Créé en 1979 sous l’égide de la Fondation de France en hommage au graveur et maître-imprimeur Roger Lacourière,  Le prix de gravure Lacourière  est destiné à récompenser un graveur en taille-douce.

Prix biennal, décerné par un jury composé de 12 membres, conservateurs de musées et du Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale de France, de techniciens, de critiques et d’historiens de l’art, le Prix Lacourière sera pour l’année 2012 d’un montant de 8000  Euros.

Les personnes souhaitant concourir à ce prix pourront également trouver ce règlement sur les sites Internet
de la Fondation de France et de la Bibliothèque nationale de France:
www.fdf.org
www.bnf.fr/pages/collections/dpt_estampes.htm


 

PRIX DE GRAVURE LACOURIERE 2012

 

Ce prix biennal, d'un montant de 8000 Euros, est destiné à récompenser un graveur en taille-douce. Il a été créé par Madeleine Lacourière en 1979 sous l'égide de la Fondation de France en hommage au graveur et maître-imprimeur Roger Lacourière.

 

CONDITIONS DE PARTICIPATION AU PRIX Les estampes présentées doivent être imprimées en taille-douce. Le candidat doit être vivant et avoir 45 ans au plus l'année de sa participation au prix. Il doit être de nationalité française ou résider en France depuis 3 ans. Ses gravures doivent avoir été exécutées dans les 5 dernières années.

 

Le prix n'est pas anonyme : les envois sont adressés ou présentés sous le nom du candidat qui joindra son curriculum vitae et la liste détaillée (titre,technique,date) des œuvres déposées. Sauf pour le lauréat, le nom des candidats ne fait pas l'objet d'une diffusion ou publicité.

 

DEPOT DES ŒUVRES Les œuvres non encadrées peuvent être déposées du lundi au vendredi (samedi sur rendez-vous), entre 10h00 et 13h00 ou adressées sous pli recommandé au : Secrétariat du Prix Lacourière Département des estampes, Bibliothèque nationale de France 5, rue Vivienne 75002 Paris à partir du 02 avril et jusqu'au 30 avril 2012, le cachet de la poste faisant foi. Les candidats peuvent déposer de trois à cinq gravures de leur choix; ils porteront sur leur envoi ou dépôt la mention "Prix de gravure Lacourière". RETRAIT DES ŒUVRES Les œuvres devront être retirées du 29 mai au 29 juin 2012, de 10h00 à 13h00.

 

Les dossiers qui n'auraient pas été repris seront renvoyés uniquement aux candidats qui auront joint une enveloppe affranchie au tarif en vigueur. COMPOSITION DU JURY Le Jury est composé de 12 membres, conservateurs de musée et au département des Estampes de la Bibliothèque nationale de France, de techniciens, de critiques et d'historiens de l'art.

 

W Y S I W Y G : l'artiste , c'est vous ! Par Marie-Anne Chenerie

 

            Onze heures, un samedi matin de janvier, rue du Chevaleret , un vent coupant, un soleil éblouissant qui ne cache rien de ces tours  des années 60 à l'architecture sommaire et triste et … de façon tout à fait inattendue, une grande porte noire ( que l'on aurait pu prendre pour une porte de garage ) . Une jeune fille en robe orange électrique ( cette robe est importante pour la suite ) , souriante, reçoit les visiteurs  dans ce lieu étonnant : le lieu d'exposition de  la collection Rosenblum and Friends , ici  autour du thème «  WYSIWIG» , prononcer «  wisiwig ») 

            What You See Is What You Get, au delà de cet acronyme ( celui d'un logiciel,  interface d'utilisateur qui permet de composer visuellement le résultat voulu , où l'on voit directement à l'écran à quoi ressemble le résultat final  ) ,  cette exposition  qui est à remarquer par  la qualité des oeuvres exposées, est surtout exemplaire de cette démarche d''art contemporain , exigeante et passionnante.

            Le titre est en fait détourné en «  What Y(oung people ) See Is What You get », mais en dehors du fait d'insister sur la jeunesse des artistes ( entre 30 et 40 ans en général), cette nuance dans le titre apporte pour moi peu d'éléments , car l'exposition va bien au delà d'un plaidoyer pour la jeunesse ( des artistes, des techniques ..)

 

            C'est en effet  toute l'évolution de notre savoir  qui est ici résumé : après la tradition orale , puis la science de l'écrit, des bibliothèques, de l'accumulation,  aujourd'hui nous avons tout à disposition , techniques, connaissances , possibilités , tout est à notre main, sans effort  , grâce en particulier à ces techniques web , d'ailleurs souvent utilisées par ces artistes .

 

            C'est donc une nouvelle démarche créative  qui doit intervenir pour dépasser ce stade sans issue , non pas celle de l'art « classique » , à la technique parfaite , au évocations guidées :c'est à nous spectateur de créer l'oeuvre , de choisir , de continuer, à partir des clés données par l'artiste : après le savoir, et au delà, il restel'innovation, l'intelligence , l'inattendu.

 

            Mc-Ewen_BDoor.jpegMcEwen_Stretcher.jpegAinsi ces oeuvres de l 'Anglais Adam Mac Even, cadre ou plaques d'égoût en graphite , matériau improbable , fragile et destiné au dessin ( la mine et non le corps du crayon ) , qui nous laisse remplir ce contour ou cette image ; plus encore ces 3 tableaux de l'Américain Jacob Kassay ( 27 ans) , de « simples » pellicules d'argent , irrégulièrement travaillées et qui nous proposent  les reflets changeants de ce qui est devant : la fameuse robe orange diffuse sa lumière, notre groupe est mouvant et incertain, j'imagine ce tableau devant un ciel ou une foule ...Il n'existe bizarrement que par ce qui est devant et qui est capable de le regarder . Et la nuit , quand tout est sombre et vide , que reflète t il ?

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     Kassay_untitled.jpeg       C'est même toute notrerelation au monde qui est décrite : « ce que nous voyons ( ressentons , sentons ) est ce que nous obtenons » , et donc, par définition, est unique et différent de ce qu'obtient  mon voisin , notre «  voir » est tout aussi légitime que le sien . D'autant plus que , nous pouvons évoluer, changer d'avis : une grande leçon de créativité et de tolérance, qui laisse la place au regard de l'autre, en prenant le risque de son interprétation et de son intrusion.

            Donc, It's Up To You ( ces jeunes artistes sont souvent anglophones ), « c'est à vous » ( dans tous les sens de l' expression ) , moi artiste je propose et toi passant, spectateur , auditeur , voisin, ami, étranger , tu disposes

 

Informations pratiques :

rosenblum-logo.jpg183, rue du Chevaleret
75013 Paris

www.rosenblumcollection.fr, réservations sur le site internet de la collection

10 e l'entrée ( visite guidée)

 

Les illustrations ont été fournies par la Collection Rosenblum and Friends

 

 

 

Markus Raetz un tonton la bricole qui chatouille les méninges  par Anne Le Menn

 

 

La gravure et la sculpture ont  beaucoup de points communs, l’exposition de Markus Raetz à la BNF , présente ces deux  productions de l’artiste et le met en évidence.  Le fil de fer ou le tracé du burin se tordent,  prennent des virages  et dessinent  des profils sur le mur par leur ombre ou par l’encre sur le papier imprimé.

Souvent ce sont les vides entre les formes qui sont destinés à nous attirer. Dans tous les cas une double lecture s’opère, et par le jeu des illusions d’optiques une autre image remplace la première impression visuelle.  Un  OUI peut littéralement se transformer en NON.

Nous sommes dans une salle de jeux et invités à se faire chatouiller le cortex cérébral  par le biais des nerfs optiques. Tout cela ne pourrait  être que démonstration  scientifique  ou prouesse technique,  mais cela s’avère  beau et émouvant sans que l’on sache pourquoi.  

La démarche de l’artiste, sa quête perpétuelle  de ne pas s’ennuyer dans son atelier, me fait penser à ces personnes habiles de leur mains et qu’on aime visiter car  elles ont toujours quelque chose de  nouveau à nous montrer. Que ce soit des horlogers ou des  tontons la bricole qui nous stupéfient par leur capacité à  réparer ou refaire du neuf avec  du  vieux. Ils ont le même air serein que Markus Raetz quand il concrétise  avec minutie les idées qu’il a noté dans ses carnets de croquis. Et les  concepts qui plaquent sur chaque oeuvre un discours sur le pourquoi et le comment,  deviennent  alors inutiles

 

Markus Raetz, Gaze, aquatinte en couleurs, 2001

 © ADAGP, 2011 - BnF/département Estampes et photographie

 

Informations pratiques Markus Raetz.Estampes / sculptures

Site Richelieu  mardi - samedi de 10h à 19h

dimanche de 12h à 19h  sauf lundi et jours fériés 7 €

Jusqu’au 12 février 2012   Richelieu / Galerie Mansart

 

 Cécile Reims par Marie-Jeanne Laurent

 

Cecile-Reims.jpg Burins très fins, pointe sèche en second, papier vélin d'Auvergne et vélin Rives, encollage de papier japon ivoire. C'est tout et c'est assez pour un travail d'une virtuosité inhumaine (quand on connait la difficulté du burin),  qui peut se comprendre par une citation de Victor Ségalen dont elle illustre "la muraille de Chine" :
"on fit comme toujours un beau voyage, ce qui n'était qu'un voyage au fond de soi"

Paysages hors du temps, arbres morts, anatomies végétales illustrations de livres et poésies mystiques,
un sommet avec 15 petits burins intitulés "Kadish" (la prière des morts), hommage à sa mère disparue en fumée, où elle s'inspire de Bellmer dont elle a été la "traductrice"-graveur, mais dont elle épure l'érotisme pesant.

 

Visuel Cécile Reims L’Herbier charnel 2002-2003 – Burin  Collection Musée Jenisch, Vevey © ADAGP Paris, 2011

 

Informations  Pratiques

Cécile Reims L'œuvre gravé, 1950-2011

Musée d'art et histoire du judaïsme, 71 rue du temple, métro Rambuteau,
du lundi au vendredi, de 11h à 18 h,  prolongation jusqu'au 11 mars 2012

 

Visite guidée de l'exposition temporaire
Cécile Reims, graveur
Comment naît une gravure ?

Dimanche 5 février 2012 à 14 h 30
Visite exceptionnelle de l’exposition par l’artiste
Cette présentation sera suivie d’une signature à la librairie du musée.

 

 

Doré : Julien ? Non, Gustave  par Marie-Anne Chenerie

 

6 janvier, 150ème anniversaire de la naissance de Gustave Doré ( né à Strasbourg le  6 janvier 1832) , un des plus grands graveurs  français ( et , par ailleurs, effectivement arrière-arrière  grand oncle de Julien , une certaine ressemblance physique ?)  .

 

Nous avons , pour la plupart d'entre nous, dans notre mémoire, une illustration de Gustave Doré : les Contes de Perrault, Jules Verne, les Fables de la Fontaine , Rabelais, Dante....

barbebleue.JPGRegardez par exemple cette illustration de «  Barbe-Bleue », le mari , davantage ogre et monstre qu'humain , barbe longue et drue, vêtement proche de poils animaux , dominant ,  et  la jeune femme hypnotisée, jeune , frêle, cambrée sous la violence du mari bestial , qui fixe déjà la clé  comme si elle voyait son destin . C'est , au moins pour ce qui me concerne, mon enfance qui est convoquée , et plutôt d'ailleurs la part d'inquiétude, de mystère , de violence qui est dans toute enfance , et qui nous construit pour toute la vie , comme ces contes si proches des mythes transculturels.

 

Donc génie de l'illustrateur Doré, qui a su  s'approprier  ces textes éternels tout en nous proposant une lecture personnelle , inventive, et qui sait nous toucher , mais aussi génie du graveur , qui a su  transformer la technique, s'affranchir des traditions, mettre en avant le mouvement , le contraste, alors peu développé dans les illustrations de livres . Il a connu d'ailleurs unimmense succès  de son vivant , ce qui est plutôt rare  dans sa discipline, et meurt à 51 ans , en laissant une oeuvre immense de dessins, gravures , peintures et aquarelles ( moins connues ..)

 

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dore-portrait.jpg Les illustrations sont tirées du site Gallica de la BNF , le beau portait  de Gustave Doré est une lithographie de la collection  de l'école Nationale des Beaux Arts

 

Pour commencer l’année 2009 nous vous proposons un voyage dans le monde des ex libris de Maurice Achener.

 

Mais,  qu’est ce qu’un Ex libris ?

Un ex libris est une estampe destinée à personnaliser les livres de la bibliothèque d’une personne. Ex libris se traduit littéralement par « un des livres appartenant à » en anglais on utilise le terme « bookplate »  

 


Comment se fait un ex-libris ?

La gravure identifiera le livre, en  donnant  une image souhaitée par son propriétaire. Elle doit répondre à des contraintes de taille, puisqu’elle est destinée à  trouver une place dans un livre.

 

 

Maurice Achener et les Ex-Libris

Maurice Achener est un paysagiste, son travail sur des ex libris est intéressant car il éclaire un autre aspect de sa personnalité. Dans cette œuvre de commande, il réalise un  portrait.


Des croquis préparatoires et quelques lettres, échanges entre un des clients André Lesourd et Maurice Achener, nous permettent de mieux comprendre sa méthode de travail.

 

 

Croquis préparatoires
On peut remarquer que les croquis présentés sont comiques, avec notamment un  pêcheur à la ligne imaginé en mauvaise posture, le trait est libre et rapide.

 

Lettres de André Lesourd adressées à Maurice Achener


Cher Monsieur

Mon photographe à qui j’avais demandé un agrandissement de l’épreuve qui m’intéresse, a perdu le cliché, je me vois donc dans l’obligation de vous envoyer seulement une épreuve, que je vous recommande car c’est la dernière qu’il me reste. Je joins également un autre agrandissement qui n’est pas sans intérêt. D’autre part, je verrais avec plaisir la mention « PACIFIQUE » figurant sur l’ex – libris –quant à mes initiales peut être aurez vous une idée originale mais ce n’est qu’un détail. Bien entendu je ne tiens pas particulièrement à une copie exacte des photos mais plutôt à une gravure inspirée par elles.

En attendant de vos nouvelles bien cordialement à vous.

 

André Lesourd

 

Puis le 20 février 1940

Cher Monsieur

Je vous retourne votre dessin ainsi que vous me le demandez j’en suis enchanté, et je ne puis que dire qu’il réalise fidèlement les désirs que j’avais. Toutefois, ainsi que vous me le dites, je serais heureux de voir une autre solution en qui concerne mon nom ou mes initiales.

Dans l’attente au plaisir de vous voir bientôt. 

André Lesourd

 

 

Le catalogue raisonné des Ex-Libris de Maurice Achener

En 1960, douze ex libris, de  Maurice Achener sont  recensés dans la  liste de ses eaux-fortes. Vous les trouverez, pour leur grande  majorité, dans notre exposition virtuelle. Deux ex libris en xylographie sont également présentés, ils sont sans doute les plus anciens.

 

 

Les Ex-Libris de nos jours

L’art des Ex Libris passionne encore de nos jours, des amateurs sont regroupés en fédérations nationales et mondiales , elles sont actives sur internet.

Fédération française

www.afcel.com

Fédération internationale

http://www.fisae.org/findex.html

http://www.bookplate.org/

 

BIENVENUE DANS L'EXPOSITION SUR LES EX LIBRIS

 

 

Le Blog Achener vous souhaite une belle et heureuse année 2012 pleine et riche en joies artistiques.Sion Maurice Achener

 

Sion Vallée du Rhône Maurice Achener 1914.

Toulouse , le Musée des Augustins , un soir de Noël ... par Marie-Anne Chenerie

 Vous vous êtes trouvé au bord de l'explosion avec les courses , les caprices des jeunes ( et des moins jeunes ) , les histoires de famille ressassées , la surdose de chocolat ?

            J'ai en ce qui me concerne trouvé l'antidote , une visite au Musée  , en cet après midi où vous êtes certain de vous y retrouver seul . A mon avis en effet :  pour lire, comme pour voir une oeuvre d'art , il vaut mieux être seul , sans doute est ce un point de vue personnel !

             Et quand ce Musée est un superbe cloître en brique rose , le Musée des Augustins à Toulouse , c'est une plongée dans le silence et l'art intemporel .

            Au départ, j'y ai été attirée par l'exposition «  Petits théâtres de l'intime » , des petites oeuvres dites «  de boudoir » datant de la fin de l'Ancien Régime et une affiche affriolante . Ce qui, vous en conviendrez est un peu décalé pour une exposition qui se tient dans un ancien couvent , et qui plus est à l'intérieur de l'immense et magnifique église .

 

            Mais , de fait, j'ai été arrêtée sur le chemin de l'exposition  par quelques très belles oeuvres , dans ses gardes salles vides , avec quelques jeunes gardiennes plus occupées à échanger les sms de noël qu'à surveiller les visiteurs,  et qui vous sourient d'un air gentiment gêné quand vous les surprenez , mais qu'importe .

            D'abord, il y a ces fameuses gargouilles  , alignées le long du cloître, ces  êtres qui hurlent parce qu'ils sont  monstrueux, seuls, détestés, craints , dans leur désert glacé. Jamais je n'avais regardé d'aussi près ces « visages » mi homme mi animaux , et  senti que à travers les siècles et leur monstruosité, nous avions peut être quelque chose en commun ? gargouille3.jpg

 

            Il y a eu ensuite ce beau visage endormi ou mort du chevalier dans sa niche de briques roses , le marbre blanc du dernier sommeil et la beauté des traits  chevalier.jpg

 

            Enfin , ce chef d'oeuvre, Notre Dame de Grasse, ND-de-grasse2.jpg ce visage  fin, triste , doux  et volontaire , qui a servi de modèle à tant de médailles de communion à Toulouse  et cette attitude si naturelle et si peu conventionnelle de l'enfant et de sa mère , qui détournent leurs visages  et leurs corps l'un de l'autre . Bien sûr de savants exégètes vous expliqueront que chacun regarde un des donateurs de la sculpture , installée dans un groupe de personnages . Mais je préfère y voir la spontanéité  de cette très jeune fille, qui peut être n'est pas encore certaine d'accepter son destin ?

 

            gargouille-2.jpg Je quitte le musée, sans avoir vu la fameuse exposition, croisant les gargouilles qui s'immobilisent pour la nuit dans le soir qui tombe sur le grand cyprès noir du cloître. Vite happée par « la vraie vie » et une jeune voix d'adolescente, au visage aussi lisse et doux que celui que je viens de croiser , qui hurle , surexcitée en s'accrochant à mon bras  «  Maman, Maman, j'ai trouvé les chaussures de ma vie! ». Et oui, tout le monde ne parle pas à l'oreille des  gargouilles ….et tant mieux !

 

Informations pratiques :

Musée des Augustins , musée des Beaux Arts de Toulouse

21 rue de Metz

31 000 Toulouse

entrée : 8 € ( tarif réduit : 5 €)

Exposition «  Petits Théâtres de L'intime », jusqu'au 22 janvier 2012 .

 

Samouraï, armure du guerrier".

 

Les S(a)igneurs de la guerre par Michel Duvail

 

exposition-samourai-paris-1-.jpg Fer, laque, bronze, argent, or, cuir, crin de cheval… les armures des samouraïs s’exposent au Musée des Arts Premiers. Si vous êtes amateur-rice d’armures et que le musée des Armées n’ait pas complètement satisfait à votre curiosité, le musée des arts premiers prend le relais en présentant une superbe collection d’objets ayant appartenus à des samouraïs. Les 140 pièces présentées couvrent plus de six siècles d’histoire japonaise.

 

samourai2.jpg Même si vous n’êtes pas féru d’art militaire, les armures, les armes, les casques exposés relèvent de l’œuvre d’art… guerrière. Comme en Europe, la sophistication de l’armure renseigne sur le rang social de son porteur ; par contre, elles semblent nettement plus légères à porter que celle de nos chevaliers.

 

Même si vous avez une certaine reluctance à vous extasier devant l’art de la guerre, on ne peut que souscrire au fait que le musée du quai Branly expose la plus belle collection d’armures japonaises au monde et qu’il serait dommage de ne pas faire une halte à la mezzanine du musée.

 

samourai-4.JPG Ce sont des objets complexes qui sont présentés et on peut tout à fait rester hermétique aux techniques de fabrication de ces armures et des différents corps de métiers qui ont contribué à leur façonnage : tisserands, dinandiers, forgerons, laqueurs, plumassiers etc., mais il est difficile de résister à leur beauté et à leur sophistication, même si leur finalité était d’être un instrument de guerre et de mort. D’autres armes utilisées par les samouraïs sont également exposés, en particulier des épées, des arcs et des chevaux harnachés pour le combat.

 

samourai-7.JPG Une mention spéciale pour la mise en valeur des casques en métal laqué, aux ornements empruntant à la nature comme ce superbe casque en forme d’énorme coquille saint jacques. Ces casques avaient pour rôle d’identifier le rang du combattant dans la mêlée des combats, mais également d’effrayer l’adversaire sur le champ de bataille. Au fil des siècles, la sophistication et la performance des armements auront raison de ces armures de combat qui évolueront progressivement vers des armures d’apparat.

 

samourai-8.JPG Comme souvent au Quai Branly, on a l’impression que le musée n’a plus suffisamment de budget pour éclairer les vitrines. Et on peut regretter que les détails des armures (beaucoup moins vrai pour les casques) ne soient pas suffisamment mis en valeur faute d’un éclairage adéquat.

 

Mais il y a quelque chose de paradoxal dans cette exposition c’est la confrontation entre la finalité guerrière des objets présentés et la délicatesse et la sophistication de leur réalisation. Mais peut être que dans 3 ou 4 siècles, nos enfants se pâmeront devant l’uniforme du pioupiou du milieu du XXème siècle ? 

 

 

Samouraï, armure du guerrier". Musée du quai Branly, 37, quai Branly, Paris 7e.

Du mardi au dimanche, nocturne jusqu’à 21 heures les jeudi, vendredi et samedi.

Jusqu'au 29 janvier 2012

Tarif : Billet Collection 8.50 €, tarif réduit : 6 €.

 

Fondation Cartier :  tant d'inconnues !  

L'avis de Marie-Anne Chenerie

 

            Oui, 9,50 € c'est cher pour voir de grandes pièces plutôt vides et quelques formules   mathématiques sur les murs .

            Et si , comme pour moi, le mot « mathématiques »  évoque :   interrogations écrites, bulletin, « je relève les copies » et la boule au ventre du dimanche soir, après avoir lu  l'article de mon excellent collègue Michel Duvail, vous n'aurez  certainement aucune envie d'y aller .

 

            Eh bien, contre toute attente, je vous suggère d'y aller et même d'y passer du temps . Comme tout le monde j'ai tendance à rejeter ce que je ne comprends pas , mais ici j'ai rencontré des chercheurs , qui sont attirés par ce qu'ils ne peuvent pas encore comprendre et dont ils sont persuadés que ces phénomènes peuvent s'expliquer, dans notre dimension ou dans une autre .

            maths 1 Cette visite a été pour moi une occasion unique, celle de comprendre que , au-delà de tout ce que j'associais au mot «  mathématiques », il y a en fait une immense profondeur. L'imagination  part au grand galop, lorsque vous comprenez , au fil des videos et des démonstrations que ce qui nous entoure , le vent, les plumes du paon, la vague peut s'écrire avec quelques formules toujours exactes . Et qui sait, celui qui saura écrire ces formules aura le  pouvoir  sur terre et dans l'air , comme dans ce roman «  Les cordes de Kant ».

            J'ai aimé la simplicité et la sincérité absolue de tous ces mathématiciens , m'émerveillant que hommes , femmes, jeunes, vieillards , indiens , américains , égyptiens, se retrouvent dans cette quête  toujours débutante de la modélisation de ce qui nous entoure .

 

            Et enfin, pour la dimension esthétique, j'ai pu faire le rapprochement ( qui n'a pas été très bien illustré je l'avoue dans l'exposition ) entre les créations  de l'art islamique et les formules des mathématiciens, à l'âge d'or des civilisations arabes . Je vous propose ici quelques unes de ces merveilles. maths-islam-1.jpg  

  islam-2.jpg

            Esotérisme , science- fiction, poésie, passion et beauté, voilà ce que j'ai trouvé dans cette exposition …..mais cela n'est que mon avis , et si j'ai pu lire beaucoup de critiques plutôt sévères, c'est sans doute que la démarche n'a pas vraiment atteint son but . Sauf que cela me confirme encore dans mon intuition : la réussite d'une exposition n'est pas celle des  oeuvres exposées ,quelle que soit la valeur de la mise en scène , mais bien  la réussite , parfois aléatoire , et en tout cas individuelle , d'une rencontre entre un spectateur et une oeuvre , ici une oeuvre mathématique . 

 

Les illustrations d'art islamiques ont été tirées de l'ouvrage «  islamic patterns » de la très bonne collection «  The Pepin press »

 

Informations Pratiques  

Jusqu'au 18 mars 2012 

FONDATION CARTIER POUR L’ART CONTEMPORAIN
261, boulevard Raspail 75014 Paris France
Tel : +33 (0)1 42 18 56 50


Les expositions sont ouvertes au public tous les jours sauf le lundi, de 11h à 20 h.
Nocturne le mardi jusqu’à 22h. 

 

Les expos que l’on peut ne pas voir à Paris en cette fin d’année : Par Michel Duvail  

 

2001 – 2011 Soudain Déjà – Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts

Un fourre tout indigeste que l’on a envie de voir se terminer le plus rapidement possible et non il y a aussi un étage à voir. A vous faire enrager de la vacuité de la production présentée.

 

Les mathématiques : un dépaysement soudain – Fondation Cartier

  Je m’attendais à une superbe exposition comme c’est très souvent le cas à la Fondation Cartier. Cette exposition est globalement une déception : hermétique, pleine de vide. Pourquoi avoir mis cette superbe sculpture au sous –sol à l’élan coincé par le faux plafond ?

 

Les hôtels particuliers une histoire parisienne à la cité de l’architecture et du patrimoine

  Comme très souvent les expositions de la cité de l’architecture et du patrimoine expos sont aussi lourdes qu’une forêt noire à la fin d’un repas de Noël. Le lieu d’exposition : un long couloir de sous-sol ne se prête pas à la présentation du charme des hôtels particuliers. Une mention particulière pour les hôtels disparus comme le Palais Rose de l’avenue Foch.

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Champs – Elysées - les illuminations

Dans la série, c’était mieux avant, les larmes bleues avaient de l’élégance. Cette année les cercles autour des arbres font penser à des barriques étriquées ratatinant l’avenue. 

 

 

Cézanne matisse et Picasso, l’aventure des Stein – Galeries du Grand Palais

C’est toujours la même chose au grand palais, la foule, le piétinement garanti, pour voir toujours le même « top 10 » des artistes  peintres qui font exploser les compteurs chez Christie’s?

 

Diane Arbus – Jeu de Paume

Qui me renforce dans ma conception que la photographie est un art mineur.

arbus

 

 

Des hommes et des jeux – Galeries du Grand Palais

Allez plutôt faire les vitrines des grands magasins au moins c’est gratuit.

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Les illustrations sont des photos personnelles ou ont été extraites du dossier de presse.

 

Ménagerie  féérique  Bêtes off à la Conciergerie par Michel Duvail

 

Le centre des monuments nationaux organise une rencontre originale entre art contemporain, patrimoine national et nature en créant une forêt fantastique composée d’animaux imaginaires.

 

De grandes palissades tendues de plastique gris masquent la forêt aux animaux qui attend l’arrivée du visiteur. Après avoir été exposés pendant le printemps et l’été dans différents châteaux et espaces culturels, ces bêtes migratoires sont venues passer l’hiver à Paris en investissant la salle des gens d’armes de la Conciergerie.

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Crédit photos : CNM

 

En pénétrant dans cet espace magique, vous serez confrontés à d’étonnantes rencontres. Au gré de vos pérégrinations vous croiserez : un narval, une baleine, une orque, des cerfs, des girafes, un tatou tronçonné, des vautours invités à la table d’un festin, un arrière train d’hongre, une sublime chouette effraie, des théories de mouches, un âne peint en zèbre, des vipères pendues,  un ours descente de lit en caisse de cartouches et d’explosifs mais aussi des psaumes, une maison bibliothèque en plume, des cages, un pigeonnier, des ruches. Un véritable bestiaire échappé d’une crèche imaginaire et déjantée mais d’une grande originalité.

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Here is the end of all things (Hic terminus haeret) de Claire Morgan © Laurent Lecat/CMN

 

Une œuvre magnifique de Claire Morgan : « Here is the end of all things » occupe le centre de l’exposition et suscite l’admiration des visiteurs. Une chouette effraie saisie en plein vol suivie d’un vortex, flottant dans un espace composé de matériaux du règne animal (des nuages de mouches suspendues : à mon avis plus de 25 000) et végétal (autant de graines de chardon). Cela donne un effet de légèreté et de précarité de la vie dans un espace géométrique parfait composé de 4 cubes. Dans cette représentation de l’arrêt du temps, cette chouette vient en perturber le rigoureux ordonnancement de l’œuvre et lui donne une dynamique. Rien que pour cette sculpture il faut aller voir cette exposition.

 

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Here is the end of all things (Hic terminus haeret) de Claire Morgan © Laurent Lecat/CMN

 

Finalement, cette exposition nous amène à réfléchir à la fois sur la précarité de la vie et sur les rapports entre l’homme et de l’animal en remettant en cause notre arrogance anthropocentrique.

 

Ce serait injuste que cette exposition ne soit pas le clou de Noël de nos chères têtes blondes, alors n’hésitez pas à visiter cette forêt animalière oscillant entre féérie et diablerie.

 

A noter qu’il n’y a aucune indication, aucun carton, aucun texte, vous devrez vous fier à votre instinct et au dépliant remis à l’entrée. image3.jpg

 

Crédit photos : CMN

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Dates et horaires :

Conciergerie : 2 boulevard du Palais – 75001 -Paris

Du 16 novembre 2011 au 11 mars 201

Ouvert tous les jours de 9h30 à 18h sauf jours fériés le 25 décembre 2011

Plein tarif : 8,5 €

Tarif réduit : 6 € 

 

 

 

 

Les Gobelins : installations  inattendues par  Marie-Anne Chenerie

 

            Surprise à l'entrée de l'exposition: « Décor et Installations » des vénérables «  Gobelins »: vous entrapercevez par la grande porte ouverte de l'exposition des cadres retournés , déposés par terre, superposés, un mur d'une couleur indéterminée ,entre le beige, le marron et le jaune . « L'exposition est finie? » demandez vous à la caisse, un peu vexée de ne pas avoir été plus vigilante sur le dates . «  Non,madame , C'EST l'exposition » vous répond-on d'un ton mi- moqueur mi- agacé. gobelins-entree.jpg

            Le textile, le tissage, le tapis est bien au coeur de cette vingtaine d'accrochages, depuis les panneaux de bandes tissées   qui jalonnent le parcours , jusqu'aux tapis classiques ou détournés .

 

            Si l'ensemble donne parfois l'impression d'une juxtaposition  ( les néons de Morellet dans des cadres anciens , à côté des transparences de Ruyant, par exemple) , j'ai retenu trois oeuvres ,de mon point de vue très réussies, tant par leur qualité intrinsèque que par leur relation avec l'espace d'exposition .

 

            gobelins_aballea_small_GMA.jpg Tout d'abord les 2 fauteuils «  Jour » et «  Nuit » de Martien Aballéa , dans un décor sombre et sur un tapis subtilement moucheté : deux fauteuils anciens , pur Louis XVI, recouverts de tissus brodés , l'un en positif, l'autre en négatif, d'après une même image numérique . Et même si vous n'êtes pas obligé d'en connaître toute la fabrication, vous appréciez les contraires qui se valorisent et se répondent : le passé et le présent, le jour et la nuit, l'argent et le doré  l'abstrait et le figuratif .

 

           gobelins-poirier.JPG Ensuite , l'installation d'Anne et Patrick Poirier «  Fabrique de la Mémoire » , qui vous amène , dans un parcours de miroirs , à regarder autrement les superbes «  Gobelins », leurs chevaux, les feuillages, les armures , les tentures, se reflétant à l'infini dans des miroirs fermés sur eux mêmes . Le gardien, gentil et fier de la mise en scène, vous fait enfiler des chaussons en non-tissé ( et ces chaussons sont bien la seule chose «  non tissée » de l'exposition ! ) pour pénétrer au coeur de ces  reflets .gobelins classique « Attention, ça glisse », vous dit il paternellement, c'est vrai que le parquet lambrissé et ciré de la galerie glisse sous vos chaussons, accentuant votre léger vertige. Et par un phénomène étrange  le motif reflété vous paraît quasiment vivant, son original de la tapisserie semble appartenir au passé, couleurs plus ternes, contours un peu flous.

 

            ruyant.jpg Enfin, les carrés brodés de Didier Trenet, humour et inquiétude devant ces motifs délicatement brodés : non, pas de  fleurs, mais des mouches, des insectes peu décoratifs ...Un vrai paradoxe, poétique et dérangeant.

 

            Des techniques et un savoir faire historiques, parfaitement maitrisés utilisés dans le champ de l'art contemporain : une vraie réussite  soulignée par les éclairages  la Manufacture, qui ne dépareraient pas une «  Nuit Blanche ». 

 

Les illustrations sont des photos personnelles ou ont été extraites du dossier de presse.

 

Informations pratiques :

DECOR ET INSTALLATIONS, jusqu'au 4 avril 2012



 

 

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