Maurice
Achenerpeintre graveur illustrateur (1881-1963) Maurice Achenera consacré sa vie à lagravure,a connu la notoriété, les salons officiels et les expositions internationales, puis a été oublié. Pourtant, nous avons envie de vous le faire connaître, c'est un maître de
la gravure, et nous aimons cette technique.
Nous voulons vous présenter ici Maurice Achenerdans son contexte, sescontemporains,son époque, de sonAlsace nataleà
Paris.
La vie de l'estampe continue, et nous vous informons égalementde
son actualité. Cet espace est aussi le votre il peut s'enrichir, grâce à ses visiteurs, alors
n'hésitez pas à
communiquer. Welcome to the web site of
Maurice Achener, Painter and Etcher (1881-1963),Following this link you will find information concerning him.
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page.
"J’ai découvert la gravure il y a bientôt vingt ans au hasard d’un cours de dessin-peinture transformé en atelier gravure.
J’ignorais tout des procédés et quand mes premières épreuves sont sorties de la
presse, cela a été une révélation. J’ai découvert les subtilités de la taille et les surprises des passages dans l’acide ! Aux couleurs se sont substituées les ombres et les lumières et cela
correspondait agréablement à mon désir de transcrire les lumières de ces pays de soleil où j’aime voyager . Sans aller très loin, en parcourant les rues d’Etampes, ma ville natale, je
ne manque pas de sujets d’inspiration non plus . Un petit pont, un lavoir, de vieilles pierres, tout est prétexte à une idée de gravure.
Les techniques de « taille douce » que je privilégie sont
l’eau-forte et l’aquatinte ainsi que la pointe sèche. Je trace mon dessin sur une plaque de cuivre préalablement recouverte d’un vernis. En plongeant cette plaque dans un bain d’acide
(l’eau forte) j’obtiens un premier trait. Puis je cuis une résine sur la plaque et protège mes tons successivement, après chaque bain dans l’acide, jusqu’à obtenir des noirs intenses si je
le souhaite. J’aime aussi la technique de la pointe sèche, car il n’y a pas de procédé chimique. Je creuse mon dessin sur la plaque , plus les traits sont serrés, plus j’obtiens un sombre. La
plaque est ensuite encrée puis passée sous une presse. Les deux rouleaux de la presse obligent le papier à venir chercher l’encre dans les tailles du cuivre."
Sylvie Dujonquoy
Gravures Exposition au Loup Blanc , 6 place du marché Milly La Forêt du 6 au 15 novembre 2009. 0164 98 82 28 tous les
jours sauf le lundi 10h 12h 30 et 15h 19H 30.
Paris, Marie Lavie, Icônes et Monotypes « Patmos, l’île de la révélation » du 18 au 29 novembre 2009,
Atelier Gustave 36 rue Boissonade, Paris 14e Voir
Article
Paris,Strasbourg : la rétrospective, Pierre Soulages à Beaubourg jusquau au 8 mars 2010 de 11h00 - 21h00, est associée à Strasbourg , à « Soulages, l'oeuvre sur papier »
, jusqu’au 03 janvier 2010, Musée d'Art Moderne et Contemporain.
Quimper. François Béalu, Terres anatomiques , Réalisée en collaboration avec les musées d’Orléans, Gravelines
et Soissons, l’exposition sera présentée au musée des beaux-arts et pour partie à la Médiathèque des Ursulines, dans les vitrines des salles de lecture, tous les jours, sauf le mardi, de 10 h à 12
h et de 14 h à 18 h. Fermé le dimanche matin.
Saint-Cloud (92), Bois de fil, bois debout... La gravure sur bois du 21 novembre au 20 décembre 2009, , Musée des
Avelines 60 rue Gounod 92210 Saint-Cloud 01 46 02 67 18 http://musee-saintcloud.f
Montréal, jusqu’au 3 janvier 2010 : "Le monde fantastique d'Erik Desmazières", Musée des beaux-arts de Montréal,
première rétrospective canadienne des œuvres d'Erik Desmazières, une cinquantaine d’œuvres sont présentés.
Auvers-sur-Oise , 95, « Panorama de la gravure, de Daubigny à nos jours » Du 17 octobre 2009 à avril 2010, le
musée DAUBIGNY Manoir des Colombières Rue de la Sansonne 95430 Auvers-sur-Oise, 01 30 36 80 20
Compiègne (60) , Estampe Européenne, l'Espace Jean Legendre, accueille les oeuvres de 43 artistes français, hongrois, danois et roumains, dont certains créées dans l'atelier Torben Bo
Halbirk, jusqu’au 10 décembre, Espace Jean Legendre, Pl. Briet Daubigny/Rue du Gal Koenig 60200 Compiègne 03 44 92 76 76
Eymoutiers, 87, Marc Chagall , exposition Lithographies, Gravures, Grands Livres illustrés, Espace Paul
Rebeyrolle 87120, jusqu’au 15 novembre 2009 , 05 55 69 58 88.Tous les jours de 10h à 19h.
Avallon, Plein ciel sur les gravures : Léon Degoix (1858-1931) ,Musée de l'Avallonnais, vétérinaire, homme
politique et amateur d'art, membre de l'Académie Jullian et graveur, jusqu’au 31 décembre 2009,
Montélimar , "Calvo ou l'art du détail dans la bande dessinée" Le Musée de la Miniature ouvre ses portes à
l’un des plus grands auteurs de la bande dessinée française. Edmond-François Calvo (1892-1957) est l’auteur de La bête est morte!, (La guerre mondiale chez les animaux ,1944/45) Jusqu’au 31
décembre 2009, Musée de la Miniature 19 rue Pierre julien Montélimar, du mercredi au dimanche de 14h à 18h
Il n’y a pas que l’estampe :
De
beaux lavis , le charme du blanc et du noir :
Paris, Lumi Mizutani : Peinture a l’encre de chine
« Fascinée par le jeu de l’encre et de l‘eau, par le dialogue du noir avec le
blanc, je me laisse entraîner, au gré de ses caprices, par cette matière qui flotte, pénètre puisdévore le support. Les contrastes de lumière ravissent
l’oeil, emporté par la puissance d’attraction de l’esthétisme zen. La tentation de se laisser conduire par cette force inconnue cède alors le pas à l’envie de conquérir et dépasser la matière, le
peintre redevenant ainsi maître de sa création. » Lumi Mizutani
du 5 au 25 novembre 2009 Au Pont Rouge 33, quai de Bourbon 75004 Paris 01 56 24 24 78
Galerie Au Pont Rouge
Paris,
Louisa Dusinberre vernissage « one night only » le samedi 7 novembre entre 18h30 et 20h00 46, rue des Abbesses PARIS 18 , prendre rendez vous.www.louisart.net
Paris, L’affichiste Michel Quarez, Bibliothèque Forney 1, rue du Figuier jusqu'au 2 janvier 2010
Voir Article.
Paris, Musée du Louvre ; « Titien, Tintoret, Véronèse... Rivalités à Venise », Jusqu’au 4 janvier. Galeries
nationales du grand Palais.
Paris, Musée D’Orsay, James Ensor(1860-1949), rétrospective du grand peintre belge dont l'oeuvre singulier court du début des années 1880 jusqu'au beau milieu du XXe siècle.
jusqu’au 4 février 2010.
Paris, L'exposition « La Confusion des Sens » à l'espace Louis Vuitton Voir Article.
Paris, L'exposition « L'image Cabrée » à la fondation Paul Ricard Voir Article.
La Côte-Saint-André, (Isère) Jongkind, « des Pays-Bas au Dauphiné » , Musée Hector-Berlioz , jusqu’au 31
décembre 2009, 69 rue de la République, BP 63 38 261 La Côte-Saint-André Cedex 04.74.20.24.88, Le musée est ouvert tous les jours sauf le mardi de 10h à 19h ENTRÉE GRATUITE
A venir :
Rueil-Malmaison , Jean Dubuffet, l'oeuvre
gravé 1944-1984
110 lithographies et sérigraphies, 1
demi-douzaine de peintures et sculptures et une trentaine de documents relatifs aux recherches de Jean Dubuffet dans le domaine de l'estampe.
Atelier Grognard 6, av. du Château de Malmaison 92500 Rueil-Malmaison
01 41 39 06 96, Du 18 décembre 2009 au 8 mars 2010.
Tlj sf mar de 13h30 à 19h.
Saint Louis, (68), Andrea Pagnacco, artiste d’origine vénitienne, se réclame d’une longue tradition, ce qui ne
l’empêche pas de produire des estampes stupéfiantes de modernité. Les fragments de notre environnement technologique y suscitent des interrogations métaphysiques sur le rapport de l’homme aux
objets. Forum, Hôtel de ville. Entrée gratuite Du 5 mars 2010 au 11 avril 2010
Wesserling, Pierre SPALAÏKOVITCH organise une exposition de l'œuvre gravé et dessiné de Milivoj Grujic' dit "ELIM" au Parc de Wesserling du 6 février au 9 mai 2010 http://www.parc-wesserling.fr/
Vite ! je
vais être en retard (disait le lapin dans Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll)
Beaucoup des grands plaisirs que peuvent offrir les gravures sont réunis dans l’exposition GRAVURES
FIGURES.MIREILLE
BALTAR, PIERRE COLLIN et MUZO, savent jouer des matières et possèdent chacun leur monde graphique où l’humain et l’humour tiennent une place prépondérante.
Il ne vous reste que jusqu’au 7 novembre 2009 pour courir à la galerie Prodomus, humains aux visions bouleversées par le vertige etparfois aux oreilles de lapin vous y attendent.
Galerie Prodomus 46, rue Saint-Sébastien 75011 Paris
Livre « Couleurs et lumière d’Alsace » par Pascal Jung et Jean Claude Wey, Edition les petites vagues
Il est bien agréable de découvrir ce livre, qui aborde le thème des artistes peintres alsaciens, de la période 1870-1970.
Les mauvaises langues racontent que toutes les publications sur ce sujet n’abordent que Hansi et que les autres artistes seraient bien oubliés, Maurice Achener ne serait dont pas seul dans ce
cas. Les deux auteurs de l’ouvrage « Couleurs et lumière d’Alsace », Pascal Jung et Jean Claude Wey, passionnés par cette période, ont réalisés un ouvrage qui se veut un outil pour le
collectionneur.
Où ces oeuvres sont elles visibles ? Après une introduction historique, le livre localise les œuvres concernées en précisant notamment les musées où il est
possible de les trouver. Il semble cependant que, toujours selon certaines personnes bien informées, cela ne soit pas si facile et que cette période n’ai pas les faveurs des personnes tenant la
destinée de certains musées Alsaciens. De ce fait ces œuvres restent plus souvent dans les fonds que sur les cimaises. La salle de cette période du musée d’Art moderne de Strasbourg est ainsi,
parait il sinistre et riquiqui, et le musée Sundgauvien d’Altkirch un peu poussiéreux. Mais cela n’est peut être que de vilains ragots. On peut toutefois remarquer que ce n’est pas cet aspect de
son patrimoine que les musées de Strasbourg mettent en exergue dans leurs expositions.
Artistes présentés L’ouvrage aborde une bibliographie des livres sur le sujet, avec un hommage à Maître François Lotz auteur de quatre
livres de référence ». Puis il présente un panorama des graveurs et illustrateur Alsaciens, en omettant Maurice Achener, qu’il est vraiment temps de faire connaitre. Une de ses œuvres est
cependant présentée : « Rue du dévidoir » à Strasbourg, gravure datant de 1935, dont 6 épreuves sont déposées à la Bibliothèque Nationale de Paris. Suivent quelques biographies succinctes des
peintres , Léo Schnung, Lothar Von Seebach entre autres, et la liste des principaux regroupement d’artistes : du Kunschthafe en passant par le groupe des peintres de la Saint
Nicolas.
Une belle galerie de peinture Les auteurs nous proposent un magnifique album,d’une centaine d’œuvres classées par sujet et par résonances.
De nombreuses vues de la cathédrale de Strasbourg, se complètent. On peut regretter que la qualité des œuvres soit assez inégale, la mise en page sur fond noir tue les reproductions de certains
tableaux. Et le grand nombre d’artistes présentés amène un problème de saupoudrage, car à l’exception de Lothar Von Seebach il n’y a que peu d’œuvres proposées par artiste, c’est parfois
frustrant. Cependant quelques belles découvertes sont à saluer : magnifique aquarelle de Jean Désiré d’Illzach (1847-1916) « La petite Pierre », et le beau port d’Emile
Schneider.
Ce livre est un énorme travail, qui donne un bon aperçu de la diversité des artistes, des sujets et des styles dans la
période ciblée. Il montre la richesse de ce moyen d’expression en Alsace, et prouve que c’est un domaine à explorer et à promouvoir. Il faut que de belles expositions et des collections
permanentes plus complètes soient proposées dans les musées, et fassent ainsi taire les grincheux déjà cités. Des actions publiques se doivent d’assister les énergies comme celles de Pascal Jung
et Jean Claude Wey , pour faire connaître et aimer les peintres alsaciens.
Michel Quarez : « Je kiffe tes affiches, mec ! » par Marie Anne Chenerie
Cette fois-ci, pas de concept, pas de scénographie sophistiquée , pas de « curateur » , pas d'hôtesse en
tailleur noir et hauts talons : non une exposition sans prétention, dans un site historique magnifique , l'Hôtel de Sens ( bibliothèque Forney) , mais des oeuvres si peu classiques et si
dynamisantes ! Et, qui plus est , de la sérigraphie, une technique qui a toute sa place ici .
Une fois n'est pas coutume, je commence par quelques citations extraites du Livre d'Or de l'exposition :
« C'é tro bo »
« Tant de talent , merci Michel »
« La bibliothèque Forney nous a habitués à des expositions autrement substantielles et intéressantes . Les
affiches tirées de leur contexte n'ont pas grande signification pour un visiteur »
« Ya de la joie »
« Trop cool »
« A mon avis, les habitants du 9-3 ont droit à quelque chose de moins laid! »
« Ca pète, ça vit »
« Je suis consternée par ce que j'ai vu »
« Affiches simplistes et naïves ,.. à l'image du Parti Communiste Français de
maintenant »
« Quelle horreur ces affiches sur les murs extérieurs de notre vénérable bibliothèque , débarrassez nous en vite
; signé : une habitante du 4 è , qui évitera le lieu jusqu'en janvier»
« Merci pour l'espérance »
Voilà , vous voyez, personne n'est pas indifférent ; alors, il faut juger par vous même, voir
l'exposition et faire le tour de l'Hôtel pour voir ces affiches collées, parfois déchirées et graffitées , comme celle ci ; noter comme celui qui a déchiré l'affiche l'a rendue
encore plus tonique, forte, en la soulignant de cette bande blanche puissante .
Quelques considérations personnelles, vous savez que je donne mon avis, même quand on ne me le demande pas
...
Ce qui
frappe d'abord, ce sont les couleurs , pures et aussi lourdes, saturées , c'est du vert pétard, du jaune pétard, du bleu pétard ( d'ailleurs n'a-t-il pas fait toute une série sur le 14
juillet, comme si lui même aimait cette ambiance claquante -ici photo ) et du rose ... si rose , un condensé de rose, surtout à côté de ce vert, si vert ( voir photo en début de cet article ) .
Et vous ferez ici cette expérience : une couleur existe surtout par la couleur qui la jouxte et vice versa . Et le trait noir , presque toujours présent, vient asseoir l'ensemble et sert de
référence à chaque couleur . Et si nous jouons « l'effet lunettes » , à savoir qu'après avoir vu une vraie oeuvre d'art, notre regard voit ce qui nous entoure par le prisme
de l'artiste , je dirais que , en quittant la rue du Figuier , j'ai vu autrement le vert des croix des pharmacies, le jaune des gilets des égoutiers, le rouge du « petit
bonhomme » des feux de la circulation , qui venaient s'inscrire sur le fonds de grisaille de la ville , comme une affiche de Quarez sur un mur de banlieue et qui me passaient un
message .
Qu'est ce qui fait qu'une oeuvre de Michel Quarez est une affiche et non un tableau ? L'affiche, quelle qu'elle
soit, veut nous dire de faire quelque chose , souvent de façon directe et immédiate : acheter ( surtout ) , se faire vacciner, regarder sous les sièges du métro, ne pas mettre ses doigts dans les
portes du métro , signer une pétition, donner de l'argent ... Le tableau , lui, nous donne à voir , au lieu de nous demander de faire : il nous dit aussi bien sûr quelque chose , mais il nous dit
surtout comment l'artiste a vu le visage, le paysage, le corps, la nature morte qu'il peint , et émet à travers cette vision transposée avec des pinceaux et de la couleur ou de matières gravées
ou imprimées , des messages, parfois directs, parfois plus subtils . I
ci,
nous avons un travail qui est celui d'un affichiste, il nous dit « la piscine de ... est ouverte », mais il peint l'eau d'une piscine vue par dessous et le spectacle toujours
surprenant et souvent drôle d'un nageur vu sous l'eau
Examinons maintenant cette critique : « les affiches de Carrez défigurent les sites, plus spécialement les murs
chargés d'histoire ». je pose ici une photo prise dans le quartier , sans aucune affiche sur ces murs : vous y voyez de beaux vieux murs , et des nuances de gris et beige fort
subtiles, surtout si elles se mêlent aux nuances du ciel parisien . Vous le verrez et ne le regarderez pas , sauf si un guide vous signale que c'est dans cet immeuble que la reine X recevait
ses amants (ceci n'est bien sûr qu'un exemple totalement gratuit) .
Maintenant, imaginez que Quarez y a placé cette affiche ou ce morceau d'affiche et vous verrez tous les gris, beiges,
blancs, bruns se composer pour répondre à ces couleurs, comme s'ils étaient mis au défi de « bien se tenir » . Et de la même façon les couleurs « pétard » de l'affiche se
sentiront posées, assises , confortées par cet entourage historique, subtil, complexe : simplicité et complexité se répondront , couleur pures et nuances se valoriseront, contours
dépouillés et lignes subtiles se correspondront . On n'existe que par ce qui est différent ...Ce n'est pas irrespectueux de mettre une affiche de Quarez sur un mur chargé d'histoire, cela
va le faire parler, le révéler au contraire ! Et ce serait la même chose sur un mur de périphérique, sur une palissade de chantier, voire sur les carreaux en céramique des stations de
métro, mais bien plus trivial que sur un monument historique . Au passage , rassurons le visiteur qui a exprimé son indignation dans le livre d'or : l'ensemble a été réalisé avec des
architectes des monuments historiques et la colle ne se verra plus quand les affiches seront enlevées .
Dernière question : la couleur est-elle un médium gai ? Le noir et le gris sont ils tristes ? Eh bien, peut être serez
vous surpris et direz vous que j'étais mélancolique le jour où j'ai vu l'exposition, mais je trouve, paradoxalement qu'il se dégage une sorte de tristesse pour certaines
affiches . Bien sûr , il y a le mouvement , l'humour, Quarez, aime manifestement les lieux qu'il vante, mais plus que de la gaité , j'y vois de l'espérance comme l'a dit un visiteur anonyme
: notre quotidien n'est peut être ni facile ni gai, mais, bougeons, dansons, marchons, ne restons pas immobiles . La réduction couleur = gaieté n'est donc pas aussi simple . Mais les
couleurs en mouvement de Quarez, nous ont « fait du bien » , comme il le dit lui même « l'affiche n'a même pas le pouvoir de communiquer (..), en fin de compte , elle peut tout
juste faire du bien comme un massage »
Bon je m'arrête ici , sinon, on va me dire – à juste titre – que je suis trop longue – et je termine par cette scène
souvent vue en banlieue : ces jeunes qui s'habillent en noir, blanc, gris ( le summum étant un keffieh à carreaux gris noirs , blancs sur un blouson blanc et un pantalon gris ) et tout d'un coup,
un ou ou deux ou trois d'entre eux portant un blouson dont je ne citerai pas la marque, uni, jaune saturé, bleu claquant ou vert dense, ( vous savez , ces blousons avec une capuche et dont
les cordons de capuche sont blancs) . Et ce blouson-là fait vibrer toutes les nuances de gris des vêtements de ses amis, du ciel de Nanterre et des gares de RER ; le
lendemain, ce sera lui qui portera le blouson blanc à motifs gris et son amie le blouson rouge magenta . Je vous dis, c'est « l'effet lunettes » de Michel Quarez , qui, je le précise
en passant, a 71 ans !
Merci aux personnes de l'expositionqui m'ont répondu avec gentillesse,m'ont permis de prendre des photos, et
de relever les citations du livre d'or ( j'y ai pris le titre de cet article ) et merci aussi à la jeune demoiselle qui m'a conseillée et aidée pour cette signature :
Marie Lavie Icônes et
Monotype « « PATMOS - l’île de la Révélation » Atelier Gustave Paris
Marie Lavie vit et travaille entre Paris et l’île grecque de Patmos, elle se partage entre deux techniques graphiques : celle de l’estampe avec le monotype et
l’icône traditionnelle, tempera à l’œuf sur panneau de bois, dorure à la feuille d’or, selon la tradition du grand maître grec du XXe siècle, Photis Kontoglou. Par ces deux approches, l’exposition
« PATMOS - l’île de la Révélation » présente loin des chromos et des clichés, la vision d’une passionnée de cette île rude et séduisante.
« Moi, Jean… j’étais dans l’île appelée Patmos… » .
Patmos, ce nom évoque aussitôt une porte ouverte dans le ciel, des éclats d’or, de jaspe et de sardoine, des éclairs, des voix, des tonnerres,
des tremblements de terre… un récit prophétique et fantastique, l’ouverture des sept sceaux , les noces de l’agneau.
Il existe un autre Patmos, celui de la petite île rocheuse à forme d’hippocampe du sud de la mer Egée, aux côtes dentelées, au relief contrasté,
dominé par la sévère forteresse du monastère saint Jean le Théologien.
Ce Patmos-là, lui aussi, est poésie pure. Au crépuscule commence la symphonie des coqs, ponctuée par le braiement incongru des ânes ; au petit matin
c’est le concerto des clochettes, celles des chèvres qui prennent le maquis, puis celui des cloches des églises de la ville haute qui appellent les fidèles.
Au printemps, l’île quitte son habit vert pour se parer d’un manteau de fleurs blanches et jaunes, mais quand vient la fin de l’été,
elle n’offre plus que l’aspect d’une carapace de lune brûlée par le soleil.
La lumière y est intense et les vents forts qui font travailler les moulins et les marins.
Marie Lavie
Du 18 au 29 novembre 2009 A l’Atelier Gustave 36 rue Boissonade,
Paris 14e
du lundi au samedi : 13h-20h, le dimanche : 14h-19h
VERNISSAGE :
Mercredi 18 novembre de 18h à 21h
19h : quelques mots de Jean-Claude Polet
BRUNCH :
samedi 21 et 28 novembre : 11h-15h
Métro: Raspail, Port Royal - Parking: 146 bd
Montparnasse
Visuels : Marie Lavie
Dans sa longueur, monotype, 68x28 cm, 2009
Entre nous, monotype, 40x30 cm, 2009
«
L'image cabrée » , Fondation Paul Ricard , par Marie-Anne Chenerie
Les expositions des Fondations d'entreprise
Je continue ici ma série sur les expositions de Fondations d’Entreprise. Après la Fondation « Louis Vuitton » ( voir
ci-dessous) , voici la Fondation Paul Ricard , et sa dernière exposition « L'image cabrée »; je n'insisterai pas encore une fois sur la beauté de ces lieux , et leur adresse prestigieuse : luxe,
calme et volupté , voici l'impression qu'on en retire , renforcée par un accueil soignée , disponible , élégant , le sentiment d'avoir pour soi tout seul des pièces immenses, lumineuses et que
les œuvres sont là uniquement pour vous ; ceci est souvent accentué par le choix du commissaire de sélectionner peu de pièces choisies rigoureusement. Bref, quel plaisir d'échapper au sort du
visiteur classique que je suis : une attente debout qui vous tue les jambes , ces jambes dont vous auriez tellement besoin une fois que vous êtes enfin arrivé au lieu de vos attentes, un espace
surchauffé, encombré ( la densité des autres visiteurs , les bruits parasites : en enfant qui pleure : est-il vraiment bon pour un enfant de 3 ans d'aller voir des Vermeer ?-) , mais aussi
parfois beaucoup, trop d'œuvres, dans le but de montrer par exemple, l'évolution de l'artiste et des appariteurs ( on ne peut vraiment pas dire « hôtes ou hôtesses ») qui dorment sur leur chaise
( dans le meilleur des cas ) et , dans le pire de cas , échangent à voix haute des recettes de blanquettes de veau ou les commentaires du dernier France -Autriche .
Bref, l'impression d'être dans un lieu réservé et dédié à la seule contemplation des arts. De plus, ces expositions sont
accompagnées d'un catalogue gratuit , réalisé avec une recherche de mise en page et de typographie impressionnante , d'un site internet très bien fait , d'une grande richesse explicative ( qui
est parfois indispensable, disons-le franchement) ) . Donc, n'hésitez pas, ne vous laissez pas intimider, franchissez la lourde porte et saluez les hôtesses d'un air entendu : après tout, c'est
de l'art, et, que je sache, c'est fait pour être vu , et , de mon avis ( je n'engage que moi ) , par des personnes de stature et d'origine très différents .
Image cabrée ?
Une fois ceci posé, je reviens à « L'image cabrée ». Tout d'abord pour vous dire ma perplexité devant l'intitulé de
l’exposition. Pour moi, on se cabre « contre » un obstacle, une idée, une contrainte, ce mot est associé à la révolte, la rébellion, la spontanéité, la fougue , la jeunesse souvent , la force
animale et donc non contrôlée , voire dangereuse . Pour moi une image cabrée est celle qui surgit, pure et vierge de toute manipulation en ayant justement repoussé tous les
forçages auxquels l'artiste a voulu la soumettre.
Or, si nous nous en tenons à l'âge des artistes sélectionnés, nous retrouvons cette impression de jeunesse.Mais qu'ai je
trouvé dans les œuvres exposées? Certes des images, mais plutôt des images manipulées , reproduites , superposées , ce que je trouve extrêmement intéressant comme principe ( et nous rapproche ici
de la gravure, qui est le processus qui permet, par excellence, ce travail d'empilement, de retour en arrière, d'ajout, de métamorphise) . Mais pour moi, ce n'est pas une image cabrée , mais une
image domptée , qui a été travaillée , « matée » , comme un cheval que l'on a dressé et dont le résultat est celui de longues heures de manipulations et entrainements, qui est célébrée ici ;
j'aurais peut être choisi comme titre , « l'image domptée » ou « l'image complexe » , mais cela ne correspond sans doute pas à l'intention du commissaire .
Ou alors , peut on imaginer que l'image « cabrée » est celle qui , malgré les traitements que l'artiste lui a fait subir
( bombage, pliage, photocopies, superpositions, éclairages en transparence ) , est celle dont le résultat final échappe à l'intention de l'artiste et le dépasse largement pour venir s'imposer
dans sa vérité individuelle , vérité peut être cachée qui peut maintenant surgir d'elle même après ce passage obligé de manipulations, comme un « tunnel de purification »? .
Cette remarque liminaire sur le titre de l'exposition, est simplement un petit mouvement d'humeur . Dans le fonds, pour moi, l'art ne peut être que « senti, rare, sincère » ( Hector Obalk
, L'eau , revue d'art , septembre 2000) . Et c'est souvent ce qui explique mon malaise en face de certains œuvres d'art contemporain : leur absence de complexité, leur obéissance primaire à une
règle unique ( le concept ) et donc, l'absence de surprise( alors que, paradoxe, c'est souvent la surprise , par le décalage, par exemple, que l'artiste a voulu provoquer) , car tout est expliqué ,
justifié , argumenté pour rentrer dans l'intention de l'artiste . Cette surprise, cette profondeur, cette découverte de couches successives insoupçonnées, je peux les trouver dans un Rembrandt,
dans Fillipo Lipi, dans le retable d'Issenheim, , dans un Rothko, dans un Sacksick , mais déjà moins dans un Nicolas de Stael ou dans un contemporain qui va longuement m'expliquer l' intention qui
a présidé à son installation . Et cette profondeur, je ne l'ai pas trouvée dans toutes les oeuvres exposées. Je vous dirai à la fin de l'article quelle est l'oeuvre qui, pour moi répond à ce
critère de profondeur et de « surprise » .
J'ai choisi de vous faire part (ce ne sera pas trop long, rassurez vous) de mon avis sur 3 thèmes :
1) Les manipulations de l'image
2) La scénographie de l'exposition
3) Le débat – éternel – sur la peinture versus les autres techniques de l'art contemporain, ou les autres media
Les manipulations de l'image
1) L'image manipulée : ici la force de l'artiste est de soumettre l'image à des traitements , altérations soit aléatoires
( pluie, déchirures ) , soit voulus ( pliage, photocopie , mise en transparence du verso d ela feuille) , pour en faire une oeuvre , pour en donner une image différente , parfois opposée de sa
signification première ( Ida Tursic et Willfried Mille , « 90 Interview May » ou le recto d'une affiche de Clement Rodzieski ) , et qui ouvre une porte d'entrée vers un autre univers : l'écart se
creuse entre l'oeuvre et l'image d'origine , jusqu'à la contradiction ou le paradoxe : dans cet écart, s'engouffrent nos peurs, nos doutes , nos incertitudes , nos espérances :c'est l'inconnu qui
est là et qui nous appelle. Cet écart est d'autant plus fort que l'image nous est familière, ou bien se rapporte à des clichés bien installés ( la jeune mariée surannée de Jimmy Roberts ) , qui
nous font mesurer le gouffre qu'il y a entre la représentation immédiate de ces images et ce que notre inconscient y voit , comme dans un rêve éveillé. A cet égard, cette exposition offre de
nombreux exemples de ces manipulations, qui donnent tout son sens au mot « image »: » figure qui fait reconnaître ou évoque une réalité ».
La scénographie de l'exposition
2) La scénographie : la mise en scène de l'exposition est surprenante et nous invite à revenir sur un principe de l'art
contemporain, à savoir que son approche nécessite une intervention, un effort de notre intelligence ou du moins une participation active et non plus seulement l'appel à notre sensibilité ou au
plaisir des yeux immédiat :les oeuvres sont exposées sans cartouche, sans titre , sans nom d'auteur et si l'hôtesse ne vous donne pas un plan ( intéressant, cela vous oblige à reparcourir les
autres oeuvres des 3 salles ) :
vous avez donc 2 façons de visiter l'exposition :
1. celle de l'amie qui m'accompagnait ( elle est aussi spontanée , immédiate , rapide que je suis réfléchie , «
bon élève », consciencieuse ) ) , qui s'est laissée porter par ses pas et ses préférences à travers les 3 pièces , en se disant très vite « j'aime ou je n'aime pas ; il est intéressant de noter
que ses préférence sont allées très spontanément vers les oeuvres peintes , et nous y reviendrons plus bas ) et je dois dire que ces choix étaient sensibles
2. ma démarche : j'ai donc pris le plan et cherché à comprendre, ou bien demandé à l'hôtesse. Et là, surprise aussi , et
bravo au curateur, le plan vous fait perdre un peu l'orientation la localisation des tableaux ou des installations et il vous arrive même de prendre un titre pour un autre ( et après tout,
pourquoi pas, car c'est vous qui voyez l'image et c'est à vous qu'elle appartient ) ; l'hôtesse rajoute quelques explications ( par pitié ? par gentillese, par souci de faire apprécier l'exposition ? ) : la
simple photo des narcisses découpée et recollée , et qui, vous l'aviez bien remarqué, est accrochée à 1 m du sol , rappelle la hauteur de l'artiste enfant . Ouf, tout s'éclaire, me voilà
rassurée, il y a une explication censée , mais l'aurais je trouvée toute seule ? Et si je ne l'avais pas su, il en serait resté dans ma mémoire un image étrange de photo , banale, découpée et
recollée, soigneusement encadrée, accrochée à 1 m du sol . Et j'aurais imaginé des tas d'explications : l'artiste est nain et expose ainsi sa confiance et son obsession de son corps, ou
encore, l'artiste est complexé ( par quoi ? ) et s'expose trop bas , ou encore, l'artiste nous oblige à nous pencher , et donc à réfléchir sur le fait que notre obsession de nous même ne nous
élève pas , mais au contraire nous abaisse, ou que sais je encore j'en aurais beaucoup d'autres à vous proposer . Donc voilà pour moi, un œuvre d'art contemporain intéressante, car , au lieu de nous imposer sa lecture unique, elle me
force à aller chercher en moi ce qu'elle évoque . Donc le commissaire a raison : pas de titre ou d'explication affichés nous oblige , quand l'œuvre est bonne, à une appropriation de l 'œuvre .
.
Voilà un effet de cette scénographie, j'en citerai encore un , et je vous prends à témoin : qu'auriez vous pensé à notre
place : nous passons sous un ventilateur ( en marche, gris neutre , comme un ventilateur de bureau ou d'entrepôt ) et apprécions l'air frais qu'il introduit dans cet espace ( un peu de fraicheur
au milieu de tant de réflexions intelligentes ? ) « Quelle bonne idée » me dis je . Or le plan vous indique une oeuvre d'Etienne Chambaud , intitulée , « l'air,exclusion de la tautologie ,
N9 » et précise, qui plus est « dimension variable ». Passé un premier réflexe de fou rire ( et après tout l'humour est une qualité première de l'art contemporain et justement de
cette distance qu'il introduit entre œuvre et signification) , nous nous interrogeons très sérieusement ( je vous ai dit que je voulais faire les choses consciencieusement ) : « que veut dire
dimension variable ? Est ce l'air qui prend de nouvelles dimensions, le ventilateur qui s'élargit ? le ventilateur qui donne à la pièce de nouvelles dimensions selon qu'il tourne plus ou moins
vite ?»
Bon cela est bien intellectuel et ce que je pourrais reprocher à la scénographie du commissaire, par ailleurs,
je le redis , très intéressante, est que cela réserve cette approche à une certaine élite et que le fait de n'avoir pas la réponse – ou un début de piste avec le titre – exclue de fait de nombreux
visiteurs d'une connivence avec l'œuvre ou l'artiste . Mais après tout peut être est ce voulu ? Après tout , nous ne sommes pas toujours obligé de trouver quelque chose d'intelligent à dire ou à
penser devant chaque œuvre ...Et finalement, je l'avoue, je n'ai rien d'intelligent à dire devant ce ventilateur , sauf que cela fait du bien de passer dessous ...
Le débat – éternel – sur la peinture versus les autres
techniques de l'art contemporain, ou les autres media
3) Enfin, c'est un peu long, je m'en excuse, mais cette exposition a soulevé en moi ( qui suit de la génération du dessin
, de la gravure, de l'effort , de l'apprentissage, ..) de nombreuses questions : je voudrais revenir sur la différence de perception entre une œuvre peinte ( Damien Cadio , Ida Tursic et Wilfried
Mille par exemple ) et les autre œuvres, plutôt du genre « installations » ou utilisant des technologies modernes , comme la reprographie ou la photo . Aujourd'hui, nous sommes dans l'ère de
reproduction, de la diffusion de masse. C'est pour cela que je salue ici le travail de ... la mariée , tout à fait intéressant, car la technique de photocopie ouvre tout d'un coup une nouvelle
dimension : au premier abord, un photo passée et conventionnelle d'une jeune femme souriante au bonheur convenu de fiançailles ou d'un mariage à venir , photo sur laquelle , croyez vous,
l'artiste a collé du sparadrap ou des bandes Velpeau, comme un voile de marié, mais aussi comme des liens collants dont on ne pourra pas se défaire ( tout le monde a fait l'expérience du morceau
de sparadrap qui nous poursuit et nous ridiculise par son obstination ) et qui évoque la maladie, l'hôpital ( et donc la guerre , si on l'associe à l'époque de la photo ). Vous trouvez l'idée pas
mauvais, mais un peu facile, puis à y mieux regarder, vous voyez que l'œuvre est plate, donc vous pensez que c'est peint ( et là vous admirez la prouesse technique , car c'est d'un réalisme
poignant ) , et enfin , vous touchez et c'est lisse et froid , comme une photocopie: et c’est bien une photocopie. Donc plus de prouesse technique, mais une autre dimension, celle de l'image
reproduite ( la photo est déjà une image ) et brisée, torturée, « refroidie » . Je sais bien que Godard a dit, en parlant des caméras numériques « c'est Sony qui filmera et non pas eux » ( Hector
Oblak, voir ci dessus) , mais là , ce n'est pas Hewlett Packard qui l'a fait , c'est mais bien Jimmy Roberts ; la photocopieuse est un moyen comme le pinceau ou la bombe aérosol. Clément
Rodzielski l'a aussi bien montré , avec ses « miroirs noirs » ....Donc bravo au travail sur la photocopie , qui révèle , comme la gravure, des surprise et permet le mariage d'éléments apparemment
incollables pour ne faire un univers compact, lisse, inquiétant .
Pour finir, mon choix ira aux artistes Ida Tursic et Wilfried Mille ( c'est de la peinture ...) , et en particulier à
l'immense portait de la très jeune femme: une poupée ravissante au sourire et au regard stéréotypés , vous vous approchez , et là, la contradiction, le mystère est là : en transparence , vous
voyez des tâches de peinture et d'huile, vous comprenez que c'est la page d'un magazine souillé . Souvenez-vous, comme ce scarabée dans les natures mortes ou la mouche ou le papillon dans ces
bouquets de fleurs , qui nous disent que derrière l'apparence de l'ordre et de la beauté , il y a l'horreur de la mort et de la destruction, du désordre . D'ailleurs, a-t-elle été assassinée,
violée , est ce un pantin mécanique ? Comment est son corps qu'on ne voit pas ? Ce n'est pas seulement une anecdote, c'est presque une allégorie .Ce visage, lisse , beau et sans profondeur nous
ouvre en fait une dimension inattendue , donnée par le détail du haut du tableau et des mouchetures rouges , donc par le défaut et le détail Et chacun y voit ce qu'il veut . Voilà pour moi un
image, sinon cabrée, du moins, travaillée, complexe, personnelle à chaque visiteur qui en fera sa lecture , contemporaine par sa technique et son thème .
Fondation d'entreprise Ricard / Art contemporain, 12 rue Boissy d'Anglas 75008 Paris, 01 53 30 88 00 Exposition jusqu’au 7 novembre 2009
du mardi au samedi de 11h à 19h
Visites commentées tous les mercredis à 12h30 et samedis à 12h30 et 16h00.
Actualité des manifestations sur le contexte historique et culturel de Maurice Achener
Mulhouse,le Musée Historique présente une exposition intitulée "Le Rhin Supérieur en 1900" jusqu'au 19 octobre
2009.
Strasbourg, au Strissel, 5 place de la Grande Boucherie, exposition de marqueteries Spindler du 7 au 26 octobre
2009.
Strasbourg, « Hans Haug, homme de musées. Une passion à l’œuvre », né à Niederbronn dans le bas Rhin, en 1890, Jean-Henri Haug est
connu, sous le nom de Hans Haug, comme l’homme qui eut un rôle majeur dans l’évolution des musées de Strasbourg entre 1919 et 1965, et sous celui de Balthasar en tant qu’artiste. Il fut
aussi historien d’art et à ce titre l’un des fondateurs des « Archives Alsaciennes de l’histoire de l’art » Une exposition lui est consacrée galerie Heitz, qui se complète d’un parcours
dans six des Musées de la Ville de Strasbourg (Musée de l'Œuvre Notre-Dame, Musée des Arts Décoratifs, Musée des Beaux-Arts, Musée Archéologique, Musée Historique, MAMCS). Jusqu’au 20
février 2010.
Japon, Hayama, Une exposition est consacrée à Henri Rivière au Museum
of Modern Art d’HayamaHenri Riviere: French Ukiyo-e Master. A partir du 12 octobre 2009.
Haguenau, (Bas Rhin, 67), au Musée historique, exposition sur Henri Beecke (1877-1934) jusqu’au 11 octobre, commissaire
Mme Pia Wendling conservatrice. Musée Historique - Chapelle des Annonciades Place Albert Schweitzer 67500 Haguenau Tél : 03 88 93 79 22 lA
Art nouveau : Paris, Musée du Luxembourg, Louis Comfort Tiffany. Couleurs et lumières jusqu’au 17 janvier 2010, lundi, vendredi de 10h30 a 22h, mardi, mercredi, jeudi de 10h30 a 19h, samedi,
dimanche, jours fériés de 9h30 a 20h
Paris, Musée les Arts décoratifs, Estampe et Lithographie 1900 à l’honneur avec l’exposition « Hommages à
Toulouse-Lautrec affichiste » Musée des arts décoratifs, jusqu’au 3 janvier 2010, 107, rue de Rivoli 75001 Paris 01 44 55 57 50
Paris, Musée d’Orsay , Art Nouveau Revival 1900 . 1933 . 1966 . 1974, 20
octobre 2009 - 4 février 2010, 9h30-18h 21h45 le jeudi fermé le lundi
Art déco :
Rennes, (35) musée des Beaux Arts « Odorico, mosaïstes Art déco » C'est en 1882, que les frères Odorico s'associent pour fonder leur propre
entreprise à Rennes, elle durera jusqu'en 1978. Horaires: Le mardi, de 12h à 21h (nocturne) mercredi, jeudi et vendredi de 12h à 19h, samedi et dimanche de 14h à 19h. Jusqu’au 03 janvier
2010. La Grande Guerre et les artistes : Lamballe (22), musée Mathurin Méheut, « Artistes Bretons en guerre » La grande guerre vue par Mathurin Méheut et ses contemporains, Jean-Julien
Lemordant, Camille Godet, Jean-Georges Cornelius, jusqu'au 31 décembre 2009, Place du Martray 22 400 Lamballe, horaires mercredi vendredi et samedi de 14h 30 à 17h.
Fernand Pelez. La Parade des humbles. Paris, Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, jusqu’au
17 janvier 2010.
Livre
« Couleurs et Lumières d'Alsace, libre regard sur des artistes peintres » alsaciens de la période 1870-1970, de
Pascal Jung et Jean-Claude Wey. Editions Les Petites Vagues.
Sur le WEB
Le Sitewww.alsace-collections.fr se présente comme destiné aux collectionneurs et aux personnes qui partagent la
passion de l'art alsacien, il apour but d’aider à :
- Compléter leurs collections
- Vendre, Acheter ou Echanger des Tableaux au prix du Marché
- Se mettre entre contact avec d'autres collectionneurs
Montreuil, Portes Ouvertes des ateliers d'artistes de Montreuil ,
Christine Destours, qui invite dans son atelier présente ses boites, Emmanuelle Anquetil ses vidéos, et Jean-Pierre Cazes ses gravures. 2 rue Marcelin Berthelot, escalier fond de cour à gauche, 1er
étage gauche (métro Croix de Chavaux, ligne 9, Mairie de Montreuil) Les samedi 17 et dimanche 18 octobre 2009 de 14h à 17h
Galeries
Paris, Ernest pignon Ernest estampes récentes à la galerie Lelong, 13, rue de Téhéran, Paris 8e. jusqu'au 10 octobre
Paris, « OH CET ECHO exposition palindromique » rassemblement d’œuvres sur papier de type « marabout bout de ficelle », avec des artistes de divers horizons : Georg Baselitz, Jörg Immendorff, Per
Kirkeby, Markus Lüpertz , Agathe May, Pierre Collin, Vincent Corpet, Kyle Field, Steve Galloway, Isabelle Happart, Killofer, Frédéric Poincelet, Louis Pons, Bruno, Richard, Singeon. Galerie
Catherine Putman 40 rue de Quimcampoix 75004 Paris, ENTREE GRATUITE, jusqu’au 31 octobre.
Dans les musées parisiens les expositions de l’automne démarrent :
Paris, Musée du Louvre ; « Titien, Tintoret, Véronèse... Rivalités à Venise », ou comment découvrir une époque et des peintres impressionnants, en se faisant vraiment plaisir. Une exposition
bien faite et didactique. Jusqu’au 4 janvier.
Galeries nationales du grand Palais.
Paris, Musée D’Orsay, James Ensor(1860-1949), rétrospective du grand peintre belge dont l'oeuvre singulier court du début des années 1880 jusqu'au beau milieu du XXe siècle. Du 20 octobre au 4
février 2010.
Paris, Beaubourg, rétrospective, Pierre Soulages. le « peintre du noir et de la lumière » du 14 octobre 2009 au 8 mars 2010 de 11h00 - 21h00
Et puis :
Paris, L'exposition « La Confusion des Sens » à l'espace Louis voir article.
Thionville, Exposition de livres d'artistes sur le thème du "voyage" La Bibliothèque municipale de Thionville propose la seconde édition de la manifestation littéraire et artistique
transfrontalière dédiée aux livres d’artiste « Autres Rives / Autres Livres » L’exposition réunit une centaine de livres d’artiste sur le thème du voyage qu’il soit vécu, imaginaire, ultime,
utopique ou impossible … issus des bibliothèques et des écoles d’art de la Grande Région, du Frac Lorraine et de la Bibliothèque Kandinsky du Centre Pompidou, Paris. Jusqu’au 25 octobre 2009 à
l’espace d'art du Centre Jacques Brel http://www.centre-jacques-brel.com/
Auvers-sur-Oise , 95, « Panorama de la gravure, de Daubigny à nos jours » Du 17 octobre 2009 à avril 2010, le musée DAUBIGNY Manoir des Colombières Rue de la Sansonne 95430 Auvers-sur-Oise, 01 30
36 80 20
Compiègne (60) , Estampe Européenne, l'Espace Jean Legendre, accueille les oeuvres de 43 artistes
français, hongrois, danois et roumains, dont certains créées dans l'atelier Torben Bo Halbirk, jusqu’au 10 décembre, Espace Jean Legendre, Pl. Briet Daubigny/Rue du Gal Koenig 60200 Compiègne 03 44
92 76 76
Eymoutiers, 87, Marc Chagall , exposition Lithographies, Gravures, Grands Livres illustrés, Espace Paul Rebeyrolle 87120, jusqu’au 15 novembre 2009 , 05 55 69 58 88.Tous les jours de 10h à
19h.
Et toujours :
Avallon, Plein ciel sur les gravures : Léon Degoix (1858-1931) ,Musée de l'Avallonnais, vétérinaire, homme politique et
amateur d'art, membre de l'Académie Jullian et graveur, jusqu’au 31 décembre 2009,
Roubaix, (59), Henry de Waroquier (1881-1970) exposition de sculpture sur celui qui fut aussi graveur, à la Piscine, jusqu’au 18 Octobre 2009 , 23 rue de l'Espérance, 59100 Roubaix, 03 20 69 23 60
http://www.roubaix-lapiscine.com/
Montélimar , "Calvo ou l'art du détail dans la bande dessinée" Le Musée de la Miniature ouvre ses portes à l’un des plus
grands auteurs de la bande dessinée française. Edmond-François Calvo (1892-1957) est l’auteur de La bête est morte!, (La guerre mondiale chez les animaux ,1944/45) Jusqu’au 31 décembre 2009, Musée
de la Miniature 19 rue Pierre julien Montélimar, du mercredi au dimanche de 14h à 18h
Abbeville,(80) Génération Manessier , sous l’objectif de Jean-François Bonhomme Musée Boucher-de-Perthes Abbeville 24, rue Gontier Patin. 80100 – Abbeville Tél. 03 22 24 08 49 – Ouvert tous les
jours de 14h à 18h, sauf le mardi
La Côte-Saint-André , (Isère) Jongkind, « des Pays-Bas au Dauphiné » , Musée Hector-Berlioz , jusqu’au 31 décembre 2009, 69 rue de la République, BP 63 38 261 La Côte-Saint-André Cedex
04.74.20.24.88, Le musée est ouvert tous les jours sauf le mardi de 10h à 19h ENTRÉE GRATUITE
C’est la fin :
Mulhouse, Zofia Rostad, « une vie en couleur » Musée de l’impression sur tissus. Jusqu’au 25 octobre 2009, Musée de l’Impression sur Etoffes 14, rue Jean Jacques Henner 68100 MULHOUSE, 03 89 46 83
00, www.musee-impression.com
A venir :
Paris, Marie Lavie,IcônesetMonotypes « Patmos, l’île de la révélation » du 18 au 29 novembre 2009, Atelier Gustave 36 rue Boissonade, Paris 14e « Il existe
un autre Patmos, celui de la petite île rocheuse à forme d’hippocampe du sud de la mer Egée, aux côtes dentelées, au relief contrasté, dominé par la sévère forteresse du monastère saint Jean le
Théologien. »
Saint-Cloud (92), Bois de fil, bois debout... La gravure sur bois du 21 novembre au 20 décembre 2009, , Musée des Avelines 60 rue Gounod 92210 Saint-Cloud 01 46 02 67 18
http://musee-saintcloud.f
Saint Louis, (68), Andrea Pagnacco, artiste d’origine vénitienne, se réclame d’une longue tradition, ce qui ne l’empêche pas de produire des estampes stupéfiantes de modernité. Les fragments de
notre environnement technologique y suscitent des interrogations métaphysiques sur le rapport de l’homme aux objets. Forum, Hôtel de ville. Entrée gratuite Du 5 mars 2010 au 11 avril 2010
Wesserling, Pierre SPALAÏKOVITCH organise une exposition de l'œuvre gravé et dessiné de Milivoj Grujic' dit "ELIM" au Parc de Wesserling du 6 février au 9 mai 2010
http://www.parc-wesserling.fr/
Livre : Hélène Bonafous-Murat est expert en estampes, originaire de Lesneven elle présente à la libraire Dialogues de Brest son dernier livre, inspiré par les frères Le Nain
10 000 € pour le voyage d’un jeune artiste à l’étranger.
La date limite d’inscription est le 15 novembre 2009
Le graveur Jean Claude Reynal, avait souhaité créer une bourse, destinée à un jeune artiste, afin de lui permettre un voyage d’étude à
l’étranger.
Sous l’égide de la Fondation de France et de l’Ecole des Beaux-Arts de Bordeaux, la Bourse de la Fondation Jean-Claude Reynal attribue 10 000 Euros à un jeune artiste travaillant sur
papier.
L'exposition « La Confusion des Sens » à l'espace Louis Vuitton Marie-Anne Chenerie
Vous voulez vous offrir 30 minutes de beauté, de calme et de dépaysement au coeur des Champs Elysées ? Non il ne s'agit
pas d'un nouveau spa ou d'un bar à oxygène, mais bien de la nouvelle exposition à l'Espace Louis Vuitton , 60 rue Bassano: « la Confusion des Sens » .
Entrez-y sans a priori , oubliez les sacs et les malles Louis Vuitton , laissez vous surprendre. D'abord, l'entrée dans
l'exposition : ne comptez pas sur moi pour vous dire comment on y pénètre , sachez que l'idée est surprenante, simple et efficace . Vous devez « jouer le jeu ». Mais rassurez vous, ceci se fait
en douceur et sans risque. Bien sûr, c'est une exposition d'art contemporain( donc à forte connotation conceptuelle ) , et , penserez-vous, faites pour nos cerveaux et non pas pour nos sens ( et
encore , pas tous les cerveaux ! ) . Mais si j'ai choisi de vous en parler , c'est que les artistes parlent ici à nos émotions , et à nos sens . On peut évidemment rajouter une couche «
d'intelligence » - et le beau catalogue distribué à la sortie vous y aidera – mais ce n'est pas absolument nécessaire ....
Avant les oeuvres, quelques lignes sur le lieu, qui contribue à l'impression générale de calme, de luxe, de pureté :imaginez un très grand espace tout blanc , de forme complexe, avec des vides ,
bref , un espace qui respire . Et l'ouverture sur le ciel ( ce jour là , changeant ) et Paris, gris et blanc , avec la trouée rousse du l'avenue George V et l'or des Invalides . Quand vous serez
dans cet espace , sortez sur le balcon qui en fait le tour : c'est comme d'être sur la coursive d'un grand bateau luxueux qui avance dans Paris .
Les oeuvres, maintenant . D'abord, il y en a peu , et c'est très bien ainsi : combien de fois êtes vous sortis épuisés et frustrés d'expositions qui ont voulu trop en montrer . Les organisateurs
ont eu le courage de choisir , et certainement de renoncer à des artistes significatifs , mais ce peu contribue lui aussi à cette impression d'espace et de liberté . Je choisis de vous parler ici
de 3 oeuvres :
La première( et nous sommes bien, sur ce blog, dans un espace réservé à la gravure, à l'impression, à l'estampe ) est celle de Véronique Joumard : un grand mur courbe uni orange vif , qui n'a
rien de particulier apparemment, sauf que si vous vous y appuyez ( votre main par exemple ) , la trace s'inscrit en jaune de façon éphémère , grâce à une peinture thermosensible: c'est chaud,
vivant ( la vibration de cet orange et de ce jaune vif dans cet espace blanc est magnifique ) ; c'est vous qui décidez de l'empreinte que vous laissez. , seul ou à plusieurs . Evidemment, on
pense à Michel Klein mais là, l'acteur, c'est vous : une empreinte, un dessin, un « coloriage » . Je me suis prise à rêver de de ce que pourrait donner ces empreintes si plusieurs personnages,
nus , y appliquaient leur corps , pour inscrire des traces qui s'effacent, se superposent et disparaissent pour n'en garder que le souvenir : ici l'empreinte est éphémère , gratuite et d'autant
plus précieuse .
La seconde oeuvre que j'ai vraiment aimée est celle de Didier Faustino : encore un « passage » : franchissez cette entrée , digne des lambris d'une demeure bourgeoise , « poussez la porte » , une
matière douce et sensuelle vous surprendra et , derrière, vous y trouverez ce que votre esprit a rêvé : le grenier de votre enfance, la scène interdite que l'on ne doit pas voir, les cadeaux de
Noël cachés aux yeux des petits, et aussi peut être aurez-vous un peu peur . Et s'il n'y avait rien derrière cette porte si normale en apparence ?
Enfin, je terminerai par le ciel de Laurent Saksick, un très grand artiste de mon point de vue : il a réalisé un de mes vieux rêves : pouvoir inscrire sur un de mes murs un morceau de ciel vivant
et changeant, vous savez , comme la robe couleur de temps de Peau d'Ane . Bien sûr, dans cette oeuvre magnifique, il y a , si on le veut , bien des « concepts » sous-jacents et aussi une belle
prouesse technique, mais , moi, je n'ai vu que le résultat : le ciel est tout près et je peux passer des heures à observer ses gris, ses bleus, ses blancs; je peux même passer à travers ...Un
conseil : après avoir vu cette oeuvre, ressortez sur la coursive et observez le « vrai » ciel : vous le regarderez d'un autre oeil .
Je me souviens d'un de mes professeurs de dessin qui disait toujours : "regardez le ciel au-dessus d'une construction : s'il vous paraît beau ou remarquable, c'est que l'oeuvre architecturale
est réussie" .
Voilà « ma » visite est terminée, certes je n'ai pas tout autant aimé mais je suis ressortie sur les Champs Elysées un peu déstabilisée , rafraichie, reposée. Bravo aux organisateurs : un choix
éclectique, un accueil soigné , calme et attentionné , un espace exceptionnel , où l'intérieur et l'extérieur se répondent .
Une seule remarque, car il faut bien une critique : je sais bien que nous sommes à la Fondation Louis Vuitton, quasiment dans le magasin phare de la marque , mais ne pourrait-on pas attendre
d'être entièrement sorti de l'exposition pour se voir proposer de passer par le magasin ? ( fort intéressant d'ailleurs en termes d'architecture intérieure et de mise en scène des objets )
Allez y , c'est jusqu'au 10/01/1010. Un conseil : choisissez bien votre jour et la météo qui vous conviendra : votre ciel en sera différent : bleu éclatant ou orageux ou blanc laiteux ou
tourmenté et gris profond avec toutes les nuances que l'on peut imaginer et que l'on ne voit d'habitude que lorsqu'on lève la tête ( et encore si on lève la tête ! ) .
Jusqu'au 10 Janvier 2010
"La Confusion des Sens"
Espace culturel Louis Vuitton
60, rue de Bassano / 101, avenue des Champs-Élysées
Ouverture : du lundi au samedi de 12h00 à 19h00, le dimanche de 11h00 à 19h00 (ouvert les jours fériés à l’exception du 25 décembre et du 1er janvier),
Quelques manifestation autours des imprimeurs sont organisées à l’occasion des journée du patrimoine, les 19 et 20 septembre 2009 :
Arcueil (94), Découverte de l'atelier d'estampes ETR Balistic, l'Atelier-Musée d'Art Graphique d'Arcueil propose une visite de l'atelier et d'une importante collection de presses et d'outils
représentatifs de l'histoire de l'imprimerie du XIXe siècle. Samedi 19 et dimanche 20 septembre 2009, de 14h à 18h, ETR Balistic Atelier-Musée d'Art Graphique d'Arcueil 5 avenue de la convention
Tél : 01 45 46 51 64 http://etrbalistic.free.fr
Issy les Moulineaux,l'Imprimerie d'art des Montquartiers vous invite à
découvrir des œuvres réalisées au sein de cet établissement.
Fondée par Pierre Bouchet en 1927, l'Imprimerie d'art assure l'impression typographique et lithographique selon des méthodes traditionnelles. Livres mais aussi planches lithographiques sont exposés
en présence des artistes qui les ont réalisés. 01 41 23 87 00 Bus 123
Paris (10e), Atelier de l'imprimeur d’art taille-doucier René Tazé, Démonstration d’impression de gravures sur cuivre. Dimanche 20 septembre de 10h à 12h et de 14h à 18h Atelier Tazé 70 rue
René Boulanger Villa du lavoir, bât. 4A 75010 PARIS 01 42 39 90 20, M° Gare de l’Est http://www.atelier-rene-taze.com
Et à Draveil, L'Association Paris Jardins de Draveil, dans l'Essonne, propose une visite au château de Draveil autour des gravures d'Edmond et J.J.J. RIGAL.
Hommages à Toulouse Lautrec affichiste au Arts Décoratifs. Jusqu’au 3 janvier 2010,
Les affiches réalisées par Henri de Toulouse Lautrec sont tellement connues reproduites et ainsi galvaudées, qu’il peut
sembler inutile voire déprimant d’aller voir des originaux aux Musée des Arts décoratifs. Pourtant passé le premier moment de désarroi dans des salles d’exposition, sombres, aux murs à nus,
recouverts de froides plaques métalliques, la visite s’avère distrayante et didactique.
Le musée des Arts Décoratifs possède 26 affiches, du petit homme boiteux à lorgnon, venu d’Albi avec son chapeau, trainer
dans les lieux, glauques et libidineux, mais bien attirants, des folles nuits du Montmartre à la Belle Epoque. Un air de french cancan, peut mettre un point d’orgue à la galerie des poncifs ainsi
énumérés. Mais l’exposition sait en sortir, tout en en jouant, pour nous expliquer qu’Henri de Toulouse Lautrec est un grand lithographe, l’affiche qui prend avec lui son envol, est vite
devenue une affaire sérieuse, qui continue à influencer les têtes de ceux qui la regardent.
Des affiches précieuses
La muséographie veut, peut être, nous plonger dans l’ambiance obscure des nuits de la période de 1891 à 1900,
pendant laquelle, les affiches furent créés. Mais la faible lumière a pour objectif essentiel, de protéger ces affiches fragiles et rares.
Henri de Toulouse Lautrec, conseillé par le galeriste Maurice Joyant, a su préserver ses estampes en
effectuant des tirages limités et en effaçant les pierres après que le nombre de tirage souhaité ait été obtenu. Elles ont très vite été collectionnées, l’artiste étant déjà connu quand il les a
réalisées, et l’affiche ayant suscité un engouement énorme vers la fin du XIXème siècle.
Les affiches présentées sont de magnifiques tirages et comportent souvent de savoureuses remarques : un petit dessin
de l’artiste, comme le délicieux croquis de patineuse sur celle représentant Misia Natanson pour la Revue Blanche.
L’affichomanie
Henri de Toulouse Lautrec a contribué à la passion pour l’affiche qui s’est développée à cette période et que certains on
appelé l’affichomanie.
Cette frénésie se constate par le nombre de publication qui sont consacrées à cet art qui passe au statut d’art
« majeur ». Ce cher Clément-Janin, auteur d’un article dans Byblis sur Maurice Achener, dirige la revue
« l’estampe » qui dont des numéros sont dédiés à l’affiche. Le galeriste Edmond Sagot se spécialise sur le créneau Les grands journaux quotidiens ont leur rubrique régulière sur
l’actualité de l’affiche. Léon Deschamp (1864-1899) fonde, quand à lui, la revue artistique et littéraire «la Plume » et organise conférences, concours et expositions dont le « salon
des cents » pour lequel il demandera à de fabuleux artistes la réalisation des affiches : Alphons Mucha, Pierre Bonnard, Adolphe Willette, Eugène Grasset (la dame du Larousse Illustré),
Jules Everpoel et Henri de Toulouse Lautrec.
Auteur de nombreux livres sur l’estampe et grand collectionneur, Henri Beraldi (1849-1931) dira « Aujourd’hui
c’est l’affiche qui donne des joies à l’amateur d’estampes ».
Influence de l'art japonais
Les œuvres d’Henri de Toulouse Lautrec sont imprégnées de références à l’art japonais dont il est un connaisseur
passionné, comme beaucoup d’artistes de l’époque. Cette influence se concrétise par son monogramme, inspiré des ornements des sabres japonais. Par l’utilisation de grands aplats de noir
pour ses personnages, souvent détourés ou bien cerclés d’une couleur pour obtenir un effet de cloisonnement. Enfin, il laisse apparaitre, dans certaines zones, le blanc du papier.
L’exposition montre comment ces techniques sont employées sur les affiches présentées.
Des affiches qui dévoilent un homme étonnant
L’exposition sait placer près des œuvres, les informations et les anecdotes pertinentes sur le contexte de leur création.
Elles nous permettent de regarder avec un regard neuf ces images connues.
L’affiche réalisée pour le salon des cents est celle d’une femme sur le pont d’un bateau. Elle représente, une inconnue qui fascina Henri de
Toulouse Lautrec, passager sur un cargo pour un voyage le Havre Bordeaux. Pour rester à sa proximité il poursuivi la traversée jusqu’à Dakar, mais sans jamais lui oser lui parler.
Le dessin qui représente la troupe de mademoiselle Eglantine est recopié d’une photo de cette troupe. Elle comportait des artistes aux noms évocateurs : la déjà nommée
Eglantine, Jane Avril, Cléopâtre et Gazelle.
Jane Avril, quand à elle, mainte fois représentée dans une posture acrobatique, mais très intéressante d’un point de vue
graphique, avait la réputation de « danser comme une orchidée en délire », nous n’aurions pas forcement pensé à cette association.
Certaines affiches générèrent des scandales, d’autres furent refusées, l’affiche de publicité pour la chaine à vélo Simpson, sur le prétexte que cette
dernière n’était pas assez ressemblante. Celle sur Aristide Bruant aux Ambassadeurs, ne plaisait pas à l’organisateur du spectacle, mais fut imposée par le chansonnier puis jugée
« épatante » par le public.
Mais, la plus étonnante est celle de l’Artisan Moderne, sous le regard désapprobateur de son employée, en tablier, une cornette sur la tête, une dame est dans son lit,
sur lequel trône un petit chien, et reçoit l’artisan marteau et mallette à outils à la main. L’homme représenté est un bijoutier d’art, ciseleur chez Maty et a pour le moins une expression
troublante.
Les grands de l’affiche contemporaine rendent hommage à Henri de Toulouse Lautrec
L’exposition présente en parallèle aux affiches d’Henri de Toulouse Lautrec, celles de graphistes contemporains. En 2001,
ils ont proposé un hommage pour la commémoration des 100 ans de la mort de l’artiste. Avec les codes graphiques actuels, ces acteurs majeurs des publicités qui nous cernent donnent leur vision de
l’artiste. Ce face à face ne m’a pas paru indispensable, les associations entre les affiches contemporaines et celle d’Henri de Toulouse Lautrec, perturbent la lisibilité de
l’exposition.
Détails pratiques : Les Arts Décoratifs - Publicité 107 rue de Rivoli 75001 Paris
01 44 55 57 50, du mardi au vendredi de 11h à 18h, le samedi et le dimanche de 10h à 18h, le jeudi : nocturnejusqu’à 21h