente pas, même de façon simplifiée, une Joconde, une Maryline de Warhol, ou même un Mondrian, qui s'y prêterait si bien ! » C'est vrai, c'est un peu «  de la culture  geek » , mais c'est déjà de la création visuelle et collective et c'est le principal .

 

            La Défense : levez les yeux, vous y verrez des tas de choses inattendues, même si elles sont éphémères, rentrée et crise obligent  !

 

 Les photos de la Défense viennent du site de l'EPAD , celles des tour Coeur Défense sont des photos personnelles  

 

 

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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 12:00

 

 

Lapicque un homme de la renaissance au XXème siècle  par Anne Le Menn

 

lapic.pngCharles Lapicque (1898-1988) est un de ces peintres qui bat en brèche le poncif de l’artiste inadapté à son monde : celui qui est  loin des sciences, des techniques, de la modernité, voire un peu fêlé. Cliché que  l’image de Vincent Van Gogh, a contribué à  véhiculer. Comme dit ma sœur, ce dernier  ne devait pas être très commode à vivre. 

 

Lapicque, lui,  nous ramène à une autre typologie d’artiste, celle de l’homme de la Renaissance, l’artiste scientifique lettré, musicien.  Le genre de destin à la Léonard de Vinci, qui comparativement  au nôtre,  nous fait nous sentir extrêmement limités, coincés dans notre bureau derrière un ordinateur, comptant les points, dans la jungle de l’entreprise qui nous emploie.

 Charles Lapicque a ainsi été qualifié « de renaissant du XXème siècle » *.  Il est vrai que sa polyvalence, son intelligence lui a permis de connaître et de maitriser plusieurs domaines de connaissance et  de  les utiliser dans son œuvre plastique.  Ce en quoi, il s’avère un précurseur des nouvelles générations d’artistes qui comme lui expérimentent  et innovent.

 

 Il commence dans les années 1920 une carrière d’ingénieur dans  la production et de la distribution d’électricité, il est alors en charge de la construction et de l’exploitation de lignes à hautes tensions. Il revient de la guerre 14-18 pendant laquelle il a découvert l’amour des chevaux en travaillant dans l’artillerie. Il obtient une thèse à la faculté des sciences de l’université de Paris dans le domaine des sciences physiques, elle a pour titre « L’optique de l’œil et la vision des contours ». Plus tard, peintre de la marine, il bourlinguera sur des bateaux et complétera sa signature avec une ancre, avant que les autorités navales n’estiment sa peinture pas  assez dans les normes et ne mettent fin à leur collaboration.lapiccc123.png

 

Une exposition, permise par la famille de l’artiste qui vit dans la ville, lui est consacrée à la  médiathèque Fontenay-aux-Roses. Elle offre une belle sélection d’œuvres sur papier, huiles, et tapisserie.

Dans la dernière salle, un dessin de quelques traits d’un jockey désolé devant son cheval blessé qui devra être abattu. tap_concours_hippique.gifPrès de lui  une grande tapisserie retrace un concours hippique, des chevaux  occupent l’espace, les couleurs répondent aux concepts d’optique qu’il appliquait  à ses créations : du bleu pour structurer les solides, du rouge pour les lointains.  La couleur est acidulée, les formes circulent, cela bouge, vit et me réjouit, pourtant contrairement à ma sœur, je n’aime pas l’équitation.

 

Information Pratique  

Exposition Charles Lapicque l’art de la peinture, salon de la médiathèque 6 place du Château de Sainte Barbe 92260 Fontenay-aux-Roses, jusqu’au 1er octobre. Un grand merci à la médiatrice pour sa disponibilité et ses explications lors de ma visite.

http://www.charleslapicque.fr

 

·         Source : Charles Lapicque « le dérangeur » par Philippe Bouchet                                                           

 

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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 21:42

 

Photographier les arts de la rue pour faire rêver par Anne Le Menn

 

Les artistes qui décident de “ jouer dehors parce qu’ il fait froid à l’intérieur!”  inspirent depuis 16 ans les photographes Viviane Michel et Jacques Mallécot.  Travaillant ensemble : de la quête de la belle image au tirage des clichés, ils sont fascinés par l’espace de libertés et la créativité qu’offrent  les arts de la rue.

 

Avant.jpegIls suivent l’oeil aux aguets les spectacles de la rue lors de ses différents rendez-vous, d’Aurillac à Chalon-sur-Saône, en passant par Amiens, Angers, Sotteville-les-Rouen… Ils captent  et archivent  par des photographies aux somptueux veloutés de noirs et blancs, la folie, l’étrangeté et la beauté d’un théatre vivant et éphémère .

 

Dans la salle d'exposition de la Médiathèque de Châtenay-Malabry ils  nous invitent à une importante rétrospective de ce travail.  La magie du spectacle de rue opère, traduite par 77 tirages argentiques.  Leur souhait de nous faire rêver est satisfait, la déambulation devant les photographies est étonnante, dans ces multiples univers qui passent du poétique, au trasch, mélant nostalgie et voyages.Poussette.jpgle-Voyage330.jpeg

 

Un théatre sans conventions où tout semble possible. Comme dans un dessin les lois de la pesanteur sont defiées, les codes et les échelles sont bousculées selon le bon vouloir des artistes.

 

Viviane Michel qui est aussi graveur et Jacques Mallecot  nous font partager leur amour de cet art appelé avec raison vivant qui peut changer des rues en un lieu de rêves, même le parvis de la Défense à Paris devient ,sous leur objectifs,  aérien et onirique : on croit rêver !The-Field345.jpeg

 

 

 

Informations Pratiques

"Rêves de rue"

 

La Médiathèque 7-9, rue des Vallées 92290 Châtenay-Malabry

01 41 87 69 80

Salle d’exposition au premier étage.

 

Horaires : Mardi et jeudi : 14h-18h30. Mercredi : 10h-18h30. Vendredi : 10h-12h / 14h-19h Samedi : 10h-17h30. Jusqu'au 15 octobre.

 

Samedi 8 octobre à partir de 15h30 visite guidée de l’exposition par les photographes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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