Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 11:23

 

  France 1500 par Marie-Jeanne Laurent

 

1453, c'est l'après-guerre de 100 ans. C'est la fin des désastres de la guerre.

 

 Les rois de France, Charles VII puis Louis XII que la Duchesse Anne de  Bretagne épousera successivement, embellissent leurs châteaux, leurs  églises, leurs bibliothèques, imités par les seigneurs, les prélats, et  les riches bourgeois. Les artistes sont groupés autour des cours  brillantes et les échanges de toutes sortes s'établissent, venant aussi bien des Flandres que d'Italie.

 C'est le matin du monde.

Les techniques présentées frappent par leurs perfections : peinture, sur bois, sur verre, sur parchemin, tapisseries, orfèvrerie, émaux, médailles,  sculptures de pierre, de terre, meubles sculptés. Une grande place est réservée aux livres, livres d'heures, vie du christ et des saints, et aussi  les classiques, car tous ces seigneurs sont des érudits; la bibliothèque  de la Reine Anne est célèbre. Les enluminures sont d'une virtuosité sans pareille, où l'or se mêle aux couleurs éclatantes. La peinture religieuse est dominée par le Maître de Moulins, dont trois œuvres   sont présentées : la Nativité, où le cardinal Rolin, le donateur, se tient   en retrait, recueilli, ( musée d' Autun), Ecce Homo (musée de Bruxelles),  et l'Annonciation, (partie à Chicago).Nativite-Cardinal-Jean-Rolin.jpg
Les trois tableaux expriment une vie intérieure, une grande spiritualité. Cependant, l'impression générale, malgré l'iconographie dramatique, est  l'amour de la vie, de la beauté:
 Annonciationl'Annonciation, toute baignée de vie surnaturelle, montre deux beaux  jeunes gens aux vêtements somptueux. Le Christ et Marie-Madeleine au matin  de la Résurrection se rencontrent dans une nature idyllique, dans une lumière d'aurore : le Christ est un jeune homme svelte, au suaire  élégamment drapé, son auréole coquettement inclinée sur l'oreille, et  Marie-Madeleine une belle jeune fille à la robe bleue, qui semble cueillir  des fleurs. Entre eux, un arbre de vie symbolique.
Plus loin, une tapisserie "mille fleurs" montre jeunes seigneurs et belles  dames dansant dans une clairière semée de fleurs.  Peneloppe.jpgUne autre tapisserie  une charmante Pénélope devant son petit métier à tisser : c'est la sœur jumelle de la suivante de la "Dame à la Licorne" du musée de Cluny (musée de Boston).
Les vierges à l'enfant, presque des adolescentes, charmantes, un peu  boudeuses, les cheveux blonds ondulés, aux vêtements raffinés, évoquent le printemps de la vie. Notons au passage la performance de Michel Colombe, sculpteur de la Reine Anne, qui réalise une très jolie vierge en terre cuite. Saint-Adrien-.jpgEt le charmant saint Adrien (vitrail) avec son bonnet de velours à  la mode et coiffé "à la Jeanne d'Arc", comme on dira beaucoup, beaucoup  plus tard... Et pourquoi donc le Cardinal Rolin se fait-il accompagner de son petit  chien, sagement assis sur la pourpre cardinalice ? Tout simplement parce qu'il fait partie de sa vie. Même les petits gisants en marbre de deux des enfants de la Reine Anne évoquent, plus que la mort, la fraîcheur de l'enfance.  Clin d'œil à la beauté dans le relief de la Dormition de la Vierge : son âme s'envole au ciel sous la forme d'une ravissante Aphrodite nue.. . Un autre clin d'œil : le jeune et futur François Ier en inattendu Saint Jean-Baptiste par Clouet, au sourire facétieux, son impossible nez adouci  par un teint de lys et de roses...Et puis les premiers livres imprimés, et puis j'en oublie beaucoup...

Mais l'exposition est visible au : Grand Palais jusqu'au 10 janvier 2011

 

Information Pratique : France 1500 entre Moyen Age et Renaissance, Galeries nationales Grand Palais, entrée Clémenceau. Tous les jours (sauf le mardi) de 10h00 à 20h00, nocturne le mercredi jusqu’à 22h tarif 11 €,

 

Visuels : Dossier de presse de l’exposition

 

 

 

Partager cet article

Repost0
16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 21:05

Philippe Auriol: du décoratif au sacré !  par Marie-Anne Chenerie

 

            Lorsque vous voyez ces peintures, votre première réaction est :«  comme c'est agréable!  » : couleurs, motifs , thèmes de la vie courante, avec un léger exotisme pa-vase-chinois.jpg ; devant ces peintures ou gravures fixées sur verre ou sur plexiglas,  vous  ressentez une sorte d'optimisme, de gaieté et vous vous félicitez de ne pas retomber, comme souvent en art contemporain dans ces « happenings »  violents et perturbants, dans ces démarches intellectuelles par lesquelles vous êtes supposé admirer une basket collée au mur ou une toile improbable, blanc sur blanc .... Mais est-ce seulement « joli » , comme le disait notre professeur d'arts appliqués lorsqu'il trouvait un travail bien fait, agréable, mais , sans réelle profondeur, sans prise de risque, ce qui était pour lui, excellent professeur, la reconnaissance par excellence d'un travail d'artiste.

 

            Ici la paire de baskets est peinte, ou plutôt dessinée pa-baskets.jpget mise en scène

 

            Une question importante se pose alors :   l'œuvre a t elle été conçue en fonction du sentiment intérieur de l'artiste , ou d'une attente supposée du public ?

 

            Il y a  certes une démarche décorative, dans le vrai et noble sens du terme: l'inclusion de motifs asiatiques par exemple , les panneaux colorés ou décorés , la mise en page , l'impression que nous avons de voir des papiers collés , parfois à la limite d'une publicité très bien faite, un illustrateur qui met en scène des objets familiers .

            Ensuite : pourquoi choisir des objets , et non pas des visages, des paysages, des abstractions ? Je réponds (mais lui même le fera dans l'interview ci dessous ) , que , s'il a choisi de peindre la réalité ( les objets, les « sacrés » objets )  parce que ce sont des objets qu'il aime , parce que ce sont des objets que tout le monde peut aimer  , parce qu'il les trouve beaux, parce qu'ils sont pour tout le monde.

            Tout ceci nous fait beaucoup penser aux artistes pop, direz vous . Alors ,  Philippe Auriol  artiste pop ? Selon la définition de Warhol, ,  « Les artistes pop faisaient des images que n'importe qui pouvaient reconnaître à la seconde , en descendant Broadway – images de BD, tables de pique nique, pantalons pour homme, célébrités, rideaux de douche ; frigidaires , bouteilles de coca, toutes ces choses magnifiques que les Expressionnistes Abstraits se donnent tellement de mal à ne pas remarquer »; « Les artistes  pop préfèrent, en apparence, l'anecdote au sacré, la distanciation à l'introspection » ( je cite Hector Obalk dans son excellent ouvrage «  Andy Warhol n'est pas un grand artiste » ) ; oui, artiste pop, mais à sa manière bien personnelle.

 

            Donc pour répondre à ces différentes questions , posées devant  les derniers tableaux de Philippe Auriol, , je dirais simplement :

Cet artiste  nous fait remarquer la réalité, non pas violente et dure, mais gaie, colorée, affectueuse, amicale , familière : il aime les choses, et ce qu'elles nous disent ;

Il est entièrement subjectif , car l'objet n'est pas considéré comme un objet , mais comme un signe perçu par le sujet, le peintre, puis le spectateur.

 

Et maintenant , laissons lui la parole, puisqu'il a bien voulu répondre à quelques questions  :

 

Quel est le rapport avec l'Asie , l'art asiatique ?

En fait, ce que j'aime dans l'art asiatique c'est ce mélange de simplicité et de subtilité , qui n'apparait pas tout de suite, et qui se dévoile à ceux qui prennent le temps de regarder ; c'est aussi l'importance du trait, du tracé , du graphisme .

Mais si je veux être plus exact, ce n'est pas seulement l'art asiatique qui m'attire , mais je vais naturellement vers ce qui me touche : je n'ai pas une démarche intellectuelle, mais une démarche affective et je me laisse toucher par ce qui est pour moi important

Quel est le rôle du dessin dans vos œuvres ? Et la place de la technique de gravure ?

Pour moi, la structure, l'armature dessinée est très importante chaises.jpg, c'est par cela que je commence . Dessiner m'aide à démarrer une idée , un projet d'oeuvre . La couleur arrive après et il se peut que l'oeuvre évoluée soit bien différente du projet initial . Mais le tracé , le dessin a été au démarrage . Qui sait d'ailleurs ce qu'il adviendrait si je renonçais à ce structures dessinées ?

Je suis d'ailleurs intéressé par deux démarches particulières: celle du dessin ( le portait tout particulièrement ) et celle de la sérigraphie, non pas en tant que moyen de reproduction, mais comme expression créative . pa-vitrail.jpg

Pourquoi de l'or et de l'argent sur vos tableaux récents ?

C'est en voulant rendre le métal d'une cafetière familière que j'ai utilisé pour la première fois le métal et j'ai aimé cette façon de faire bouger la peinture quand on se déplace , ou selon la lumière, par les reflets , les brillances . Bien sûr, direz-vous , il y a aussi l'or byzantin et ce qui pour moi reste une référence , le diptyque wilton wilton_diptych_456--1-.jpg

Objets «  sacrés » ?

Oui, sacrés parce qu'ils ont une forte personnalité , et puis j'ai aussi voulu exprimer le respect dû à ces objets de tous les jours , aux service qu'ils nous rendent, au travail qui leur a permis d'existerpa-cafetiere.jpg

Hockney ?

Pour moi un grand artiste, toujours en recherche, pour essayer de nouvelles techniques renoncer à ce qu'il sait faire et fait sa gloire , bref un artiste qui « prend des risques ».

 

Informations pratiques : La dernière exposition de peinture acrylique sur plexiglas vient de se terminer à Paris, mais le site de Philippe Auriol vous permettra de retrouver toutes ses oeuvres .

www.philippe-auriol.com

 

 

 

           

Partager cet article

Repost0
15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 22:04

 

Le roman de Renard en gravures par Anne Le Menn


Maître Renard est un fieffé coquin, quand le lion roi des animaux,  le convoque afin de juger ses turpitudes, on ne peut pas dire qu’il semble impressionné.  Ysengrin le loup puis l’ours, les émissaires du roi piégés par ce goupil en sont pour leurs frais. Tibère le chat n’est pas volontaire pour les relayer dans cette tâche, mais obligé d’y aller, il se laisse également aveugler par sa convoitise pour des souris.

Il n’y a que le cousin du renard qui arrive à le convaincre de l’accompagner à ce procès.  Mais si le renard laisse à regret sa tanière avec sa compagne et ses enfants, car c’est un bon papa, il n’est pas décidé à aller à la potence, mais veut plutôt s’amuser.  Ce méchant qui attrape les gens par leurs faiblesses est plutôt sympathique et a belle allure.


Allaert van Everdingen (1621-1675)  a gravé à l’eau-forte le Roman de Renard en 57 planches.  La série est exposée  au Musée du Petit  deux parties, la seconde partie de cette histoire sera présentée du 15 novembre 2011 au 11 mars 2012. 


Everdingen1.jpgLes petites gravures sont vivantes expressives et drôles, les animaux de la cour, sont bien campés, qu’ils soient exotiques comme le lion et le tigre ou plus locaux. Dans une scène Renard s’est  déguisé en moine pour  surprendre, et  le père coq pathétique pleure la mort de sa fille ainsi attaquée dans son poulailler, la poule défunte est  présentée sur un brancard.

 

Ces œuvres  sont gracieuses et fortes exploitant avec bonheur les possibilités de la gravure. Le trait est parfois  en ligne claire, mais la scène peut aussi se fondre dans un noir sombre.

 

Comme l’histoire de Renard, ces illustrations d’un graveur hollandais du XVème siècle nous ramènent à notre enfance, à ce temps ou nous pensions que les animaux parlaient. Nous approchons de Noël et ma maman me disait que ce soir là les animaux se parlent à minuit, ils se racontent peut être alors le roman de renard.


Informations Pratiques

Exposition «  Everdingen, illustrateur du Roman de Renard » en salle 25 (au rez-de-chaussée). Jusq’au 27 mars 2011 pour la première partie.Petit Palais Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris  Avenue Winston Churchill - 75008 Paris  0153434000 du mardi au dimanche de 10h à 18h  ENTREE GRATUITE.

 

Visuel

Everdingen, Le loup qui se faisait passer pour un moine pour duper le coq, (1621-1675)
© Petit Palais / Roger-Viollet

Partager cet article

Repost0
9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 21:46

La grande Galerie du Louvre : un endroit unique au monde par Marie-Anne Chenerie

 

            J'ai toujours aimé marcher dans la Grande Galerie du Louvre, et , chaque fois que je le peux, je reviens dans cet espace , si étrange .  galerie-2.jpg

            L'exposition récente «  le Louvre au siècle des Lumières » revient sur l'histoire du «  palais / musée » et, particulièrement de la Grande Galerie, reliant, comme le montre très bien la maquette exposée de Rémi Munier , le Palais au Musée  .

            Est-ce une promenade, un couloir, une rue, une salon immense , un volume à ce point étiré que la mise en espace des œuvres est une véritable gageure ? Un demi kilomètre de plancher ciré et de fenêtres qui ouvrent sur des vues sublimes de la Seine ou des arbres des Tuileries , ou bien ces cars , qui, comme de gros hannetons viennent déposer leur cargaison de fourmis empressées et studieuses .

             L'espace est, par rapport à sa largeur, démesurément long et , si vous vous laissez aller à marcher un peu vite , c'est comme si vous étiez immobile et si les tableaux venaient au devant de vous , comme dans un voyage en train par exemple. Voilà de plus votre enfance qui resurgit  : ce tableau , si souvent vu dans votre «  Lagarde et Michard » et qui fait remonter l'ennui de ces longues heures de lycée  , et puis, de temps en temps, arrêt sur image :

            C'est ce portait italien extraordinaireportrait-italien.jpeg , cet homme au nez bourgeonnant devant ce visage si pur de l'enfant et surtout cette merveilleuse intimité entre eux , traduite par la main enfantine sur le costume rouge , ou encore cette Madone de Bellini, bellini.jpeg  dont les ors , les bleus et les noirs se répondent exactement., ou ce tout petit tableau, un Saint Jérôme louvre-st-jerome.jpeg à la pose torturée, dans un paysage torturé  Vous voilà arrêté dans votre marche, vous plongez dans le tableau, mais très vite, le suivant vous appelle et vous reprenez votre voyage, pour en sortir un peu étourdi , par cette proximité et ce foisonnement de chefs d'oeuvre .

            Je me suis toujours plongée avec délectation dans les tableaux d'Hubert Robert ,hubert-robert.jpg La Grande Galerie du Louvre en ruine, qui est présentée dans la courte exposition ( mais trop peu mise en valeur à mon sens ) : le célèbre palais parisien ne sera un jour qu'une ruine ( l'avertissement de la révolution qui gronde déjà ? )  , à l'instar de ce que sont devenus pour nous les monuments romains . Si cette vue au plafond effondré nous trouble tellement, c'est sans doute que nous savons notre civilisation mortelle, y compris dans ce qu'elle a de plus reconnu et de plus «  éternel » . Mais c'est aussi la pérennité de l'Art , ici symbolisés par l'Apollon du Belvédère , chef d'oeuvre absolu et intemporel .

            Et j'aimais aussi cette ambiance  autrefois lieu de rencontre, de promenade galante , où des artistes venaient y travailler , aujourd'hui remplacé par un défilé de visiteurs , souvent distraits , fatigués parfois saturés, ou qui sont simplement venus rendre un culte obligatoire, tel le culte du dimanche après midi . Ils défilent  devant le regard de quelque personnage de Caravage ou de Vinci, , qui observe, impassible , ces étranges déambulations. Parmi tous ces êtres, les plus vivants en sont peut être pas ceux que l'on croit ….

 

Informations pratiques :

Le Louvre

Grande Galerie

 

Denon
1e étage
Grande Galerie - La peinture en Toscane et en Italie du Nord, XVe - XVIe siècle

Exposition : le Louvre au temps des  Lumières , jusqu'au 7 février 2011

Partager cet article

Repost0
2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 21:15

 

Ernest Pignon-Ernest : le devoir de révolte par Marie-Anne Chenerie

 

            Qu'y a t-il de commun entre la Commune de Paris, les massacres du métro Charonne, la disparition du jeune communiste Maurice  Audin, mort en Algérie , Arthur Rimbaud, et les catacombes de Naples ?

 

 

            La violence répondrez-vous, et c'est juste : violence du thème , de la mise en scène , de ces dessins de fusillés collés sur les marches du métro, charonne-copie-4.jpg violence des fugues et de la révolte de Rimbaud rimbaud-copie-1.jpg, violence de la torture en Algérie …

            Mais à cette violence répond l'espoir, l'espoir qui porte  la résistance , comme le retrace si bien l'histoire des Communards , dans ce Musée d'Histoire de Saint Denis : Ernest Pignon-Ernest exprime par ses dessins collés dans la rue le droit de résistance absolue de l'individu face à un pouvoir injuste, qui peut d'ailleurs être le pouvoir de la mort .

            Pour moi, ce mode d'expression : papiers dessinés et collés sur les lieux mêmes du drame ,  contribue exactement à ce message ,en  faisant remonter ce passé , parfois inconnu de notre mémoire consciente, mais qui vient nous interpeller.

 

            Ernest Pignon-Ernest est également l'homme des contrastes , et son œuvre pointe  l'ambigüité de notre existence et de nos actes : il y a une très grande force dans ces dessins  , comme ici à Naples naples.jpeg , mais aussi toute la fragilité du papier , exposé à la rue , à la pluie, aux piétinements, comme dans le métro .

            Egalement, simple, comme ce portait de Maurice  Audin, audin.jpeg mais si sophistiqué, car collé dans le lieu même de son arrestation et dans ce pays musulman, l'Algérie, où la reproduction même de l'image humaine est un défi .

            C'est aussi, comme nous l'a expliqué l'artiste lors de la conférence donnée ce 27 novembre  à Saint Denis, ( un personnage simple, accessible , plein d'humour et de sincérité ) ,  une combinaison entre la présence ( ces papiers collés la nuit le plus souvent  sont là le matin,  au vu de tout le monde)  et l'absence : ils nous disent un événement passé, des disparus, des morts , des absents, comme ce papier qui finira par disparaître, mais aussi la permanence des idées qu'ils ont défendu  . Ces personnages sont  sont fugaces et éternels, puisque le geste de l'artiste les a réinstallés dans notre mémoire , de façon forte et subtile .

 

          DSCN1375.JPG  Alors qu'en est-il de ces grandes figures mystiques catholiques : Marie-Madeleine  , Thérèse d'Avila, Marie de L'Incarnation ? Je reconnais que j'ai d'abord été un peu dérangée par cet exhibitionnisme , ces corps aux seins plantureux , déshabillés plutôt que couverts , DSCN1373.JPGdans des postures qui traduisent des sensations extrêmes ? DSCN1408.JPGBien sûr, il est clair que l'extase est un état paroxystique , contradictoire, ces femmes ayant d'ailleurs exprimé dans leurs écrits une grande sensualité «  d'épouse du Christ » , tout en infligeant à leurs corps souffrance, mortification, dans une  vraie délectation masochiste . C'est sans doute cette ambigüité qui m'a troublée et le génie de  l'artiste  est de traduire justement ces deux attitudes  ambivalentes  : un corps sensuel et l'aspiration à n'être qu'une âme, en ayant nié ce corps . Le Bernin a, dans ses sculptures et dessins , fortement marqué cette ambivalence.

            La mise en scène à Saint-Denis est magnifique et ici aussi l'intrication du lieu et des dessin fonctionne merveilleusement bien : le reflet des dessins dans cette eau noire exprime exactement «  l'esprit des lieux »DSCN1410.JPG

 

            Ernest Pignon- Ernest est un poète: nous rencontrons dans ses dessins des êtres dont la  sensibilité et la liberté révèlent d’effroyables vérités, ébranlent conformisme et  institutions , en osant nous montrer des images de mort et de vie .

 

Les illustrations de cet article sont tirées :

pour les dessins de l'exposition de saint Denis des excellentes photographies prises par M. Saget

pour les autres oeuvres, du blog le monde.fr et des dossiers de presse des expositions précédentes .

 

Informations pratiques :

Extases , Ernest pignon-Ernest

Musée d'art et d'histoire de Saint-Denis
22 bis rue Gabriel Péri 
93200 SAINT-DENIS

Metro Saint Denis, Porte de Paris

jusqu'au 17/01/11

entrée : 5€, tarif réduit ( 3 € ) le dimanche, gratuit le premier dimanche du mois

Partager cet article

Repost0
25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 20:01

 

Le Blog Achener vous en donne deux fois plus !

Une autre opinion enthousiaste sur l'exposition de Jean-Léon Gérome au Musée d'Orsay par Marie-Jeanne Laurent

Gerome_wall.jpgSi vous vous souvenez avec attendrissement d'avoir pâli sur le "de bello gallico", d'avoir rêvé pendant des heures sur les planches de photos en noir et blanc du grand larousse en 2 volumes, relié rouge et or,  de vos parents ou grands-parents, où triomphaient  "les pompiers", qui maintenant meublent le musée d'Orsay, alors courez voir l'expo de Jean-Léon ( Gérôme 1824-1904)
Ah ! voilà quelqu'un qui sait dessiner, qui sait torcher un corps, un poignet, une main, un muscle. Qui a dessiné sans se lasser des académies, sans compter sur la couleur pour noyer le tout. Non d'abord le trait  (trop peu de dessins de nu, très Ingresques, sont exposés) puis la couleur qui anime le trait, puis la lumière,
Ah les belles histoires, "morituri te salutant", les "gladiateurs", "Phryné" la belle, le roi Candaule si fier des sa belle femme (et elle l'est).
Hollywood l'a bien compris et a tout simplement copié ses tableaux, jusqu'au moindre bouton (de guêtre) pour ses péplums "Quo Vadis" et autres Spartacus (l'acteur vedette, machin, j'ai oublié son nom,  avait exactement les mêmes muscles bien huilés, superbes).
Et en plus la lumière d'Egypte, il l'a trouvée (sans doute a-t-il fait de nombreux instantanés à l'aquarelle, mais rien dans l'expo), accompagné qu'il était par Bartholdi alors photographe (mais bien sûr en noir et blanc).
Et ses femmes lianes, tordues comme des flammes, n'ont  peut-être pas une si belle chair que celles de M. Ingres, mais elle sont sveltes, animées et n'ont pas l'air maussade des belles du dit Ingres, sans doute fatiguées d'avoir à porter leur "surpoids".
Et en plus il y a des titres bien détaillés, on ne peut pas faire erreur, confondre Louis XIV arrogant du haut de l'escalier des ambassadeurs à Versailles, et l'ambassade de Siam s'inclinant devant Eugénie.
C'est un plaisir je vous dit, de voir de la belle ouvrage, moi j'aime quand on ne se demande dans quel sens il faut regarder une toile, quand on ne trouve pas un "sans titre" par dessus le marché, après s'être plié en  4 pour découvrir un minuscule cartouche. Enfin on s'amuse en plus…
Vous verrez dans l'entrée 2 grandes photos de "Quo Vadis".  La brochure nous explique que "l'histoire en spectacle"
de Jean-Léon a trouvé dans le cinéma "une modernité paradoxale". C'est bien ce que je disais ?

Partager cet article

Repost0
22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 22:30

 

Pour exprimer son âme , on n'a que son visage …. Par Marie-Anne Chénerie

 

            On parle beaucoup sur la photo, on dit tout et son contraire, chacun s'autorise un avis, ce média étant plus familier que la peinture ou la sculpture …

            Aussi, je vous conseille d'entrer dans l'exposition « Portraits d'écrivains » à la Maison de Victor Hugo , portaits-d-ecrivains.jpg place des Vosges , sans lire les panneaux de commentaires, ou les critiques du catalogue . Regardez d'abord, laissez vous absorber par ces yeux, ces mains, ces rides, et , si vous n'avez pas reconnu l'auteur photographié , découvrez de qui il s'agit . Voici que se renforce  , se complexifie ou se déconstruit le personnage que vous croyez connaître , par ses écrits ou les récits de sa vie .

 

            Voici le regard fou de Robert Desnos , qui vous «  cueille » dans l'escaliervictorh-_escalier.jpg, regard vert de pervers desnos1.jpg, diriez vous si vous ne connaissiez pas son combat contre le nazisme et ses poèmes pour enfants ,  comme la fourmi : Une fourmi de dix-huit mètres/  Avec un chapeau sur la tête,/  Ça n'existe pas, ça n'existe pas./  Une fourmi traînant un char / Plein de pingouins et de canards, / Ça n'existe pas, ça n'existe pas/.  Une fourmi parlant français, / Parlant latin et javanais, / Ça n'existe pas, ça n'existe pas. / Eh! pourquoi pas?, poème qui m'a toujours ravie .

 

Puis le visage étonnamment serein de Julien Gracq, qui vient de refuser le prix Goncourt , ou le regard narquois de Marguerite Durasecrivains-m-duras_maison-de-la-photographie.jpg, derrière ses immenses lunettes ,ou  les yeux de velours, battus, d'André Malraux.

 

            Mais une citation arrête mon regard, celle de Cocteau : «  Pour exprimer son âme , on n'a que son visage …. ». Le visage, comme le dit la sagesse populaire, miroir de l'âme, lien entre le visible et l'invisible , ou plutôt , ce qui nous permet de voir l'invisible . Diderot, citant le mot de Quentin de la Tour ( un peintre, non un photographe, mais la démarche est la même )  le dit très bien «  Ils croient que je ne saisis que les traits de leur visage, mais je descends au fond d'eux mêmes à leur insu et je les emporte tout entiers ». Ainsi , tout ce qui pourrait « exprimer l'âme », la démarche, la voix, le geste , tout ceci pourrait se retrouver dans ce concentré d'expression qu'est le visage . Et c'est vrai qu'en regardant ce fameux daguerréotype d'Alexandre Dumasdumas_m-de-v-hugo.jpg, on croit voir tout le personnage , truculent, prolifique, ironique , majestueux , si étonnamment métis . Ne serait-ce d'ailleurs pas également l'âme du photographe, qui transparaitrait dans son cliché?

            Et comment ne pas être frappé également par l'évolution de ces visages , dans lesquels on ne peut s'empêcher de penser que l'âme apparait au fur et à mesure de l'âge, de la folie, ou de la maturité : Antonin Artaud artaud.jpgau beau visage jeune et lisse , qui se transforme en un être grimaçant et incontrôlé , Marguerite Duras , dont nous recherchons, étonnés, incrédules, l'architecture du visage si pure dans ce portait vivant et ridé, Malraux, dévoré de tics , après nous avoir montré, lui aussi un visage serein , profond, aux émotions dominées : l'âme se serait elle fait un chemin , au fur et à mesure où la vie de l'artiste a avancé?

            Bien sûr, l'esprit de l'artiste est aussi présent dans ces compositions construites, affectées , Victor Hugo, le maître des lieux, poète maudit sur le Rocher des proscrits, homme aux yeux clos qui écoute Dieu ( rien que ça ..) , jusque sur son lit de mortecrivains-_-v-hugo-mort-ma-de-v-hugo.jpg ,théâtral, noble , définitif . Se moque t-il de nous, de lui même,  dans ces compositions ? Veut il nous persuader de son personnage : bon grand père, homme écrasé par sa pensée, maître des lieux, penseur absolu  ?

 

            En descendant, un gardien, gentil, sentant sans doute mon intérêt, me précise que je n'ai pas vu les appartements de Victor Hugo; je réponds que je les connais déjà, ce qui est vrai, mais je ne lui dis pas que je souhaite marcher place des Vosges, seule, tous ces visages m'accompagnant et me parlant .

            Oui, tout compte fait, le poète a raison , comme toujours:  le visage exprime l'âme .

 

Informations pratiques :

MAISON DE VICTOR HUGO
6, place des Vosges
75004 
Paris 04

jusqu'au 20/02/2011

de 10h à 18h, sauf lundi

 

Les photos de cet article sont extraites des 3 fonds présentés dans l'exposition : les archives de la maison de Victor Hugo, les archives de la collection Roger Viollet et celles de la Maison Européenne de la photographie

 

La Maison de Victor Hugo a organisé également une excellente exposition sur l'orientalisme 

Partager cet article

Repost0
21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 19:08

 

La France de Raymond Depardon n’est pas la mienne par Anne Le Menn

Le dimanche en fin d’après-midi, l’exposition des photographies de Raymond Depardon fait le plein, cela se concrétise par une longue file d’attente, qui donne largement le temps d’admirer un coucher de soleil rose sur l’édifice par les fenêtres du couloir, mais comme c’est pénible d’attendre.affiche-rd.jpg

L’entrée dans la première salle permet le contact avec une grande scène de plage, les personnages y sont nombreux et déambulent dans tous les sens, peu d’éléments architecturaux dans cette photographie  en grand format,  qui rappelle les ambiances colorées des tableaux maritimes de Boudin. Dans la grande salle suivante,  saturée au niveau fréquentation, les tirages conservent  cette taille imposante, mais le sujet principal change : les humains se font étonnamment rares à croire que le photographe a travaillé dans un milieu urbain déserté de ses habitants. maison-bleue.jpgLes petites boutiques sont pimpantes, les affiches et les enseignes  forment  des camaïeux de couleurs vives  graphiquement parfaitement réussis, mais les lieux sont vides.  petite-maison.jpg

La France représentée est celle des petits bâtiments un peu kitch, même si  les nains de jardin sont évités. C’est la France rescapée d’un film de Tati, la France de la nostalgie d’un vieux garage.  Depardon souhaite « mettre en évidence une France de la résistance »,  en montrant  ce qui est rarement mis valeur et qui par la maitrise d’un grand photographe se trouve effectivement infiniment valorisé.

Mais je reste dubitative devant cette vision, l’humanité je ne l’y trouve pas, cela ne me touche pas, cette France plaisante à voir, me semble gênante car fictive, c’est un monde déjà perdu et c’est bien pour cela qu’il est vide de ses habitants, il a existé mais il est en sursis. Quand je sillonne les petites routes et les petites agglomérations ce n’est pas cette France qui m’apparait.  boutique-rouge.jpgCes petits magasins connaissent une disparition  proportionnelle à la croissance des zones de « France moche », celle des entrées de villes aux panneaux publicitaires anarchiques, aux tristes ronds points : supers marchés  parking. Et qu’il faudra un certain nombre d’année pour  trouver attendrissante, si cela arrive un jour.

La foule lors de la visite est sans doute pour beaucoup, dans mon indifférence face à cette exposition, Depardon  sait pouvoir être hermétique à certains dans ce travail, et  malgré  tout l’intérêt que j’éprouve pour son  parcours et  son œuvre je n’ai pas eu envie de tomber dans la nostalgie véhiculée par sa France.

Informations Pratiques :

« La France de Raymond Depardon », Bibliothèque Nationale de France, quai François Mauriac Paris 13e, jusqu’au 9 janvier 2011, du mardi au samedi de 10h à 19 h, dimanche de 13 h à 19 h. Entrée 7 €.

Partager cet article

Repost0
20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 20:12

Le père Noël est un artiste ...pere-noel-Beaudouin.jpg
Marché de l’Art de Noël à l’espace d’art contemporain Eugène Beaudouin
Des  artistes présentent à la vente leurs œuvres  Gravures, dessins, peintures, sculpture, photos, céramiques, textiles …. pere-noel2.jpg

Ce marché de Noël se tiendra les deux premiers week-ends de décembre,

 Les samedis  4 et 11 et dimanches 5 et 12 décembre 2010  de 13 h 30  à 19 h.

Résidence Universitaire Jean Zay, Bâtiment F, rue Lafontaine à Antony.

Près de la Croix de Berny et du parc de Sceaux. Du RER station Antony suivre les flèches hôtel de police.

Partager cet article

Repost0
16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 22:19

 

                        Les Arts décoratifs japonais: beau, créatif, traditionnel par Marie-Anne Chenerie

 

Voici des motifs décoratifs :

motifs-arts-nouveaux.jpg

carpe-jap.jpgLes uns, en couleur , sont des motifs européens « Art Nouveau », l'autre est un motif classique de carpes japonais . Cette simple comparaison suffit à montrer les  très fortes interactions entre Art nouveau , Art déco et art décoratif japonais .

La Maison de la Culture du Japon, qui a déjà été citée dans ce blog pour sa très belle présentation autour d'installations en naphtaline présente une courte mais intéressante exposition à ce sujet : « Les Arts décoratifs Japonais face à la modernité 1900/1930 » . affiche-ok-001-copie-1.jpg

Il est étonnant de voir les imbrications de ces deux styles, tous deux émanant d'une période de créativité étonnante.

 

Je voudrais d'abord, sans vouloir paraître pédante, rappeler quelques principes de base de l'art décoratif, donnés par le grand architecte et décorateur Owen Jones (1809/1874) ; voici, en illustration,  quelques exemples de ces motifs japonais présentés dans l'exposition, illustrations exactes de ces théories prises  dans son grand ouvrage «  La grammaire de l'Ornement » qui sert encore aujourd'hui de   bible à beaucoup de professionnels.

J' ai choisi deux propositions  théoriques  , parmi les « Principes généraux de l'arrangement des formes et des couleurs dans l'architecture et dans les arts décoratifs », qui correspondent pour moi, aussi bien à l'art décoratif japonais qu'aux arts décoratifs des années 1900/1930. 

Proposition  10: L'harmonie de la forme consiste dans la juste balance et dans le contraste des lignes verticales, horizontales, obliques et courbes

Proposition 13: Il ne faut pas employer comme ornements des fleurs ou autres objets tels qu'on les trouve dans la nature , mais simplement des représentations conventionnelles fondées de ces objets, assez ressemblantes à leur modèle pour en rappeler le souvenir, mais assez artificielles pour ne pas détruire l'unité de l'oeuvre qu'elles servent à décorer .

 

            Le Japon a ouvert ses frontières commerciales dans les années 1850, son style a attiré les foules lors des expositions universelles (celle de 1900 en particulier ) et la passion de célèbres amateurs : les Goncourt , Edmond, en particulier , amoureux du japon et collectionneur, Monet, Manet ; les artistes japonais, à leur tour intègrent, assimilent cet esthétisme et cette culture , dans les mouvements de l'ère Meiji, qui s'ouvre en 1868 , puis Taischo, ou Sekido .

            Ce que je trouve merveilleux dans ces œuvres, ce sont ces valeurs éternelles , le respect du beau, y compris dans ces infimes détails ou nuances , la vibration entraînée  par ce sentiment de beauté fragile , instantané , comme volé par surprise  : le cycle des saisons, les «  trois amies du poète » : la fleur de cerisier, les cristaux de neige et la lune; la tradition poétique est là, aussi bien dans les haiku que dans les peintures, soieries, paravents , céramiques . Ce cheval au crépuscule, sorti d'un étang est à la fois présent et fantôme, le bleu de l'étang et le rouge du soleil étant parfaitement suggérés par la «  couverte » de la céramique jap-crepuscule-ok.jpg

            Cette période foisonnante sur le plan de la créativité , en termes d'architecture, de mobilier, de décoration, de mode,  bref, de toutes les formes d'arts plastiques, a marqué l'ensemble des artistes de tous les continents; le Japon y a trouvé une nouvelle fécondité , très particulière , alliant la tradition ancestrale , à une étonnante jeunesse.

 

            En conclusion, je cite Owen Jones, toujours lui: «  Ce serait acte de suprême folie que de tenter d'établir de nouvelles théories de l’art, ou de former un nouveau style, sans l'aide du passé. Ce serait méconnaitre tout d'un coup l'expérience de milliers d'années et renoncer à l'amas de trésors de connaissances qu'ils nous ont laissés. Nous devons au contraire considérer comme notre héritage tous les travaux du passé qui ont été couronnés de succès, et, sans les suivre aveuglément, il faut les employer comme guides pour découvrir la vraie voie ».

 

            L'art japonais a su parfaitement réaliser ce principe , intégrant passé et modernité , tout comme l'Art nouveau ou l'Art déco .

 

Les illustrations de cet article sont tirées du dossier de presse de l'exposition, des deux ouvrages de l'excellente collection «  Art nouveau designs et Japanese pattern » de Pepin Press  et de

Owen Jones : La grammaire de l'Ornement chez l'Aventurin . J'ai aussi été très intéressée par le blog sur l'Art Nouveau «  Des Chardons sous le Balcon » http://art-nouveau.style1900.net/

 

Informations pratiques :

Les arts décoratifs japonais face à la modernité

Maison de la Culture du Japon, jusqu'au 23/12/10

101, quai Branly, de 10h à 19h du mardi au samedi .

Entrée : 5 €

Partager cet article

Repost0