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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 16:53

Endroit-des-lavandieres.jpg

A Essoyes sur les traces de Renoir par Anne Le Menn

Accueil-du-cote-des-Renoirs.jpgLe peintre Auguste Renoir, roi des  chairs voluptueuses,  aimait  la région du Champagne. Il   séjournait  à Essoyes : une  bourgade  au bord d’une rivière.  Si la ville ne possède pas de tableaux du maître,  elle met en valeur la villégiature du peintre.  Dans l’espace d’interprétation appelé  « Du côté des Renoirs» elle illustre sa vie, celle de sa famille de ses proches,  et ceci par des textes, des reproductions et des sons évoquant son époque.  Un film projeté dans le sous-sol  campe en quelques scènes  le personnage et sa relation avec les habitants et les paysages de la région.

belle-Gabrielle.jpgEn dehors de l’espace, une signalétique,  sous forme de chevalets et de grandes bâches,  ponctue le territoire, indiquant des maisons de proches de l’artiste, comme celle de son modèle la belle Gabrielle.

En ce mois de décembre, alors que quelques visiteurs regardent des  canards remonter le courant, nous suivons un chemin de randonnée. Sur les traces de Renoir, nous passons où il a peint les belles lavandières à leur lessive. Puis nous nous enfonçons dans la campagne et  les bois, traversant des villages aux belles maisons de pierre blanche. Nous longeons  les bords  d’une rivière, elle dessine des ilots où parfois l’eau se calme. L’ambiance est  hivernale loin de celle des tableaux aux champs de coquelicots du peintre. Vers-les-lavandieres.jpg

Sport et peinture, randonnée et culture, bulles de champagne et Renoir. L’exploitation de l’image de son Grand Peintre reste encore bien sympathique à Essoyes,  la ville reste tranquille et authentique.

Photographies de l’auteur.

Informations Pratiques : Espace Renoir 8 € l’entrée.

http://www.ot-essoyes.fr/

 Photo0897.jpg

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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 11:00

Peinture placebo : canular ou objet de réflexion ?

Par Marie-Anne Chenerie

 

          effet-placebo.jpg  Ma première réflexion, comme la vôtre sans doute,  lorsque j'ai lu le dépliant «  Peinture Placebo » du FRAC Lorraine  a été : «  Là ils exagèrent » , ils : les prétendus artistes contemporains,  ils ne savent plus quoi inventer pour se faire remarquer , avec le moins d'effort possible et on ne parle même pas de technique ou de recherche esthétique, etc .

            Et puis cet article m'a conduite  à revoir ce qu'on appelle un placebo : l'imitation d'un médicament sans principe actif , utilisé pour les tests en double aveugle ( patient et médecin ) ou pour son effet sur le psychisme de certains patients : le sujet pense avoir reçu un traitement actif , qui agit ( ou pas ) par un phénomène neurologique et/ou psychologique : en latin, placebo signifie «  je plairai » , dans la relation «médecin -patient . Or, on tient pour acquis aujourd'hui  que certaines molécules sont actives dans le traitement de la douleur par exemple,  molécules générées par un mécanisme neurologique proche de celui observé lors de l'action d'un placebo .

 

 

            Quel rapport avec la peinture , direz vous avec justesse? Cette expérience , où des pièces peintes avec de la peinture blanche , contenant des doses infinitésimales de gingembre ( connu pour son potentiel érotique ) ou de fleur d'oranger ( réputée relaxante ) , sont «  exposées » avec un soigneux descriptif de la composition de la peinture à l'entrée de la salle .

placebo1-gde.jpg

 

            Bien sûr, aucun dérèglement érotique n'a été constaté , ni endormissement collectif , mais ceci m'amène à réfléchir à la puissance de la croyance collective : combien de fois nous laissons nous influencer par une opinion collective , qui minore , ou occulte notre intuition première, comme si nous étions conditionné  par ce que nous croyons ou pensons croire . Et l'auto suggestion est aussi puissante : un test simple , regarderez vous de la même façon une exposition dont vous avez payé 12 e l'entrée et des oeuvres exposées gratuitement dans une galerie ou un centre commercial par exemple ? Tout fonctionne comme si nous élaborions de comportements de confirmation des informations que nous recevons à partir de nos croyances ( « Ce qui est exposé au Musée d'Art Moderne est intéressant », «  S'il y a beaucoup de monde , c'est que c'est bien » «  Si ce peintre était vraiment bon, il serait connu » ,  etc )

 

            Mais après ces grandes considérations, je vous propose d'aller revoir  simplement un Delacroix au Musée de la place Furstenberg, unChardin au Louvre ou un Mondrian à Beaubourg . Ou alors, à l'inverse , confirmez que vous n'appréciez pas un artiste ( je vous laisse le choix ) et vous jugerez si c'est un effet «  nocebo »( l'inverse du placebo) , ou si décidément sa peinture est mauvaise …

 

Informations pratiques et illustrations :

Frac de Lorraine

Peinture Placebo

Décosterd et Rahm, associés
Agence fondée par Philippe Rahm et Jean-Gilles Décosterd : 1995 – 2004

49 Nord 6 Est – Frac Lorraine
1 bis, rue des Trinitaires
F-57000 Metz

 

ADD ON PAR ANNE LE MENN

    Sarrebourg-033.JPGLe FRAC de Metz situé dans le coeur de ville utilise des locaux qui servaient autrefois au conservatoire de musique. C'est un endroit calme , le parcours de la visite utilise des escaliers de différentes époques dans  une mise en scène  délibérment "White Cube" . La visite est agréable dans ce labyrinthe, accueil charmant mais pas de médiation du moins pas le jour de mon passage.

Le FRAC Metz propose actuellement une exposition dans le grand espace de Beaubourg Metz. Entièrement dans le noir, équipés d'une minuscule lampe de poche à la lueur faiblarde, nous sommes conviés à regarder plusieurs centaines de photographies de leur fond.  Comme pour " Peinture Placebo" une expérience est proposée. Je ne sais pas si c'est un recyclage de photographies pour exposition petit budget "bouche trou" ou une démarche audacieuse qui en sont à l'origine.

Le résultat m'a semble plutôt "bof bof". Les angoissés n'aiment pas du tout, j''ai eu l'impression de perdre mon temps et ai trouvé cela fort ennuyeux. 

 

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 23:06

Monuments rêvés : les châteaux , notre patrimoine imaginaire

 par Marie-Anne Chenerie

 

99528_1354634969_reve-monuments2_630x420p.jpg

            Quelle est l’image d’accueil  de la société de production de films  Dysney Buenavista ? Un château de conte de fées en ombre chinoise . C’est bien cette idée qu’a repris l’artiste contemporain qui rend parfaitement compte de cette imagerie de notre enfance ( les princesses pour les filles , les chevaliers pour les garçons ) , repris avec le succès que l’on connaît par Play Mobil . buena-vista.jpgconciergerie.jpg

 

            Oui, ces châteaux là, que l’on retrouve dans «  Peau d’Ane » de  Demy, ou plus contemporain dans le retour du Jedi , cette imagerie du Moyen Age . 

Puis il y a eu le château romantique des ruines d’Hubert Robert , ce passé idéalisé , tel un paradis perdu , détruit d’ailleurs dans les faits à la révolution Française .

Enfin,  château noir, inquiétant , gothique des Romantiques : Hugo, mais aussi  Barbe Bleue,  Gilles de Rais , les Templiers .

 g-dore.JPG

            Cette exposition à la Conciergerie est belle , intéressante, riche, la mise en scène a su utiliser astucieusement le décor de notre « château » parisien, de sinistre mémoire, la Conciergerie .  Et on pense immanquablement à cet autre château, qui est ce  ce que l’on appelle : un monument fantôme, qui figure dans  notre imaginaire à tous, mais qui n’existe plus : la forteresse de la Bastille .

 

            Un bon moment donc sous ces voûtes séculaires . Mais quelques regrets: trop peu d’oeuvres contemporaines ( j'ai beaucoup apprécié celles qui étaient exposées ) et aucune allusion à un film culte ( de mon point de vue ) : le «  Château dans le Ciel » de Miyazaki, qui a su exploiter toutes ces dimensions . miyazaki.jpg

            Et il y a d'autres monuments que les châteaux : des ponts, des routes, des tours ( celles de La Défense et non celles des châteaux ..) , qui peuvent aussi nous donner à rêver , qui ne sont pas évoqués ici  , et donc le titre de l'exposition est un peu trompeur .

            En sortant, j’ai regardé autrement notre Conciergerie, si belle dans la nuit de décembre …

 

Informations pratiques

Rêves de Monuments

jusqu'au 24 février 2013

LA CONCIERGERIE         

2 bd du Palais

75 001 Paris

 

Photographies de l'auteur ou tirées du site de l'exposition

 

 

 

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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 20:58

pierre-soulages.jpgSoulages au XXI ème siècle , le noir : comment s'en sortir ? 

par Marie-Anne Chenerie

 

            Une exposition hommage pour le célébrissime peintre du noir , au Musée des Beaux Arts de Lyon , qui fait l'unanimité si j'en crois les innombrables visiteurs qui se bousculent  et les éloges dithyrambiques .

            On a tout dit sur ce noir de qui émane la lumière , différente selon la position, l'angle de vue et l'état d'esprit du spectateur . Il faut souligner d'ailleurs la difficulté de l'accrochage de ces oeuvres, que j'ai trouvé ici convenu,  compact, sans respiration, avec une belle exception , le couloir noir où sont accrochées les oeuvres noires, dont émane une force réelle .

         IMG00155-20121208-1603.jpg   Mais je retiendrais paradoxalement la remarque de cette toute petite fille (  5 ans à vue d'oeil )  , visite en famille oblige , qui devant le tableau où des zones blanches apparaissent  encore, s'écrie : « Il n'a pas fini son travail le Monsieur » . Au-delà de la drôlerie de la remarque , j'ai effectivement senti que le Maître,   s'il poursuivait avec une grande constance son travail , est peut être arrivé au bout de son idée et que , maintenant, il faut en sortir ? Oui, Soulages , comme son personnage, droit, clair ( c'est un paradoxe ! ) , sincère , a travaillé toute sa vie autour du noir, avec assuidité  et courage ; en effet, le parcours avec les collections voisines d'art contemporain du Musée des Beaux Arts est à ce titre tout à fait intéressant : quand d'autres exploraient la couleur , comme Bissière  , ou la matière , comme de de Stael , ou le mouvement, comme Hartung, Soulages lui , a exploré le noir avec  obstination, jusqu'à l'épuisement . Mais voilà, comment évoluer  ? Le « travail » est-il fini ? IMG00157-20121208-1604.jpg

 

            A suivre donc , les créations de ce artiste de bientôt 95 ans.

 

            Et, pour finir, je ne résiste pas à vous montrer cette image d'une très belle oeuvre  pour ce week end de la Fête de la Lumière à Lyon, ces grands poissons blancs qui remontent le Rhône sur la berge ...

IMG00171-20121208-1703.jpg

 

Informations pratiques :

 

Soulages au XXI è siècle

Musée des Beaux Arts de Lyon

20 place des Terreaux

69 001 Lyon

Jusqu'au 28 janvier 2013, de 10h à 18h

 

Photos par l'auteur et portrait de Soulages extrait du site du futur musée Soulages à Rodez

 

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 08:32

Impressionnistes  peintres de la mode  par Anne Le Menn

manet-orsay.jpgContinuons sur le thème des beaux habits. Si le BHV fait son exposition, inspiré par les Fables de la Fontaine, le vénérable musée d’Orsay s’est mis quant à lui à la mode des impressionnistes.

Les premières salles de l’exposition, contiennent vitrines et mannequins, évidemment le style est un peu daté. Je connais une jeune fille d’une quinzaine d’année qui le regrette amèrement, elle juge notre façon contemporaine de se vêtir  nettement  moins élégante.  Les  peintures de femmes qui se suivent en tenue d’après-midi, de soirée, avec ombrelles et chapeaux lui donnent raison.  Cela semble peu pratique mais c’est esthétique.

Sur un tableau de James Tissot une jeune femme jaillit  sur un  fond de feuilles d’automne orange, elle  remonte sa robe et trottine dans ses petites chaussures de cuir, elle est vivante, rapide et taquine. La mode a changé mais sa jeunesse et son charme ont traversé le temps.James_Tissot_-_October-Wiki.jpg

Une exposition spectacle, futile et joyeuse sur fond sonore de piano et de chants d’oiseaux. Une plongée efficace dans un passé à la fois si proche et si lointain où les femmes aisées portaient le corset.

Informations Pratiques

L’impressionnisme et la mode

Jusqu’au 20 janvier 2013 au Musée D’Orsay.

De 9h30 à 18h le mardi, le mercredi, le vendredi, le samedi et le dimanche
de 9h30 à 21h45 le jeudi.  Photographies : Wikimédia et dossier de presse.

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 22:26

Le BHV s'est transformé … par Marie-Anne Chenerie bhv.jpg

 

fourmi.jpg

 

            Le BHV, son rayon bricolage, ses coupoles en zinc, ses vendeurs improbables ; on y a tous des souvenirs , émerveillés ( le rayon des «  boules de rampes d'escalier », ces sphères taillées plus belles que les boule de boîtes de nuit ) , ou perplexes ( le rayon «  visserie » : comment peut-on avoir l'utilité d'autant de vis différentes , sans parler des chevilles … ) . loup.jpg

 

            Mais je n'avais encore jamais associé le BHV et la haute couture, la création. C'est fait avec Alexis Mabille, qui expose des mises en scène étonnantes des Fables de la Fontaine, une fourmi sophistiquée , un loup mystérieux, un renard séduisant ..L'élégance des robes et des postures offre un contraste puissant avec cet univers des Fables, associé jusqu'alors à l'univers animal et scolaire … Les vitrines aussi sont belles et étranges, magnifiques robes et têtes décalées (et décollées) de Marie  Beltrami  , le long ruban blanc étincelant donne une touche sobre et élégante à cette partie de la rue de Rivoli , pourtant bruyante et encombrée . mabille-1.jpg

 

BHV Rivoli, vitrines et exposition «  Fables de La Fontaine », à l'Observatoire du BHV, jusqu'au 12 janvier 2013

 

Illustrations par l'auteur.

 

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 22:13

Le mois de la photo à Paris :

Hommage à mes vieux albums photos par Marie-Anne Chenerie

 

           albums.jpg Paris , Novembre , photo : difficile d'y échapper ce dernier mois , le mieux y  rencontre le pire, qui est souvent, dans ce domaine, banal, attendu , gratuitement provocant ...Mais j'ai apprécié les clichés de Jesse Fernandez à la Maison de l'Amérique Latine , qui a croisé toute l'intelligentsia du XXè siècle , et , dans un genre moins classique , la tristesse diffuse du regard de François Huguier  sur l'Asie , à l'Académie des Beaux-Arts .

 

            Bref, je laisserai l'éternel débat : « Photographie , art majeur ou art secondaire ? » aux spécialistes , pour évoquer un objet largement disparu : l'album photo . Souvenez-vous, ces gros volumes , que vous maudissez à chaque déménagement , ces photos touchantes, mal cadrées, mais que l'on a gardées , parce que c'est la seule où la grand-mère sourit , ce pincement de cœur quand on allait chercher les tirages de photos prises parfois il y avait longtemps ( oh, je l'avais oublié, comme il a changé , le jeune garçon  souriant devenu en quelques mois un adolescent ombrageux , l'aïeul disparu , l'ami avec lequel on s'est fâché … , les revoilà tous ) . Et puis la photo «  recadrée au ciseau » , car vraiment cette coiffure ne vous avantageait pas .. Aussi,  cette place vide, manifestement une photo qu'on a enlevée de l'album de famille , pourquoi : la garder, la déchirer ?

photos-2.jpg

 

            Un peu de nostalgie ne fait pas de mal, mais , pour finir, soulignons quand même que nous aurions bien été en peine d'illustrer tous nos articles sur ce blog  si la photographie n'avait pas évolué !

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 10:58

La-tarlatane.jpgDisparates… « diverses » et « variées ». Ce sont les qualificatifs qui illustrent ces estampes créées récemment par une quinzaine de membres de l’atelier de gravure de Sceaux, La Tarlatane.


Du 4 au 21 décembre, l’exposition Disparates révélera la grande diversité d’inspirations et de techniques utilisées par chacun des graveurs. De la taille d’épargne, de la taille douce, de la pointe sèche, du burin, de l’eau-forte, de l’aquatinte, du vernis mou, de la couleur, ces estampes révèlent la grande palette des possibles de cette technique bien particulière qu’est la gravure. Moyen d’expression au large éventail, la gravure est riche en perspectives.


Pour les curieux qui souhaiteraient mieux connaître cette technique particulière, des animations autour de l’initiation à la gravure sont proposées.


Rencontrez les artistes lors du vernissage le vendredi 7 décembre à 18h30.


Disparates, du 4 au 21 décembre, à l’Animathèque MJC, 21 rue des Écoles
92330 Sceaux

 

Entrée libre du lundi au vendredi :

  • de 10h à 18h,
  • samedi de 10h à 13h et de 14h à 18h30.

Tél. : 01 43 50 05 96.

 

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Published by Blog Achener de l'Estampe - dans Actualités de l'estampe
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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 22:53

Photo0799.jpg

Un  lapin géant à Antony  par Anne Le Menn.

Ce mois-ci et jusqu’au 9 décembre 2012, c’est un collectif de jeunes diplômés  de l’école des beaux- arts de Paris « Newfolder »  qui présente ses œuvres à  l’espace d’art contemporain Eugène Beaudouin d’Antony. Ils ont déjà exposé dans les locaux de leur école  à la fin de leur cursus en 2010 (exposition Le vent d’après), depuis ils continuent  à évoluer.  Photo0798.jpgLeurs  œuvres utilisent des médias variés, résines, impression numérique, photographie, vidéo ou le simple crayon à papier.

Ce dernier est utilisé par Elizaveta Konovalova, taillé par les deux côtés, dans  une installation pleine de poésie, où le crayon devient  l’unité répétée d’une sculpture dessin à la fin simple et compliquée. « Pointing North, 2012 ».

Il est confronté à une tête de lapin, flanquée de 2 doigts dégoulinants de peinture rose, comme sortis d’un cornet de glace qui fond. Elle fait face à son pendant : une main monumentale dont deux doigts sont remplacés par les oreilles du lapin. Un clin d’œil à la méchante manie infantile, lors de séances collectives de photographie, de faire des oreilles de lapin à son voisin. Mais le titre « playmates » suggère des allusions plus sexuelles. Jessica Lajard brouille les images, le débonnaire et fragile lapin, malgré ses couleurs aux tons pastel, s’avère au final inquiétant. Photo0800.jpg

Faire découvrir le travail de jeunes artistes  est l’une des fonctions à laquelle l’espace d’art contemporain Jean Beaudouin se consacre. Régulièrement des artistes émergents y exposent, profitant de l’espace sobre et lumineux. Ils viennent d’ateliers partagés ou de collectifs ce qui n’empêche pas une grande diversité dans les travaux présentés. Et c’est toujours un privilège et un grand plaisir de pouvoir échanger avec eux, en ce lieu, sur leur parcours et leurs réalisations. Car, même s’ils manient déjà un discours conceptuel, propre de l’art contemporain, ils gardent  l’appétit d’expliquer leur travail au visiteur.

Le site du groupe : http://www.newfolder.fr/

FONCTIONS OBLIQUES

A l’espace d´art contemporain Eugène Beaudouin
Résidence Jean Zay - Rue Lafontaine 92160 Antony.

http://www.espacebeaudouin.com/

 

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 12:26

Rire pour ne pas pleurer par Anne Le Menn.

YM1.jpgYM2.jpgQuand son père est décédé Yun Minjung réalise deux grands tableaux.  Sur  fond de ciel bleu, deux types de personnages s’y multiplient, lui-même riant et des grands oiseaux, qui sont des  grues.

YM3.jpgIl était triste, mais sur ces  tableaux il se présente hilare,  sur les ailes des grues il est tout maigrichon dans un slip gris. Tandis que sur l’autre toile, vêtu d’un pantalon un peu avachi il pointe du doigt les volatiles.  

Les oiseaux  font référence à un vœu de bonheur que les Chinois souhaitent aux personnes âgées : « S’envoler avec les grues », ce souhait est parfois écrit sur une estampe qui leur est offerte.  

Comme sur la majorité de ses tableaux de son œuvre, Jun Minjung se montre secoué d’un rire qui le laisse recroquevillé. C’est  un autoportrait énigmatique qui ne nous regarde pas.

YM4.jpg

Rire pour dire des choses qui ne font  pas rire, rire pour ne pas montrer que l’on pleure,  avancer masqué et dérisoire exprimer un désarroi face à la mort ou à une situation politique.

Une fois de plus, la Fondation Cartier sait par son regard  original et sensible nous surprendre. « Histoire de voir »  était de mon point de vue la plus agréable des expositions  vues en   2012. «  Yun Minjung l’ombre du fou rire » dans un  genre  différent est une autre belle réussite.

Informations Pratiques

Fondation Cartier pour l'art contemporain

261, boulevard Raspail 75014 Paris

Tous les jours, sauf le lundi, de 11h à 20h, nocturne le mardi jusqu´à 22h

Droit d´entrée : 9,50 €.

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