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22 juin 2007 5 22 /06 /juin /2007 22:01

A partir de 1871 l'annexion de l'Alsace à l'Allemagne provoque une émigration d'Artistes de la région et met fin au courant artistique appelé "Ecole Alsacienne". 

 

Emile Schneider est né le 23 janvier 1873 à Illkirsh Grafenstaden. C'est donc, dans un contexte de province allemande que Maurice Achener et Emile Schneider se rencontrent et participent au renouveau de l'art Alsacien. 

 

Après une formation près de Léon Hornecker à l'école municipale des Arts de Strasbourg, Emile Schneider devient lui même professeur à l'Ecole des Arts décoratifs de Strasbourg. Il pratique la lithographie dont il réalisera environ 150 pièces. Il contribue avec de nombreux artistes à l'illustration des contes en dialecte publiés par G Stoskopf en 1897 et 1898. Il donne deux lithographies à " La Saint Georges " journal publié en 1902 par Dush. Ses imprimeurs sont d'abord Dush et surtout son successeur Michel.  

 

En 1901 Emile Schneider, Georges Ritleng, Léon Hornecker et Gustave Krafft créent le groupe d'artiste appelé "Société des artistes de Saint Nicolas" qui devient par la suite " La Société  des Artistes Alsaciens ». Cette société comptera parmi ses membres Maurice Achener, Daniel Albert Schoen, J.J Waltz-Hansi,  Alexandre Urbain, N. Forsberg, Léon Hornecker, Camille Schlumberger, Albert Schultz, Jules Raymond Koening, Auguste Edelmann et Frédéric Lauth.  Ces groupes politisés se constituent  pour créer un mouvement, une culture bien propre à l'Alsace, en effet les artistes, musiciens, intellectuels alsaciens en ont assez de la "Kultur" allemande ce en quoi ils sont parfois soutenus par des intellectuels allemands . La situation est vivable dans une relative liberté, cependant la langue parlée, enseignée et écrite est l'allemand.  

 Emile Schneider publie un album de 20 lithographies , apellé  « Gens de chez nous et d’ailleurs » Dans sa lettre préface à ce recueil, Simon Rocheblave professeur d’histoire à  l’université de Strasbourg qualifie ce mouvement de « récalcitrance » artistique. Il indique qu’après la première guerre mondiale, et le retour à la France , ils ont du également lutter contre le risque de perdre leur identité propre. 

 

Extraits du texte " … Déjà bien avant la guerre, je savais, par le Docteur Bucher, par mon regretté ami Georges Spetz et par d'autre que la SOCIETE DES ARTISTES ALSACIENS  , dont vous êtes l’âme, opposait sa digue courageuse, obstinée au flot d’art germanique qui déferlait en Alsace, et qui grâce à vous, ne fit pas tout le mal qu’il se promettait de faire. Tout ceux qui , à Paris, suivaient de loin la vie artistique de l’Alsace vers 1910, sentaient la vaillance de votre petite phalange, de Georges Ritleng et de Maurice Achener avec vous d’abord puis de ceux qui se joignirent à ce petit noyau, comme Léon Hornecker, Camille Schlumberger Albert Schultz, , et  J.J Waltz-Hansi,  dans une lutte qui paraissait  désespérée, tant elle était disproportionnée, contre l’oppression de l’art munichois, et les appâts matériels tendus à la naturelle ambition des artistes indigènes. Votre art à vous comme votre âme regardait vers la France. Votre idéal était le notre ; votre talent était « de chez nous » et non « d’ailleurs ». C’est un chapitre attachant et trop peu connu, de l’histoire de la petite patrie alsacienne dans l’histoire de la grande patrie française, que celui de votre « récalcitrance » artistique, au début du vingtième siècle jusqu’à la lutte suprême qui, en assurant votre triomphe faillit aussi assurer votre submersion. Mais non, et nous avons assisté en 1920 et 1921, à un nouveau jaillissement de cette source. …. 

Quand ce chapitre spécial de l'histoire strasbourgeoise s'écrira ( et cela se produira bien un jour), l'hommage du narrateur ira,  - outre les noms déjà cités, - à un Daniel Schoen, celui-là réenraciné depuis l'armistice au centre de l'art strasbourgeois, à Jules Raymond Koening, à Alexandre Urbain, à Auguste Edelmann, à Frédéric Lauth et à quelques autres, qui en dépit d'une installation parisienne, n'en ont pas moins soutenu et maintenu le mouvement dont nous voyons aujoud'hui les résultats. 

Tous, ils ont lutté par le pinceau pour l’idée française, avant de lutter –dans la mesure où ils l’ont pu, -hier, pour la cause française, et sous l’uniforme français. Et ce dut être pour vous, cher Monsieur, une émotion sans nom que de voir défiler chez vous, le soir de l’entrée triomphale du Général Gouroud à Strasbourg, vos camarades, les peintres Alex. Urbain, J.R Koenig, M. Achener, André Engel, Aug. Edelmann et Daniel Schoen, tous rayonnants sous l’uniforme bleu-horizon avec leurs galons, leurs blessures et leur croix. Une telle journée doit avoir sa place marquée dans l’histoire de l’art en Alsace.. "

En analysant son oeuvre :

"On voit d'abord un éxécutant de la lithographie singulièrement habile, au métier souple et varié , très dessinateur par la ligne, très peintre apr la lumière et la couleur, très "lithographe" par l'entente de la pierre et de l'encre", ce qui est asurement beaucoup dire dans cette Alsace qui fut le berceau de l'art lithographique. On voit aussi , dirai-je un caricaturiste ? non, ou à peine. Un "moraliste" du crayon plutôt , ou un psychologue de la silhouette et des allures du costume ou du geste. Il y a là comme du Daumier Alsacien...

Ah! vous êtes bien de chez vous Monsieur et pas d'ailleurs! Quel WACKES au naturel que votre WACKES!

Emile Schneider est l'un des collaborateurs de la revue la "Revue alsacienne illustrée". Ce périodique bilingue allemand et français, a été publié sous l'impulsion de Charles Spindler et de Gustave Stoskopf. Les articles marquent un refus de la domination Allemande. Ils sont illustrés par de nombreux artistes dont Emile Schneider, mais aussi Maurice Achener et André Engel.   

Emile Schneider expose pour la première fois en 1895 à l'exposition Internationale de Berlin, puis à Munich en 1897. Il participe de 1898 à 1938 à de nombreuses expositions à Strasbourg. 

 Emile Schneider meurt à Paris le 16 décembre 1947.

 

Les musées d'Hagueneau et de Strasbourg regroupent  des oeuvres de Emile Schneider. son oeuvre lithographié complet se trouve au cabinet des estampes de Strasbourg.

 

 

Lithographie de l'album "Gens de chez nous et d'ailleurs" légende "glaasb'sch du's tu coupes la dedans toi ?"

 

Portraits de Maurice Achener par Emile Schneider dans les années 1901 à 1904 (Collection Particulière):


 

 

 

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