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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 18:42
village_sous_la_neige.jpgParis le quai Saint Michel
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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 23:37

Visuel : intérieur à Dommartin-sous-Hans

Le 11 novembre commémore la guerre 14-18, l’occasion de se rappeler à quel point elle fut destructrice, elle a marqué de façon profonde les hommes et les femmes, qui ont vécu cette période.

Maurice Achener, en sa position d’Alsacien ,né Allemand ,formé à Munich était dans une situation particulièrement  délicate. Dans la logique de ses convictions francophiles, il participe à la guerre du coté français. Il avait obtenu en 1913 la nationalité française, peu de temps avant son mariage avec Emily Patry une Suisse.

Quand la guerre survient, il est mobilisé au Mans comme interprète, sous le nom de Maurice Patry, il était préférable de ne pas porter un nom à consonance allemande. il  adopte donc celui de son épouse.

Il est envoyé au front en Champagne, il réalise un carnet de croquis et continue à peindre, les illustrations sur cet article sont des huiles réalisées dans ce contexte.

Sa formation artistique lui permet de finir la guerre aux Invalides comme dessinateur.
Visuel : Le Mans 1916

La période est également marquée par un deuil familial, en 1916, il perd son premier fils René, alors âgé de 2 ans.

La guerre rompra également les liens qu’il avait jusqu’alors conservés avec son professeur de Munich, Peter Halm.
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20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 11:43



Maurice Achener, a réalisé des gravures à la commande, pour des occasions et des clients divers. Cartes de voeux, Ex Libris, Menus pour des sociétés diverse étaient fréquemment demandés.

Cette carte présentait les voeux du Capitaine K.J.G. Bartlett. elle date de 1935.
Dimensions (L9,5 X 14,7)
 , 1935, 5 états connus. Tirage de 400 exemplaires.


Par cette estampe, nous vous souhaitons une bonne et heureuse année 2009 ! 

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20 juin 2008 5 20 /06 /juin /2008 22:59


L'historien d'art Noel Clément-Janin (1862-1947)

Clément-Janin
était un des collaborateurs de Jacques Doucet, le couturier et collectionneur à l'origine de la blibliothèque INHA (Institut National d'Histoire de l'Art) de Paris. 

Au printemps 1923, Clément-Janin écrit un article sur Maurice Achener dans la revue Byblis[1]. Il y conte, les débuts de Maurice Achener à l'eau-forte, par un dialogue entre Peter Halm professeur et Maurice Achener alors son élève à Munich. Maurice Achener a 20 ans et vient suivre l'enseignement de l'académie des Beaux Arts : une petite leçon de gravure pleine d'humour, qui semble démontrer que l'eau-forte c'est plutôt facile.


La pédagogie de Peter Halm pour formation à la gravure


« Peter Halm  était un excellent professeur qui n’obligeait pas ses élève à l’imiter. Il lui enseigna le dessin, et quand il constata que son jeune disciple en savait suffisamment, il le jeta au figuré bien entendu, dans l’eau forte. Un jour à la veille des grandes vacances, il lui apporta un cuivre de la dimension de celui de la Pièce aux Cent Florins[1], et lui dit :

-          « Si vous ne travaillez pas pendant deux mois, vous vous ennuierez. Prenez ce cuivre et faites une eau-forte.

-          « Une eau-forte ? mais je ne sais pas le premier mot de métier !

-          « Bah ! Quand on sait dessiner, on sait graver. Et vous allez voir comme c’est facile. »

-          Il prend son couteau, fait sauter sur le bord de la plaque qu’il avait vernie une petite écaille et met le cuivre à nu :

-          « Répandez de l’acide à cette place et il entamera le métal. C’est tout le principe de l’eau-forte. Au moyen d’une pointe, dessinez votre sujet du mieux que vous pourrez, et …vous me l’apporterez. Je le ferai mordre. »

-          Néanmoins devant le peu de chaleur de l’élève en présence d’un si grand cuivre, il lui en rapporte le lendemain un plus petit, et c’est lesté de ces deux plaques que Maurice Achener repartit pour Strasbourg, où il devait passer ses vacances.

-          Quand il revient les deux cuivres  dessinés, et qu’il demanda à Peter Halm de les faire mordre :

-          « Moi ? Jamais de la vie ! Un bon ouvrier termine lui –même son travail ! Demandez quelques conseils à vos camarades et allez-y ! »

-          Le jeune homme «y alla » et, par bonheur, ne rata pas ses morsures. Il fit rapidement de tels progrès que Peter Halm exposait ses eaux fortes dans les salles de cours et lui procurait des amateurs.

[1]   Byblis miroir des arts du livre et des l'estampe, est une revue spécialisée qui s'était donné pour tâche de "servir la Gravure et la Typographie francaise". Pour ce faire elle publiait quatre fois par an "des gravures et des planches originales accompagnées du texte des écrivains spécialisés". Dans une de ces publications de l'année 1923 nous avons pu relever le commentaire suivant "l'estampe n'est plus comme au temps de notre jeunesse le tableau du pauvre".

[1] La Pièce aux cent florins  gravure de Rembrandt  Achevée vers 1649 Eau-forte, pointe sèche et burin. 281 x 394 mm  BNF
[1] Illustration de l'article Photographie de Maurice Achener vers 1900


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25 mars 2008 2 25 /03 /mars /2008 22:00

 

Salons, expositions collectives

Maurice Achener expose à  Paris dès 1906 au salon de la Société Nationale des Beaux-Arts. Il y  participera tous les ans pendant trente ans, à l’exception de 1915 et 1916.  

Il est également présent aux expositions de la Société des Peintres-Graveurs Français organisées par les Galeries Durand-Ruel en 1913 et 1922,  au salon d’Automne en 1920 et à sa section des livres en 1919. 

Il participe aux évènements de la Société de la Gravure sur Bois Originale, au Salon de la Société des Artistes Décorateurs en 1922. A l’Exposition Universelle de Paris de 1937 il présente six paysages à l’eau forte . Il est membre du Salon des indépendants en 1941, et de  la Société Internationale de la Gravure Originale en Noir en 1922, 1923, 1924, 1926, 1927, 1928, 1929, et 1931 à Paris.


Chicago en 1914, du 5 mars au 1 avril , the Chicago Society of Etchers , organise "Etchings" avec 4 gravures de Maurice Achener dont Basalica Paladiana qui illustre le catalogue.


A Londres, en 1919 il participe à des expositions de la  "Société d'Assistance de l'Alsace Lorraine ", elles sont destinées à collecter des fonds pour la reconstruction de ces régions après la guerre. "Exhibition of Works of Artists of Alsace ans Lorraine " Elles ont pour lieu, "The Goupil Gallery 5, Regent Street. Et pour "Exhibition of contemporary French Prints" au   Victoria and Albert Museum (south kensingtown) du 10 Mai au 20 juin 1927. 


Au Etats Unis,  à Los Angeles, il est  présent aux expositions de l’association "The print makers of Los Angeles" qui deviendra la "Print Makers Society of California"  en  1920, 1922, 1923 et 1926 .  


Au cours de l'été 1923  il expose à  la Charité sur Loire et à Thann.

En  1929, la Galerie Simonson 19 rue de Caumartin à Paris montre  des gravures et des dessins de Maurice Achener, accompagné d'oeuvres de Samuel Chamberlain et de José Pedro Gil.
 

1961, il est présenté en tant qu’artiste Alsacien, à la rétrospective "Soixante ans de gravure Alsacienne 1900-1960" organisée par le Cabinet des Estampes de Strasbourg, la bibliothèque municipale et la société Godefroy Engelmann de Mulhouse, au château des Rohan de Strasbourg.

2008 , L'association des amis de E et JJJ Rigal, propose des gravures sur l'arbre, dans le cadre d'une exposition de 110 gravures sur ce thème par des maîtres de l'estampe de 1800 à nos jours. Plessis Robinson (92).

Expositions personnelles
 

Dans les années 1920 il expose à Chicago, qui est à cette époque une des ville les plus avancées de la scène artistique des Etats Unis. Il présente ses oeuvres dans la "Albert Roullier Art Galleries"  ,  trois expositions personnelles sont ainsi organisées dans les années 1920 (dont une en 1927).  Plus de 90 de ses gravures y sont à chaque fois montrées.
 








Maurice Achener  fait l’objet d’une exposition personnelle à Paris dans la Galerie Marcel Guiot 4 rue Volney à Paris en 1927. Il y présente 54 gravures de paysages Italiens, de Strasbourg, de Paris de Fribourg et de Provence.



Le
catalogue de cette exposition est préfacé par l'historien et critique d'Art , André Blum: "... Ce n'est pas un promeneur distrait pour lesquels les aspects de la nature ne changent pas; il sent au contraire à chaque moment les effets différents produits par l'ombre ou le soleil, par le vent par les vapeurs qui montent de la terre, par les brumes, par les pluies qui modifient sans cesse la physionomie d'un coin de terre. Pour exprimer la vérité de ces harmonies, sa science joue avec dextérité du noir et du blanc, dont il fait ressortir les diverses valeurs sur ses épreuves, sachant indiquer par ses tailles ce que signifie chaque élément d'un paysage..." 

A l'occasion de cette exposition le journal américain "International Herald Tribune" lui consacre un article signé par Emily Holmes Coleman.
 

 

De 1922 à 1954 il travaille avec  la Galerie  Le Garrec Sagot, et du 26 Mars au 17 Avril 1943 ses oeuvres font l'objet de "Provinces Françaises vues par Maurice Achener"  l'inauguration est sous la présidence de Monsieur Vallery-Radot conservateur du Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale. La galerie est alors localisée 21 rue du Four à Paris dans le VIe. 










Il expose régulièrement à la galerie AKTUARYUS de Strasbourg.
 

En 1962, la ville de Mulhouse consacre une rétrospective à  ses soixante ans de gravures,  l'exposition est organisée par la Société Godefroy Engelmann.  
Dans la préface du catalogue de cette exposition "Gravure de Maurice Achener" il est indiqué que "ses gravures ont surtout figuré aux devantures de la Maison Alsacienne où elles attirent tout particulièrement l'attention des Mulhousiens".
"Cela dura jusqu'en 1962. Cette année-là, pour la première fois, la Société organisait une exposition consacrée à un artiste encore vivant, un des doyens de la gravure française, Maurice Achener, qui de surcroît était mulhousien. Le caractère quasi-officiel de la manifestation, qui apparaissait comme un hommage de la ville à l'un de ses enfants"

 En 1963 à l'occasion de son décès, la Bibliothèque Nationale de Paris, qui dispose d'un important dépot de ses oeuvres organise une exposition au Départements des estampes  : 
"Le Cabinet des estampes a présenté à partir du 10 juillet quelques gravures de Maurice Achener, en hommage à cet artiste disparu le 18 avril 1963.Né à Mulhouse en 1881, Mr Achener fut pour l'eau-forte l'élève de Peter Halm à Munich avant de suivre à Paris l'enseignement de Jean-Paul Laurens. Gravant depuis 1902 quelques bois, mais surtout 500 eaux-fortes, il se spécialisa dans le paysage. Ses vues d'Alsace principalement, mais celles aussi d'Italie, de Suisse ou de Bretagne montrent dans une facture traditionnelle une grande sensibilité. "


En 2003 suite à  une  donation,  la Bibliothèque-Médiathèque de Mulhouse organise l’exposition intitulée "La douce luminosité du ciel".
 

Photo-014.JPG

 

 

 

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28 janvier 2008 1 28 /01 /janvier /2008 22:45

Maurice Achener a réalisé ces copies de gravures de Durer, il a utilisé la technique de la gravure sur bois ou xylographie Dans l'inventaire du fond français il est indiqué qu'il y a été initié par Germain Jules et Herbert Lespinasse. Les deux estampes ici présentées sont des copie du personnage central de deux  des gravures de Christ-copie-1.JPGDürer intitulées :
Supplément à la grande passion : La cène 1510
Supplément à la vie de la vierge page de titre 1511 

les gravures de Maurice Achener sont inversées par rapport à l'original. 

Nous ne savons pas si l'objectif de ce travail était didactique ou si Maurice Achener, dont le monogramme est proche de celui de Dürer, voulait ainsi lui rendre hommage.

Vi--rge.JPG
Inscription près de la copie de Supplément à la vie de la vierge 
"fragment d'après Dürer à ma chère soeur Maurice Achener 08d--tail-Vierge.JPG"














Dimensions :
Christ  8 cm L. X 9,5 cm H. 
Vierge: 7,5 cm L. X 10,5cm. H.

D--taill-christ-main.JPGD--taill-christ-t--te.JPG
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14 janvier 2008 1 14 /01 /janvier /2008 21:26

undefined Maurice Achener a réalisé plus de cinquante gravures sur Strasbourg et ceci tout au long de sa vie, un hommage à la ville de sa jeunesse et de ses amis tel que Emile Schneider. 

Paul Ahnne , présente ainsi la ville de Strasbourg :
" Le vieux Strasbourg s'amenuise de décennie en décennie, mais bien des coeurs se souviennent et s'il ne dépendait que d'eux les vestiges qui méritent de subsister, la grâce et la poésie qui les baignent ne subiraient aucune atteinte. Il ne s'agit pas de nier les exigences d'une évolution naturelle et logique. Que les percées soient faites, que de vieilles maison soient remplacées par des nouvelles, que plus d'ordre et de clarté s'instaurent sous la règle de nos bâtisseurs modernes quoi de plus naturel !
" Mais de grâce ! Que l'utilitarisme, ce mot plus affreux encore que ne peut l'être parfois la chose qu'il désigne, ne bouleverse pas, ne dénature pas tout..."


Paul Ahnne 1959 "Strasbourg 1850-1950 "cité dans "Strasbourg naguère 1855 1945 " Pierre Feder et Astrid Gidoni Editions Payot Collection "mémoires des villes" 1979



En cliquant sur ici vous accéderez à notre présentation des gravures sur Strasbourg 

Focus sur la gravure du quai Saint Nicolas

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17 décembre 2007 1 17 /12 /décembre /2007 23:01

Saint-Jean-de-Monts.JPGCamille Mauclair (1872-1945) est un écrivain et critique d’art, spécialiste des peintres symbolistes. 

 

Il préface le livre « Cités et paysage de France », un ouvrage de  poèmes de Louis Maigret, illustré par douze peintres dont Maurice Achener et Yves Brayer et parut en 1944.

 

Le texte débute par  la vision de Camille Mauclair du paysage dans la peinture, ensuite il présente artistes qui intervenant dans l’ouvrage.

 

Il réalise un historique des tendances sur la représentation des paysages en penture, en partant de Horace Vernet et Corot qui travaillent  la ressemblance du  sujet comme des sculpteurs

 

« Ils voulaient que les portraits des sites soient aussi ressemblants que ceux de l’être humain. C’étaient des physionomistes. C’étaient aussi un peu des sculpteurs; car on a un peu oublié qu’un paysage est une sculpture sir les plans et les modelés de laquelle se jouent la lumière et l’ombre »   

 

Il les oppose aux impressionnistes puis au cubisme

 

«  Un des reproches que l’on peut adresser à l’art impressionniste par ailleurs si original et si séduisant, est d’avoir souvent sacrifié le caractère statuaire, la densité terrestre du sol, aux jeux subtils de ce clarté vibrante qu’un Monet ou un Sisley poursuivaient comme un papillon qui les défiait comme Protée. Derrière la pyrotechnie versicolore de l’impressionnisme, la réalité du site se dérobait au détriment du style de la construction, les éléments permanents n’étaient plus assez visibles ; et chez les imitateurs, chez les néo-impressionnistes et pointillistes plus encore, de tels défauts s’accusèrent jusqu’à amener la réaction cézannienne et l’excessive rigueur du cubisme, lequel finit par aboutir à une morne et ennuyeuse géométrie oublieuse de la nature…. « 

 

Puis il introduit les artistes, dans un courant en filiation avec les premiers artistes présentés.

« Les artistes dont nous voyons ici les œuvres se sont gardés de ces excès contraires,  ils se sont ralliés avec une tournure instinctivement, classique de leur esprit et de leurs goûts, à la tradition réaliste et physionomiste du paysage français. Sensibles certes à la magie de la lumière, ils lui préfèrent ce que nous appellerons l’éclairage des jours ordinaires, celui sous lesquels les choses se présentent le plus souvent à nous … Ce fut aussi l’opinion d’un Théodore Rousseau, d’un Millet d’un Corot ; avant tout la structure et le caractère, ce qui se retient et qui compte durablement. Et c’est pourquoi leurs ouvrages nous offrent une sorte de véracité stable et rassurante… »

 

« Ceux qu’on a réunit ici sont dus à des hommes dont les opinions sont conformes à cette orthodoxie. Ils sont en possession d’un métier sincère et solide qui n’a rien à voir avec la virtuosité et la jonglerie. Plusieurs d’entre eux sont des peintres graveurs, ce qui est une garantie d’observation minutieuse et réfléchie…>>

 

« Ces réflexions n’auront pas été inutiles pour préciser les intentions et les résultats des artistes dont nous allons examiner les rapports. C’est à ACHENER qu’on a demandé une image expressive de ce Poitou qui englobe les Deux Sèvres et la Vendée. Ce peintre, qui est aussi un excellent graveur, aime et pénètre la poésie mélancolique du pays maraîchin où partout l’eau affleure, et dont les rares bouquets d’arbres, parsemés dans l’étendue, sont tourmentés par le vent de la mer prochaine ainsi que les  ailes des vieux moulins existant encore : pays aquatique, où persistent les souvenirs de la chouannerie en des gentilhommières isolées… » 

Références sur Camille Mauclair :

Un blog sur le poéte Saint Pol Roux

Le blog livreenblog

"On sent s'évanouir toute idée
en voyant ce coin de Vendée
S'identifiant à la Hollande !
Même calme plat sur la lande
Qu'un chenal, un moulin à vent
Rehaussent de quelqu'agrément"


Cit--s-Paysages-France.jpg
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18 novembre 2007 7 18 /11 /novembre /2007 17:58

Pr-sentation1.jpgGALERIE MARCEL GUIOT

4 rue Volney, 4 -PARIS

 

EXPOSITION DE Maurice A C H E N E R

Son œuvre gravé

 

Préface de André Blum

(traduction de Llyod Sloane)

 

Du 12 Mars au 2 Avril 1927

 

Maurice Achener

 

 Pour la première fois de sa carrière, Maurice Achener réunit dans une exposition un choix de ses œuvres les plus importantes. Le catalogue complet pourrait compter plus de deux cents numéros depuis 1902, époque à laquelle il a commencé ses premiers travaux sur cuivres. Voilà juste un quart de siècle qu’il n’a cessé de produire des eaux fortes pleines à la fois de conscience et de sentiments, mais jusqu’à présent, il n’a été estimé que par quelques connaisseurs. Deux articles, l’un de M. Clément Janin, l’autre de M. Emile Seyden ont déjà signalé l’intérêt particulier de ces pièces où l’artiste fait preuve non seulement d’un excellent métier mais de grandes qualités émotives. 

 C’est un Alsacien de Mulhouse, où il est né en le 17 septembre 1881, fils d’un ingénieur qui lui apprit  avec la précision des méthodes, le goût de l’art. A la mort de son père ses dispositions pour le dessin qu’il avait favorisées, se développèrent ; Maurice Achener alla étudier à l’école des Arts décoratifs de Strasbourg. Cet enseignement ne répondait pas à ses aspirations et il se rendit à Munich pour compléter son éducation. C’est là que Peter Halm, un excellent  professeur lui enseigna l’eau forte. 

 Toute sa carrière est profondément marquée par l’empreinte des leçons de Halm, avec lequel il ne cessa d’entretenir des relations affectueuses jusqu’au moment de la guerre, où il fit campagne avec l’armée française. De  son séjour en Allemagne, il a gardé l’habitude d’une technique laborieuse et soignée qui n’exclut pas une extrême souplesse de dessin. Cette qualité frappa Jean-Paul Laurens dont il fut le disciple à Paris vers 1907-1908. Un jour qu’il corrigeait une étude académique, il lui dit familièrement, avec son accent toulousain : «  Et maintenant, continuez à dessiner. »

 Dans l’eau-forte, il traduit son émotion devant la nature. Ses gravures vibrent d’une lumière et d’une couleur étonnantes. Que d’une pointe fine et d’un acide mordant, il exprime le charme des vieilles pierres de Strasbourg, de Venise, de Vérone de Florence et de Brescia, et surtout de Paris, sa vision reste profondément personnelle. Il admire Rembrandt, mais il a trop de respect pour son génie pour chercher à l’imiter. De l’étude approfondie de ce grand maître, il a su tirer l’art de faire valoir la lumière d’un paysage uniquement par la variété, la justesse des valeurs qui donnent au blanc du papier toute sa clarté. 

 Dès le début de sa vie d’artiste, il a profondément compris tout ce qui assure à une épreuve son éclat et sa variété de tons. Dans ses premiers voyages en Vénétie, il a observé la poésie et le pittoresque des ruelles avec leurs vieilles maisons aux motifs sculptés, et il réussi à rendre avec sensibilité et émotion l’aspect décoratif des constructions anciennes et le monde des souvenirs d’autrefois qu’elles évoquent. Dolce farniente à Venise, La Tour à Vicence, La Via dei Girolami à Florence, montrent trois formes différentes de sa manière de concevoir la physionomie si curieuse des villes célèbres de l’Italie. Ici, une certaine mélancolie plane dans l’atmosphère des palais baignés par les eaux sur lesquels un pont jette sa courbe hardie ; là, des voûtes produisent des tâches d’ombre et rappellent par leurs tons heurtés les ruines de Piranèse. Ailleurs, une tour s’élance vers le ciel éclairée par le soleil et la lumière qui pénètrent à ses pieds dans des venelles très resserrées. 


 On pressent dans ces petites planches un paysagiste qui est aussi un illustrateur. Dans genre il a traité le bois, il y a une quinzaine d’année, avec une facilité et une habilité que soupçonnait certainement le critique Girodie, auteur responsable de son incursion dans le domaine de la xylographie. M. Girodie mit en relation  M. Achener avec un autre Alsacien, M  Spetz qui en 1909, lui demanda d’orner d’une trentaine de composition son poème Théodolinde de Waldner. Dans ses vignettes il s’est souvenu des bois de Dürer, qu’il a accommodé dans un style un peu romantique. Plusieurs fois, il a délaissé la pointe et le burin pour tailler le buis. Les bibliophiles connaissent bien ses illustrations de la Princesse Maleine, de Maurice Maeterlinck, en 1918 ; celles du Feu de d’Annunzio en 1919 ; celles plus nombreuses encore et plus importantes, qu’il exécuta pour la Faute de l’abbé Mouret de Zola en 1922, et tout récemment, ils ont apprécié ses planches pour Monsieur des Lourdines, d’Alphonse de Chateaubriant.

 Mais c’est l’eau-forte qu’il affectionne et à laquelle il paraît vouloir se consacrer avec le plus de joie. Il n’est pas gêné par un texte et il se liasse entraîner à une contemplation admirative de la nature. C’est un peintre de plein ait qui analyse finement et avec justesse les effets produits sur son âme par les arbres, les pierres et l’eau. Quelques vues de Paris, comme le Pont Royal, le pont de la Tournelles, la Place de la Concorde, donnent une idée de son talent. Elles dénotent un esprit soucieux de prendre sur le vif soit une perspective soit un espace de terrain. Mais il ne reproduit pas servilement ce qu’il voit il fait œuvre de composition. 

 Un des moyens qu’il emploie souvent, comme dans la Chapelle St-Josn à Fribourg ou la place de la Concorde, consiste à étudier attentivement soit un arbre, soit un socle, soit une chapelle qu’il met au premier plan en pleine valeur, tandis que dans le fond s’estompe le profil des édifices légèrement indiqués. Il y a là un contraste entre les noirs du premier plan et le blanc lumineux des perspectives aériennes. Dans le Pont St Nicolas, à Strasbourg, on retrouve encore cet effet si heureux, qui traduit avec tant d’émotion l’opposition entre les arbres placés au bord de l’eau près du pont, en avant et la ligne de maisons qui se dessine à l’horizon.

 
 Ce ne sont pas seulement les villes dont il a su exprimer la vie et l’atmosphère : c’est aussi la campagne dont il a compris la poésie intime et discrète.
 

  A Fiesole, s’il s’arrête devant une ferme toscane, il trouve les traits justes pour rendre l’aspect séduisant et pittoresque de ces maisons aux toits hauts et carrés, derrière lesquels d’étage une file de cyprès s’élevant vers le ciel, tandis que d’autres sont esquissés dans le fond au pied d’une colline. S’il se promène dans le midi de la France, en Provence ou en Savoie, il découvre dans ces régions un charme très subtil. Une pointe sèche des plus heureuse est intitulée Le Bastidon. Si ce n’est pas une des plus importantes dans l’œuvre de Maurice Achener, c’est peut être une de celles ou il atteint au maximum de puissance avec un minimum de moyens. Dans le tableau qu’il a composé pour cette scène des environs de Aix, la peinture ne peut faire sentir avec que la pointe, l’atmosphère méridionale qui enveloppe la composition. Un route dessinée d’un trait discret, est bordée par une maisonnette près de laquelle se dresse un cyprès ; la tache de cet arbre d’un noir intense à laquelle l’artiste a gardé d’une manière si heureuse les « barbes », contraste avec le ciel lumineux. Le Passeur – la Ferme du Comtat -  le Monastère du Val d’Ema – la villa Vivai, ne sont pas moins attrayants par ce mélange d’arbres aux tronc noueux, aux masse sombres, s’opposant aux rayons de soleil pleins de douceur qui baignent  de lumières les lointains du paysage.

 Par ce côté, Maurice Achener s’apparente à nos illustres paysagistes comme Claude Lorrain, dont il continue la tradition, en utilisant surtout comme lui «les objets au-delà du deuxième plan qui diminuent vers l’horizon et se perdent dans le ciel ». 

 L’eau-forte et la pointe sèche sont pour lui un merveilleux moyen de noter avec sûreté et sensibilité ses différents états d’âme devant les sites pittoresques d’Alsace, d’Italie et de France. C’est surtout dans la pointe sèche qu’il trouve des oppositions saisissantes d’ombres et de lumière, tout en faisant ressortir d’un trait nerveux les fines découpures des arbres, l’anatomie pour ainsi dire d’un bois, dans lequel il entend palpiter la vie. Ce n’est pas un promeneur distrait pour lequel les aspects de la nature ne changent pas ; il sent au contraire à chaque moment les effets différents produits par l’ombre ou le soleil, par la le vent par les vapeurs qui montent de la terre, par les brumes, par les pluies qui modifient sans cesse la physionomie d’un  coin de terre. Pour exprimer la vérité de ces harmonies, sa science joue avec dextérité du noir et du blanc, dont il fait ressortir les différentes valeurs sur ses épreuves, sachant indiquer par ses tailles ce que signifie chaque élément d’un paysage. 

 
 Ce qui ajoute encore une coloration particulière à ses estampes, c’est le choix heureux de papiers anciens collectionnés par lui habilement depuis quelques temps , qu’il emploie avec beaucoup d’à propos pour chacun de ses tirages. Ces moindres détails accusent une technique appliquée, due au travail assidu de sa jeunesse, mais renouvelée par un commerce avec nos grands maîtres de l’eau-forte et surtout par l’étude directe de la nature. Il n’était connu hier que d’une élite ; cette exposition mettra en pleine lumière, pour le grand public, le nom et l’œuvre d’un artiste d’une réelle sensibilité, d’un incontestable talent, resté volontairement mais trop  longtemps dans l’ombre.

 


ANDRE  BLUM
   

 

 

 

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17 novembre 2007 6 17 /11 /novembre /2007 22:23

undefined 

André Blum a réalisé le catalogue de l'exposition de Maurice Achener à la galerie Guiot en 1927. André Blum est un historien, il fut conservateur des dessins du Musée du Louvre. 

Formé par l'école du Louvre, il avait consacré une thèse sur Louis XVI et la Révolution. Il étudia le sujet de la caricature dans ce contexte historique.

 

Conservateur au Louvre, il s'occupa notamment de la collection de Rothschild. Cette riche collection est entrée au Louvre en 1936, date de la donation effectuée par les héritiers du baron Edmond de Rothschild, conformément aux voeux de ce dernier ; elle est rattachée au département des Arts graphiques.


C'est un spécialiste de l'oeuvre du peintre le Lorrain :
BLUM , André, Exposition Claude Gellée, dit Le Lorrain : son œuvre gravé, Galerie Marcel Guiot, du 20 Novembre au 9 Décembre 1926, Paris, La Galerie, 1926.
BLUM, André (ed.), Les Eaux-fortes de Claude Gellée dit le Lorrain [présentées par André Blum], Paris, A. Morancé, 1923.

Il est l'auteur de nombreux autres ouvrages dont :

HISTOIRE GÉNÉRALE DE L' ART-DES ORIGINES A NOS JOURS qui fut rééditée plusieurs fois, et qui se voulait un ouvrage de vulgarisation sur le sujet. 1923

Les primitifs de la gravure sur bois : étude historique et catalogue des incunables xylographiques du musée du Louvre : Cabinet des estampes, collectin Edmond de Rothschild. Paris : [s.ed.], 1956.

Les origines de la gravure en France: les estampes sur bois et sur métal, les incunables xylographiques. Préface du comte A. de Laborde.Paris, Bruxelles, G.van Oest, 1927. VIII-92p-78 pl. 33cm.
Les origines du papier, de l'imprimerie et de la gravure. Paris, La Tournelle, 1935, in -8°, 250 p.





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