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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 21:29

 

Les grilles du parc , par Marie-Anne Chenerie

 

Je n'aime pas les animaux empaillés, et je n'aime pas les photos installées sur les grilles des jardins publics  ou les murs des  bâtiments ; d'ailleurs, la photo ne m'intéresse que rarement...

Tout était donc rassemblé pour que l'exposition de photos de taxidermie accrochée aux grilles du Jardin des Plantes ne me plaise pas énormément . Et , c'est bien confirmé !

 

rhino.JPGQuelle mode  étrange d'exposer des photos, toujours intéressantes, parfois belles , aux grilles d'un parc, par exemple, sur ces grilles du Jardin Luxembourg : vous  regarderez les photos et vous ne verrez pas la finesse des ferronneries, le dessin des branches des arbres nus, l'ordonnancement subtil des chaises métalliques , la blancheur de la statue, vous ne sourirez pas du spectacle des deux charmantes vielles dames  qui se régalent de leurs macarons achetés sur la place proche , bien installées au soleil sur ces mêmes chaises métalliques , que tout le monde guigne depuis une heure au moins !

parc.JPG 

 

statue-2.JPGAlors, j'ai certes été intéressée par ces photos pédagogiques autour des animaux empaillées, il est vrai que certaines sont oniriques, comme celles de la mariée-ourse polaire, qui soulèvera son voile quand elle aura dit oui  ou ce rhinocéros à l'oeil si mélancolique  ; mais je  préfère regarder ces statues et leur petit matelas de neige, ce faune au sourire si triomphant. Mais je suis de très mauvaise foi,  vous le savez  bien , car serais-je venue , ce  dimanche matin glacial , dans ce Jardin des Plantes désert  , si je n'avais pas été attirée par l'annonce des ces photos exposées ?ours.JPG

 

statue-1.JPGInformations pratiques :

Taxidermie, dans les coulisses du Museum

exposition de photographies au Jardin des Plantes ( 75 005 ), jusqu'au 21 mars

 

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 19:50

Louvre-006.JPGLes adultes qui continuent à avoir besoin de dessiner par Anne Le Menn

 

Louvre-005.JPGNous avons tous dessiné quand nous étions enfants. Avec un crayon, un bout de papier nous avons tracé : une ligne, une rature, un bonhomme têtard, une maison, un papa, une maman, une famille. Certains continuent toute leur vie, d’autres pour des raisons inconnues arrêtent.

Yvon Mutrel commissaire d’exposition pour « A dessein... Les tendances du dessin contemporain » invite neuf artistes aux personnalités contrastées, qui toutes s’expriment par le dessin.

 

Louvre-007.JPGDans la vidéo réalisée en complément de l’exposition, chacun des exposants, explique sa démarche : Nadya Bertaux dessine directement sur le mur, in situ, une oeuvre éphémère, qu’elle rapproche de la sculpture. Comme les dessinatrices en tandem : Pauline Martinet & Zoé Texereau, qui décrivent avec efficacité l’ennui tendre des dimanches dans la chambre tapissée du pavillon des parents. Alain Cardenas-Castro reste proche de l’enfance en s’immergeant dans ses souvenirs. Virginie Rochetti redessine à sa façon la tapisserie de Bayeux, dont elle brode avec humour une version contemporaine : les écrans, les slogans publicitaires étranges, les actualités sanglantes, retracent une époque violente, cynique mais cocasse. Tandis que Karen Heyblom couvre d’immenses feuilles de papier d’un monde fantastique marqué par l’absence de l’homme. Des parcours et des univers très différents, pour des artistes qui ont bien fait de garder en eux l’enfant qui dessinait.

 

Informations Pratiques
Espace d´art contemporain Eugène Beaudouin
Résidence Jean Zay - Rue Lafontaine.
92160 Antony

http://www.espacebeaudouin.com
 

 

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 20:22

 

Nocturne chez les Pharaons au Louvre par Anne Le Menn

 

Après le Musée des Augustins de Toulouse, nous continuons nos excursions dans les musées, avec le Louvre et ses antiquités égyptiennes.

 

 Dans le couloir d’accès qui part de Palais-Royal, en ce vendredi soir, un personnage au casque blanc, pose  avec un Minitel à la main, en arrière plan la pyramide éclairée du Louvre. Une analyse poussée de la photo par un connaisseur détermine qu’il s’agit  d’un soldat de l’étoile de la mort  (tomes  4, 5, 6 de la Guerre des Etoiles de Georges Lucas).Louvre-2.JPGLouvre--1.JPG

Drôle de rencontre pour ce début de visite du musée, ma compagne de sortie est une spécialiste de l’Egypte ancienne.  Pendant des années mes connaissances sur le sujet s’étant limitées à la lecture assidue d’ »Astérix et Cléopâtre », nous avons décidé de profiter de sa carte du Louvre*, pour un nocturne d'approfondissement sur cette période historique. Elle m’informe que des détails d’ « Astérix et Cléopâtre » sont inexacts : les esclaves ne portaient pas de "pschent", un "cache-perruque" rayé bleu et blanc, en lin, coiffure réservée aux pharaons morts. Uderzo et Gossinny ont ainsi induit en erreur des générations de lecteurs de bande dessinée.

Au Louvre, la première difficulté est de ne pas se perdre, mon guide malgré une bonne fréquentation des lieux, stresse à l’idée de ne pas se repérer.  Sollicitée, une charmante hôtesse nous explique : traverser le Louvre médiéval et  à gauche et à gauche, si on se retrouve chez les antiquités grecques c’est que ce n’est pas bon. 

Dérangeant  un couple de touristes qui s’y embrasse, nous trouvons et entrons dans le Mastaba. Dans le tombeau,  des fresques recouvrent les parois intérieures. Mon pilote m’explique les hiéroglyphes, qu’elle lit dans le texte, ils chantent les louanges du mort, selon l’usage c'est-à-dire de façon assez exagérée. L’égyptien antique ne fait pas le modeste dans sa tombe. Admirative, j’ai l’impression d’accompagner un archéologue dans une première exploration d’une pyramide inconnue.

Si je résume, les égyptiens riches occupaient leur vie à préparer leur mort, ils se construisaient donc des palais funéraires équipés de tout ce qu’il leur semblait nécessaire à une  survie dans la durée. Les pharaons étant d’essence divine et immortels ils prévoyaient large. Comme ils pouvaient utiliser des représentations de ce dont ils avaient besoin pour s’assurer de leur disponibilité éternelle, des fresques montrent des pains, des jambes de bovins (très appréciées) et autres mets, une princesse pense à ses produits de soins esthétiques. Pour s’assurer de disposer des quantités nécessaires des symboles de chiffres permettent de multiplier par dizaines de milliers.

Momie au LouvreUne momie, dont on me fait remarquer la beauté des bandages, un croisement savant de tissus de lin, me fait pitié. Le corps millénaire semble si présent sous la préparation destiné à le conserver. Dans la  civilisation égyptienne on imaginait que pour  survivre, des vivants devaient continuer à prononcer le nom des morts, les égyptiens qui reposent maintenant au Louvre voient donc leurs vœux exaucés par les visiteurs qui passent les observer, je ne sais pas si c’est ainsi  qu’ils le souhaitaient.

 

Information pratique La carte des amis du  Musée du Louvre permet une entrée gratuite pour une personne accompagnatrice lors des nocturnes du musée le mercredi et le vendredi après 18 h.  


 Musée du Louvre, 75058 Paris.  Ouvert tous les jours de 9 h à 18 h sauf le mardi.  Nocturnes jusqu’à 21 h 45 le mercredi et le vendredi. Entrée pour les collections permanentes 10€.

 

 

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 21:57

 

W Y S I W Y G : l'artiste , c'est vous ! Par Marie-Anne Chenerie

 

            Onze heures, un samedi matin de janvier, rue du Chevaleret , un vent coupant, un soleil éblouissant qui ne cache rien de ces tours  des années 60 à l'architecture sommaire et triste et … de façon tout à fait inattendue, une grande porte noire ( que l'on aurait pu prendre pour une porte de garage ) . Une jeune fille en robe orange électrique ( cette robe est importante pour la suite ) , souriante, reçoit les visiteurs  dans ce lieu étonnant : le lieu d'exposition de  la collection Rosenblum and Friends , ici  autour du thème «  WYSIWIG» , prononcer «  wisiwig ») 

            What You See Is What You Get, au delà de cet acronyme ( celui d'un logiciel,  interface d'utilisateur qui permet de composer visuellement le résultat voulu , où l'on voit directement à l'écran à quoi ressemble le résultat final  ) ,  cette exposition  qui est à remarquer par  la qualité des oeuvres exposées, est surtout exemplaire de cette démarche d''art contemporain , exigeante et passionnante.

            Le titre est en fait détourné en «  What Y(oung people ) See Is What You get », mais en dehors du fait d'insister sur la jeunesse des artistes ( entre 30 et 40 ans en général), cette nuance dans le titre apporte pour moi peu d'éléments , car l'exposition va bien au delà d'un plaidoyer pour la jeunesse ( des artistes, des techniques ..)

 

            C'est en effet  toute l'évolution de notre savoir  qui est ici résumé : après la tradition orale , puis la science de l'écrit, des bibliothèques, de l'accumulation,  aujourd'hui nous avons tout à disposition , techniques, connaissances , possibilités , tout est à notre main, sans effort  , grâce en particulier à ces techniques web , d'ailleurs souvent utilisées par ces artistes .

 

            C'est donc une nouvelle démarche créative  qui doit intervenir pour dépasser ce stade sans issue , non pas celle de l'art « classique » , à la technique parfaite , au évocations guidées :c'est à nous spectateur de créer l'oeuvre , de choisir , de continuer, à partir des clés données par l'artiste : après le savoir, et au delà, il restel'innovation, l'intelligence , l'inattendu.

 

            Mc-Ewen_BDoor.jpegMcEwen_Stretcher.jpegAinsi ces oeuvres de l 'Anglais Adam Mac Even, cadre ou plaques d'égoût en graphite , matériau improbable , fragile et destiné au dessin ( la mine et non le corps du crayon ) , qui nous laisse remplir ce contour ou cette image ; plus encore ces 3 tableaux de l'Américain Jacob Kassay ( 27 ans) , de « simples » pellicules d'argent , irrégulièrement travaillées et qui nous proposent  les reflets changeants de ce qui est devant : la fameuse robe orange diffuse sa lumière, notre groupe est mouvant et incertain, j'imagine ce tableau devant un ciel ou une foule ...Il n'existe bizarrement que par ce qui est devant et qui est capable de le regarder . Et la nuit , quand tout est sombre et vide , que reflète t il ?

 Kassay_diptyque.jpeg

     Kassay_untitled.jpeg       C'est même toute notrerelation au monde qui est décrite : « ce que nous voyons ( ressentons , sentons ) est ce que nous obtenons » , et donc, par définition, est unique et différent de ce qu'obtient  mon voisin , notre «  voir » est tout aussi légitime que le sien . D'autant plus que , nous pouvons évoluer, changer d'avis : une grande leçon de créativité et de tolérance, qui laisse la place au regard de l'autre, en prenant le risque de son interprétation et de son intrusion.

            Donc, It's Up To You ( ces jeunes artistes sont souvent anglophones ), « c'est à vous » ( dans tous les sens de l' expression ) , moi artiste je propose et toi passant, spectateur , auditeur , voisin, ami, étranger , tu disposes

 

Informations pratiques :

rosenblum-logo.jpg183, rue du Chevaleret
75013 Paris

www.rosenblumcollection.fr, réservations sur le site internet de la collection

10 e l'entrée ( visite guidée)

 

Les illustrations ont été fournies par la Collection Rosenblum and Friends

 

 

 

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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 15:21

Toulouse , le Musée des Augustins , un soir de Noël ... par Marie-Anne Chenerie

 Vous vous êtes trouvé au bord de l'explosion avec les courses , les caprices des jeunes ( et des moins jeunes ) , les histoires de famille ressassées , la surdose de chocolat ?

            J'ai en ce qui me concerne trouvé l'antidote , une visite au Musée  , en cet après midi où vous êtes certain de vous y retrouver seul . A mon avis en effet :  pour lire, comme pour voir une oeuvre d'art , il vaut mieux être seul , sans doute est ce un point de vue personnel !

             Et quand ce Musée est un superbe cloître en brique rose , le Musée des Augustins à Toulouse , c'est une plongée dans le silence et l'art intemporel .

            Au départ, j'y ai été attirée par l'exposition «  Petits théâtres de l'intime » , des petites oeuvres dites «  de boudoir » datant de la fin de l'Ancien Régime et une affiche affriolante . Ce qui, vous en conviendrez est un peu décalé pour une exposition qui se tient dans un ancien couvent , et qui plus est à l'intérieur de l'immense et magnifique église .

 

            Mais , de fait, j'ai été arrêtée sur le chemin de l'exposition  par quelques très belles oeuvres , dans ses gardes salles vides , avec quelques jeunes gardiennes plus occupées à échanger les sms de noël qu'à surveiller les visiteurs,  et qui vous sourient d'un air gentiment gêné quand vous les surprenez , mais qu'importe .

            D'abord, il y a ces fameuses gargouilles  , alignées le long du cloître, ces  êtres qui hurlent parce qu'ils sont  monstrueux, seuls, détestés, craints , dans leur désert glacé. Jamais je n'avais regardé d'aussi près ces « visages » mi homme mi animaux , et  senti que à travers les siècles et leur monstruosité, nous avions peut être quelque chose en commun ? gargouille3.jpg

 

            Il y a eu ensuite ce beau visage endormi ou mort du chevalier dans sa niche de briques roses , le marbre blanc du dernier sommeil et la beauté des traits  chevalier.jpg

 

            Enfin , ce chef d'oeuvre, Notre Dame de Grasse, ND-de-grasse2.jpgce visage  fin, triste , doux  et volontaire , qui a servi de modèle à tant de médailles de communion à Toulouse  et cette attitude si naturelle et si peu conventionnelle de l'enfant et de sa mère , qui détournent leurs visages  et leurs corps l'un de l'autre . Bien sûr de savants exégètes vous expliqueront que chacun regarde un des donateurs de la sculpture , installée dans un groupe de personnages . Mais je préfère y voir la spontanéité  de cette très jeune fille, qui peut être n'est pas encore certaine d'accepter son destin ?

 

            gargouille-2.jpgJe quitte le musée, sans avoir vu la fameuse exposition, croisant les gargouilles qui s'immobilisent pour la nuit dans le soir qui tombe sur le grand cyprès noir du cloître. Vite happée par « la vraie vie » et une jeune voix d'adolescente, au visage aussi lisse et doux que celui que je viens de croiser , qui hurle , surexcitée en s'accrochant à mon bras  «  Maman, Maman, j'ai trouvé les chaussures de ma vie! ». Et oui, tout le monde ne parle pas à l'oreille des  gargouilles ….et tant mieux !

 

Informations pratiques :

Musée des Augustins , musée des Beaux Arts de Toulouse

21 rue de Metz

31 000 Toulouse

entrée : 8 € ( tarif réduit : 5 €)

Exposition «  Petits Théâtres de L'intime », jusqu'au 22 janvier 2012 .

 

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 21:00

Samouraï, armure du guerrier".

 

Les S(a)igneurs de la guerre par Michel Duvail

 

exposition-samourai-paris-1-.jpgFer, laque, bronze, argent, or, cuir, crin de cheval… les armures des samouraïs s’exposent au Musée des Arts Premiers. Si vous êtes amateur-rice d’armures et que le musée des Armées n’ait pas complètement satisfait à votre curiosité, le musée des arts premiers prend le relais en présentant une superbe collection d’objets ayant appartenus à des samouraïs. Les 140 pièces présentées couvrent plus de six siècles d’histoire japonaise.

 

samourai2.jpgMême si vous n’êtes pas féru d’art militaire, les armures, les armes, les casques exposés relèvent de l’œuvre d’art… guerrière. Comme en Europe, la sophistication de l’armure renseigne sur le rang social de son porteur ; par contre, elles semblent nettement plus légères à porter que celle de nos chevaliers.

 

Même si vous avez une certaine reluctance à vous extasier devant l’art de la guerre, on ne peut que souscrire au fait que le musée du quai Branly expose la plus belle collection d’armures japonaises au monde et qu’il serait dommage de ne pas faire une halte à la mezzanine du musée.

 

samourai-4.JPGCe sont des objets complexes qui sont présentés et on peut tout à fait rester hermétique aux techniques de fabrication de ces armures et des différents corps de métiers qui ont contribué à leur façonnage : tisserands, dinandiers, forgerons, laqueurs, plumassiers etc., mais il est difficile de résister à leur beauté et à leur sophistication, même si leur finalité était d’être un instrument de guerre et de mort. D’autres armes utilisées par les samouraïs sont également exposés, en particulier des épées, des arcs et des chevaux harnachés pour le combat.

 

samourai-7.JPGUne mention spéciale pour la mise en valeur des casques en métal laqué, aux ornements empruntant à la nature comme ce superbe casque en forme d’énorme coquille saint jacques. Ces casques avaient pour rôle d’identifier le rang du combattant dans la mêlée des combats, mais également d’effrayer l’adversaire sur le champ de bataille. Au fil des siècles, la sophistication et la performance des armements auront raison de ces armures de combat qui évolueront progressivement vers des armures d’apparat.

 

samourai-8.JPGComme souvent au Quai Branly, on a l’impression que le musée n’a plus suffisamment de budget pour éclairer les vitrines. Et on peut regretter que les détails des armures (beaucoup moins vrai pour les casques) ne soient pas suffisamment mis en valeur faute d’un éclairage adéquat.

 

Mais il y a quelque chose de paradoxal dans cette exposition c’est la confrontation entre la finalité guerrière des objets présentés et la délicatesse et la sophistication de leur réalisation. Mais peut être que dans 3 ou 4 siècles, nos enfants se pâmeront devant l’uniforme du pioupiou du milieu du XXème siècle ? 

 

 

Samouraï, armure du guerrier". Musée du quai Branly, 37, quai Branly, Paris 7e.

Du mardi au dimanche, nocturne jusqu’à 21 heures les jeudi, vendredi et samedi.

Jusqu'au 29 janvier 2012

Tarif : Billet Collection 8.50 €, tarif réduit : 6 €.

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 18:50

 

Fondation Cartier :  tant d'inconnues !  

L'avis de Marie-Anne Chenerie

 

            Oui, 9,50 € c'est cher pour voir de grandes pièces plutôt vides et quelques formules   mathématiques sur les murs .

            Et si , comme pour moi, le mot « mathématiques »  évoque :   interrogations écrites, bulletin, « je relève les copies » et la boule au ventre du dimanche soir, après avoir lu  l'article de mon excellent collègue Michel Duvail, vous n'aurez  certainement aucune envie d'y aller .

 

            Eh bien, contre toute attente, je vous suggère d'y aller et même d'y passer du temps . Comme tout le monde j'ai tendance à rejeter ce que je ne comprends pas , mais ici j'ai rencontré des chercheurs , qui sont attirés par ce qu'ils ne peuvent pas encore comprendre et dont ils sont persuadés que ces phénomènes peuvent s'expliquer, dans notre dimension ou dans une autre .

            maths 1Cette visite a été pour moi une occasion unique, celle de comprendre que , au-delà de tout ce que j'associais au mot «  mathématiques », il y a en fait une immense profondeur. L'imagination  part au grand galop, lorsque vous comprenez , au fil des videos et des démonstrations que ce qui nous entoure , le vent, les plumes du paon, la vague peut s'écrire avec quelques formules toujours exactes . Et qui sait, celui qui saura écrire ces formules aura le  pouvoir  sur terre et dans l'air , comme dans ce roman «  Les cordes de Kant ».

            J'ai aimé la simplicité et la sincérité absolue de tous ces mathématiciens , m'émerveillant que hommes , femmes, jeunes, vieillards , indiens , américains , égyptiens, se retrouvent dans cette quête  toujours débutante de la modélisation de ce qui nous entoure .

 

            Et enfin, pour la dimension esthétique, j'ai pu faire le rapprochement ( qui n'a pas été très bien illustré je l'avoue dans l'exposition ) entre les créations  de l'art islamique et les formules des mathématiciens, à l'âge d'or des civilisations arabes . Je vous propose ici quelques unes de ces merveilles.maths-islam-1.jpg 

 islam-2.jpg

            Esotérisme , science- fiction, poésie, passion et beauté, voilà ce que j'ai trouvé dans cette exposition …..mais cela n'est que mon avis , et si j'ai pu lire beaucoup de critiques plutôt sévères, c'est sans doute que la démarche n'a pas vraiment atteint son but . Sauf que cela me confirme encore dans mon intuition : la réussite d'une exposition n'est pas celle des  oeuvres exposées ,quelle que soit la valeur de la mise en scène , mais bien  la réussite , parfois aléatoire , et en tout cas individuelle , d'une rencontre entre un spectateur et une oeuvre , ici une oeuvre mathématique . 

 

Les illustrations d'art islamiques ont été tirées de l'ouvrage «  islamic patterns » de la très bonne collection «  The Pepin press »

 

Informations Pratiques  

Jusqu'au 18 mars 2012 

FONDATION CARTIER POUR L’ART CONTEMPORAIN
261, boulevard Raspail 75014 Paris France
Tel : +33 (0)1 42 18 56 50


Les expositions sont ouvertes au public tous les jours sauf le lundi, de 11h à 20 h.
Nocturne le mardi jusqu’à 22h. 

 

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 19:32

Ménagerie  féérique  Bêtes off à la Conciergerie par Michel Duvail

 

Le centre des monuments nationaux organise une rencontre originale entre art contemporain, patrimoine national et nature en créant une forêt fantastique composée d’animaux imaginaires.

 

De grandes palissades tendues de plastique gris masquent la forêt aux animaux qui attend l’arrivée du visiteur. Après avoir été exposés pendant le printemps et l’été dans différents châteaux et espaces culturels, ces bêtes migratoires sont venues passer l’hiver à Paris en investissant la salle des gens d’armes de la Conciergerie.

 affiche.jpg

 

Crédit photos : CNM

 

En pénétrant dans cet espace magique, vous serez confrontés à d’étonnantes rencontres. Au gré de vos pérégrinations vous croiserez : un narval, une baleine, une orque, des cerfs, des girafes, un tatou tronçonné, des vautours invités à la table d’un festin, un arrière train d’hongre, une sublime chouette effraie, des théories de mouches, un âne peint en zèbre, des vipères pendues,  un ours descente de lit en caisse de cartouches et d’explosifs mais aussi des psaumes, une maison bibliothèque en plume, des cages, un pigeonnier, des ruches. Un véritable bestiaire échappé d’une crèche imaginaire et déjantée mais d’une grande originalité.

 image1.jpg

 

Here is the end of all things (Hic terminus haeret) de Claire Morgan © Laurent Lecat/CMN

 

Une œuvre magnifique de Claire Morgan : « Here is the end of all things » occupe le centre de l’exposition et suscite l’admiration des visiteurs. Une chouette effraie saisie en plein vol suivie d’un vortex, flottant dans un espace composé de matériaux du règne animal (des nuages de mouches suspendues : à mon avis plus de 25 000) et végétal (autant de graines de chardon). Cela donne un effet de légèreté et de précarité de la vie dans un espace géométrique parfait composé de 4 cubes. Dans cette représentation de l’arrêt du temps, cette chouette vient en perturber le rigoureux ordonnancement de l’œuvre et lui donne une dynamique. Rien que pour cette sculpture il faut aller voir cette exposition.

 

 image2.jpg

 

Here is the end of all things (Hic terminus haeret) de Claire Morgan © Laurent Lecat/CMN

 

Finalement, cette exposition nous amène à réfléchir à la fois sur la précarité de la vie et sur les rapports entre l’homme et de l’animal en remettant en cause notre arrogance anthropocentrique.

 

Ce serait injuste que cette exposition ne soit pas le clou de Noël de nos chères têtes blondes, alors n’hésitez pas à visiter cette forêt animalière oscillant entre féérie et diablerie.

 

A noter qu’il n’y a aucune indication, aucun carton, aucun texte, vous devrez vous fier à votre instinct et au dépliant remis à l’entrée.image3.jpg

 

Crédit photos : CMN

 1image4.jpg

Dates et horaires :

Conciergerie : 2 boulevard du Palais – 75001 -Paris

Du 16 novembre 2011 au 11 mars 201

Ouvert tous les jours de 9h30 à 18h sauf jours fériés le 25 décembre 2011

Plein tarif : 8,5 €

Tarif réduit : 6 € 

 

 

 

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 20:45

 

Les Gobelins : installations  inattendues par  Marie-Anne Chenerie

 

            Surprise à l'entrée de l'exposition: « Décor et Installations » des vénérables «  Gobelins »: vous entrapercevez par la grande porte ouverte de l'exposition des cadres retournés , déposés par terre, superposés, un mur d'une couleur indéterminée ,entre le beige, le marron et le jaune . « L'exposition est finie? » demandez vous à la caisse, un peu vexée de ne pas avoir été plus vigilante sur le dates . «  Non,madame , C'EST l'exposition » vous répond-on d'un ton mi- moqueur mi- agacé.gobelins-entree.jpg

            Le textile, le tissage, le tapis est bien au coeur de cette vingtaine d'accrochages, depuis les panneaux de bandes tissées   qui jalonnent le parcours , jusqu'aux tapis classiques ou détournés .

 

            Si l'ensemble donne parfois l'impression d'une juxtaposition  ( les néons de Morellet dans des cadres anciens , à côté des transparences de Ruyant, par exemple) , j'ai retenu trois oeuvres ,de mon point de vue très réussies, tant par leur qualité intrinsèque que par leur relation avec l'espace d'exposition .

 

            gobelins_aballea_small_GMA.jpgTout d'abord les 2 fauteuils «  Jour » et «  Nuit » de Martien Aballéa , dans un décor sombre et sur un tapis subtilement moucheté : deux fauteuils anciens , pur Louis XVI, recouverts de tissus brodés , l'un en positif, l'autre en négatif, d'après une même image numérique . Et même si vous n'êtes pas obligé d'en connaître toute la fabrication, vous appréciez les contraires qui se valorisent et se répondent : le passé et le présent, le jour et la nuit, l'argent et le doré  l'abstrait et le figuratif .

 

           gobelins-poirier.JPG Ensuite , l'installation d'Anne et Patrick Poirier «  Fabrique de la Mémoire » , qui vous amène , dans un parcours de miroirs , à regarder autrement les superbes «  Gobelins », leurs chevaux, les feuillages, les armures , les tentures, se reflétant à l'infini dans des miroirs fermés sur eux mêmes . Le gardien, gentil et fier de la mise en scène, vous fait enfiler des chaussons en non-tissé ( et ces chaussons sont bien la seule chose «  non tissée » de l'exposition ! ) pour pénétrer au coeur de ces  reflets .gobelins classique « Attention, ça glisse », vous dit il paternellement, c'est vrai que le parquet lambrissé et ciré de la galerie glisse sous vos chaussons, accentuant votre léger vertige. Et par un phénomène étrange  le motif reflété vous paraît quasiment vivant, son original de la tapisserie semble appartenir au passé, couleurs plus ternes, contours un peu flous.

 

           ruyant.jpg Enfin, les carrés brodés de Didier Trenet, humour et inquiétude devant ces motifs délicatement brodés : non, pas de  fleurs, mais des mouches, des insectes peu décoratifs ...Un vrai paradoxe, poétique et dérangeant.

 

            Des techniques et un savoir faire historiques, parfaitement maitrisés utilisés dans le champ de l'art contemporain : une vraie réussite  soulignée par les éclairages  la Manufacture, qui ne dépareraient pas une «  Nuit Blanche ». 

 

Les illustrations sont des photos personnelles ou ont été extraites du dossier de presse.

 

Informations pratiques :

DECOR ET INSTALLATIONS, jusqu'au 4 avril 2012



 

 

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 20:30

Penn-ar-Bed à l’Espace Fondation EDF    logo                 

 

7 fois plus à l’Ouest par Yann Kersalé

 

Par Michel Duvail

 

C’est par une approche mystique de la Bretagne, que cette exposition nous accueille. Vous entrez et immédiatement vous êtes désorientés. Le noir et l’oppression dominent, le temps de vous adapter à la pénombre et c’est la musique, les sons et les bruits qui renforcent ce sentiment.

 

lune.jpgAu travers de 7 sites bretons, quatre naturels et trois contemporains comme le radôme de Pleumeur-Boudou entré dans les grands sites bretons au début des années 60, Yann Kersalé nous fait pénétrer dans son monde de lumière noire en retraçant les mises en lumières qu’il a réalisées en juillet et août 2011.

 

Les 3 espaces d’Electra : rez-de-chaussée, sous-sol et mezzanine sont organisés autour des trois thèmes : l’eau, la nature, l’urbain industriel. Les noms donnés aux installations sont évocateurs, même si un peu pompeux comme :

 

- Profondeur des lames - Un océan d’algues fait de bandes plastiques blanches irisées par une lumière bleue et jaune pendues du plafond au sol que l’on peut traverser sur toute leur longueur et vous transforme illico en homme grenouille.

 

- Verticale allongée : installation très originale : un long tunnel bordé de miroirs recrée l’illusion de la mer aux couleurs bleues changeantes. Il faut s’asseoir au fond de l’espace et se laisser bercer par le bruit des vagues et imaginer…

 

- Dorsale des vents présente quelques réminiscences avec l’œuvre de Nils Udo.

 

- Eboulis d’images du monde utilise la structure gonflable en dacron du radome de Plomeur Boudou (qui abritât la première antenne de réception satellite) comme écran géant de TV et le résultat est saisissant.

 

- Chaos du feu de la forêt d’Huelgoat ou la couleur rouge domine confronte le visiteur au spectacle de la création mais aussi de la fin du monde. Le Yeun Elez ou la tradition bretonne situe la porte de l’enfer est proche du chaos d’Huelgoat.

 

C’est une exposition qui doit s’apprivoiser, qui demande un temps d’adaptation pour bien comprendre les installations. Et l’on peut se mettre à rêver de voir la tour Montparnasse habillée de lumière bleue comme le phare de l’ile vierge.

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Et on peut imaginer les lavandières de la nuit de Yan d’Argent rejoindre la pointe de la Torche éclairée par Yann Kersalé.

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Je ne peux quitter cette exposition sponsorisée par EDF sans penser à la manière dont notre Electricien National a voulu, dans les années 70, éclairer ce Grand Site de France qu’est devenu la pointe du Raz dans ce lieu ou la terre finie (finis terrae) et ou elle commence en breton (Pen Ar Bed)  … en y construisant une centrale nucléaire.

 

Information ¨Pratiques

Espace Fondation EDF

6 rue Récamier

75007 – Paris

Entrée libre tous les jours de 12h à 19 h

Sauf lundi et jours fériés

 

 

Crédit Photo

La lune télévisuelle - Pleumeur-Bodou © Yann Kersalé

Les lavandières de la nuit – Yann d’Argent (crédit : Musée des Beaux Arts de Quimper)

 

 

 

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