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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 20:11

 

A la Fondation Louis Vuitton , l'inquiétante étrangeté de l'enfance par Marie-Anne Chenerie

 

            La Fondation Louis Vuitton, dont nous avons déjà souligné l'intérêt des expositions, nous montre cette fois ci 13 œuvres d'artistes contemporains autour de l'enfance .affiche.jpg

 

            Le titre «  Qui es tu Peter? »  fait évidemment allusion à Peter Panpeterpan.jpg , et, ce qui m'intéresse ici est l'histoire personnelle de l'auteur de ce conte éternel, qui a été transformé en syndrome , le syndrome de ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas grandir . James Matthew BarrieJames_Matthew_Barrie.jpg, l'auteur du conte , alors qu'il est âgé de 6 ans, perd son frère aîné. Sa mère est inconsolable, l'enfant essaie par tous les moyens d'alléger sa souffrance, jusqu'à vouloir ressembler à ce frère disparu . Il refuse de grandir et garde une allure d'éternel adolescent. Sa vie de célibataire excentrique, divorcé, sans enfant, protecteur de jeunes garçons dont deux se sont noyés mystérieusement, se termine par son suicide. Peter Pan, son héros, perd lui aussi sa mère, se sentant abandonné, il rejette le monde  des grands et se réfugie dans ununivers fantastique.

 

            Ces 13 œuvres montrent bien que l'imagination et la création naissent dans l'enfance, mais surtout, de mon point de vue, montrent clairement comme enfance et mort sont proches , comme si , lorsque nous grandissons, nous refusons de voir ou de savoir ce que , enfants , nous avons entrevu .

 

            J'ai choisi en particulier une oeuvre , celle de Nicolas Julliard, « L'hydrophile », ( oui, comme le coton )hydrophile.jpget

,  une video qui présente l'immersion, douce, onirique, étrange, d'un être curieux , mi animal, mi humain, comme nos peluches d'enfance . Ce  «  doudou », réalisé par l'artiste, petit fils de couturière , au moyen de matériaux qui vraisemblablement ont eu une forte signification dans son enfance , est sensuel, ironique, tendre , insaisissable . L'image de l'immersion est bien sûr le symbole de la plongée vers les profondeurs de notre inconscient , inconscient qui s'est construit, à notre insu, dans notre enfance, par une succession d'événements ou de sensations , mineurs ou importants  , doux ou traumatisants , en tout cas secrètes ,enfouies, immergées par  cette eau qui a emporté les garçons aimés de James Barrie .noyade-des-proteges-de-james-barrie.jpg..

            Ce « Pelomorphe » comme le nomme l'auteur est sans doute l'habitant inconnu qui reste en nous quand nous sommes devenus adultes, la part de nous que nous ignorons, mais dont nous sentons les manifestations, inattendues, puissantes, archaïques, chaque fois que nous nous sentons poussés par notre instinct.

 

            Ainsi, l'inquiétante étrangeté, définie par Freud, Freud qui est présent tout au long de cette exposition, serait «  le retour inopiné d'éléments qui auraient dû être depuis longtemps surmontés ou enrayés »: c'est par exemple, l'effet durable et lancinant d'un secret de famille, ou le retour inopiné d'une scène refoulée, pas forcément terrifiante d’ailleurs, mais qui nous a marqués de façon indélébile. Ou cette mère absente, lointaine, celle de Peter Pan, mais aussi du Petit Chose, de Poil de Carotte ou de David Copperfield ; autres exemples d'enfants qui apprivoisent le monde par l'imaginaire ou le jeu. «  Si sa mère ne pense pas à lui, comment peut il exister? » demande James Barrie.

            Chacun sera touché par l'une ou l'autre de ces œuvres, mais j'ai constaté que l'immersion du Pelomorphe retenait un nombre important de personnes,  silencieuses, rêveuses, subtilement inquiètes. espace-louis-vuitton.jpg

Les illustrations de cet article sont extraites du site « Sir james Barrie.com », de wikipedia, du dossier de l'exposition  .

Informations pratiques :

Du 01/10/2010 au 09/01/2011, de 12h à 19h
Espace culturel Louis Vuitton,
60, rue de Bassano, 75008 Paris

Entrée gratuite

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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 11:57

 

Sweet or Trick sur les Champs Elysées

 

Sous le soleil d'automne, cet après midi, sur les Champs Elysées , des enfants et des adultes s'exclament devant d'immenses «  tableaux » uniquement réalisés en bonbons ; c'est halloween , donc squelettes et autres épouvantails, c'est gai, coloré, drôle et cela rappelle irrésistiblement la fête des morts mexicaine, où la nourriture sucrée a toute sa place : Les  enfants mangeront à la Toussaint un pain ou une confiserie en forme de tête de mort sur laquelle est inscrit leur prénom.

Passez donc devant le 92 Champs Elysées, voir l'oeuvre de David Bersanetti .

 

 

Gravures sur le jour des morts à la mexicaine

 

Du coté du métro Jourdain, L’Association pour l'estampe & l'art populaire, présente pour cette occasion, son EXPOSITION SUR LE JOUR DES MORTS 2010 avec offrande mexicaine et un accrochage de calaveras réalisées par les artistes de l'association.jour-des-morts.jpg

Le dimanche 31 octobre à 18 h (soirée festive à la mexicaine). L'exposition sera ouverte tous les jours de 15 h à 20 h. Beaucoup de gravures de calaveras en vente .

L’Association pour l'estampe & l'art populaire  49bis Rue des Cascades 75020 Paris 01 47 97 05 35

 

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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 22:09

 

Les divas : y-a t-il une vie sous le costume ? par Marie-Anne Chenerie

 

 

            A l'origine, pour les Romains de l'Antiquité , la diva est une déesse , aujourd'hui descendue sur terre par l'incarnation d'une cantatrice, d'une actrice ….: son charisme , son tempérament, mais aussi son mystère et, si possible , une destinée hors du commun , voilà ce qui transforme une artiste de scène en Diva . Pour moi, la diva type est Maria Callas callas-affiche.jpg .

 

            Le Centre Nationale du Costume de Scène à Moulins sur Allier propose une très belle  exposition sur les divas et leur vestiaire , à savoir leurs costumes de spectacle ,  mais aussi leur vestiaire , cet espace intime , frontière entre leur vie privée et leur vie de scène , lieu , dont l'entrée sera réservée à quelques privilégiés , où la femme se transforme en déesse .

            Cette présentation  m'a d'autant plus intéressée que je n'ai jamais aimé les expositions de costumes et de vêtements , ne pouvant surmonter une impression d'ennui, de tristesse, le sentiment d'un monde perdu, mort, qui a vécu le temps d'une représentation et que rien ne pourra faire revenir à la vie . Oui, ces expositions ne montrent souvent pour moi que le vide , voire la vanité d'une enveloppe sans sa raison d'exister .

            Cette exposition à Moulins , et semble-t-il les autres expositions ce ce lieu, ont su éviter cet écueil . D'abord par quelques astuces de mises en scène : comme cette immense pièce plongée dans l'obscurité ,  dont les murs sont des boîtes contenant chacune un costume de diva , éclairé individuellement et aléatoirement, sur un fonds sonore d'opéra  : la robe prend vie , puis s'efface , elle sort de scène . Ou cette installation  ( qui nous touche )  , sur fond de tissu rouge de théâtre , d'un écran où sont projetées des vidéos des grands succès de Dalida ( Bambino, Gino l'amoroso, 18 ans …) , la chanteuse plus grande que nature, son visage ou ses mains en gros plans, son visage tragique  , et en dessous la robe qu'elle porte pendant la chanson, posée sur un cintre tout simple . Par ces robes, souvent très sobres , et  très sophistiquées en même temps, Dalila est vivante , c'est une femme qui nous ouvre un peu de son intimité .

 

 

            Et j'ai fortement ressentie cette dualité de la diva : déesse, quand elle endosse son costume de scène, mais aussi être blessé, fragile, parfois perdu, comme le montrent certains détails de photos ( de scène ou non , d'ailleurs ) . Callas est exactement l'exemple de cette fragilité et de ce tragique , tragique de Médée , chargée de voiles noirs et de bijoux hiératiques et éternels , mais aussi tragique dans cette vie de solitude , Médée qui sacrifie ses enfants et Maria qui n'a jamais eu d'enfant .callas-medee-ok.jpg Dalila  aussi, quelques temps avant son suicide, qui chante « Je suis malade » et termine courbée , épuisée, immobilisée , théâtrale jusque dans son chagrin , avant de reprendre sa posture de Diva pour saluer la foule .

            Certes, il y a aussi des Regine Crespin, des Sarah Bernhardt , des Montserrat Caballé, installées dans leur vie et dans leur art , mais qui dira leurs doutes et leurs fragilités ?

 

            Oui , le costume est bien là pour permettre à la Diva de servir l'attente du public , avide, exigeant , qui , comme le dit  Maurizio Galante , responsable de l'exposition , «  règne et contrôle, subit et impose »: la Diva doit rester ce rêve, et porter éternellement son costume de scène . diva-_robe-de-scene-de-callas-norma.jpg

diva_edith-piaf-robe-de-scene.jpgLes images de cet article sont extraites du dossier de presse , la vidéo du CNCS est une vidéo culture box

 

Informations pratiques :

Exposition Vestiaire de Divas , jusqu'au 31/12/2010

Centre National du Costume de Scène

Route de Montilly

03 000 Moulins sur Allier

Tlj de 10h à 18h , entrée : 5 €

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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 23:01

 

Contrairement à Monet, les peintures de Jean-Léon Gérôme ne sont pas très courantes sur les boites de chocolat et les cartes de vœux. Car Jean-Léon Gérôme (1824-1904)  n’est plus à la mode, pourtant avec lui on ne s’ennuie pas, il a su utiliser, bien avant que le cinéma ne les exploite,  toutes les ficelles pour attirer le public.  Il représente des scènes d’action, avec du nu (bien épilé), du dépaysement oriental  et donne dans le grand spectacle.  Il veut séduire ses clients et il leur donne ce qu’ils souhaitent regarder.  Le musée d’Orsay présente une rétrospective de ses oeuvres qui a beaucoup de charme.800px-Jean_leon_gerome_combat_de_coqs.jpgPhryne.jpg

Contradictoire : c’est un peintre installé et un notable, mais aussi un voyageur amoureux du désert « rien de plus agréable et de plus poétiques que ces campements dans la solitude  ajouter l’attrait de l’inconnu et le charme de la solitude ». Il effectue plusieurs séjours en Egypte accompagné de photographes, Auguste Bartholdi en 1855 puis son beau-frère Albert Goupil en 1868.  L’exposition confronte photographies et peintures résultantes.  Il reproduit fidèlement les photographies ramenées comme décor, mais il les agrémente de scènes pittoresques afin de représenter l’Orient comme ses contemporains l’imaginent : des belles femmes dans un harem, Jean-Leon_Gerome_harem.jpgdes costumes pour des bachibouzouks hauts en couleurs, des charmeurs de serpent, sur l’eau du Nil, pas d’humble felouque mais une barque fastueuse.

Si cette démarche nous étonne, nous sommes encore plus ébahis devant les toiles inspirées par l’antiquité romaine. Jean-Leon_Gerome_Pollice_Verso.jpgJean-Léon Gérôme  est un des seuls peintres ayant travaillé depuis cette époque le sujet des gladiateurs. Les reconstitutions des  les jeux du cirque sont évoqués par des peintures chargées d'une multitude de personnages, dessinés avec beaucoup de détails. Nous entrons dans l’atmosphère sans difficulté tant elles sont suggestives, des enfants qui visitaient l’exposition semblaient d’ailleurs captivés, "ils demandent la mort, et César il est d'accord ?".


Car  c’est ce qui est le plus étonnant avec cette peinture, elle ne nous ne fait pas ressentir d’émotion, mais elle a un grand pouvoir d’évocation, nous savons que ce qui est raconté est artificiel et inexact, mais les couleurs sont chatoyantes, les textures des tissus magnifiques, la représentation des carrelages arabes et de l’eau des piscines incroyable de beauté, si bien que comme ses contemporains nous la trouvons agréable.  

 

L’exposition aborde également un thème qui intéresse sur ce site dédié à l’estampe, à savoir la diffusion des œuvres, Jean-Léon Gérôme s’est toujours préoccupé  de commercialiser l’image de ses œuvres. Les sujets ont parfois été choisis en pensant à leur reproduction en grand nombre et ce aussi bien pour des peintures par des procédés d'impression sur papier (eau-forte, lithographie, photographie..), que pour des sculptures copiées en différentes tailles. Emile Zola le lui reprocha en ces termes : « Evidemment Monsieur Gérôme… fait un tableau pour que ce tableau soit reproduit par la photographie et la gravure et se vende à des milliers d’exemplaires »

 

C’est une exposition  très réussie,  tant dans sa mise en scène, sobre avec les  murs colorés en teintes intenses (rouge, verte, bleue) qui s’accordent bien avec la gamme chromatique utilisée par Jean-Léon Gérôme, que par la redécouverte de ce peintre et de ce mouvement artistique. Notre société a changé et cet art pas si ancien, nous parait très lointain, mais drôle et original car captivant d’étrangeté.  


Jean-Léon Gérôme (1824-1904) l’histoire en spectacle.

Informations Pratiques : jusqu‘au 23 janvier 2010 Musée d'Orsay 62, rue de Lille 75343 Paris Cedex 07
Ouvert tous les jours sauf le lundi de 9h30-18h, 21h45 le jeudi

Visuels Wiki Commons

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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 22:35

 

Je préfère Moebius à Giraud !

La-Chasse-au-Major-s.jpgLa Fondation Cartier un dimanche en fin d’après-midi c’est faire la queue au milieu des familles de bobos, avec leurs bébés,  des  enfants, des  jeunes et ados bien sur, eux, sans leurs parents, des couples  plus vieux, et des amis qui se retrouvent pour « se faire une expo  le dimanche », tout le monde papotant  tranquillement en attendant le lent passage à l’unique caisse qui bloque l’entrée de l’endroit.

Actuellement Moebius/ Jean Giraud  auteur de bande dessinée, occupe les lieux.  Une fois enfin intégrés dans l’espace de l’’exposition, nous suivons à la queue leu leu, les dessins de Giraud ou GIR posés sur une longue vitrine blanche qui dessine un escargot dans la salle. Giraud dessine  Blueberry, qui ne m’a jamais attirée : BD western,  un truc pour les garçons avec pour héro un cow-boy au nez cassé. Créé en 1962, il aura successivement, et entre autres, les traits de Belmondo, puis ceux de Charles Bronson.  blueberry-A4-QUADRI-s.jpgMais Moebius son univers fantastique était plus dans mes goûts.  Chez Moebius tout est classe : l’allégresse du graphisme de la ligne claire et des encres colorées,  la calligraphie,  les cadrages.  Les personnages distingués aux longs manteaux se déplacent sur des machines volantes et de  drôles destriers. Les planches permettent d’observer les collages et coup de tipex correcteurs, mais le plus souvent le dessin est impressionnant, il semble jaillit d’un seul trait sans repentir.

 

Dans le documentaire « Métamoebius Giraud Moebius Métamorphoses » projeté au sous-sol, nous souhaiterions voir Moebius sur sa planche, crayon à la main, mais le réalisateur lui demande de jouer à l’acteur, dommage, c’est un peu lent et pas très passionnant. Tandis que le film d’animation « Planète encore » en 3D également proposé passe trop vite, le scénario est opaque comme toujours, mais que c’est agréable de s’envoler avec Moebius. Outside02-s.jpg

Informations Pratiques :

« Moebius Transe Forme »  

Fondation Cartier pour l’art contemporain 261,boulevard  Raspail 75014 Paris,

tous les jours sauf le lundi de 11h à 20h, nocturne le mardi jusqu’à 22h. Entrée 8,50 €.

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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 20:50

 

The tyranny of beauty : surtout la tyrannie du marketing par Marie-Anne Chenerie

 

 

            Jean-Charles de Castelbajac , inventeur d'une mode insolente et polychrome mode-castelbajac.jpg , expose son travail de plasticien à la galerie La B.A.N.K. : au départ une idée attractive : le détournement des grands chefs d'œuvre de la peinture, qui constituent notre mémoire collective : le portait de Napoléon par David, la liberté guidant le peuple de Delacroix delacroix.jpg, la Vénus de Botticelli botticelli-copie-1.jpg , toutes ces peintures , sorties de nos livres de lycéens  et que nous ne voyons plus , car trop souvent vues et reproduites .

 

            L'idée est ici – si j'ai bien compris – de détourner ces œuvres les plus classiques soient elles par la surimpression d'une marque , d'un logo, d'un discours publicitaire .

 

            Bon, c'est agréable, drôle ( par exemple ce portait de Louis XVI louis-16.jpg, emperruqué , auquel se surajoute une publicité anti-chute de cheveux) : donc , pas de tabou, pas d'interdit , la beauté est universelle et sans âge ..D'ailleurs Marie-Antoinette n'est pas épargnée non plus . firstaid.jpg

            Mais aussi une impression de facilité : une bonne idée, qui fait passer un agréable moment et donc ???

            Autant je trouve la mode de Castelbajac profondément originale, voire subversive, autant ce travail ( pour moi un très bon travail de graphiste ) m'a un peu déçue . L'emphase du titre de l'exposition y est peut être pour quelque chose …

 

Informations pratiques :

The tyranny of beauty

Galerie La B.A.N.K.

42 rue Volta , 75 003 Paris

jusqu'au 23/10/10

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 20:08

 

La nouvelle saison de l’Espace d’Art Contemporain Eugène Beaudoin d’Antony, démarre par une exposition de photographies sur le mois de Novembre. Après l’excellente exposition de l’an dernier (voir article), composée de regards croisés de photographes sur diverses sociétés humaines,  « Par Nature » présentera des photographies de  paysage. Reparation-Jean-Marc-Sicard-copie-1.jpgJean-Marc Sicard a réuni sept  artistes contemporains, pour différentes interprétations de ce thème :

 

Guillaume Amat

Nina Korhonen

Anne-Sophie Emard

Patrick Bock

Juan de Sande

Jean-Marc Sicard

Laurent Pernot

 

logo-beaudouin-copie-1.jpgDu 31 octobre au 28 novembre 2010

Vernissage le samedi 30 octobre à partir de 16h, en présence des artistes

 

 

 

Informations Pratiques

Espace d'art contemporain Eugène Beaudouin

Ouvert du vendredi au dimanche de 14h30 à 19h, et sur rendez-vous

Résidence Universitaire Jean Zay bât.F

rue Lafontaine 92160 Antony

A 20 min de Châtelet les Halles RER B Station Antony, sortir place René Cassin, suivre Hôtel de Police

09 65 29 30 23  www.espacebeaudouin.com 

 

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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 15:53

Décor : la force de  l'implicite par Marie-Anne Chenerie

 

 

 

            Le vaisseau fantôme : aussitôt, viennent à votre esprit des images de voiles déchirées , de falaises abruptes , de brumes et d'ombres menaçantes . Ce type de décors , classique dans sa démarche , a été très utilisé pour l'Opéra de Wagner, par exemple, par Charles Cambon au XIXè siècle ,le-vaisseau-fantome-gallica.jpg voire de façon plus moderne, dans «  Le Pirate des CaraÏbes » pirates_des_caraibes_barbossa.jpg, ou même le décor du jeu Playmobilvaisseau-fantome-play-mobil.jpg . C'est donc un imaginaire universel, connu, qui nous dit clairement sur quel registre nous nous trouvons : celui du romantisme , de l'aventure , des éléments déchainés , de la mort .

 

            Rien de tel dans la mise en scène et le décor du Vaisseau fantôme  représenté récemment  à l'Opéra Bastille , (dans une mise en scène de Willy Decker  ) . C'est l'inverse : l'essentiel du décor est une immense porte dans une pièce très dépouillée , modernevaisseau-fantome-bastille.pngUn tableau au mur , en biais, et, de façon symétrique un portait, celui du Hollandais Volant , que Senta tient serré contre elle , et rien d'autre . La mer est évoquée par quelques cordages, la tempête par quelques images de vagues écumeuses, lorsque la porte s'ouvre, le Vaisseau Fantôme, est , de façon extrêmement rapide, suggéré par des voiles rouges et un mât noir, entraperçus . Le Hollandais Fantôme n'a rien d'apparemment menaçant ou morbide dans son physique, de même que son équipage . vaisseau-fantome-bastille-personnages.jpg

 

            De très nombreux critiques ont souligné la difficulté à « entrer » dans un opéra marin , romantique , spectaculaire , avec un tel décor minimaliste .; certains ont même souligné qu'il a fallu modifier la fin de l'histoire, Senta ne pouvant se jeter dans  la mer, faute de falaises à pic, donc se poignardant sur la scène !

 

            C'est vrai, mais je souhaite défendre cette conception du décor  suggéré. En effet :

 

-        Cette porte immense et étrange ( on pense irrésistiblement à « Alice au Pays des Merveilles » ) est ici laporte qui laisse entrer nos peurs, nos fantasmes, nos fantômes personnels, et rien que les nôtres . Il est plus fort de suggérer ce qui peut arriver , de laisser chacun imaginer la forme de sa peur , plutôt que d'imposer une imagerie  attendue. D'ailleurs, les moments forts du spectacle sont bien quand cette porte s'entrouvre sur … rien , ou alors , une silhouette apparemment normale. Plutôt que de montrer, il suppose. Comme l'affirme lui même le metteur en scène : « Comme au théâtre, on ne peut pas représenter la vraie mer, dans toute son infinité , on ne peut même pas y faire figurer un vrai bateau, le Hollandais , doit rester image, récit, ballade... »

-        En conséquence, toute la force d'expression est laissée à la musique de Wagner , et on donne entièrement sa place aux chanteurs: la ballade de Senta ( la soprano Adrianna Pieczonka, à la voix magnifique )  , qui raconte l'histoire du Hollandais fantôme est d'autant plus forte que toute son évocation vient de sa vois et de sa musique.

-        Enfin, l'opéra prend ainsi une dimension universelle; certes , c'est bien l'histoire , à la fois réelle et rêvée d'une jeune femme qui se  sacrifie pour un amour impossible et un être venu du royaume des songes ou des morts, mais , c'est aussi le thème universel de l'impossibilité de vivre , de l'intrication, parfois mortelle entre réalité et fantasme.

 

                        Ainsi peuvent s'affronter deux acceptions du décor ( pour l'opéra ,en particulier ) : un décor imagé, concret, guidé , qui, peut réduire notre imaginaire à celui du metteur en scène et du décorateur ; ou alors le décor suggéré, libre, sobre voire pauvre , que nous emplissons de nos propres images , par la force de la musique.

                         Le danger, il ne faut pas le nier , est celui de ne donner que trop peu de points de repères et ainsi de banaliser une histoire, une légende, une action; on perdra  en spectaculaire, alors que , il faut l'avouer, c'est aussi ce que nous recherchons à l'Opéra.

            Mais, vous l'aurez facilement deviné, j'ai toujours une préférence pour la liberté de la suggestion et la force de nos images intimes.

 

 

Visuels : L'illustration du décor du vaisseau fantôme par Charles Cambon est extraite de «  Gallica » de la BNF , les images de l'opéra par Willy Decker sont extraites de «  planet opéra ».

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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 22:44


Au Louvre : « Le Grand Bleu » par Marie-Anne Chenerie

 

            Si l'on vous dit « Salle des Bronzes Antiques » au Louvre , vous allez penser : salle poussiéreuse, solennelle, obscure, objets perdus dans des vitrines un peu tristes , bref, rien de marquant …

            Or, aujourd'hui, lorsque vous entrez dans la salle des bronzes, au Louvre, au premier étage de l'aile Sully, vous aurez d'abord le choc de l'immense surface bleue du plafonds cy-towbly-louvre_2.jpg: le Musée a confié à l'artiste contemporain américain Cy Twombly la décoration du plafonds , comme précédemment pour Morellet ou Soulages ou Anselme Kieffer.

            On peut d'ailleurs souligner que cette politique , que je trouve si riche, s'inscrit en fait dans la tradition du Louvre: Charles le Brun ou Eugène Delacroix y ont donné leurs oeuvres, en tant que « contemporains vivants ». Ce terme de contemporain est donc d'actualité , à toute époque .

 

            Autre surprise , après ce bleu profond , c'est que ce plafonds n'a rien à voir avec les oeuvres traditionnelles de Twombly : cet artiste de 82 ans est connu pour ses toiles ou dessins abstraits , surfaces quasiment blanches , recouvertes de « tâches », griffures, signes, motscy-tombly-autumn.jpg...Et quand l'oeuvre est achevée, l'essentiel de la toile reste vierge .

            Ici, rien de tel: une surface saturée de bleu « Giotto » ciel-de-giotto.jpg( cette couleur si rare chez Twombly) , avec , en bordure et de façon assez statique , des disques de couleur  rompues , beiges, bleuâtres,   ivoire,  rappelant les boucliers de bronze et sept cartouches  à fond très blanc , où sont inscrits au pinceau noir vigoureusement, en caractère grec majuscule, les noms de sept grand sculpteurs grecs, comme Praxitèle ou Phiddias pour les plus connus cy-towbly-louvre_2-copie-1.jpg. Twombly ajoute , avec humour que les Grecs écrivaient sur quasiment  tous les supports : vases, murs, boucliers, coupes et que cette pratique, chez lui fondamentale, se retrouve naturellement en accord avec celle de l'Antiquité .

 

            Et puis votre regard se détache du plafond pour observer quelques merveilles, telle ? Si bien mises en valeur par ce bleu , italien, grec, égyptien ciels-egypte-antiquez.jpg. J'essaie de vous les montrer par un montage peu orthodoxe, mais il me semble que le bleu  est vraiment la couleur qui vient le mieux faire jouer ces  verts , kakis, bruns .

            Oui, vous n'auriez jamais été voir ces bronzes aphrodite_louvre.jpgqui figurent dans nos livres d'histoire , sans l'innovation de ce plafonds. Alors, doublement merci, même si on peut ne pas aimer cette structure un peu formelle, que certains jugent froide, rigide,  ( une jeune gardienne de la salle me confie « Moi, je n'aime pas du tout ») , merci de nous avoir rappelé ce bleu antique et de nous avoir donné  à admirer quelques petits bronzes, anonymes , à l'inverse des grands noms inscrits au plafonds, mais si vivants .

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 19:42

Gravures et photographies scientifiques : du contraste naît la poésie par Marie-Anne Chenerie

 

Est ce que les gravures illustrant les livre de Jules Verne dans la collection Hetzel vous rappellent des souvenirs d'enfance ? A l'époque où nous n'avions ni MSN, ni SMS, ni PSP, ni Itunes, ni Youtube, ni appels téléphoniques illimités, ni twitts, ni multiplex de football , nous avions …. les livres et certains nous emmenaient très loin , surtout lorsque les illustrations faisaient écho au texte . Cette image ci par exemple jules-verne-nautilus.jpg m' a délicieusement terrifiée  toute ma jeunesse, ou celle ci extraite du « Voyage au centre de la terre»j-verne-voyage-au-centre-de-la-terre.jpg

Quelle merveilleuse idée de superposer ces gravures, déjà si riches de sens , avec des photos microscopiques d'organismes vivants, comme ceux-ci inserm_cancer.jpg

 

Et cela inserm_fecondation.jpgdonne une très curieuse et très poétique exposition « Science Fiction,voyage au coeur du vivant»jverne-inserm.jpg,  jverne inserm 1 organisée par l'INSERM ( L'Institut National de la Santé et de la Recherche  Médicale ) , qui a , de plus, demandé à Bernard Werber , ( vous savez,  «Les Fourmis») de rédiger un court texte pour chacune des 29 images , texte qui serait l'extrait d'un scenario construit autour de l'image .

Voici par exemple ce que cela donne pour l'image «la cochlée»la-cochlee.jpg, qui est l'organe de réception de l'audition dans l'oreille interne . Elle est accompagnée de ce texte de Werber «Voici la vraie spiritualité, Flanaghan, une vis sans fin qui monte , qui monte vers l'infini»

Vous avez plusieurs façons de regarder cette exposition : soit en lisant le texte de Bernard Werber, soit, comme je le préfère personnellement, de ne regarder que les images et de « vous faire votre propre film». D'autant plus que vous pouvez manipuler et juxtaposer vous même à partir de très grands calques les illustrations gravées et les photos scientifiques .

 

Un vrai moment de rêve et d'enfance , dans le cadre merveilleux du cloître de Port Royal ( dans les locaux de l'hôpital Cochin ) , qui sent le buis , la cire des vieux escaliers , les pierres moussues et l'atmosphère sévère et mystérieuse des religieuses jansénistes qui y ont vécu .

 

Les photographies scientifiques sont issues de la banque d'images de l'Inserm ( www.serimedis.fr).

 

Informations pratiques :

 

Cette exposition est prévue dans plusieurs lieux à Paris

Du 4 au 15 mai-Cloître du Groupe hospitalier Cochin - Saint-Vincent-de-Paul (AP-HP)( tlj 11h/ 13h et 14h/19h)
Salle du Chœur des Religieuses - 123, boulevard de Port- Royal - 75014 Paris

Du 17 au 25 juin-Assemblée nationale
126, rue de l'Université - 75007 Paris

Du 25 mai au 11 juin-CNOUS
6, rue Jean-Calvin - 75005 Paris

Du 11 au 24 octobre-Fête de la Science
Couvent du centre de recherche des Cordeliers
15, rue de l'Ecole-de-Médecine - 75006 Paris

 

Puis à Nantes et à Labège

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