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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 17:00

 

The Seabass :  Pêche bretonne à la Fondation d’Entreprise Ricard  par Anne Le Menn

 

Tiens donc,  mais c’est la Duchesse Anne, la boiteuse en sabot (elle ne fait pas l’unanimité depuis qu’elle a rattaché la Bretagne à la France du côté de la pointe finistérienne).  Que fait-elle, sur cette image,  façon sortie d’imprimante à picots des années 80,  dans cet endroit réputé «pointu » dans l’art contemporain ?  Voilà ce que je pensais en pénétrant dans l’exposition « The Seabass » à Fondation d’Entreprise Ricard. 

A la lecture de la brochure explicative et gracieusement mise à  disposition à l’entrée, geste d'autant plus apprécié que l'entrée est gratuite,  l’auteur en est un certain Loïc Raguénès, qui si je me fie à son patronyme ne doit pas être d’une famille originaire de Perpignan.LR02.jpgLR03.jpg

Je passe par  une arche bleue fort décorative, « Clouds »  constituée d’un assemblage de mousse thermocompressée, qui semble constitué de ballons de foot, pour découvrir une salle  où le retour du figuratif est notable.

 ERclouds.jpgERB02-the-clouds.jpg

Dessins,  photographies,  tout est bien propre. Pas de coulures un peu sales, pas de crâne ni de scène avec du sang.  Les dessins de Corentin Grossman  sous les traits de graphite soignés et leurs couleurs tendres sont bien un peu inquiétants,  ils présentent des personnages  qui semblent une dérivation un peu lubrique des monstres du livre   de Maurice Sendak  « Max et les Maximonstres ». 

cG2.jpgCG02.jpg

Un éclairage de Ronan et Erwan  Bouroullec (les auteurs de Clouds)  descend du plafond,  j’aimerais bien le même pour changer l’halogène du salon qui est vieux et moche.

Les différentes œuvres  se marient bien, ce qui est toujours difficile  dans une exposition collective, mais quel est leur point commun, à part une prédominance de prénoms bretons chez les exposants  et quel est le rapport avec le titre?  La genèse de l’exposition  est expliquée dans le  catalogue  par le commissaire de l’exposition,  Eric Troncy, elle est une sélection pour  la 13eme édition du Prix de la Fondation d’Entreprise Ricard. Le petit  livre commence et  termine  par un proverbe breton. Pour les néophytes les proverbes bretons sont généralement assez gratinés voire triviaux, celui de l’exposition est  très sage :

« Arabat eo kement tra a glever

Dibaot ar wirionez ha stank ar gevier « 

(Point ne faut croire tout ce que l’on dit : rare est la vérité et le mensonge répandu)

Donc curieusement une exposition dont  le nom « The Seabass » soit le bar, explique une pêche plutôt bonne d’artistes avec des noms bretons.

Même si vous n’avez pas tout suivi, allez voir par vous-même, c’est un lieu très agréable, et cette façon d’évoquer la Bretagne est tout à fait étonnante.

 Kenavo ! *

Informations pratiques

Fondation d’Entreprise Ricard 12 rue Boissy D’Anglas 75 008 Paris

Ronan et Erwan Bouroullec, Gaétan Brunet et Antoine Espinasseau, Erwan Frotin, Corentin Grossmann, Adrien Missika, Loïc Raguénes.

Voir plus d’expressions bretonnes dans le livre : Les bretonnismes d’Hervé Lossec : Le Français tel qu’on le parle en Bretagne, éditions Skol Vreizh 2010.

 

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 12:00

 

– Pékin  sur Seine –

Les artistes chinois à Paris par Michel Duvail

 


Surprise en découvrant l’exposition, je m’attendais à voir la production d’artistes contemporains chinois. Je n’avais pas été assez attentif au sous-titre et avais eu une lecture trop contemporaine de l’affiche représentant une petite fille à la « bonne bouille ».

 

L’exposition du musée Cernuschi met en lumière des œuvres au carrefour de la peinture occidentale – tendance montparnasienne de l’entre deux guerres – et de la peinture traditionnelle chinoise. Soixante-dix peintures, une dizaine de gravures et de dessins et quelques sculptures attestent des influences des séjours parisiens sur toute une génération d’artistes chinois se situant ainsi au confluent des traditions culturelles chinoises et européennes. Ce qui marque picturalement dans cette exposition c’est l’agrégation des techniques picturales chinoises et occidentales. Rien que pour cette mixité, cette exposition mérite le détour.

 

Quelques artistes ont particulièrement attiré mon attention.

 

Une superbe série d’animaux simplement croqués par Xu Beihong à l’encre et couleurs sur papier. Des chevaux au galop, un coq, des pies, un buffle dont se dégagent une énergie, une vitalité tracées avec une économie de moyens époustouflante. La décomposition du mouvement des chevaux font presque penser à des peintures anatomiques. Les nuances de l’encre, l’énergie et la sureté du trait de pinceau réussissent à faire jaillir un tel réalisme que les chevaux donnent l’impression de vie. Une lecture symbolique peut nous faire penser à la résistance du peuple chinois face à l’occupation japonaise et à sa volonté de résistance.

 Xu Beihong « Les chevaux galopant »

 

Ling Fengmian en quelques traits d’encre représente un philosophe solitaire contemplant des bambous. D’une manière admirable le peintre réussit à marier la tradition chinoise et son atmosphère poétique avec la modernité occidentale. La figure du sage décrite avec une forte concision et une simplification extrême des formes. Le choix du format du tableau est également une rupture avec les formats chinois.

 

Mais l’exposition est à surtout à voir pour les subtils et sublimes nus de la peintre Pan Yuliang. Des postures délicates de nus qui évoquent l’introspection, la maternité, l’amour, la fragilité. Deux œuvres sont particulièrement intéressantes : le nu au rouge à lèvres et le nu au peignoir rouge. On pense parfois à Modigliani et on se pose la question de son influence sur l’artiste que l’on a plus généralement qualifié de Manet sino-française. Un style unique : raffiné, délié, léger donne des tableaux très doux à forte charge sensuelle. A nouveau un mélange de technicité inter-culturelle : l’impressionnisme associé au Baimiao (le dessin au trait).

 Pan Yuliang

Pan Yuliang – Nue au peignoir rouge – Musée Cernuschi

 

Des grands kakemonos donnent des informations biographiques très intéressantes sur les artistes présentés et leur séjour parisien.

 

On peut, en quittant l’exposition, penser avoir vu un condensé d’interprétation chinoise de l’art occidental de la première partie du 20ème siècle : impressionnisme, fauvisme, figuratif, abstraction. Face à cette effervescence picturale il faut un ceratin pour s’approprier l’exposition

 

Les regrets: le manque d’espace pour le nombre d’œuvres exposées et la mise en scène quelconque.

  

Informations Pratiques

Musée Cernuschi 

7 avenue Vélasquez – Paris 8ème

01 53 96 21 50

Jusqu'au 31 décembre

Tous les jours sauf lundi et jours fériés de 10h à 18h

7 euros plein tarif

5 euros tarif réduit

 

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 22:36

 

Un peu d'humanité dans ce monde de business......par Marie Anne Chenerie

 

            Froid le parvis de la Defense ? Inhumaines ces tours ? Dépersonnalisées , «  désindivudualisées » , ces millions de personnes qui marchent comme des fourmis sur la  dalle  ?

 

            la defenseEt bien regardez mieux et vous verrez , très souvent maintenant, des figures colorées , comme des assemblages de pixels, sur beaucoup de fenêtres . Le principe est simple : des salariés dessinent sur leurs fenêtres , avec des post it de différentes tailles ou couleurs , un ou plusieurs personnages ou figures . la-defense-4.jpgA l'origine, ce sont des salariés de la firme Ubisoft , donc les figures étaient des personnages de jeux video célèbres , et l'idée, qui a vraiment démarré en ce début 2011, était celle d'un défi : «  la guerre des post it » , chacun surenchérissant sur les figures de la firme voisine .

 

           post-it-war-obelix-600x600.jpg Mais depuis, et devant le succès de cette idée, je ne peux que m'interroger sur le pourquoi de  ces installations ? post-it.jpgVoyez d'ailleurs ce simple et timide coeur rose  sur la tour «  Coeur défense », un coeur sur la tour qui porte le nom d'un coeur la-defense-3? Pourquoi par exemple, faire ces figures sur des fenêtres, visuels faits pour être vus du dehors plutôt que par exemple, sur un mur à l'intérieur d'un open space ? C'est bien parce que l'on veut montrer aux autres qu'on existe, qu'on est là , derrière cette façade, telle un miroir sans tain, il y moi , ma personne, mon humour, mon savoir faire . Je te le dis à toi passant ou à toi voisin de tour , à qui je ne parlerai jamais et que je déteste dans le RER bondé du matin ou du soir .

 

 

            Bien sûr, certains diront : «  Que font les Ressources Humaines ? Et c'est pris sur le temps de travail ! Et vous ne trouvez pas que l'on paie ( ici est cité le nom d'une énergie dont le staff et les services commerciaux sont logés à La Défense) assez cher ? Avec le matériel de l'entreprise ? »post-it-war-pacman-600x337.jpg

            Ici, des DRH très sérieux répondent que ces créations valent toutes les séances de  « team building »du monde , qui elles sont très chères : peut être parmi nos lecteurs y en a t il à qui on a fait construire en équipe des murs ou des tours , avec un succès mitigé , alors pourquoi pas un « Mario » sur la fenêtre du bureau ?post-it-war-superman-600x448.jpg

            Oui, c'est vrai, mais que celui qui n'a jamais travaillé en open space jette la première pierre .Et que vaut il mieux à l'heure du déjeuner ? Manger une salade seul (e) devant son ordinateur , ou avaler en vitesse et dans le bruit son  déjeuner  dans une des «  usines à manger » de ces tours ( qui servent au demeurant de très bons repas ) , ou alors, discuter avec son collègue pour savoir si on « répond » au nouveau dessin apparu sur la façade juste en face de nous, en réponse sans doute au magnifique spider man qui a été fait le mois depost-it-copie-1.jpgdernier  !coeur-defense-rose.JPG

             D'autres esprits chagrins ( et là, je suis d'accord ! ) diront : «  Quel dommage qu'on ne représente pas, même de façon simplifiée, une Joconde, une Maryline de Warhol, ou même un Mondrian, qui s'y prêterait si bien ! » C'est vrai, c'est un peu «  de la culture  geek » , mais c'est déjà de la création visuelle et collective et c'est le principal .

 

            La Défense : levez les yeux, vous y verrez des tas de choses inattendues, même si elles sont éphémères, rentrée et crise obligent  !

 

 Les photos de la Défense viennent du site de l'EPAD , celles des tour Coeur Défense sont des photos personnelles  

 

 

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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 12:00

 

 

Lapicque un homme de la renaissance au XXème siècle  par Anne Le Menn

 

lapic.pngCharles Lapicque (1898-1988) est un de ces peintres qui bat en brèche le poncif de l’artiste inadapté à son monde : celui qui est  loin des sciences, des techniques, de la modernité, voire un peu fêlé. Cliché que  l’image de Vincent Van Gogh, a contribué à  véhiculer. Comme dit ma sœur, ce dernier  ne devait pas être très commode à vivre. 

 

Lapicque, lui,  nous ramène à une autre typologie d’artiste, celle de l’homme de la Renaissance, l’artiste scientifique lettré, musicien.  Le genre de destin à la Léonard de Vinci, qui comparativement  au nôtre,  nous fait nous sentir extrêmement limités, coincés dans notre bureau derrière un ordinateur, comptant les points, dans la jungle de l’entreprise qui nous emploie.

 Charles Lapicque a ainsi été qualifié « de renaissant du XXème siècle » *.  Il est vrai que sa polyvalence, son intelligence lui a permis de connaître et de maitriser plusieurs domaines de connaissance et  de  les utiliser dans son œuvre plastique.  Ce en quoi, il s’avère un précurseur des nouvelles générations d’artistes qui comme lui expérimentent  et innovent.

 

 Il commence dans les années 1920 une carrière d’ingénieur dans  la production et de la distribution d’électricité, il est alors en charge de la construction et de l’exploitation de lignes à hautes tensions. Il revient de la guerre 14-18 pendant laquelle il a découvert l’amour des chevaux en travaillant dans l’artillerie. Il obtient une thèse à la faculté des sciences de l’université de Paris dans le domaine des sciences physiques, elle a pour titre « L’optique de l’œil et la vision des contours ». Plus tard, peintre de la marine, il bourlinguera sur des bateaux et complétera sa signature avec une ancre, avant que les autorités navales n’estiment sa peinture pas  assez dans les normes et ne mettent fin à leur collaboration.lapiccc123.png

 

Une exposition, permise par la famille de l’artiste qui vit dans la ville, lui est consacrée à la  médiathèque Fontenay-aux-Roses. Elle offre une belle sélection d’œuvres sur papier, huiles, et tapisserie.

Dans la dernière salle, un dessin de quelques traits d’un jockey désolé devant son cheval blessé qui devra être abattu. tap_concours_hippique.gifPrès de lui  une grande tapisserie retrace un concours hippique, des chevaux  occupent l’espace, les couleurs répondent aux concepts d’optique qu’il appliquait  à ses créations : du bleu pour structurer les solides, du rouge pour les lointains.  La couleur est acidulée, les formes circulent, cela bouge, vit et me réjouit, pourtant contrairement à ma sœur, je n’aime pas l’équitation.

 

Information Pratique  

Exposition Charles Lapicque l’art de la peinture, salon de la médiathèque 6 place du Château de Sainte Barbe 92260 Fontenay-aux-Roses, jusqu’au 1er octobre. Un grand merci à la médiatrice pour sa disponibilité et ses explications lors de ma visite.

http://www.charleslapicque.fr

 

·         Source : Charles Lapicque « le dérangeur » par Philippe Bouchet                                                           

 

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 15:14

Actualité de l’estampe Automne 2011

 

Fontenay aux Roses (92) Les 23 24 et 25 septembre, à l’occasion des portes  ouvertes des ateleirs de la ville,  l’ imprimerie en taille douce   Edmond Rigal et J.J.J Rigal présentera son savoir faire et ses collections.  Des œuvres des lauréats du prix Rigal seront également montrées des estampes de        : Pascale Hemery, Carole Beugniet, Marie-Clémentine Mares, Renaud Bec, Matthieu Perramant au 31 rue Boris Vildé  92 Fontenay Aux Roses. http://www.fontenay-aux-roses.fr/ateliers_artistes

 

Paris,  (75) « Les premiers ateliers italiens de la Rennaissance »  Le Louvre présente jusqu'au 10 octobre 2011, une exposition d'œuvres rares de la Renaissance de la collection Edmond de Rothschild. Musée du Louvre Aile Sully, 2e étage, salles 20-23 www.louvre.fr/

 

Lorient (56) Exposition du graveur Georges Le Fur « Exodes » à la galerie  Galerie du Faouëdic  Hôtel de Ville de Lorient  jusqu’au 9 octobre 2011  http://www.georges-lefur.com

 

Chaillé (17) Gérard Garouste , C’est en collaboration avec les Editions Tanguy Garric, éditeur des œuvres de Gérard Garouste,  que la galerie Eva Doubket présente une exposition rétrospective de ses gravures et lithographies.  Galerie Eva Doublet 243 rue des fougères - Chaillé - 17700 St Georges du Bois. Ouvert de 14h30 à 19h30 du jeudi au dimanche www.galerieevadoublet.com

 

 

Paris, Huit Maîtres de l’ukiyo-e à La Maison de la culture du Japon, les chefs-d’œuvre du Musée national d’Art Asiatique de Corfou, du 28 septembre au 17 décembre. Maison de la culture du Japon à Paris 101 bis, quai Branly  75015 Paris.

 

Paris, Petit Palais, Cranach et Dürer graveurs, jusqu’au 13 novembre Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris ouvert tous les jours de 10h à 18h sauf lundis et jours fériés.

 

Les Eyzies-de-Tayzac , (24)  Exposition Rupestre, œuvres de Miro, Tapies,  Chillida ,  Rainer Motherwell,  Kournellis et Togou,  gravures et lithographies au centre d’accueil de la Préhistoire 30 rue du Moulin 24 260 Les Eyzies de Tayzac, jusqu’au 31 décembre 2011. Entrée Libre. http://www.pole-prehistoire.comn . "Une conversation entre art préhistorique et celui d’aujourd’hui, avec la permanence du geste de la trace et du signe…"  Commissariat de Pierre Ouzeau.

 

Forcalquier, (04) Fête du livre les 21, 22 et 23 octobre,  mise en lumière de Louis Jou, qui fabriquait ses livres entièrement de ses mains : gravures, typographie, impression reliure. Il a collaboré avec Maurice Achener sur certains ouvrages.

 

Gravelines, L'Apocalypse de Dürer : 500 ans ! « Cela faisait plus de dix ans que la série complète de l'Apocalypse de Dürer appartenant aux collections du Musée n'avait pas été présentée, jusqu'au 18 décembre, le public peut l'admirer dans la salle du Pilier entourée d'oeuvres de Luis de Morales, Wifredo Lam, Antonio Saura, Damien Deroubaix, Jérôme Zonder » . http://www.ville-gravelines.fr

 

Martigny  (Suisse) Claude Monet et les maitres de l’esatampe Japonaise  à la Fondation Gianadda. Jusqu’au 20 novembre.Tous les jours, de 9h à 19h. 00.41.27.722.39.78.  www.gianadda.ch

 

Avranches (50)  Le scriptorial  « Les Fables de La Fontaine vues par les artistes »  Du 08 octobre au 31 décembre 2011 « Dès leurs premières publication, les Fables de La Fontaine étaient illustrées. D'abord écrites pour éduquer le Dauphin, elles ont ensuite intéressé tous les âges et tous les temps. En effet, des graveurs aux peintres, en passant par les dessinateurs et les sculpteurs, les Fables n'ont jamais cessé d'inspirer les artistes. De François Chauveau à Dali ou Chagall en passant par Benjamin Rabier ou Gustave Doré, de nombreux artistes ont un jour illustré des recueils. Cette exposition présentera de très nombreuses illustrations des Fables, ainsi que des manuscrits autographes et des ouvrages. » Place d’Estouteville  50 300 Avranches http://www.scriptorial.fr/pratique-fr-horaires.htm

 

 

 

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 12:32

Rembrandt  dessinateur par Anne Le Menn

 

Une vingtaine de dessins de Rembrandt, pour la majorité des croquis, sont présentés à l’institut néerlandais.  D’autres œuvres sur papiers  de ses proches élèves ou amis, complètent cette mise en lumière des dessins d’un artiste qui reste toujours à redécouvrir dans sa stupéfiante contemporanéité. 

Cette impression vient elle du trait ?  Il  semble sortit d’un jet, sur le papier.  Il circule libre et délié. Il dit  le nécessaire  dans une rapide capture. Sur les petits morceaux de papiers,  le plaisir  éprouvé par Rembrandt  lorsqu’il dessinait  est  palpable.

Des outils utilisés pour dessiner ?  Plume et encre brune, lavis, gouache blanche, ce matériel est toujours disponible dans les boutiques.

Non c’est  de L’humanité représentée, que vient cette modernité. Sujet de prédilection  de Rembrandt , l’artiste dessine des hommes Et .quand les bébés s’affolent  du mouvement vif d’un animal, comme dans « Femme rassurant un enfant effrayé par un chien »  le geste de consolation de l’adulte qui le prend en charge est toujours  à notre époque le même que celui que sans mièvrerie, Rembrandt croque. Affiche-Rembrandt.jpg

Dans « Repos pendant  la fuite en Egypte », Joseph cale dans son bras, son tout nouveau né afin de laisser Marie descendre de sa monture, il ressemble aux parents d’aujourd’hui. Pour un  peu, Rembrandt  nous le dessinerait à changer les langes de l’enfant.  Rembrandt_fuite_egypte.jpg

Dans ces « scènes de genre » la vie est captée, par un observateur sensible et attentif à son environnement, il nous transmet ces moments  qui montrent que même si les modes vestimentaires changent  les hommes et les femmes d’aujourd’hui restent semblables aux personnages des dessins de Rembrandt.

 

Informations pratiques

Jusqu’au 3 octobre 2011,  Institut Néerlandais Centre culturel des Pays-Bas 121, rue de Lille, 75007 Paris  De 13 h à 19 h, tous les jours, sauf le lundi

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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 21:42

 

Photographier les arts de la rue pour faire rêver par Anne Le Menn

 

Les artistes qui décident de “ jouer dehors parce qu’ il fait froid à l’intérieur!”  inspirent depuis 16 ans les photographes Viviane Michel et Jacques Mallécot.  Travaillant ensemble : de la quête de la belle image au tirage des clichés, ils sont fascinés par l’espace de libertés et la créativité qu’offrent  les arts de la rue.

 

Avant.jpegIls suivent l’oeil aux aguets les spectacles de la rue lors de ses différents rendez-vous, d’Aurillac à Chalon-sur-Saône, en passant par Amiens, Angers, Sotteville-les-Rouen… Ils captent  et archivent  par des photographies aux somptueux veloutés de noirs et blancs, la folie, l’étrangeté et la beauté d’un théatre vivant et éphémère .

 

Dans la salle d'exposition de la Médiathèque de Châtenay-Malabry ils  nous invitent à une importante rétrospective de ce travail.  La magie du spectacle de rue opère, traduite par 77 tirages argentiques.  Leur souhait de nous faire rêver est satisfait, la déambulation devant les photographies est étonnante, dans ces multiples univers qui passent du poétique, au trasch, mélant nostalgie et voyages.Poussette.jpgle-Voyage330.jpeg

 

Un théatre sans conventions où tout semble possible. Comme dans un dessin les lois de la pesanteur sont defiées, les codes et les échelles sont bousculées selon le bon vouloir des artistes.

 

Viviane Michel qui est aussi graveur et Jacques Mallecot  nous font partager leur amour de cet art appelé avec raison vivant qui peut changer des rues en un lieu de rêves, même le parvis de la Défense à Paris devient ,sous leur objectifs,  aérien et onirique : on croit rêver !The-Field345.jpeg

 

 

 

Informations Pratiques

"Rêves de rue"

 

La Médiathèque 7-9, rue des Vallées 92290 Châtenay-Malabry

01 41 87 69 80

Salle d’exposition au premier étage.

 

Horaires : Mardi et jeudi : 14h-18h30. Mercredi : 10h-18h30. Vendredi : 10h-12h / 14h-19h Samedi : 10h-17h30. Jusqu'au 15 octobre.

 

Samedi 8 octobre à partir de 15h30 visite guidée de l’exposition par les photographes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 22:41

La guerre, notre part d'ombre par Marie Anne Chenerie

 

 

J'écris ce texte ce dimanche   11 septembre 2011: est-il utile de rajouter quelque chose à tout ce qui se dit, avec justesse et conviction , pour dénoncer la violence , alors que, au premier regard, tout dans le monde nous dit que cette violence est pérenne, voire intrinsèque à notre humanité ?

 

femmes-pleurant.jpgQue faire ?

Je propose cette réponse, par exemple: aller voir l'exposition «  l'Ombre de la Guerre » à La Maison Européenne de la Photo , qui retrace notre histoire récente , depuis la guerre d'Espagne , en 90 photos , dites «  photos  de guerre ». guerre-groupe-d-hommes.jpg

 

On pourrait appeler cet ensemble l'illustration des  ténèbres de la raison ( le titre d'ailleurs de l'exposition, est , de mon point de vue, un peu faible par rapport à la force et à la portée de ce qui nous est montré ) . La photographie ( comme tout art d'ailleurs ) dévoile cette partie sombre de notre humanité , l'envers de nous même, la partie immergée de notre iceberg humain. Oui, bien sûr ce sont des Afghans, des Espagnols, des Serbes, des Palestiniens, des Israéliens , des Américains, mais oui, ce sont aussi des hommes , des femmes et des enfants, et tour à tour bourreaux et victimes , dans un subtil et poignant mélange, comme le suggère le choix des photos . Mais nous  ne pouvons pas ranger ces photos tout en haut de notre armoire mentale, vous savez là où on ne va jamais, et que l'on  retrouve , étonné, par exemple, après un déménagement ou en rangeant les affaires d'un proche décédé. Ce n'est pas le passé, cette notion un peu abstraite, et finalement rassurante «  c'est passé... » , non c'est ici et maintenant, c'est nous qui sommes en scène, dans ce jeune soldat nourri aux corn-flakes et au coca , lunettes de soleil et cigarette à la main, que le photographe a  saisi  au moment où sa botte se lève pour frapper à la tête une vieille femme musulmane à terre ( morte ? ) , c'est nous aussi cette petite fille qui court nue sur les routes de Nagasaki et sera sauvée par le photographe sauvée physiquement, mais aussi sauvée parce que son  image témoignera pour toute une génération, c'est nous ces hommes épuisés en haillons portant dans un couverture un corps ensanglanté , dans un paysage de neige glacial , ces hommes dont on devine, qu'ils vont devoir abandonner ce corps, s'ils veulent survivre, c'est nous cet officier qui vise à la tempe  le Vietnamien condamné et c'est aussi nous le condamné  dont le visage nous dit l'incompréhension et la terreur .

 guerre-napalm.jpg          

Le photographe a fait remonter tout cela à la surface , l'indicible  peut être maintenant dit et partagé ,  après le dévoilement  , la rencontre entre le photographe  et son spectateur .

 

Alors , que faire ?

Pleurer ? Oui, parfois les larmes montent aux yeux. Se mettre en colère ? Evidemment, comment ne pas s'indigner devant tant de cruauté ? Ne pas voir ? C'est vrai, je n'ai «  regardé» que très rapidement certaines photos , incapable de prolonger  .

Il faut au moins aller voir cette exposition et oser regarder , grâce à l'intermédiaire du photographe , cette part de ténèbres , démoniaque qui est en nous , ne pas la nier , ne pas la rejeter . Cette exposition nous permet d'aller des yeux vers l'esprit, même si ce n'est pas  la part la plus belle de notre humanité . On ne peut  combattre  que ce que l'on voit , ou que  ce que l'on veut  voir et décider de voir .

Alors, parlons en à nos enfants , et écoutons autrement les informations le matin dans la salle de bains . 

 

Informations pratiques

Jusqu'au 5 septembre

Maison de la photographie

5 rue de Fourcy 75 004 Paris

 

 

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 19:48

Riero i Arago à Collioure  : une île ou un rêve ? Par Marie Anne Chenerie

 

                                                     Le Musée des beaux Arts de Collioure est étrangement calme et silencieux, à cent mètres de la plage bruyante et écrasée de chaleur .

                                                     Cette impression de fraîcheur, de décalage , est fortement accentuée par l'exposition qui y est installée cet été: des installations de l'artiste catalan Riero i Arago,( né à Barcelone en 1956 et aujourd'hui unanimement reconnu comme une valeur sûre de la génération des années 1980).

                                                     L'exposition est aussi pour partie au musée des Beaux Arts  de Céret, mais je ne vous parlerai que que de celle de Collioure et de toute la poésie qui en émane .

                                                    

                                                     D'abord, quand vous entrez dans le musée ( rappelez vous, dehors les cigales crissent dans les pins surchauffés ) la-plage-de-collioure.jpgici , personne , fraicheur et surprise , qui commence par une mobile de sous- marins en plastique orange fluo sous-marin-orange.jpg suspendus dans l'escalier blanc ; gaieté sans prétention et néanmoins, mais ce mobile/ stabile où l'air remplace l'eau vous met déjà dans cette ambiance poétique .

 

                                                     La très belle série sur les îles est impressionnante ile1.JPG: des fragments de matière métallique ( bronze) sur une surface d'eau enfermée dans un caisson carré,  le contact permanent de l'eau et du métal donnent des résultats toujours différents et imprévisibles, des couleurs fantastiques allant du turquoise au brun profonds . Vous pensez aux cartes marines,  aux mappemondes où les fonds marins sont indiqués de couleur différentes selon les profondeurs et moi, qui ai si peu voyagé , ai toujours aimé ces périples par carte interposée . Cette impression de « vrai » paysage est encore accentuée par une trouvaille ( un hasard ? ) : les mouvements d'air de la ventilation agitent l'eau des caissons et les ombres portées au plafond  retracent des vagues , des mouvements .

                                                     En voyant ces îles, je pense à Jules Verne, Cousteau,  Hergé et son île de l'Etoile mystérieuse et les cratères de «  on a marché sur la Lune » , toutes les images de mon enfance sont là . D'ailleurs, l'île n'est -elle pas un rêve d'enfant ?ile2.jpg

                                                     Par ailleurs, le procédé utilisé par l'artiste ( maquette / photo) est très intéressant et nous amène à réfléchir sur le phénomène de création . Créer, c'est pour moi d'abord savoir regarder et montrer aux autres ce que nous voulons leur faire comprendre . L'artiste expose en même temps le «  caisson » aux métaux érodés et les photos, sous des angles et des éclairages différents de ses installations : nous hésitons entre le silence des galaxies, le vent des déserts glacés, les aurores boréales , les paysages du déluge .

                                                     Riero i Arago nous invite à passer en dessous de la ligne de flottaison , comme avec ses icebergs exposés à l'étage du dessous et donc de prendre le risque de la poésie et de l'inconnu : qui n'a pas rêvé de disposer, aux confins de son imaginaire de fabuleuses contrées , qui n'ont pas encore été identifiées, classées, répertoriées . Le voyage vers des formes inconnues, gouvernées par l'eau et ici possible, si, en confiance, vous entrez dans le sous marin orange .

 

Informations pratiques ;

Musée d'art moderne de Collioure


Horaires

Ouvert de 10:00 à 12:00 et de 14:00 à 18:00 

Du 1er juin au 6 novembre: tous les jours

 

Tarifs:

Plein tarif: 3,50 €

Tarif réduit: 2,50 €

Gratuit pour les enfants de moins de 12 ans

 

 

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 20:59

Morceaux exquis à la Fondation Electra: morceaux oui, exquis pas toujours ! par Marie-Anne Chenerie

 

 

            J'ai toujours beaucoup apprécié les expositions de la fondation Electra : un lieu raffiné, calme, des expositions intelligentes, souvent courtes ( ce qui est à mes yeux à la fois une difficulté et un avantage ) , l'entrée gratuite ….

            Cette fois ci avec «  Morceaux exquis » , j'en suis sortie plus dubitative , d'abord désorientée par la profusion d'images , de textes, d'idées et par ce découpage , presque cannibale .

 

            Le principe peut paraître complexe : montrer comment le corps et ses différentes parties ( oeil, pied, nez etc) ont inspiré le langage dans toutes les cultures méditerranéennes .

            Batory-Michal-EDF-Morceaux-exquis-2011Dès l'entrée une ambiance rouge sang donnée pat la lumière et les rideaux de velours pourpre vous mettent dans l'ambiance . Il est certain qu'exposer le corps est un exercice difficile, entre voyeurisme , philosophie, médecine et tout simplement beauté 88362_1299060581_adam-eve_623x187.jpg L'art contemporain nous a même habitués à des démarches presque « gore » qui peuvent susciter un profond malaise. Rien de tel ici, mais le sentiment de pénétrer dans notre intimité profonde , subconsciente, impression accentuée par les dictons populaires écrits ( un peu bas et trop peu lisibles pour ce qui me concerne ) sur chaque vitrine : certains sont très savoureux : "Les mouches se posent même sur le nez du roi " ou "un pied vaut mieux que 2 béquilles " ; les vitrines sur le nez/ phallus ou sur le sexe féminin sont drôles et instructives . Qui ne connait pas le lapin Playboy, lapin, comme la grenouille représentant le sexe féminin , car , comme chacun le sait, les organes féminins , facteur des sautes d'humeur de ces dames , sont représentés par les bonds du batracien ou du lapin. Oui, c'est parfois drôle, parfois inquiétant, comme cette vitrine sur le cerveau ( trop peu représenté d'ailleurs, c'est le corps et non l'esprit qui parle ) , même si on a "des araignées dans le grenier".

            Dans un joyeux bric à brac, qui va de l'affiche de Polnareff  de dos ( pour rester correct) , des chaussures de clown démesurées en forme de piedpieds.jpg propres à alimenter nos pires cauchemars , un pot de chambre avec un oeil au fond ( les naïfs qui se mettent le doigt dans l'oeil apprendront ici qu'ils se l'enfoncent en fait beaucoup plus bas ) , bric à brac parfois morbide , comme chaque fois que le corps est représenté en morceaux.

            Parler du corps n'est jamais facile et concentre toutes les craintes .

            Mais, pour finir, la merveilleuse image du crane d'organdi  crane.jpgcontraste, confrontation, réflexion sur la pureté du blanc du bonnet de baptême ou des coiffes de communiantes et la réalité du crâne, ossement , d'ailleurs habilement rapproché du drapeau de corsaire . Voilà l'image que je retiendrai de ces centaines d'objets, à croire que la démarche artistique permet de marquer les esprits , par la poésie et le décalage .

            En cadeau, l'exposition nous offre quelques belles chansons sur les yeux …, voici celle de Michel Jonasz, «  Les Yeux lilas » .

 

Informations pratiques

Espace Fondation EDF ( Electra)

6 rue Récamier 75 007 Paris

jusqu'au 25/09/11 , de 12h à 19h, sauf le lundi, entrée gratuite

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