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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 12:00

My Winnipeg, l'exposition  des grands froids par Anne Le Menn

 

Les canadiens sont  à Paris, pas des cousins du Québec, mais d’autres encore plus exotiques venus de Winnipeg ville de l’état du Manitoba. La maison rouge présente actuellement une exposition d’artistes contemporains de cette ville qui aurait  la bonne idée de lutter contre les aléas des températures difficiles de l’hiver en pratiquant avec délectation les arts plastiques.  

winipeg-photo.jpgA l’introduction de l’exposition des photos de la ville nous la décrivent comme  typique de  l’Amérique du Nord entre gigantesques building et pavillons de banlieue un peu déglingués.

Dans une salle à l’accrochage dense,  photographies, vidéos, dessins, cartes postales créent  un puzzle des différents registres marquant  cette cité.  Histoire sociologie, climat nous affinent  une image entre ésotérisme, métissage et mouvements ouvriers.  C’est ensuite que  les artistes  de Winnipeg interviennent, ils ont été nourris par ce brassage culturel.. 

Deux scènes étranges, sont présentées,  sur le principe des vitrines d’un musée d’histoire naturelle expliquant  un environnement.  Dans l’une  ce n’est pas «  vue de la savane africaine » mais une chasse dans laquelle des hommes en costume d’employés de banque  semblent se livrer  à un carnage d’oiseaux  :  « On the bank of the red river » de Marcel Dzama. Marcel-Dzama-diorama.jpg En face de ce « diorama » un salon kitsch est reconstitué,  en tournant autour,  nous nous retrouvons face au visage en larme d’un transsexuel plus vrai que nature, Kent Mokman nous parle ainsi de la culture des indiens autochtones. Si les deux artistes manient la dérision,  à première vue cela ne respire pas le bonheur vers Winnipeg.

Passage dans une salle ou est projeté un film de Guy Maldin, entre chevaux congelés vivants dans la rivière, inquiétante piscine à trois étages, et quand même quelques bisons,  on comprend  qu’il ai envie de quitter cette ville même s’il est dit qu’il n’y parvient pas. Tout cela est un tantinet soporifique et permet de se reposer par une petite sieste avant la suite.

Le reste de l’exposition s’avère variée entre quelques estampes très « souvenir de chez les tribus indiennes »  qui cohabitent avec des tableaux d’une manière  naïve. Mais comme  la photographie des deux  « Forest guard » s’ils  sont drôles ils s’avèrent aussi méchants.winnipeg-affiche.jpg

Pas facile de faire cohabiter des sources d’inspirations diverses dans une exposition collective.. Il y a des dissonances dans ce rassemblement, mais il dépayse. Et   comme après avoir été maltraités le vent glacé d’hiver il fait bon de se retrouver désorienté mais réconforté par un  café, dans un lieu confortable, pour cela la  maison rouge est parfaite.

Je n’a jamais vu autant de visiteurs accompagnés de bébés, est ce la perspective de se retrouver ensuite dans la jolie cafétéria, aux grandes tables de bois disposées à ciel ouvert, qui les incitait à fréquenter les lieux ? J’ai pu ainsi profiter des détails d’une conversation sur l’allaitement au sein entre plusieurs mamans qui sirotaient une petite collation, idéal pour revenir sur notre vieux continent européen après le froid polaire de Winnipeg.

 

Remarque : Dans les bons points coté accueil, à noter les casiers de consignes en plexiglas sont  bien commodes.

 

Information Pratique :

My Winnipeg  Maison rouge 10 boulevard de la bastille 75012 Oaris Jusqu’au  25 septembre 2011, mercredi au dimanche de 11h à 19h, nocturne le jeudi jusqu’à 21H , 7 euros.

http://www.lamaisonrouge.org//

 

 

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 12:00

Actualités de l’estampe fin d’été 2011

E-rigal.jpg 

Paris , Au Sénat  exposition « Lauréats du Prix Rigal de la Gravure originale autour de Paris vu par Edmond et J.J.J. RIGAL «  dans le Pavillon Davioud du jardin du Luxembourg. L’exposition sera ouverte  du 17 au 29 août  2011 tous les jours du lundi au dimanche de 11h à 19h30  (fermeture des portes à 20h).  Avec Renaud BEC ; Carole BEUGNIET, Pascale HÉMERY, Marie-Clémentine MARÈS et Matthieu PERRAMANT.JJJ-Rigal.jpg

Paris, Rembrandt et son cercle, Institut Néerlandais, jusqu’au 2 octobre 2011, 121 rue de Lille, 75007 Paris. 01 53 59 12 40. Ouvert tous les jours sauf le lundi, de 13 h à 19 h. Tarif : 6 €

Paris, Huit Maîtres de l’ukiyo-e à La Maison de la culture du Japon, les chefs-d’œuvre du Musée national d’Art Asiatique de Corfou, du 28 septembre au 17 décembre. Maison de la culture du Japon à Paris 101 bis, quai Branly  75015 Paris.

 

Paris, Petit Palais, Cranach et Dürer graveurs, jusqu’au 13 novembre Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris ouvert tous les jours de 10h à 18h sauf lundis et jours fériés.

 

 

Les Eyzies-de-Tayzac , (24)  Exposition Rupestre, œuvres de Miro, Tapies,  Chillida ,  Rainer Motherwell,  Kournellis et Togou,  gravures et lithographies au centre d’accueil de la Préhistoire 30 rue du Moulin 24 260 Les Eyzies de Tayzac, jusqu’au 31 décembre 2011. Entrée Libre. http://www.pole-prehistoire.comn . "Une conversation entre art préhistorique et celui d’aujourd’hui, avec la permanence du geste de la trace et du signe…"  Commissariat de Pierre Ouzeau.

 

Marseille (13)  Baselitz, à la pointe du trait, Musée Cantini 19 rue Grignan 13 006 Marseille.  « Ma gravure possède assez souvent le caractère d'un schéma, d'une épure de tableau, de mise au point de questions formelles très précises (...). Ces choses sont plus claires, plus simples, plus solitaires aussi dans la gravure. »

 

Pont l’évèque (14) Image(s) de la danse de Degas à nos jours, à l’espace culturel des Dominicains présente avec le concours de la BNF le monde de la danse en dessins et estampe jusqu’au 18 septembre.

 

Gravelines , musée de l’estampe  présente Mario Avati, il était une fois..., jusqu'au 4 septembre 2011. « L’exposition rend hommage à la donation de 159 estampes (1921-2009) consentie en 2011 au musée. Reconnu pour sa maîtrise de la manière noire, Mario Avati, confère à ses sujets, le plus souvent des natures mortes, poésie, grâce et mystère. »

 

Appel à participation : LE CHANT DE L’ENCRE  est une association de graveurs résidents dans la région de Clermont-Ferrand en Auvergne. Elle propose  pour mai 2012, dans le cadre de la Nuit européenne des musées, aux artistes graveurs intéressés de participer à une exposition autour de l’œuvre de Gustave Doré :  les saltimbanques. Ouvert à tous

 Information près de Association  Le chant de l'encre 6 place Thomas 63000 Clermont-Ferrand
Contact : Michel Brugerolles mmbrugerolles@orange.fr

         

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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 12:00

Belle Charlotte Perriand  et ses étagères par Anne Le Menn

charlotte-perriand-1.jpgSur les photos présentées au Petit Palais en ce moment  la beauté de Charlotte ¨Perriand est étonnante, elle est une jeune femme qui rit et se dénude au soleil  de la montagne, parée  d'un collier de grosses perles rondes. Une image saine et moderne, dans un style suédois qui aime la nature.

L’exposition actuellement aux petit Palais nous explique  l’influence de cette attirance  sur sa production en tant qu’architecte, créatrice de meubles et  urbaniste.  C’est par ses photos que cette inspiration se matérialise, rochers, écorces,  paysages neigeux. Charlotte Perriand  ramenait de ses balades, chaussures de randonnée au pied, clichés  et objets qu’elle réutilisait dans ses projets de design. Un gros rocher de Fontainebleau est exposé, il n’a pas du être facile à transporter.

Le rapport avec  les différents modèles d’étagères qu’elle a  créé et dont de multiples exemplaires nous sont montrés, ne m’est pas paru clairement, j’ai un peu besoin de vacances, mais cela m’a bien plu de retrouver l’évolution du concept.  Les premier prototypes  semblent  des  échafaudages un peu  basiques de planches maintenues par des rectangles de bois, ils se transforment au fil des recherches  en des espaces de rangements élégants et savamment étudiés.  charlotte-perriand-etagere-.jpg

Si  les premiers modèles sont  donc intuitifs, et ressemblent beaucoup à ceux sur lesquels les étudiants fabriquent parfois pour ranger  leurs cours (voir *1)  Madame Perriand  les fait évoluer vers des étagères équipées de caissons mobiles et colorés,. Ils sont destinés grace à  des éléments modulaires et évolutifs  à couvrir des espaces de murs variables.

Quand Charlotte Perriand  crée  les prototypes  elle  imagine  un argumentaire qui explique l’intérêt de passer du buffet 1930 à cette petite merveille de rationalité.  Largement banalisé de nos jours,  ce type de  meubles semble  avoir eut  bien des descendants, notamment  dans un grand magasin suédois (voir *2)qui aime la nature garde les enfants et propose une cafétéria. 

Bref une exposition parfaite pour promener un compagnon récalcitrant aux expositions artistiques, se préparant ainsi ensemble à  la  rentrée et à la virée chez le magasin style suédois, pour acheter les étagères de la chambre des enfants qui ont de plus en plus de bazar à ranger.  

Remarque et  jeu de l’été :

* 1   Pour des étagères de ce type : mettre des briques sur le sol, y poser une planche, sur laquelle vous disposez de nouveau  des briques et puis une autre planche etc.)

 

* 2 Ce n’est pas le magasin suédois qui aime la nature qui a fait du mécénat  pour l’exposition,  mais un fabriquant de meuble milanais : Cassina,  il est l’éditeur d’un autre meuble marquant  inventé par Charlotte Perriand ,  lequel ? 


Informations pratiques :

Jusqu’au 18 septembre 2011

Petit Palais

Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris Avenue Winston Churchill - 75008 Paris  01 53 43 40 00  Horaires

Du mardi au dimanche de 10h à 18h, nocturne le jeudi  jusqu'à 20h.
Fermé le lundi et les jours fériés


Tarifs  8 euros
 

 

 

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 08:43

Chapelles du XVème et artistes contemporains  la même interrogation par Anne Le Menn

affiche_2011_artchapelles1.jpgDans le Morbihan, en musardant dans les chapelles  qui prolifèrent du coté de Pontivy, vous trouverez des informations intéressantes ; ainsi les saintes portant leur tête dans leur mains ont un nom, elles sont  appelées céphalophores, et la région en compte au moins deux. L’une est  la  sainte éponyme de  la chapelle  Sainte Tréphine,  tandis que l’autre sainte Noyal, à Noyal-Pontivy est réputée pour soigner les maux de têtes. ste-trephine-cephalophore.jpg

Ces histoires n’ont pas manqué d’inspirer les artistes qui ont aménagé pour cet été, ces lieux.  Dans la chapelle de Sainte Tréphine une œuvre sonore  de Suzanne Fritscher « Il y a ce que je sais » décrit l’édifice, dont le plafond peint en rouge et gris qui retrace les mésaventures qui ont conduit, la sainte à perdre la tête, décapitée par mari qui ne voulait pas d’enfant,  à la décharge de ce dernier une prophétie lui avait indiqué que sa descendance le tuerai.  A Noyal-Pontivy, le céramiste Michel Gouéry a créé une série de têtes qui forment une guirlande sur un des murs.

Faire dialoguer des artistes contemporains avec des chapelles datant majoritairement du XVe et du XVII, est le principe de la manifestation l’Art dans les Chapelles qui  arrive cette année à sa vingtième édition avec près de 100 000 visiteurs par an.  Plus de vingt  chapelles sont à découvrir en suivant des itinéraires, cette chasse aux trésors ou quête du Graal est un jeu délicieux. La verte campagne se laisse découvrir, et l’on se perd avec plaisir  avant de trouver la nouvelle chapelle presque toujours accompagnée de sa fontaine,  le plus souvent miraculeuse. 

Le parcours donne du bon temps quand Rainer Gross fait onduler une gigantesque vague de bois dans la chapelle Saint-Nicolas à Plumiliau. saint-nicolas-2.jpgsaint-nicolas.jpgsaint-nicolas-3.jpgTandis qu’à  la Trinité en Cléguérec,  Philippe Mayaux,  qui se déclare agnostique a  retrouvé les rites de la religion des anciens bretons, mélange de ferveur et de superstition.

P.Mayaux (6)Philppe Mayaux  peuple un mur d’ex-voto décalés qui résonnent avec ceux que des croyants implorant ou remerciant pour une intervention divine ont laissés, constitués de petites statues aux allures de morceaux  humains, le mur rappelle aussi le culte morbide des reliques. L’omniprésence de la mort  se manifeste  aussi bien dans le jubé  XVème, ou  avec le Christ si humain « ecce homo » assis à la tête sanglante et  triste, que dans les œuvres contemporaines : médaillons contenant des représentations de mains  humaines coupées, mobiles de têtes blanches aux longs cheveux  filasses.  La vitrine où deux silhouettes semblent   des décorations d’Halloween et est  moins convaincante.

P.Mayaux (2)L’ensemble  n’est pas sinistre, le  soin mis dans la fabrication des objets rassemblés les rendent  précieux sans être glaçants, ils sont animés et sonores voire bruyants et plutôt drôles. Ils intriguent et jouent avec l’église qui les accueille dans une partition étrange mais stimulante en réveillant les lieux religieux beaux mais oubliés. P.Mayaux (4)

La rencontre entre art contemporain et chapelle ancienne  devient alors une évidence. Les  hommes d’une foi archaïque et simple qui ont voulus ces édifices et les artistes de notre époque,  aimeraient  répondre à  la même question, celle  de savoir où ils vont. P.Mayaux (1)

 

Crédit Photo : Philippe Mayaux, chapelle de la Trinité, Cléguérec, L'art dans les chapelles, 2011 © S. Cuisset et photos H.Horellou

ex-voto-P-M.jpgHaloween-pm.jpgInformations Pratiques  

Jusqu’au 18 Septembre

Juillet et aout : tous les jours de 14h à 19h. Fermé le mardi  (ouvert le 15 août) et les 3 premiers week-ends de septembre, de 14h à 19h. Entrée libre et gratuite  

Accueil et départ des circuits : Maison du Chapelain  Saint Nicodème 56930 Pluméliau

http://www.artchapelles.com cleguerec.jpgcleguerec-eglise.jpg

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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 21:34

Hugo Pratt :  histoire d’eau par Anne Le Menn

 

Après avoir navigué sous les cimaises du musée de Cherbourg en 2009, le beau marin de Venise et son créateur  sont  de retour à Paris, dans les vitrines de la Pinacothèque.

Corto-Maltese.jpg

Depuis l’exposition de 1986 au Grand Palais,  le talent d’aquarelliste d’Hugo Pratt nous était connu, et le poster du visage de Corto le bel  aventurier a tapissé bien des intérieurs.  J’en profite pour faire un peu de prosélytisme et je rappelle qu’une estampe pour un prix à peine plus élevé qu’une affiche peut être conservée en bon état fort longtemps, alors que si le poster de Corto Maltese est resté sur votre mur depuis cette exposition, il doit être passablement décoloré et un peu moche.

 

Corto-et-Chat-celtiques.jpgHugo-Pratt-new-.jpgL’aquarelle est un médium difficile, Hugo Pratt expliquait son attirance pour cette technique par son amour de l’eau. Peut être, c’est une jolie formule, mais s il pouvait peindre de l’aquarelle dans sa fulgurance, quand le pigment  marque la page blanche, se diffusant par l’eau à l’endroit voulu. Il savait, que parfois cette magie ne prend pas, le papier  se salit alors irrémédiablement, les couleurs deviennent maronnasses,. Il recommençait alors pour retenter le sort. L’aquarelle se rapproche de l’ésotérisme.

 

Tout le monde a  compris depuis Turner et le prince Charles, que les Anglais sont des spécialistes de l’aquarelle,  Hugo Pratt a suivi vers 1960 des cours à la Royal Academy of Watercolour de Londres pour se familiariser avec cette technique. L’exposition donne à voir 150 de ces œuvres sur papier, fragiles, fortes et émouvantes. Déclinées par thèmes comme les femmes, les voyages… .

Même si  à la Pinacothèque la lumière des salles biscornues est triste, et la vidéo curieusement projetée sur un mur dont les aspérités perturbent la lisibilité,  le temps d’une rêverie, aller voir les voyages de Corto Maltese est une occasion à ne pas rater.  Mais le plus rigolo, reste comme toujours le méchant  Raspoutine.

 

Informations pratiques

Le Voyage imaginaire d'Hugo Pratt, à la Pinacothèque de Paris, jusqu’ au 21 août 2011 Le billet simple. Plein tarif 10 €

 http://www.pinacotheque.com/

 

 

 

 

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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 21:22
 

Claude Gellée dit Le Lorrain : les arbres avant  les hommes  par Marie-Anne Chenerie

 

 

            En voyant les magnifiques lavis et dessins de Claude Gellée exposés au Louvre , j'ai évidemment pensé à Beethoven , sans doute à cause de la fameuse phrase «  J'aime mieux un arbre qu'un homme » , dans  sa grande tradition de pessimisme et de misanthropie, dont le testament d'Heiligenstatt a été l'apothéose , quand il découvre sa surdité . Mais dans ce fameux texte, on sent de si anciennes souffrances , une si grande solitude , qui ne peuvent  s'expliquer seulement  par la surdité, ou alors la surdité est la manifestation de cet isolement ? En tout cas, cette période de la vie de Beethoven a donné de magnifiques chefs d'oeuvre en réaction, comme cette 5è symphonie .

 

            J'ai eu la confirmation , en voyant ces superbes arbres du Lorrain , de cet aspect héroïque , puissant , fort dans l'adversité, protecteur du voyageur fatigué le-Lorrain-2.jpg,  de l'arbre en général et j'ai trouvé  de nombreux  points communs avec le caractère de Beethoven, du moins tel qu'il voulait se montrer aux autres .

            Ce caractère présent, vivant , entier , est particulièrement présent dans les dessins , bien mieux que dans les peintures , à mon avis , moins puissantes le-lorrain-4.jpgLe dessin d'ailleurs ne reflète t il pas davantage l'intention réelle de l'artiste , son «  dessein »?

 

 

            Donc, après avoir vu Rembrandt, vous avez pu avec plaisir aller passer quelques instants dans les salles voisines réservées au Lorrain , où il n'y a quasiment personne et vous perdre simplement dans la contemplation de ses êtres vivants que sont ces arbres , traités parfois avec un modernisme saisissant .le-lorrain1.jpg            Et d'ailleurs , Rembrandt et Le Lorrain ne sont-ils pas les maître reconnus du graveur Maurice Achener ?

 

L'exposition «  Le Lorrain, le dessinateur face à la nature  » le-lorrain-3.jpg vient de se terminer au Louvre , la catalogue est superbe .

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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 21:12

Histoires de papier et de dessins  par Marie-Jeanne Laurent


Le papier à l'honneur- l'histoire des grands noms, les Montgolfier,  les Canson, les Arche, permettent un rassemblement d'anciens et de contemporains qui se parlent. Un dessin nous introduit, chargé d'émotion: Moïse par Philippe de Champaigne à moitié brûlé: il a été sauvé avec quelques autres du grand   incendie de l'atelier, au Louvre, de Charles-André Boulle, l'été 1740, où le grand ébéniste  a vu disparaître la presque totalité de ses
 collections, statues, peintures, dessins.
 Si Le Brun nous montre que les découpages et collages avaient un but pratique : utiliser d'anciens croquis pour composer à nouveau, nos  contemporains déchirent, nouent, gaufrent, cousent, impriment, brûlent pour  le plaisir, les idées ne manquent pas.
rembrandt-papier.jpg

Quelques grands classiques dont on  ne se lasse pas rythment l'exposition: Rembrandt, dont on apprend qu'il 
 utilisait des papiers allemands, mais  aussi les papiers de l'Orient qui arrivaient  à Amsterdam, Van Gogh, Chillida et sa rigueurchillida.jpg, Matisse qui  punaise ses avant-projets, j'en oublie...et des meilleurs…
 Chaque œuvre précise l'emploi de tel papier, aussi il faut enchaîner sur l'œuvre de Claude Gellée, où l'on ne peut plus regarder de la même façon  ses dessins, lavis, gravures , ah les arbres, la lumière (les papiers ne
 sont pas précisés dommage). Et de plus c'est rare  de rassembler en même temps ses peintures, pleines
 de lumière veloutée.

Informations ¨Pratiques au Musée du Louvre : "le papier à l'œuvre" jusqu'au 5  septembre
 Claude le Lorrain - Le dessinateur face à la nature  jusqu'au 18 juillet

 

Les photos sont extraites du dossier de presse :

Eduardo Chillida (1924-2002), Gravitation, 1989 © Collection Centre Pompidou, Dist. RMN /

Philippe Migeat © ADAGP, Paris, 2011

Rembrandt Harmensz. van Rijn (1606-1669)  Bosquet d’arbres au bord de l’eau © RMN / Gérard Blot   

 

 



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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 21:46

Le musée de Montmartre est un des rares lieux de tranquilité de ce secteur sympathique mais trop touristique.

 

Menacé de fermeture, il dispose maintenant de 12 millions d'Euros de crédit pour une réhabilitation d'envergure, des jardins et buvette "à la Renoir" vont apparaitre et une multitude de visiteurs est  attendue.

 

S'il garde son âme, et pourquoi pas ? C'est une très bonne nouvelle.

 

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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 23:29

Rembrandt : l'anticonformiste par Marie-Anne Chenerie

 

Le Louvre expose plusieurs oeuvres de Rembrandt , sur le thème de la représentation du Christ . Au delà du fait que, comme pour presque tous les graveurs , je considère Rembrandt, comme le maître, cette exposition m'a fortement impressionnée .

 

J'ai apprécié , d'abord, le fait que Rembrandt a , non pas représenté la figure du Christ ( impossible à représenter ? , en tout cas déjà dans la transgression ) mais l'effet qu'il produit sur toutes les personnes qu'il rencontre: Marthe, Marie marthe-et-marie.jpg], les disciples, le Centurion, la femme adultère ...Comme on ne peint pas le soleil, mais la lumière et les ombres qu'il génère . Dans cette merveilleuse gravure de foule,  ces personnages , de face de dos, de profil, aux vêtements détaillés ou aux silhouettes esquissées, enfants , vieillards, femmes, tout cela dans une grande harmonie sous un apparent désordre et une spontanéité entièrement maitrisée , comme s'il avait voulu représenter l'humanité: variée, inachevée, en évolution , indéfinissable, mais avec le personnage du Christ en point commun .. J'aime cette idée que nous existons par l'effet que nous faisons sur ceux que nous rencontrons , et cette façon de laisser la figure du Christ dans l'ombre ou de dos pour «  zoomer » sur les visages et attitudes de ceux avec qui il est , leur stupeur, leur admiration, leur attente . rembrandtcontre-jour.jpg 

L'autre élément de l'exposition– évident et touchant – est ce rapport entre ces visages du Christ , et les visages des jeunes hommes juifs ( le catalogue dit «  d'après nature, » c'est-à-dire d'après modèle ) rencontrés à l'époque chez les expatriés juifs d'Espagne,. Ce regard doux, en introspection, mais dont on sent la volonté et la force , cette couleur brune et nuancée , ces paupières un peu lourdes, Un regard triste ? Non sérieux, attentif, doux et exigeant, fatigué mais obstiné. C'est un vrai visage d'homme, éternel, depuis les portraits du Fayoum jusqu'à ces beaux visages sépharades d' Afrique du Nord, rencontrés à l'époque chez les expatriés juifs d'Espagne, et aujourd'hui toujours les mêmes . Cette représentation , sans doute audacieuse à l'époque , est si loin de ces images glaciales et conventionnelles , habilement exposées en contraste dans l'expositionchrist conformiste . Voici la description de théologique de l'époque de Tibère, presque caricaturale dans son caractère attendu : «  Taille élevée et remarquable, visage vénérable inspirant à ceux qui le regardent affection et crainte , cheveux couleur de noisette tendre, … ,front large et serein , visage sans ride ni tâches rehaussé d'une rougeur modérée , nez et bouche irréprochables , yeux gris bleu , terribles dans le blâme , doux et aimable dans l'admonestation , joyeux tout en gardant sa dignité , bref le plus beau des fils de l'homme » . Une question : de quoi vous souviendrez vous, longtemps après avoir quitté l'exposition : cette image sur papier glacé ou ce visage , de trois quart, penché, attentif ? Avec ce tour de force technique et spirituel de nous faire comprendre que ce n'est pas un quelconque modèle rencontré dans le port d'Amsterdam ou dans le quartier «  la Nouvelle Jérusalem », mais bien le visage du Christ rembrandt-affiche.jpg 

Enfin, on ne peut pas ne pas évoquer rapidement la technique de « l'impasto », le relief que donne la peinture posée localement en couches épaisse, surtout dans les parties claires , qui donne des effets de lumière incroyables sur la peau, par exemple , où la lumière accroche les irrégularités des couches de matière et donne cette brillance, cette puissance au portait même vu de loin .

 

En réel artiste anticonformiste et certain de son talent, Rembrandt a un rapport tout à fait personnel avec l'inachevé rembrandt-inacheve.jpg frappant surtout en gravure , mais aussi dans ses tableaux . Le génial aquafortiste s'est permis , avec une liberté hors du commun, à l'époque où la gravure était exécutée avec une extrême discipline, et dominait l'image des arts graphiques , une finition tout à fait reconnaissable et personnelle de ses eaux fortes . Se côtoient une grande variété de finition des détails , des zones simplement suggérées, des espaces détaillés à l'extrême, le reste parfois presque « barbouillé » , sans se soucier du dessin . Il s'en justifiait d'ailleurs ( si tant est qu'il ait eu besoin des justifier ) en disant qu'une oeuvre est «  achevée quand le maitre est parvenu à ce qu'il voulait » . Et cette conviction se manifeste d'autant plus que nous sommes en face d'oeuvres de maturité , comme s'il savait de mieux en mieux ce qu'il voulait et choisissait de l'exprimer aussi de cette façon.

D'ailleurs, l'auteur latin Pline le dit bien mieux que moi, évidemment :«  C'est un fait très inhabituel et mémorable que les dernières oeuvres d'artistes et leurs peintures inachevées sont plus admirées que celles qui sont finies , parce qu'on distingue encore le dessin ( dessein ? Ça c'est moi qui l'ajoute ) préparatoire et les véritables pensées de l'artiste ».

 

De là vient sans doute cette extraordinaire impression de réalité, paradoxe frappant quand il s'agit de représenter Dieu .

 

Informations pratiques :

Exposition :Rembrandt et le visage du Christ

Musée du Louvre - Hall Napoléon

Jusqu'au 18 juillet 2011

9h-18h (21h le mercredi et le vendredi), (fermé le mardi)

 

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 22:16

Le graveur ( dire graveur ou graveuse ?) Nathalie Grall expose ses œuvres, la  rétrospective d’une buriniste  qui est inspirée pour donner des titres à ses gravures. gral1.jpg

 

Des petits mondes organiques (végétal ou animal ?)   à découvrir si  vos vagabondages estivaux  vous mènent  vers Chaillé.grall_orbicrocus_solitaire_bis.jpg Nous vous présentons : orbicrocus solitaire, senilophite radoteur et slow ligule.

 grall_senilophite_radoteur_bis.jpg

grall_slow_ligule_bis.jpgInformations Pratiques : Exposition Nathalie Grall jusqu’au 21 août 2011  Galerie Eva Doublet - 243 rue des fougères  Chaillé 17700  Saint-Georges du Bois  http://www.galerieevadoublet.com/

 

 

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