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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 21:24

lv-vitrine-7.JPG

Louis Vuitton : luxe , lumière , et poésie par Marie-Anne Chenerie

 

Le Musée Carnavalet présente  une exposition carnavalet-affiche.jpg :Louis Vuitton et Paris , qui nous  montre les débuts de la famille Vuitton famille-vuitton.jpg, depuis l'arrivée à Paris du jeune Louis , comme apprenti malletier , jusqu'au superbe magasin phare de l'avenue des Champs- Elysées , en passant , par les bagages de l'impératrice Eugénie et le Maison Vuitton, rue des Capucines  : cette exposition est agréable, parfois drôle ( on y présente la malle indispensable du parfait gentleman de l'époque, avec 22 pièces de vêtements de base, dont … 18 paires de mouchoirs) , et nous porte à rêver : une malle pour tout : le chapeau, les médicaments, le pique-nique et même... le lit pliant ! Voilà du luxe bien organisé, vos chaussures, brosses, flacons et miroirs, dont bien sûr vous ne vous séparez pas , même pour un voyage en Afrique , ne risqueront pas de se briser ou de  se perdre malles-musee-carnavalet.jpg.

         Mais quel est le rapport avec Paris? Je suis restée sceptique ; certes, la mise en scène, à grand renforts d'expositions universelles et de montages photographiques des vues de la capitale, au demeurant très bien faits, tente de nous y faire croire . Oui, cette  exposition aurait aussi bien pu trouver sa place dans tout autre lieu ou musée , ou magasin , de Paris ou d'ailleurs ….

 

         Je vous conseille donc d'aller plutôt à la tombée de la nuit vous promener en haut des Champs-Elysées , devant le magasin Vuitton [espace-louis-vuitton-copie-1.jpg : depuis le 5 novembre , la vitrine est un hommage à la fête des Lumières en Inde, Divâlî. Pour l'histoire, cette fête considérée comme le nouvel an hindou est célébrée lors de la nuit la plus sombre de l'année,  lorsque la nouvelle lune de novembre, aussi appelée "lune noire", est invisible, On célèbre la victoire du bien sur le mal , mais aussi la prospérité et le commerce  : à Divâlî, les commerçants arrêtent leurs comptes. Le quatrième jour, le mari offre des  cadeaux à son épouse (un sac Vuitton ? non, pas forcément !)  et on porte des habits neufs.

 

         Vuitton a confié à l'artiste  Rajeev Sethi la décoration des vitrines, qui s'ornent de motifs traditionnels ainsi que de colonnes de malles  de papier ajourées ou repeintes aux couleurs chaudes. Un événement qui permet au malletier de mettre en avant sa relation privilégiée avec le pays, dont les maharajas étaient de fidèles clients au début du siècle. Et nous retrouvons, en filigrane, comme dans ces papiers huilés illuminés en transparence, ces motifs asiatiques ( japonais ? )motifs-japonais.jpg motifs-chinois-001.jpg)qui constituent les motifs si célèbres des objets Vuitton  , et cette impression de milliers de bougies.lv-vitrine3.JPGlv-vitrine-1.JPG

         C'est un moment merveilleux, dans le froid, la pluie , le bruit des Champs- Elysées, une impression de chaleur et de légèreté , de poésie, de luxe et de simplicité .

 

         J'aime tout particulièrement ce contraste entre la «vraie» malle,  un contenant, fermé, mystérieux, lourd, rigide, solide, tourné vers ce qu'il renferme,   et ces malles de papier , ouvertes, translucides, rayonnantes , nous offrant leurs intérieur lumineux . Nous comprenons alors que ce que nous aimons dans une malle, c'est ce qu'elle renferme , la surprise de ce que l'on trouve en soulevant son couvercle, et qui peut être aussi surprenant et merveilleux qu'un flot de lumière une soir d'hiver à Paris .

 

Les illustrations de cet article sont tirées du site Louis Vuitton, des visuels de l'exposition «Voyage en capitale, Louis Vuitton et Paris», de l'ouvrage «Grammaire de l'ornement» de Owen Jones et de photos personnelles .

 

Informations pratiques :

Exposition "Voyage en capitale, Louis Vuitton et Paris", du 13 octobre au 27 février prochains. Musée Carnavalet, 23 rue de Sévigné, 75 003 Paris , du mardi au dimanche, de 10h à 18, entrée 7 €  

Magasin Louis Vuitton : 101 Champs Elysées, 75 008 Paris

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 19:05

 

Georges Rousse aime les lieux qui ne vivent plus,  abandonnés, hôpitaux désaffectés,  espaces  vidés de  leurs habitants,  et qui attendent,  souvent victimes de saccages, une réhabilitation ou la pelleteuse qui les détruira. 

Ces espaces déserts, Georges Rousse  en analyse méthodiquement les volumes, les éclairages, et les utilise pour ses installations à la fois délicates et fortes. Il transforme pour un instant éphémère, ces locaux chargés d’un passé,  qui deviennent alors sujet de ses photographies. Il captera ainsi le moment où l’endroit sera habité de formes géométriques colorées, nettes et parfaites. Le couloir qui va à la morgue de l’hôpital Sabourin, à  Clermont-Ferrand, s’inscrit dans un cercle ouvert au niveau de la verrière du plafond.  Les lieux  souvent  glauques, se transforment et sont magnifiés de ce  travail, ils  donnent  l’impression curieuse et réconfortante  de trouver ainsi leur ultime destinée.

La galerie Catherine Putman présente actuellement des dessins et aquarelles  utilisés par Georges Rousse dans les étapes préparatoires de son travail. g-Rousse-Croquis-paraty-copie-1.gifAvant d’intervenir sur un site,  Georges Rousse recherche différentes solutions alternatives qui seront confrontées aux contraintes de l’endroit. Au Brésil à Paraty, les risques de marée ont demandé l’utilisation d’un treillis de lattes de bois colorées au sol à la place des bandes de peintures qui étaient prévues. La circulation des personnes et la lumière ont également impliqué un changement des emplacements décidés initialement.g-Rousse-Croquis-1.gif

Georges  Rousse était samedi 6 novembre  à la galerie Catherine Putman, il en a habillé certains murs d’une cartographie à sa manière, et devant les traces de ses « Pérégrinations » passées ou restées  en état de projet, il se montre souriant, abordable et disponible aux questions.  Une exposition « Architectures » des photographies  résultantes de ses installations commencera le 12 novembre à la galerie RX, donnant l’autre dimension de l’œuvre de cet artiste contemporain qui « n’investit pas les lieux » à la façon d’un guerrier, mais y fait surgir l’autre réalité qu’il a su percevoir.

Informations Pratiques :

Georges Rousse « Pérégrinations » jusqu’au 15 janvier 2011, Galerie Catherine Putman 40 rue Quincampoix 75004 Paris, de 14h à 19 H du mardi au samedi, 01 45 55 23 06.

Georges Rousse « Architectures » du 12 novembre 2010 au 15 janvier 2011, Galerie RX 6 rue Delcassé 75008 Paris, de 14h à 19 H du mardi au samedi, 01 45 63 18 78.

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 20:11

 

A la Fondation Louis Vuitton , l'inquiétante étrangeté de l'enfance par Marie-Anne Chenerie

 

            La Fondation Louis Vuitton, dont nous avons déjà souligné l'intérêt des expositions, nous montre cette fois ci 13 œuvres d'artistes contemporains autour de l'enfance .affiche.jpg

 

            Le titre «  Qui es tu Peter? »  fait évidemment allusion à Peter Panpeterpan.jpg , et, ce qui m'intéresse ici est l'histoire personnelle de l'auteur de ce conte éternel, qui a été transformé en syndrome , le syndrome de ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas grandir . James Matthew BarrieJames_Matthew_Barrie.jpg, l'auteur du conte , alors qu'il est âgé de 6 ans, perd son frère aîné. Sa mère est inconsolable, l'enfant essaie par tous les moyens d'alléger sa souffrance, jusqu'à vouloir ressembler à ce frère disparu . Il refuse de grandir et garde une allure d'éternel adolescent. Sa vie de célibataire excentrique, divorcé, sans enfant, protecteur de jeunes garçons dont deux se sont noyés mystérieusement, se termine par son suicide. Peter Pan, son héros, perd lui aussi sa mère, se sentant abandonné, il rejette le monde  des grands et se réfugie dans ununivers fantastique.

 

            Ces 13 œuvres montrent bien que l'imagination et la création naissent dans l'enfance, mais surtout, de mon point de vue, montrent clairement comme enfance et mort sont proches , comme si , lorsque nous grandissons, nous refusons de voir ou de savoir ce que , enfants , nous avons entrevu .

 

            J'ai choisi en particulier une oeuvre , celle de Nicolas Julliard, « L'hydrophile », ( oui, comme le coton )hydrophile.jpget

,  une video qui présente l'immersion, douce, onirique, étrange, d'un être curieux , mi animal, mi humain, comme nos peluches d'enfance . Ce  «  doudou », réalisé par l'artiste, petit fils de couturière , au moyen de matériaux qui vraisemblablement ont eu une forte signification dans son enfance , est sensuel, ironique, tendre , insaisissable . L'image de l'immersion est bien sûr le symbole de la plongée vers les profondeurs de notre inconscient , inconscient qui s'est construit, à notre insu, dans notre enfance, par une succession d'événements ou de sensations , mineurs ou importants  , doux ou traumatisants , en tout cas secrètes ,enfouies, immergées par  cette eau qui a emporté les garçons aimés de James Barrie .noyade-des-proteges-de-james-barrie.jpg..

            Ce « Pelomorphe » comme le nomme l'auteur est sans doute l'habitant inconnu qui reste en nous quand nous sommes devenus adultes, la part de nous que nous ignorons, mais dont nous sentons les manifestations, inattendues, puissantes, archaïques, chaque fois que nous nous sentons poussés par notre instinct.

 

            Ainsi, l'inquiétante étrangeté, définie par Freud, Freud qui est présent tout au long de cette exposition, serait «  le retour inopiné d'éléments qui auraient dû être depuis longtemps surmontés ou enrayés »: c'est par exemple, l'effet durable et lancinant d'un secret de famille, ou le retour inopiné d'une scène refoulée, pas forcément terrifiante d’ailleurs, mais qui nous a marqués de façon indélébile. Ou cette mère absente, lointaine, celle de Peter Pan, mais aussi du Petit Chose, de Poil de Carotte ou de David Copperfield ; autres exemples d'enfants qui apprivoisent le monde par l'imaginaire ou le jeu. «  Si sa mère ne pense pas à lui, comment peut il exister? » demande James Barrie.

            Chacun sera touché par l'une ou l'autre de ces œuvres, mais j'ai constaté que l'immersion du Pelomorphe retenait un nombre important de personnes,  silencieuses, rêveuses, subtilement inquiètes. espace-louis-vuitton.jpg

Les illustrations de cet article sont extraites du site « Sir james Barrie.com », de wikipedia, du dossier de l'exposition  .

Informations pratiques :

Du 01/10/2010 au 09/01/2011, de 12h à 19h
Espace culturel Louis Vuitton,
60, rue de Bassano, 75008 Paris

Entrée gratuite

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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 11:57

 

Sweet or Trick sur les Champs Elysées

 

Sous le soleil d'automne, cet après midi, sur les Champs Elysées , des enfants et des adultes s'exclament devant d'immenses «  tableaux » uniquement réalisés en bonbons ; c'est halloween , donc squelettes et autres épouvantails, c'est gai, coloré, drôle et cela rappelle irrésistiblement la fête des morts mexicaine, où la nourriture sucrée a toute sa place : Les  enfants mangeront à la Toussaint un pain ou une confiserie en forme de tête de mort sur laquelle est inscrit leur prénom.

Passez donc devant le 92 Champs Elysées, voir l'oeuvre de David Bersanetti .

 

 

Gravures sur le jour des morts à la mexicaine

 

Du coté du métro Jourdain, L’Association pour l'estampe & l'art populaire, présente pour cette occasion, son EXPOSITION SUR LE JOUR DES MORTS 2010 avec offrande mexicaine et un accrochage de calaveras réalisées par les artistes de l'association.jour-des-morts.jpg

Le dimanche 31 octobre à 18 h (soirée festive à la mexicaine). L'exposition sera ouverte tous les jours de 15 h à 20 h. Beaucoup de gravures de calaveras en vente .

L’Association pour l'estampe & l'art populaire  49bis Rue des Cascades 75020 Paris 01 47 97 05 35

 

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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 22:09

 

Les divas : y-a t-il une vie sous le costume ? par Marie-Anne Chenerie

 

 

            A l'origine, pour les Romains de l'Antiquité , la diva est une déesse , aujourd'hui descendue sur terre par l'incarnation d'une cantatrice, d'une actrice ….: son charisme , son tempérament, mais aussi son mystère et, si possible , une destinée hors du commun , voilà ce qui transforme une artiste de scène en Diva . Pour moi, la diva type est Maria Callas callas-affiche.jpg .

 

            Le Centre Nationale du Costume de Scène à Moulins sur Allier propose une très belle  exposition sur les divas et leur vestiaire , à savoir leurs costumes de spectacle ,  mais aussi leur vestiaire , cet espace intime , frontière entre leur vie privée et leur vie de scène , lieu , dont l'entrée sera réservée à quelques privilégiés , où la femme se transforme en déesse .

            Cette présentation  m'a d'autant plus intéressée que je n'ai jamais aimé les expositions de costumes et de vêtements , ne pouvant surmonter une impression d'ennui, de tristesse, le sentiment d'un monde perdu, mort, qui a vécu le temps d'une représentation et que rien ne pourra faire revenir à la vie . Oui, ces expositions ne montrent souvent pour moi que le vide , voire la vanité d'une enveloppe sans sa raison d'exister .

            Cette exposition à Moulins , et semble-t-il les autres expositions ce ce lieu, ont su éviter cet écueil . D'abord par quelques astuces de mises en scène : comme cette immense pièce plongée dans l'obscurité ,  dont les murs sont des boîtes contenant chacune un costume de diva , éclairé individuellement et aléatoirement, sur un fonds sonore d'opéra  : la robe prend vie , puis s'efface , elle sort de scène . Ou cette installation  ( qui nous touche )  , sur fond de tissu rouge de théâtre , d'un écran où sont projetées des vidéos des grands succès de Dalida ( Bambino, Gino l'amoroso, 18 ans …) , la chanteuse plus grande que nature, son visage ou ses mains en gros plans, son visage tragique  , et en dessous la robe qu'elle porte pendant la chanson, posée sur un cintre tout simple . Par ces robes, souvent très sobres , et  très sophistiquées en même temps, Dalila est vivante , c'est une femme qui nous ouvre un peu de son intimité .

 

 

            Et j'ai fortement ressentie cette dualité de la diva : déesse, quand elle endosse son costume de scène, mais aussi être blessé, fragile, parfois perdu, comme le montrent certains détails de photos ( de scène ou non , d'ailleurs ) . Callas est exactement l'exemple de cette fragilité et de ce tragique , tragique de Médée , chargée de voiles noirs et de bijoux hiératiques et éternels , mais aussi tragique dans cette vie de solitude , Médée qui sacrifie ses enfants et Maria qui n'a jamais eu d'enfant .callas-medee-ok.jpg Dalila  aussi, quelques temps avant son suicide, qui chante « Je suis malade » et termine courbée , épuisée, immobilisée , théâtrale jusque dans son chagrin , avant de reprendre sa posture de Diva pour saluer la foule .

            Certes, il y a aussi des Regine Crespin, des Sarah Bernhardt , des Montserrat Caballé, installées dans leur vie et dans leur art , mais qui dira leurs doutes et leurs fragilités ?

 

            Oui , le costume est bien là pour permettre à la Diva de servir l'attente du public , avide, exigeant , qui , comme le dit  Maurizio Galante , responsable de l'exposition , «  règne et contrôle, subit et impose »: la Diva doit rester ce rêve, et porter éternellement son costume de scène . diva-_robe-de-scene-de-callas-norma.jpg

diva_edith-piaf-robe-de-scene.jpgLes images de cet article sont extraites du dossier de presse , la vidéo du CNCS est une vidéo culture box

 

Informations pratiques :

Exposition Vestiaire de Divas , jusqu'au 31/12/2010

Centre National du Costume de Scène

Route de Montilly

03 000 Moulins sur Allier

Tlj de 10h à 18h , entrée : 5 €

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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 23:01

 

Contrairement à Monet, les peintures de Jean-Léon Gérôme ne sont pas très courantes sur les boites de chocolat et les cartes de vœux. Car Jean-Léon Gérôme (1824-1904)  n’est plus à la mode, pourtant avec lui on ne s’ennuie pas, il a su utiliser, bien avant que le cinéma ne les exploite,  toutes les ficelles pour attirer le public.  Il représente des scènes d’action, avec du nu (bien épilé), du dépaysement oriental  et donne dans le grand spectacle.  Il veut séduire ses clients et il leur donne ce qu’ils souhaitent regarder.  Le musée d’Orsay présente une rétrospective de ses oeuvres qui a beaucoup de charme.800px-Jean_leon_gerome_combat_de_coqs.jpgPhryne.jpg

Contradictoire : c’est un peintre installé et un notable, mais aussi un voyageur amoureux du désert « rien de plus agréable et de plus poétiques que ces campements dans la solitude  ajouter l’attrait de l’inconnu et le charme de la solitude ». Il effectue plusieurs séjours en Egypte accompagné de photographes, Auguste Bartholdi en 1855 puis son beau-frère Albert Goupil en 1868.  L’exposition confronte photographies et peintures résultantes.  Il reproduit fidèlement les photographies ramenées comme décor, mais il les agrémente de scènes pittoresques afin de représenter l’Orient comme ses contemporains l’imaginent : des belles femmes dans un harem, Jean-Leon_Gerome_harem.jpgdes costumes pour des bachibouzouks hauts en couleurs, des charmeurs de serpent, sur l’eau du Nil, pas d’humble felouque mais une barque fastueuse.

Si cette démarche nous étonne, nous sommes encore plus ébahis devant les toiles inspirées par l’antiquité romaine. Jean-Leon_Gerome_Pollice_Verso.jpgJean-Léon Gérôme  est un des seuls peintres ayant travaillé depuis cette époque le sujet des gladiateurs. Les reconstitutions des  les jeux du cirque sont évoqués par des peintures chargées d'une multitude de personnages, dessinés avec beaucoup de détails. Nous entrons dans l’atmosphère sans difficulté tant elles sont suggestives, des enfants qui visitaient l’exposition semblaient d’ailleurs captivés, "ils demandent la mort, et César il est d'accord ?".


Car  c’est ce qui est le plus étonnant avec cette peinture, elle ne nous ne fait pas ressentir d’émotion, mais elle a un grand pouvoir d’évocation, nous savons que ce qui est raconté est artificiel et inexact, mais les couleurs sont chatoyantes, les textures des tissus magnifiques, la représentation des carrelages arabes et de l’eau des piscines incroyable de beauté, si bien que comme ses contemporains nous la trouvons agréable.  

 

L’exposition aborde également un thème qui intéresse sur ce site dédié à l’estampe, à savoir la diffusion des œuvres, Jean-Léon Gérôme s’est toujours préoccupé  de commercialiser l’image de ses œuvres. Les sujets ont parfois été choisis en pensant à leur reproduction en grand nombre et ce aussi bien pour des peintures par des procédés d'impression sur papier (eau-forte, lithographie, photographie..), que pour des sculptures copiées en différentes tailles. Emile Zola le lui reprocha en ces termes : « Evidemment Monsieur Gérôme… fait un tableau pour que ce tableau soit reproduit par la photographie et la gravure et se vende à des milliers d’exemplaires »

 

C’est une exposition  très réussie,  tant dans sa mise en scène, sobre avec les  murs colorés en teintes intenses (rouge, verte, bleue) qui s’accordent bien avec la gamme chromatique utilisée par Jean-Léon Gérôme, que par la redécouverte de ce peintre et de ce mouvement artistique. Notre société a changé et cet art pas si ancien, nous parait très lointain, mais drôle et original car captivant d’étrangeté.  


Jean-Léon Gérôme (1824-1904) l’histoire en spectacle.

Informations Pratiques : jusqu‘au 23 janvier 2010 Musée d'Orsay 62, rue de Lille 75343 Paris Cedex 07
Ouvert tous les jours sauf le lundi de 9h30-18h, 21h45 le jeudi

Visuels Wiki Commons

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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 22:35

 

Je préfère Moebius à Giraud !

La-Chasse-au-Major-s.jpgLa Fondation Cartier un dimanche en fin d’après-midi c’est faire la queue au milieu des familles de bobos, avec leurs bébés,  des  enfants, des  jeunes et ados bien sur, eux, sans leurs parents, des couples  plus vieux, et des amis qui se retrouvent pour « se faire une expo  le dimanche », tout le monde papotant  tranquillement en attendant le lent passage à l’unique caisse qui bloque l’entrée de l’endroit.

Actuellement Moebius/ Jean Giraud  auteur de bande dessinée, occupe les lieux.  Une fois enfin intégrés dans l’espace de l’’exposition, nous suivons à la queue leu leu, les dessins de Giraud ou GIR posés sur une longue vitrine blanche qui dessine un escargot dans la salle. Giraud dessine  Blueberry, qui ne m’a jamais attirée : BD western,  un truc pour les garçons avec pour héro un cow-boy au nez cassé. Créé en 1962, il aura successivement, et entre autres, les traits de Belmondo, puis ceux de Charles Bronson.  blueberry-A4-QUADRI-s.jpgMais Moebius son univers fantastique était plus dans mes goûts.  Chez Moebius tout est classe : l’allégresse du graphisme de la ligne claire et des encres colorées,  la calligraphie,  les cadrages.  Les personnages distingués aux longs manteaux se déplacent sur des machines volantes et de  drôles destriers. Les planches permettent d’observer les collages et coup de tipex correcteurs, mais le plus souvent le dessin est impressionnant, il semble jaillit d’un seul trait sans repentir.

 

Dans le documentaire « Métamoebius Giraud Moebius Métamorphoses » projeté au sous-sol, nous souhaiterions voir Moebius sur sa planche, crayon à la main, mais le réalisateur lui demande de jouer à l’acteur, dommage, c’est un peu lent et pas très passionnant. Tandis que le film d’animation « Planète encore » en 3D également proposé passe trop vite, le scénario est opaque comme toujours, mais que c’est agréable de s’envoler avec Moebius. Outside02-s.jpg

Informations Pratiques :

« Moebius Transe Forme »  

Fondation Cartier pour l’art contemporain 261,boulevard  Raspail 75014 Paris,

tous les jours sauf le lundi de 11h à 20h, nocturne le mardi jusqu’à 22h. Entrée 8,50 €.

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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 20:50

 

The tyranny of beauty : surtout la tyrannie du marketing par Marie-Anne Chenerie

 

 

            Jean-Charles de Castelbajac , inventeur d'une mode insolente et polychrome mode-castelbajac.jpg , expose son travail de plasticien à la galerie La B.A.N.K. : au départ une idée attractive : le détournement des grands chefs d'œuvre de la peinture, qui constituent notre mémoire collective : le portait de Napoléon par David, la liberté guidant le peuple de Delacroix delacroix.jpg, la Vénus de Botticelli botticelli-copie-1.jpg , toutes ces peintures , sorties de nos livres de lycéens  et que nous ne voyons plus , car trop souvent vues et reproduites .

 

            L'idée est ici – si j'ai bien compris – de détourner ces œuvres les plus classiques soient elles par la surimpression d'une marque , d'un logo, d'un discours publicitaire .

 

            Bon, c'est agréable, drôle ( par exemple ce portait de Louis XVI louis-16.jpg, emperruqué , auquel se surajoute une publicité anti-chute de cheveux) : donc , pas de tabou, pas d'interdit , la beauté est universelle et sans âge ..D'ailleurs Marie-Antoinette n'est pas épargnée non plus . firstaid.jpg

            Mais aussi une impression de facilité : une bonne idée, qui fait passer un agréable moment et donc ???

            Autant je trouve la mode de Castelbajac profondément originale, voire subversive, autant ce travail ( pour moi un très bon travail de graphiste ) m'a un peu déçue . L'emphase du titre de l'exposition y est peut être pour quelque chose …

 

Informations pratiques :

The tyranny of beauty

Galerie La B.A.N.K.

42 rue Volta , 75 003 Paris

jusqu'au 23/10/10

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 17:42

L'association de graveurs Empreinte 04 et la médiathèque de Manosque, proposent l'exposition "Du livre à l'encre" dans le cadre du prix littéraire des médiathèques de la communuaté de commune Lubéron Durance Verdon,

Jusqu'au 31 décembre 2010. 

Médiathèque intercommunale Hêtel d'Herbèsn rue du Mont d'Or 04100 Manosque. 04 92 74 10 54.

Mardi, vendredi 14h à 18h, mercredi 10 à 12 h et 14h à 18h, jeudi 13h 17h, samedi 9h 13h.

manosque.jpg

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 20:08

 

La nouvelle saison de l’Espace d’Art Contemporain Eugène Beaudoin d’Antony, démarre par une exposition de photographies sur le mois de Novembre. Après l’excellente exposition de l’an dernier (voir article), composée de regards croisés de photographes sur diverses sociétés humaines,  « Par Nature » présentera des photographies de  paysage. Reparation-Jean-Marc-Sicard-copie-1.jpgJean-Marc Sicard a réuni sept  artistes contemporains, pour différentes interprétations de ce thème :

 

Guillaume Amat

Nina Korhonen

Anne-Sophie Emard

Patrick Bock

Juan de Sande

Jean-Marc Sicard

Laurent Pernot

 

logo-beaudouin-copie-1.jpgDu 31 octobre au 28 novembre 2010

Vernissage le samedi 30 octobre à partir de 16h, en présence des artistes

 

 

 

Informations Pratiques

Espace d'art contemporain Eugène Beaudouin

Ouvert du vendredi au dimanche de 14h30 à 19h, et sur rendez-vous

Résidence Universitaire Jean Zay bât.F

rue Lafontaine 92160 Antony

A 20 min de Châtelet les Halles RER B Station Antony, sortir place René Cassin, suivre Hôtel de Police

09 65 29 30 23  www.espacebeaudouin.com 

 

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