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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 22:13
Regarder le quotidien par Marie-Anne Chenerie
 
metro3.jpgOù passons-nous (nous, c’est à dire les Parisiens) en moyenne plus d'une semaine  par an (si, si faites le calcul, sur une base de 1h par jour travaillé) ? Le métro bien sûr et son complément le RER. Comment traduire l’agacement des «  debout serrés »  , devant celui qui se prélasse, affalé sur 2 places au moins, l’ambiance endormie du petit matin, la main accrochée à la barre métallique, exactement en face d’une autre main, dont les propriétaires s’ignorent, les chaussures fatiguées au bas d’un costume chic, la casquette du jeune, subtilement positionnée , la personne croisée tous les matins, à la même heure, qui vous reconnaît, que l’on reconnaît , de façon totalement improbable dans cette foule, et dont vous ne savez pas , elle non plus d’ailleurs, si on doit la saluer ou non. Comment marquer les ambiances si différentes de la ligne 7 à Palais Royal avec ses touristes japonais émoustillés et à Stalingrad, avec ces «  agents de surface » épuisés, du RER A à  Marne la Vallée  aux touristes aux oreilles de Mickey et à  Nanterre, pour le moins métissé de cadres  en col blanc , de jeunes désœuvrés et de mères de famille surchargées ?
delignesenlignes2.jpgPar le dessin: personnel, sensible, rapide, efficace, le croquis sur site est un raccourci puissant pour nous faire regarder ce que nous ne voyons plus, pour donner une dimension touchante parce qu’humaine à cet univers trop connu, parfois juste supportable.
Les «  croqueurs » dont les dessins sont rassemblés sur le site delignesenligne.com, dans leur diversité (styles, supports, sujets, techniques..) ont tous en commun ce regard personnel porté sur l’univers souterrain. D’autant plus intéressant aussi que certains d’entre eux sont étrangers et que leur regard sur Paris «  Ville Lumière » est ici bien différent de celui des clichés touristiques.
 
Le site est ludique, complet (il y a même le son …); cette démarche, originale et sensible, s’étend à d’autres lieux, d’autres ambiances, celles des concerts. Mais est-ce parce que je pratique moins ces  lieux, ou est-ce  parce que le métro génère à lui seul une atmosphère, je trouve les dessins de concerts moins efficaces pour nous faire ressentir cette part de notre civilisation.
En tout cas, allez voyager sur les lignes, et vous ne regarderez plus de la même façon vos voisins de wagon.
 
Les illustrations  sont toutes extraites du site.
 
Delignesenligne.jpg
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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 21:37
Mathurin Méheut barde de la Bretagne par Marie-Jeanne Laurent
 
affiche_def_min.jpgComment peut-on être breton ? Ecrivait Morvan Lebesque, journaliste connu dans les années 60, qui parlait de déculturation, de honte… Eh bien, en voici un, flamboyant, aux pires moments des « bigniouseries » et des fadaises de Théodore Botrel, qui célèbre sa Bretagne, la mer, les rochers, les ciels, les travaux de la terre et de la mer (le musée de la Marine privilégie ses gens de mer bien sûr, un peu au détriment des pardons). Il est impossible d’énumérer les œuvres de ce travailleur heureux, mais il n’est jamais aussi accompli que dans ses croquis au trait acéré, au geste si juste, à chaque paysanne dans ses lourdes jupes, accablée de fatigue, une beauté universelle. Et l’émotion en plus ses croquis de tranchées.
  10.jpg
    Aussi à l’aise dans le noir et le blanc que dans la couleur, il touche à tout : décors de paquebots (un petit séjour à la Ciotat nous montre que les provençales, ce n’est pas son truc…), villas, restaurants, céramiques, gravures, livres …..
Une mention spéciale pour le service de table du restaurant de poissons Prunier : on décore généralement le fond des assiettes et bien lui décore le bord, en asymétrie quelques moules et algues en bleus sur blanc. Ah ce bleu foncé des moules !
Une exposition en 1923 à San Francisco le taxe de « French génius ». On ne peut pas exiger de ces américains lointains qu’ils sachent où se trouve la Bretagne et que Mathurin Méheut en est le barde.
Crédit Photographique :

 

1 – Affiche de l’exposition

Homard issu de l’ouvrage

 

“Colette et Méheut : « Regarde… » , 1929

Coll. musée Mathurin Méheut, Lamballe © Rousseau, Grand Angle, Lamballe

© ADAGP, Paris, 2012 / Conception graphique : lot49.fr

2 Mathurin Méheut (1882-1958)

Goémonière à la civière, pays bigouden,

 

encre noir et lavis sur papier, 30 x 19 cm

Coll. musée Mathurin Méheut, Lamballe © Rousseau, Grand Angle, Lamballe

 

© ADAGP, Paris, 2012

Informations Pratique
Musée  de la Marine Paris
Jusqu’au  30 juin 2013.
 
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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 23:35
Quand la publicité pouvait tout se permettre... par Marie-Anne Chenerie
 
         affiche-copie-1.jpgOn dit que notre société actuelle est violente et permissive, c'est vite oublier le style, l'audace, la liberté des publicités « historiques » exposées à Forney.
Viril, bâfreur, buveur, fumeur.. Obélix ou l'acteur bien connu qui l'a incarné au cinéma ? Non, c'est le personnage du Gaulois, choisi pour illustrer des publicités de.. Gauloises !
         Le droit à l'image n'existait pas et on pouvait ridiculiser un Président de la République, qui avait certes des pouvoirs plus limités qu’aujourd’hui.
        banania.jpg Et dans la France coloniale de Banania, « Y'a bon », encore repris en 1950, illustre un racisme supposé gentil, comme le décrypte,  la commissaire de l’exposition.
napoleon.jpgEt Napoléon illustre des frigos ou des poêles à bois, selon que l'on veut représenter le froid de la campagne de Russie ou son contraire !
 
         C'est drôle, iconoclaste (du moins le percevons-nous ainsi) , décalé, insolent, bref, c'est un excellente exposition dans ce beau monument juste  ravalé . D'ailleurs, toutes les expositions de la Bibliothèque Forney ont un grand intérêt, aussi bien pour les amateurs d'estampe , que pour les graphistes, les historiens , ou tout simplement, pour ceux qui ont envie de passer un moment  coloré, original et souvent drôle, qui nous rappelle à juste titre toute la créativité de nos prédécesseurs .
 
Informations  Pratiques
L'histoire de France racontée par la publicité
Jusqu'au 27 avril
1, rue du Figuier
75 004 Paris
 
 
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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 15:09

Mail Art : qu’y a t il de neuf ?

Par Marie-Anne Chenerie

 

 

affiche.jpgL’Espace Culturel Louis Vuitton expose « Correspondances », une exposition de mail art. Originale cette exposition ? pas vraiment : ce genre est fréquemment exposé, les associations autour de l’art postal (ou posté selon les traductions) sont nombreuses, et leurs  productions souvent de véritables merveilles techniques, très poétiques.

A l’origine, le mail art est d’abord un mode de circulation des œuvres, circulation qui façonne elle-même l’œuvre, la création existant par son envoi, son destinataire, son timbrage, le fait qu’elle soit reçue ou perdue, etc. D’où le paradoxe évident de vouloir exposer, de façon statique, du mail art. D’où cette sorte de déception, ressentie à chaque exposition de mail art, de voir dans une vitrine ou épinglé au mur, comme un papillon mort, ce qui est destiné à voyager et à circuler. La vitrine de la rue Bassano a néanmoins bien su dépasser cette difficulté de mise en scène : elle expose dans un immense format vertical des paquets de toutes formes et de toutes origines jamais ouverts (en réponse à la demande de l’artiste, Stephen Antonakos, «Would you please send me something in a package for a project I am doing ?») et , chose difficile à imaginer (pour ce qui me concerne du moins), les paquets n’ont jamais été ouverts et constituent donc autant de supports à des projections, fantasmes, mystères. Et je me souviens que le moment le plus agréable du cadeau ou du colis, est celui du paquet non encore ouvert (là tout est encore possible), et que la réalité se ratatine souvent à l’échelle d’un contenu qui n’est que de façon exceptionnelle à la hauteur de nos espoirs.

carton.jpgLe mail art a connu son heure de gloire dans les années 50 et 60, comme acte de résistance, par exemple au moment où le mur de Berlin et les frontières étaient fermées ; ce support permettait aux artistes d’être au delà de toutes les limites, même idéologiques .

Aujourd’hui, quelle nouvelle dimension à ce thème du voyage, de l’absence, de la « correspondance » ? L’oeuvre que j’ai trouvée la plus pertinente est la vidéo de Clarisse Hahn : »Queridos Amigos » : la cinéaste a travaillé à partir des rushes tournés à Mexico et dans le désert du Wirikuta en superposition avec la correspondance d’un homme qui rentre chez lui après plusieurs années passées au Mexique. Images et textes se décalent, se combinent, s’expliquent, se contredisent et il en reste une forte impression de nostalgie ( « la douleur du pays perdu » , étymologiquement), d’étrangeté , comme pour un retour dans un pays où l’on a perdu pied.queridos-amigos.jpg

 

L’art postal, ,un art certes daté, mais qui prend tout son sens paradoxalement à l’heure des mails et des texto, des twitt et des murs facebook.

 

Informations Pratiques

Espace Culturel Louis Vuitton , « Correspondances »

Jusqu’au 5 mai 2013, 60 rue de Bassano 75 008 Paris

Entrée gratuite

 

Illustrations : photos de l’auteur et  photo extraite de «  Queridos Amigos » par Artlife magazine

 

 

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 14:47

Comme des tableaux par Marie-Anne  Chenerie

 

          comme-des-g-1.jpg  J’ai toujours eu une grande admiration pour le sens esthétique de « l’univers Hermès » : les vitrines de la rue du Faubourg Saint Honoré, le mélange de tradition et de liberté, la technique irréprochable et…. les fameux foulards Hermès, qui sont très loin d’être aussi  conventionnels qu’on pourrait le croire. Je collectionne depuis des années les tirés à part «  Le Carré Hermès » , petits catalogues carrés , qui à chaque saison, exposent  la collection de carrés Hermès, le foulard exposé comme un tableau, le foulard au vent, le foulard porté, les façons de nouer le foulard (en ceinture , jupe, robe du soir, paréo et … , presque accessoirement, comme un simple foulard). J’ai souvent pensé que ces œuvres valaient bien des tableaux.

            comme-des-g2.jpgLa créatrice japonais  Rei Kawakubo l’a bien souligné avec ses deux collections « Noir et Blanc » et «  Couleur » , dans l’édition limitée «  Comme des Garçons » qui sortent en février. Le carré va vers l’abstrait en jouant de toutes les possibilités offertes par ce format, si particulier, et, finalement peu utilisé dans les créations artistiques.

            Ce que je trouve particulièrement intéressant, et bien dans l’esprit de l’esprit classique, si fort chez Hermès, c’est que la styliste a sélectionné dans les 2500 dessins archivés d’Hermès, quelques très belles pièces, qu’elle a « déconstruites », superposées, mélangées, simplifiés, combinées .

hermes-carre.jpg

            Il en ressort des objets uniques, des soies peintes, des tableaux sur soie, ou des œuvres d’art tout simplement, qui sont  une grande réussite. Déjà en 2010, l’exposition «  Orient Hermès » avec Leila  Mencheri ( article de mars 2010) avait été un réel succès, preuve que la créativité et la tradition ne sont nullement antinomiques.

 

Collection « Noir et Blanc » par Rei Kawakubovendue en février 2013 dans les magasins « Comme des Garçons » de Tokyo, New York et Paris et « Couleur » vendue dans les magasins Dover Street Market à Londres et Tokyo.

 

Illustrations extraites des catalogues «  Le carré Hermès », éditions Hermès Publications , et du site «  Comme des Garçons ».

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 20:38

Philippe Cognée: de bon tableaux par Marie-Anne Chenerie

 

           cognee-2.jpg Philippe Cognée expose à la Galerie Templon, des œuvres dans la veine que nous connaissions déjà : sites urbains, supermarchés, usines de recyclage,…et , moins attendus, une galerie de portraits anonymes ou célèbres. Sa technique est aujourd’hui éprouvée : effets de peinture à la cire chauffée sur la toile ; il «  floute » ses images, comme Richter a flouté ses photos

            Néanmoins, autant j’avais aimé ses œuvres des années 85 , autant ces toiles me laissent aujourd’hui relativement indifférente ; je repense aux mots d’un de mes excellents professeurs de dessin  critiquant le travail d’un élève doué : «  C’est beau .. », ou pire : «  c’est joli », avec beaucoup de points de suspension et vous faisiez vous-même la suite : «  mais c’est impersonnel, mais c’est trop virtuose , mais c’est trop attendu, etc … ». Et je me pose une question : Philippe Cognée a t il vécu dans ces zones  au pied des périphériques ou dans ces HLM ,  a t il travaillé dans ces garages ou ces abattoirs ? Tableaux maîtrisés , certes , tableaux très contemporains dans ce qu’ils expriment de solitude , mais  le peintre n’a-t-il pas remarqué que la réalité est souvent plus subtile , le neuf et le vieux se côtoient , le  brin d’herbe pousse devant l’immeuble , les affiches donnent un peu d’humanité . Et je serais curieuse de voir ce que sa peinture donnerait s’il changeait de technique et n’utilisait plus la chaleur pour faire fondre les bords de ses zones colorées.

 cognee1.jpg

            Oui, ce sont de beaux tableaux, bien  vus, d’une grande maîtrise  , mais finalement sans la subtilité qui donne toute son humanité à une œuvre . cognee3.jpg

 

L'exposition vient de se terminer , Galerie Daniel Templon , 30 rue Beaubourg , 75003 Paris

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 23:05

    Crossing mirrors : l'empreinte des arts premiers par Marie-Anne Chenerie  

  houseago1-endroit.jpg

            crossing-mirrors-rosenblum-collection-friends-6505220.png183 rue du Chevaleret , au fond du XIIIe arrondissement, loin des galeries  élégantes du Marais , entre un immeuble des années 60, sans doute classé pour sa façade marron et ses fenêtres à coins arrondis , le métro aérien et  quelques façades d'HLM , bref, l'endroit où vous vous attendez le moins à trouver une excellente exposition d'art contemporain : la Rosenblum Friends Collection.

caisson.jpg

             Le lieu d'abord est étonnant, derrière cette grande porte noire, immense, il abrite  l'abri nucléaire de  Mathiew Day Jackson, toujours aussi fascinant , morbide et tragique. L'exposition: un accrochage sobre et efficace, des œuvres croisées d'art dits «  premiers » ( inuit, américain, tibétain et bien sûr africain ) , civilisations « sans écriture » et de très grands artistes contemporains de toutes cultures. Bien sûr, les grands thèmes sont là , dans les deux univers croisés : initiation, fertilité , mort, exprimés avec des moyens différents mais parfois étonnamment proches

            Je retiendrais 3 artistes :

Bien sûr, Sterling Ruby et son « Trophy Hunter », monstre rutilant  une pierre précieuse ou un bête tuée ? Puis Thomas Houseago, qui a tenté avec succès de mêler dans une seule œuvre gigantesque le dessin sur deux dimensions et la sculpture, il en sort cette présence si forte qui vous fascine pendant toute l'exposition.trophy-hunter.jpgtissus-indigo.jpg

Et enfin, Heather Cook et ses tableaux / tissus, une merveille de technique, si proche et si distanciée des wax indigo africains . heather-cook--1-.jpg

 

            Ce n'est qu'une petite partie de toutes les œuvres exposées , allez-y,  faites-vous accompagner par une jeune médiatrice , elle vous donnera  de nombreuses clés : il y a vraiment une âme dans cette exposition .

 

Informations pratiques :

183, rue du Chevaleret
75013 Paris
Visites guidées à 11h et 15h (10 €)

L'exposition se termine dans 5 mois

 

Photos de l'auteur ou extraites du site flick.fr

 

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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 22:15

Tintin au pays du soleil Levant par Michel Duvail

 

H1.pngMerci J… de m’avoir proposé de t’accompagner à la Pinacothèque pour visiter l’exposition Hiroshige, ce maître de l’estampe japonaise exposé pour la première fois en France et merci H… de m’avoir rappelé les liens entre l’œuvre d’Henri Rivière et le Japon.

 Et pourtant, je n’aime pas aller à la Pinacothèque, ce lieu est mal commode et assez coûteux. Mais, transformer une épicerie de luxe en espace d’exposition n’est sans doute pas évident. En clair je n’y mets pas souvent les pieds. Mais la semaine dernière j’y ai vécu une forte expérience avec la magnifique exposition des œuvres d’Hiroshige présentant près de 200 estampes en provenance du musée national de Leyde (Pays Bas).

 H2.pngJ’ai eu l’impression de rentrer dans une gigantesque bande dessinée. Le dessin est excessivement précis et fin. Il vous entraine dans un magnifique voyage au cœur du XIXème siècle sur les routes reliant de grandes villes japonaises : 53 étapes du Tokaido ou 69 étapes du Kisokaido. L’ensemble est un subtil équilibre entre les techniques de la perspective occidentale et de la peinture chinoise.

 

Peinture de la vie quotidienne qui est représentée dans des détails très réalistes : paysages, paysans, passants, samouraïs, commerçants, seigneurs etc. L’art d’Hiroshige met en lumière l’émerveillement du voyage. Une grande bande dessinée qui pourrait s’intituler : « On the road again ». On pénètre dans le quotidien des japonais de cette époque se baignant dans un étang, achetant à des marchands du thé, traversant des rizières et des rivières ou déjeunant dans des auberges le long des routes. 

 

H4.jpgC’est une chronique d’un temps passé, une vision paisible, joyeuse et équilibrée du monde, avec sans doute une forme de nostalgie à la vue des ces paysages que le modernisme du XXème siècle a dû sérieusement malmener. C’est une méditation à laquelle nous convie Hiroshige sur la place de l’homme dans la nature. C’est une invitation à rentrer dans son œuvre le nez collé contre les vitrines de l’exposition. Mais attention, à tout moment vous risquez le tour de rein tellement les boites d’exposition sont placées bas.

Un rêve éveillé qu’il serait dommage de manquer. Pour être exhaustif, une seconde exposition tente de montrer l’influence d’Hiroshige sur la peinture de Van Gogh.

Pinacothèque 1

28 place de la Madeleine – 75008 – Paris

Du 3 octobre 2012 au 17 mars 2013

Ouverture tous les jours de 10h30 à 18h30

Le billet simple :

-          plein tarif : 10€

-          tarif réduit : 8€

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 18:40
Amsterdam : Rembrandt et les grands-ducs par Marie-Anne Chenerie
 
remdrdt-maison.jpgJ'ai eu la chance de visiter la Maison de Rembrandt à Amsterdam, pèlerinage obligatoire pour tout graveur. Toujours aussi étonnée, d'ailleurs, comme si je visitais la maison d'Einstein ou de Mozart, presque déçue d'un environnement somme toute classique; inconsciemment, je m'attendais peut-être à voir dans l'escalier les armures mordorées de la Ronde de Nuit, ou bien la baignoire de Bethsabée-Saskia, ou encore le miroir qui lui a permis ses innombrables et incroyables autoportraits tout au long de sa vie....C'était méconnaitre le sens de l'ordre et de l'organisation des Néerlandais. bethsabee.jpg
Alors, la vraie maison de Rembrandt ? Une maison bourgeoise, des fenêtres à petits carreaux, les vélos sur la place, un atelier d'une propreté improbable, si astiqué et contrôlé que cela en paraît irréel. Surtout si l'on se souvient que la gravure est la technique des noirs, des encres, des recherches de matières, des hasards et des aléas.
autoportait.jpgMais j'ai vu avec émotion le lit de la famille Rembrandt, si court (on dormait assis à l'époque, croyant que dormir allongé signifiait mourir) le lit où Saskia, la première et heureuse épouse est morte, et sans doute le lit où Hendricjke, la servante, est devenue la maîtresse. amsterdam-1.jpg
 
Une magnifique rétrospective de ses gravures, habilement juxtaposées à des gravures plus  contemporaines, m'a heureusement rappelé le génie qui a vécu dans cette maison.
 
Et puis, au cours de mes pérégrinations dans Amsterdam, j'ai croisé l'étonnante exposition de Ann Lislegaard, «Seaking inTongues » à la Galerie Paul Andriesse ( exposition aujourd'hui terminée ) Jeune vidéaste connue , elle nous accueille avec ses deux grands-ducs : ils interprètent, tels des oracles, la volonté des dieux avec cruauté et indifférence, drôlerie et menace. gran-duc2.jpg
 
Si proche de Paris, Amsterdam est une merveille pour les amateurs d'art classique, ou moins classique.
 
 
gran-duc.jpg
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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 22:43

Souvenirs d’enfances par Anne Le Menn

MdA-Malakoff-A-Bregault.jpgQuitter l’enfance pour l’âge adulte est inéluctable Cela se fait un jour, violemment ou en douceur, on s’en aperçoit ou non. Mais un jour on se retrouve un adulte dont l’enfance est passée. Alors on en garde le souvenir avec plus ou moins d’intérêt apparent, nostalgie pour certains, oubli pour d’autres. Certains ne veulent jamais quitter l’enfance, ils restent alors au pays du jamais jamais , un « never land » dont Peter Pan ou Mickael Jackson sont les héros et qui est le titre d’une exposition à la Maison des Arts de Malakoff.

Anne Brégault travaille avec des gouaches, des vidéos, des sculptures en résines sur les souvenirs d’enfance. Elle dessine un papier peint rose. De la couleur dont, sans que l’on sache pourquoi, les petites filles abusent puis qu’elles rejettent ensuite, tout aussi violemment qu’elles l’avaient adoptée. Mais son motif est ponctué de dessins de routes sans issues. Les pieds d’une petite chaise sont équipés de grandes chaussures pointues à lacets, que je verrais bien portées par un loup. Est-ce un emprunt à un conte, celui de Boucle d’or ou du Petit Chaperon Rouge ?MdA-Malakoff-A-Bregault-3.jpg

MdA-Malakoff-A-Bregault-2.jpgC’est un monde qui invoque l’enfance par une facture naïve aux couleurs vives et fraiches mais aux zones d’ombres. Un lit dans une caverne nous rappelle la peur du noir, celle de la nuit quand des monstres dormaient sous notre couche prêts à nous dévorer les pieds si nous en sortions.

L’artiste semble nous signifier qu’aimée ou haïe, on ne se remet jamais de son enfance. Une visite revigorante dans cette maison, située comme un asile, au milieu des flux de voitures qui passent vers Paris. Un accueil ouvert et sympathique, d’autant plus que j’ai même pu échanger avec le stagiaire de 3eme, qui faisait l’expérience d’insertion en milieu professionnel, demandée par le collège, en découvrant la médiation artistique.

Informations Pratiques

Du lundi au vendredi de 11h30 à 14h30.
Durant les mois d'Avril à Septembre.

105, avenue du 12 février 1934 – 92240 Malakoff.
Tél. : 01 47 35 96 94

Accès Métro Malakoff-Plateau de Vanves puis direction centre-ville. Métro Châtillon-Montrouge, Porte d’Orléans, puis bus 194 ou 295 (arrêt 12 février 1934).
En voiture, sortie porte de Châtillon, puis avenue Pierre Brossolette.

Le 23 mars visite du Taxi Tram, organisé par le TRAM réseau d’art contemporain  

http://www.tram-idf.fr

 

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