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12 février 2007 1 12 /02 /février /2007 23:32

Dans un article de la Revue Alsacienne illustrée de 1912, apparaît, dessiné par Maurice Achener, un curieux lion, montrant une pose peu fréquente chez ce digne animal. Si nous  connaissons le majestueux lion de Bartholdi, sur  la place Denfer Rochereau,  posant couché au milieu des embouteillages de Paris, des statues de lions agressifs se jetant sur de malheureuses proies, ce lion pensif,  montrant debout, son arrière-train est  insolite. Il illustre un article sur le Val Saint Grégoire, la vallée de Munster en Alsace. 

Voici l’histoire ou la légende de cet étrange animal, le  texte commence ainsi
:
«  Dans un bosquet de la promenade municipale actuelle, un lion de pierre est gravement assis au haut d’une colonne Renaissance et médite sur les vicissitudes de sa vie tourmentée. Le lion ornait autrefois la porte d’entrée du château de Hattstadt dont quelques blocs de granit indiquent encore l’emplacement dans une forêt sauvage, au-dessus du village de Soultzbach" » 
L’histoire relate ensuite qu’en 1465 le seigneur de Hattstadt revient d’une campagne en Lorraine chargé de rapines. Les gens de Munster alors alliés des ducs de Lorraine essaient de récupérer ce butin, mais sont brisés, en signe d’humiliation leur drapeau est alors attaché à la queue du lion. Cet événement déclenche un soulèvement général de la vallée, le château est détruit. Seul le lion est épargné et transporté « en grande pompe » dans l’arsenal. 
Une centaine d’année plus tard le protestantisme se répand et l’abbé Burckard Nagel se convertit en 1536. 
Mais la contre réforme catholique gagne l’abbaye et une période troublée commence. L’auteur nous indique comment  le lion reprend ainsi du service
.
« En 1560  à l’occasion de l’inauguration du nouvel hôtel de ville, le conseil communal utilisa pour faire enrager l’abbé, notre lion, qu’il alla réveiller de son long sommeil. On le hissa sur une fontaine, vis à vis de la porte d’entrée de l’abbaye, et, renouvelant la grosse farce du seigneur féodal, on dirigea vers les fenêtres de l’abbé la partie la moins noble de ce roi des animaux. »
Malgré les requêtes de l’abbaye au tribunal Reichskammergericht, pendant un siècle, la ville l’emporte. Mais une nouvelle puissance intervient, le Roi de France succède au Saint Empire Germanique. C’est un  préteur, neveu du cardinal de Mazarin qui gouverne. 
Lorsque qu’en 1675, Munster s’oppose aux empiètements du préteur, il envoie l’armée. 
« Peu de temps après cette humiliation douloureuse, on fit faire volte face au fameux lion, et c’est au balcon de l’hôtel de ville qu’il tourna le dos dorénavant »  
L’Eglise connaît dès ce moment une vague de prospérité,  balayée en  1789 par la tourmente révolutionnaire, le préteur est alors remplacé par un maire élu.«le lion lui-même prit par au mouvement et reprit la position que la commune lui avait primitivement assignée »L’auteur termine dans son texte par la chronologie des évènements suivants, de l’industrialisation textile de la ville au retour sous la tutelle de l’Empire d’Allemagne, il n’indique pas ce qu’il advint du lion. 

Mais depuis la parution de l’article en 1912, sachez qu’il est toujours à Munster, témoin des changements de pouvoir et de l’esprit d’indépendance des habitants de sa cité.  Si vous visitez cette ville, cherchez le,  et observez comment il est positionné, vous pourrez en tirer votre propre interprétation.
  
 

 

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