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29 septembre 2007 6 29 /09 /septembre /2007 23:55

 croquis_illustration_dans_un_escalier.jpg


Maurice Achener est un illustrateur de livre de bibliophiles, de nos jours l’illustration de livre qui nous est la plus familière est celle de la littérature enfantine. Il existe bien des livres illustrés populaires,  pour d’autres publics, tels que les bandes dessinées. Mais les éditions de romans illustrés  par un artiste ne sont pas fréquentes dans les librairies. Pour comprendre dans quel contexte économique a travaillé Maurice Achener, il est intéressant de connaître  le fonctionnement de l’édition de livres illustrés à son époque. 

Mais tout d’abord, nous pouvons  rappeler  que la définition du  mot bibliophile dans le dictionnaire est « Personne qui cherche et conserve avec soin des livres rares et précieux ».


L'illustration pour vendre des livres 

Jusqu’au début du XX me siècle les tirages de livres illustrés étaient considérables,  il ne s’agissait pas d’objets de luxe.

 

Vers 1900, les amateurs de livre forment des clubs, appelés Société de Bibliophiles, dans lesquels ils élaborent des livres qu’ils désirent. Ils sont illustrés et bénéficient d’une typographie soignée. Ces livres tirés à peu d’exemplaires sont numérotés et même parfois nominatifs.

 

Ces tirages de luxe cohabitent avec des illustrés moins coûteux. Car l’édition est en crise, et l’image est  destinée à attirer la clientèle face à l’émergence d’autres loisirs concurrents tels que les sports et les journaux.  Cependant  ces livres  ne sont pas à la portée de tous, en 1914, ils se vendent aux alentours  de 2 francs tandis que le prix moyen du livre est à 20 centimes.

Les Illustrateurs marquants de ce type d’édition sont Auguste Lepère, Maurice Denis, Luc Olivier Merson, Steinlen , Charles Jouas. Maurice Achener commence alors à  illustrer des ouvrages empreints de culture alsacienne (« Théodolinde Waldner de Freundstein » et des poèmes des frères Matthis).


Les éditions Crès 

En 1912, Georges Crès crée sa maison d’édition. En 1918,  l’édition sort du marasme, les coûts de fabrication sont stables et le prix du papier est en baisse. Maurice Achener illustre Maeterlinck dans la collection « le théatre d’Art » de Crès.  Puis dans la collection phare de l’éditeur, « les maîtres du livre » il réalise nottament le frontispice pour Feu de Gabriele d’Annunzio. La série était dirigée par Adolphe Van Bever, qui venait du  Mercure de France. Les tirages étaient limités et les œuvres souvent inédites, ces livres furent très prisés des bibliophiles. 

 

L’édition entre alors dans une phase, d’un essor extraordinaire, Maurice Achener fait partie d’une génération de jeunes illustrateurs, qui connaissent un grand succès, on peut citer Daragnès, avec lequel il travaille chez Crès,  Gus Bofa, Decaris, Hermine David.

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Les éditions Mornay  

Les éditeurs A et G Mornay créent la collection Mornay, qui devient vite recherchée,  leurs  livres sont qualifiés de « demi-luxe ». Ils instaurent un système de souscription pour cinq livres par an. Le tirage se fait en général à mille exemplaires, un service de presse est  prévu pour contribuer à la diffusion de l’œuvre. Les premiers livres sont essentiellement illustrés par des bois,  Maurice Achener  réalise dans cette technique, en  1922, le quatorzième livre de la collection les Beaux Livres: «  La Faute de l'Abbé Mouret », d’Emile Zola. Mais c’est à l’eau forte qu’il créera le graphisme pour Monsieur des Lourdines d’Alphonse de Chateaubriant en 1925, référencé comme vingt-huitième livre.


Spéculation sur les beaux livres 

Les livres sont à la mode, par plaisir, mais aussi comme placement. La crise économique des années 20 et la forte dévaluation du franc qui en résulte favorise les investissements  dans les œuvres d’art,et les livres. « Aller voir de la peinture devient une expression courante » « Passer chez le libraire » en fut une autre. Les périodiques ont une rubrique sur les livres, dans cette optique. Elle se nomme « La bourse des livres » dans un des journaux. On assiste à une spéculation, les livres sont achetés et revendus. Les prix peuvent doubler ou tripler en huit jours.

Les lecteurs se découvrent bibliophiles et remplissent leur bibliothèque de livres. Dans ce contexte favorable, de nombreuses maisons d’édition se créent. Le marchand Ambroise Vollard avait déjà commencé depuis les années 1900 à demander des illustrations à des artistes qui n’étaient pas graveurs. Des particuliers tels que le Docteur Manuel Brucker  réalisent des petites productions de livres illustrés.  

L'effondrement

Une crise intervient en 1931, et la cote s’effondre.  Pour exemple « A rebours » de Hysmans illustré par Lepère (Les Cents Bibliophiles) vendu 9500 francs en 1930 ne valait plus que 4000 francs quatre ans plus tard.

La reprise et les sociétés de Blibliophiles

Seulement une dizaine d’éditeurs subsistent après 1934.  De nouvelles sociétés de bibliophiles se créent, elles  sont de goût plutôt traditionnels, mais aiment également les innovations. Leurs éditions originales sont diffusées exclusivement au sein de la société. Les sociétés soutiennent financièrement des projets d’artistes qui sans elles ne trouveraient pas d’éditeur. Maurice Achener ne travaillera plus qu’avec des organisations de ce type. La « Société des Médecins bibliophiles » lui permet son dernier ouvrage personnel  «  La Première journée de la bergerie » de Remy Belleau, en 1945. Maurice Achener en réalise toutes les illustrations et les lettrines.  Il participera à  des ouvrages collectifs avec la « Société de Saint Eloy » dont son ami Paul Adrien  Bouroux est le secrétaire.

En tant qu’acteur de l’édition illustrée du XX me siècle Maurice Achener en aura suivi l’évolution , et aura intéressé les éditeurs parmi les plus marquants de cette période.

Sources :

  • Antoine Coron "Le livre concurrencé 1900-1950" Histoire de l'édition française.
  • Catalogue de l'exposition "Manuel Bruker collectionneur et éditeur d'art" Musée des Beaux Arts de Bordeaux Le festin. juin 2004
  • Michel Vaucaire "La Bibliophilie" Que sais je ? numéro 1406 PUF 1970.
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28 juillet 2007 6 28 /07 /juillet /2007 20:31

Maurice Achener a beaucoup illustré de textes, il a participé à la passion du beau livre qui animait son époque. 

Il a travaillé avec des maisons d’édition créatives notamment les Editions Crès et Mornay spécialistes dans l'édition de luxe et alors très populaires. 

Il a collaboré avec les personnalités de ce domaine tel que Gabriel Daragnès l’éditeur et illustrateur, et le typographe Louis Jou. 

Il a utilisé le bois gravé et l'eau forte

Les premiers livres sont marqués par l'Alsace avec la légende romantique d'une princesse dans un château et les poèmes des frères Matthis, puis l’horizon s'élargit. Certains ouvrages peuvent présenter des textes un peu touristiques ou vieillit, mais Maurice Achener a  mis son talent au service des  grands auteurs Emile Zola, André Suarès, Emile Verhaeren en passant par Maurice Maeterlinck, Remy Belleau, Flaubert et le prix Goncourt de 1911 Alphonse de Châteaubriant. 

Maurice Achener est un véritable architecte du livre, il réalise des gravures mais il crée aussi les lettrines et les autres éléments typographiques. Il décide de la mise en page, à une période ou l’ordinateur et les outils de PAO ne sont pas encore apparus. 

Enfin avec la "Société de Saint Eloy" la société de bibliophile crée par son ami Paul Adrien Bouroux et le joaillier Henri Vever, il coordonne les projets et devient commissaire au livre. 

Il mènera cette activité jusqu’en 1960 sur le deuxième tome des « Châteaux d’Ile de France » la Société de Saint Eloy lui signifie alors gentiment qu’il faut laisser la place sur le troisième et dernier tome. « Voici bien des années que vos gravures illustrent les volumes que nous avons publié et témoignent de la place que vous occupez dans notre société … nous avons du considérer l’avenir de la Société et rechercher de nouveaux graveurs qui puissent relayer nos sociétaires artistes dans leur œuvre. Comprenant la peine que nous ferions à ceux de nos anciens et fidèle graveurs qui n’auraient pas de chapitre …  »

 

« Promenade en auto un soir d’été» de Georges Spetz, éditeur de Strasbourg 1908.


« Théodolinde Waldner de Freundstein » 
Légende Alsacienne de Georges Spetz Editeur Imprimerie-Librairie Lahure, technique de bois gravé. 1909.

 

 « Widesaft » de Albert Matthis avec Adolphe Matthis, Editeur Stoosburri, Strasbourg, Imprimerie Alsacienne), 1911 Ce livre est conservé par Bibliothèque Nationale de Paris.

 

    « Ecoutez la chanson » de André de Raulin, seize vieilles chansons lorraines     illustrations de Serge Beaune, J-M de Raulin, Jean Baffier, Maurice Achener, G Cornelius, Adolphe Willette. 1912.

 

 «  La Princesse Maleine »  de Maurice Maeterlinck, Editeur Georges Crès et Cie, Paris Collection le Théatre d’Art,1918.

 

 






« Feu »
de Gabriele d'Annunzio), Frontispices gravés à l'eau-forte par Maurice Achener Editeur Georges Crès et Cie, Paris Collection  tome 1 et 2, Les Maîtres du Livre, 1919.

 

  «Paysages de Paris» de Léandre Vaillat. La compagnie transatlantique lui demande d'illustrer ce livre en commémoration de son nouveau paquebot le Paris, il sera offert à ses passagers (Editeur - Cie Gale Transatlantique)  1919. (voir articles sur le site).

 

« Contes choisis » par Pierre Louys, ornementations typographiques gravées sur bois  avec Gabriel  Daragnès et Pierre-Eugène Vibert. Le frontispice est de Gabriel Daragnes. Editeur Georges Crès et Cie, Paris, Collection  Les Maîtres du Livre, 1919.

 

« Moralités légendaires » de Jules Laforgue collaboration avec Louis Jou et Pierre-Eugène Vibert aux ornements typographiques, Editeur Georges Crès et Cie, Paris Collection  Les Maîtres du Livre, 1920.

 

 « Histoire Grotesques et sérieuses » de Edgar Poe avec une traduction de Baudelaire, collaboration avec Gabriel  Daragnès et Pierre-Eugène Vibert, G Aubert,  Editeur Georges Crès et Cie, Paris, Collection  Les Maîtres du Livre, 1921. 

 

«  La Faute de l'Abbé Mouret », de Emile Zola, Editeur A & G Mornay Libraires, gravure sur bois. C’est le quatorzième livre de la collection les Beaux Livres, 1922.Ce livre est conservé à la Bibliothèque Nationale de Paris.

 

 




« Monsieur des Lourdines »
par Alphonse de Châteaubriant ce livre était le Prix Goncourt 1911 préalablement édité chez Bernard Grasset, est repris en édition de luxe par l’éditeur A & G Mornay Libraires, il est le vingt huitième livre de la collection les Beaux Livres. Maurice Achener réalise plus de 100 illustrations entre le frontispice à l’eau forte, la couverture, les lettrines, les vignettes de tête de chapitre, et les culs-de-lampe, en bois gravé 1925.











« Provence »
par André Suarès une suite d’estampes, précédée d'un poème en prose de André Suarès, Eaux fortes de Maurice Achener et de Henry Cheffer, Bois en couleurs de Louis Jou, Publication à Paris (Le Goupy), 1925, Ce livre est conservé à la Bibliothèque Nationale de Paris.

 « Petites villes de France » d’ Emile Sedeyn avec Edgar Chahine, Charles Hallo, Dauchez, Brouet, Gobo, Albert Decaris , Gusman, Paul Adrien Bouroux, Tigrane Polat, Véder, Henry Cheffer, Jean Frélaut, Louis Willaume, Cottet, Il est édité par la societé de bibliophile « Société de Saint Eloy » . 1935-1937

"Dix Gravures originales en noir publiées sous les auspices de la Gravure originale en noir" par A.Baudelot , Planches de Maurice Achener, Paul Adrien Bouroux, Gustave Bruyer, Henry Cheffer, H Dumas, L Grand-Gérard, F. hertenberger, E Lein, melle Ripa de Roveredo, Louis Wuillaume, Préface de Camille Mauclair.

« Par les champs et par les grèves » de Gustave Flaubert, notice de René Dumesnil, avec Charles Jouas, Henry Cheffer, Paul-Adrien Bouroux, Louis Willaume, André Dauchez, etc. (Société de Saint Eloy) , Ce livre est conservé à la Bibliothèque Nationale de Paris.   1939.

« Cités et paysages de France » Poèmes de Louis Maigret préface de Camille Mauclair en collaboration avec Yves Brayer, P. Fleury , Van Hasselt , Lucien Jonas , P. Labrouche , Maurice de Lambert , Fernand Maillaud , M. Parturier, C. Rameau , G. Venet , J.-F. Zingg Edition Barry Paris , Ce livre est conservé à la Bibliothèque Nationale de Paris. 

 «  La Première journée de la bergerie » de Remy Belleau, livre édité par la société de bibliophilie Société des Médecins bibliophiles. 1945. Maurice Achener réalise toutes les illustrations et les lettrines.

 « Almanach, cahier de vers » de Emile Verhaeren.  Il est Commissaire au livre avec José Belle pour l'édition de ce livre. Dans lequel interviennent, pour chaque mois de l'année des graveurs différents : Paul Adrien Bouroux, Paul Baudier, Charles Hallo, Jean Frélaut, Eugène Corneau, Henry Cheffer, Adolphe Beaufrère, Camille Josso, Pierre-Yves Trémois, Lemagny, Robert Jeannisson, et André Vahl. Le livre est édité par   la Société de Saint Eloy. 1951.

« Marchés et Foires de Paris » de Léo Larguier.  Avec Pierre-Yves Trémois, Henry Cheffer, Lemagny, Charles Hallo, Robert Jeannisson, René Cottet, Fernand Hertenberger, Paul Adrien Bouroux, Albert Decaris, Jean Frélaut, Camille Josso (Société de Saint Eloy). 1953.

 « Vieilles Abbayes d'Ile de France » de Louis Réau Avec Robert Jeannisson Pierre-Paul Lemagny, Henry Cheffer, Fernand Hertenberger, André Valhl, Aymar de Lézardière, Paul Baudier, Paul Adrien Bouroux, Charles Hallo, René Cottet, Albert Decaris, Camille Josso, Adolphe Beaufrère.(Société de Saint Eloy). 1955

Il participe à la série de livres « Châteaux D'Ile de France  » d'Ernest de Ganay (Société de Saint Eloy). 1957.

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11 juillet 2007 3 11 /07 /juillet /2007 22:01

 

Maurice Achener a aussi réalisé des lithographies. Clément-Janin dans un article dans la revue Byblis indique "en concurrence à l'eau-forte, il mène le bois et parfois la lithographie. Il a cependant assez peu de sympathie pour cette dernière. Comme son ainé jeanniot, il lui préfère l'eau forte et le bois "qui ne blaguent pas!"

Voici dans un registre qui lui est  inhabituel, le programme d'une pièce de théâtre de Labiche, donnée le 2 mai 1903 à Strasbourg. la lithographie est réussie et l'on peut regretter que Maurice Achener n'est pas poursuivi également dans cette voie. L’artiste  s'est représenté dans la foule qui assiste au spectacle, au lieu de regarder la scène il fixe une jeune femme derrière lui. Tout cela est bien étrange.  
Cette lithographie de Maurice Achener est proche de celles réalisée par Emile Schneider. A cette période, Maurice Achener a 23 ans, il vit à Strasbourg, il est membre du groupe d'artiste francophile,  "Société des artistes de Saint Nicolas" fondé par Emile Schneider. Il fréquente les frères Matthis, deux jumeaux poètes parfois qualifiés de  "créateurs du lyrisme alsacien". Maurice Achener est proche de son départ pour Paris, où il se rendra en 1908. car Paris l'attire, la capitale est alors la ville lumière le centre artistique mondial et les artistes y débarquent des quatres coins du monde . 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des informations sur les deux poètes Albert (1874-1930) et Adolphe (1874-1944)  Matthis en suivant le lien suivant

http://www-bnus.u-strasbg.fr/ExposAnciennes/matthis/matthis/Intro_1.htm

Et écouter un de leur poème http://www.lamanivelle.org/pages/spe_matthis.php?active=49&deroule=menuNouveautes

 Sources : Clément-Janin Byblis printemps 1923 "Maurice Achener Peintre-Graveur Alsacien".

   

 

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22 mai 2007 2 22 /05 /mai /2007 23:15

En 1921 le paquebot le Paris est une réalisation de prestige,  un livre illustré par Maurice Achener est offert aux passagers. Edité dès 1919,  il est intitulé « Paysages de Paris ». Il est écrit par Léandre Vaillat, qui a également réalisé des articles sur ce paquebot. 

 

C’est un petit ouvrage qui fera l’objet d’un tirage sans doute important, et dont les exemplaires ne sont pas numérotés. Il existe sous diverses couvertures cartonnées. Maurice Achener a essentiellement travaillé pour des ouvrages de bibliophiles avec des exemplaires en nombre limité, c’est donc une production particulière dans sa carrière.

 

Le texte de Léandre Vaillat  est dédicacé «  A une Américaine qui m’avait prié de lui « montrer Paris ». Il se propose comme guide touristique de la capitale francaise.  

Le premier chapitre intitulé Le fleuve décrit des lieux autour de la Seine , suivent les thèmes de l'avenue des traditions , du Quartier latin et Le vieil hôtel.  Les endroits en relation avec les Etats Unis illustrent la « table des chapitre » avec la tombe de La Fayette au cimetière de Picpus et le premier quartier général de l’armée américaine à Paris (esplanade des invalides).

 

Les qualités littéraires du texte ne sont pas l’objet de notre propos, mais pour situer le style, on peut trouver que la ville est décrite de façon un peu datée aujourd’hui, par un auteur enthousiaste verbeux mais au vocabulaire parfois onirique. Pour exemple un petit extrait  destiné à  inciter à la marche à pied sur le quai d’Orsay alors près de la gare d’Orléans « Chaque pas d’une promenade tranquille projette sur nos yeux, pourvu qu’ils soient actifs, guetteurs sans indolence, une image qui est votre création  et qui vous appartient comme une gravure non achetée chez le marchand mais dessinée par votre sympathie sur le vélin du rêve, et à laquelle chacune de vos sensations ajoute une touche d’enluminure » 

 

Face à cette commande, Maurice Achener, dessine les lieux en relation avec le texte mais utilise également des gravures qu’il a déjà réalisées sur Paris. Il opère un travail de  simplification et de changement d’échelle pour s’adapter à la mise en page, pour ce faire il commence par  dessiner de nouveau l'illustration dans le sens où elle sera à l’impression. Lors de ce traitement une gravure telle que celle du pavillon de Flore sans devenir mièvre perd son corps et de son charme initial, mais s’intègre bien dans la page écrite et aux objectifs de promotion de Paris, dans sa double signification, de ce livre.

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20 avril 2007 5 20 /04 /avril /2007 23:11

Le livre « Paysages de Paris » comporte dans ses dernières page le texte suivant :« Achevé d’imprimé l’an 1919, En commémoration de son paquebot le « Paris » La Compagnie générale Transatlantique  a édité ce livre pour l’offrir à ses passagers ». 

 "Paysages de Paris » a pour auteur, un homme dont le prénom charmant n’est pas encore revenu à la mode, il s’appelle  Léandre Vaillat et les dessins qui illustrent l'ouvrage sont de Maurice Achener.

Le paquebot le Paris est mis en chantier à Saint Nazaire en 1913, mais sa construction est bloquée par la première guerre mondiale et ce n’est qu’en 1921 que le Paris appareille pour son premier voyage vers New-York.

Sa décoration est soignée, et se veut novatrice. Dès 1916 John Dial Piaz administrateur et futur président de la Compagnie générale Transatlantique, demande à la Société de l’Art français moderne d’en étudier l’agencement. En 1919 le projet de cabine de Tony Selmeshem est exposé au Salon des Artistes décorateurs. René Lalique imagine, dans le grand salon, les portes et les appliques d’éclairage en verre moulé, elles sont réalisées par Nelson. Le hall et l’escalier monumental, de l’architecte Bowens de Boijen, sont de style Art Déco, tandis que la grande salle à manger, très différente avec un aspect très métallique et un plafond en verrière, présente une architecture Modern style. Le ferronnier Edgar Brandt s’est inspiré de motifs marins (vagues coquillage poulpe)  pour la rampe de l’escalier en fer forgé, les balustrades et la coupole. Les matériaux sont recherchés, luxueux  et originaux, Georges Dumaine  crée des appareils d’éclairage en albâtre, cristal et bronze, René Prou compartimente la salle à manger des deuxième classe de piliers en bois de courbaril et utilise des boiseries en amarante pour le salon bibliothèque.

La décoration reçoit quelques vives critiques, mais Léandre Vaillat décrit ainsi cette réalisation : « Le soir une douce clarté tombera non des étoiles comme dit le Cid, mais des verrières. Un escalier à double évolution mène à l’étage supérieur : la rampe en fer forgé avec ses vagues entrelacées, conduit le regard sans heurt, jusqu’aux arabesques culminantes de la voûte ». Et Gilles Lambert le définit   comme  « un paquebot féminin où règne le charleston des années vingt. ».

Le bateau connaît un vif succès, mais en 1927 il est accidenté en baie de New York par une collision avec un cargo norvégien, en août 1929 il subit un incendie important, les travaux de remise en état durent 6 mois. La mode ayant beaucoup changé entre 1921 et 1929, il évolue vers une architecture intérieure plus sobre. Et pour la première fois, une piste de danse en glace lumineuse  équipe  un paquebot.

Mais le 18 avril 1939, au Havre,  un autre incendie, débute dans la boulangerie du bord et  ravage le bateau, les œuvres d’art destinées  à l’exposition internationale de New York sont sauvées, mais le navire coule. L’épave restera à cet emplacement, et provoquera l’accident du paquebot Liberté en 1946, elle ne sera démolie qu’en 1947.

 

Références :

http://www.frenchlines.com/ship_fr_368.php

Pierre Kjellberg : Art déco : Les maîtres du mobilier le décor des paquebots.

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24 mars 2007 6 24 /03 /mars /2007 17:11

 

Même si la technique de la gravure, a occupé une plage majeure dans la production artistique de Maurice Achener, il est également un peintre graveur dans le sens qu'en donnent les critiques de son époque, en les différenciant ainsi des artistes qui font uniquement de la gravure dites de reproduction. Ces derniers sont alors considérés comme plus proches de l'artisanat. Cette distinction fut à l'origine de la création des organisations telles que de des "Peintres Graveurs".

Dans la revue du "Print connoiseur "de juillet 1923, Louis Seyden explique son évolution de la peinture vers la pointe sèche et l’eau forte par sa rencontre avec le graveur Peter Halm. son professeur à l’école des Beaux Arts de Munich, il fait également remarquer que Maurice Achener n’abandonne pas la peinture pour autant, puisqu’il présente régulièrement au Salon de la Société Nationale des Beaux Arts des œuvres peintes.

“Born in 1881 in Mulhouse, Achener studied at first in his own country, then in Munich . He destined himself to painting, which he never gave up completely. His sending to the Société Nationale des Beaux Arts, while not frequent have not passed unnoticed. But soon perhaps under the influence of one of his professors in Munich , Peter Halm, himself an etcher of repute, he began to feel the attraction of the point and the etching.”

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Maurice Achener Autoportrait 
 
Si les peintures des années 1900 sont dans une veine impressionniste, on note sur les paysages italiens et méditerranéens, l’influence de Corot.   

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Maurice Achener campagne italienne


Il est  également possible de constater que gravure et peinture se complètent, le même sujet étant traité souvent par les deux techniques. La peinture est sans doute  réalisée en extérieur et le même sujet fait simultanément ou ultérieurement l’objet d’une ou plusieurs gravures. La peinture peut être ainsi imaginée comme une méthode afin  bien s’imprégner de l’atmosphère qui sera retraduite par la technique de la gravure.

 

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Un tableau et une gravure montrent souvent un même site. Exemple du "Parc"undefined
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21 janvier 2007 7 21 /01 /janvier /2007 21:03

Présentation par l'historien André Girodie parue dans la revue de l'Art ancien et moderne en 1906.

Maurice Achener Peintre et graveur

Né à Mulhouse en 1881, formé à Strasbourg et à Munich, peintre et aquafortiste, Maurice Achener est l'un des plus curieux artistes du groupe de la jeune Alsace. Son oeuvre déjà considérable abonde en recherches originales. Achener connaît l'art d'éviter les redites et de fuir la banalité. Il a les vertus de sa race obstinée et hésitante. Il veut être le poète de l'aube, du soir des saisons et des silhouettes qui défient l'aquafortiste.

Il note minutieusement le pittoresque du pays natal, le village ou règne l'art populaire, Strasbourg avec sa cathédrale et ses toits aux gigantesques greniers, les bords du Rhin et de l'Ill. Des études du Tyrol nous le montrent traduisant le grandiose des panoramas, leurs détails d'une beauté mélancolique, l'idescriptible Salzkammergut. D'autres notes sur Bruges sont d'une poésie aimable saine et discrète.


Aux expositions de Berlin, de Munich, de Strasbourg et de Mulhouse l'artiste fut distingué par les collectionneurs. Fixé à Paris, il y trouve le complément de la vie alsacienne, la source séculaire où viennent puiser les artistes d'Alsace, la cause de leur originalité dans l'art moderne allemand ou la destinée les classe. Il vient de débuter au salon de la Société Nationale, où nous le retrouvons non seulement les estampes, mais les portraits et les paysages de ce délicat analyste.

 
André Girodie


André Girodie est un historien d'Art. Il fut un des collaborateurs du couturier collectionneur Jacques Doucet. Il se chargea nottament vers 1908 des ouvrages sur l'art mexicain, ainsi que d'un Dictionnaire des artistes et des ouvriers d'art de la France.

Bibliographie :

GIRODIE (André) : Martin Schongauer et l'art du Haut-Rhin au XVe siècle. Paris, Plon, s.d. , in -8° 251 p. Pl. H.t.

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14 décembre 2006 4 14 /12 /décembre /2006 23:53

undefinedMaurice Achener porte beaucoup d'attention à l'impression de ses oeuvres.


Comme beaucoup d'artistes graveurs de l'époque il utilise des papiers du XVIII eme siècle pour ses tirages. 


Fait encore peu fréquent à l'époque, pour un peintre graveur, il possède dans son atelier,au 2 de la rue Dupleix à Paris, sa propre presse de taille douce. Il l'utilise pour vérifier ses états. 

Nous ignorons la marque de cette presse,  qu'il équipera d'un moteur à la fin de sa vie.

Il a  sans doute imprimé quelques plaques pour Edgar Chahine, et a peut être initié ce dernier à l'art du tirage, puisque nous avons retrouvé une épreuve d'une gravure de Maurice Achener, avec papier de chine encollé, sur laquelle est indiqué "imprimé par Edgar Chahine".


Lorsqu'il travaille avec des imprimeurs taille douce, Maurice Achener leur donne des instructions très claires, sur la façon de procéder. Il accentue les effets de sombres et de clairs en gardant parfois volontairement le voile de l'encre sur la plaque après essuyage.


Informations pour l'impression de gravure "La villa de lord Byron" de Genève à l'imprimeur :

"Encre 2/3 Franckfort 1/3 léger {assez légère diluée avec de huile de noix,

un peu de noir léger extra

En essuyant laisser une légère teinte sauf au premier plan et sur le centre" 


Les impressions dont il est le plus satisfait sont souvent dédiées à son épouse par un petit mot : "A Emilie".
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8 novembre 2006 3 08 /11 /novembre /2006 20:32

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Les institutions suivantes possèdent des oeuvres de Maurice Achener 
 :

 

La Bibliothèque Nationale à Paris,

Le Musée d'Ile de France à Sceaux,

Le Cabinet des Estampes de Strasbourg ,

La Médiathèque de Mulhouse, 

Le Musée des beaux Arts de Nantes

Le cabinet des Estampes de Munich,

La New York Public Library ,USA

Le Smithsonian American Art Museum, à Washington USA

 Le Cleveland Museum of Art (Ohio) USA

Le Musée Legion of honor de San Francisco Californie USA.

Le Musée Art Museum de Wichita Kansas  USA. undefined
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26 octobre 2006 4 26 /10 /octobre /2006 22:08
C’est un voyageur, venant d’Alsace il représente beaucoup Strasbourg, l’Allemagne, et la Suisse. Il parcours l’Italie, Florence, Fiesole, Vérone, Tremezzo, et Venise. Il dessine beaucoup Paris et, au gré de ses commandes, sillonne la France : Poitiers, Carcassonne, les Alpes, la Bretagne, la Corse, la Provence. Il se déplace aux Etats Unis, où vit son fils Pierre. Par son apartenance à des sociétés de graveurs telles que les "Los Angeles print society" et "Chicago Society of Etchers, il est en contact avec de grands collectionneurs. La gravure est appréciée dans les années 1930 en Amérique du Nord, ce qui explique, peut-être , la présence de ses œuvres dans des musées américains. Vers la fin de sa vie il séjoune chez sa fille Rosine en Tunisie.

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