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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 21:52

Galerie Perrotin, rue de Turenne , la rançon du succès par Marie-Anne Chenerie

 

            Je me souviens il y a 20 ans avoir été voir dans un appartement petit et bondé de la rue Turbigo pour voir des oeuvres de celui dont je ne savais pas encore qu'il serait l'artiste contemporain incontournable de son époque  Damien Hirst , et j'avoue avoir été impressionnée, sans bien la comprendre , par l'audace du jeune collectionneur , Emmanuel Perrotin ( pas encore vraiment galeriste, à l'époque ) : il est vrai qu'exposer des bocaux contenant des morceaux de corps humain n'est pas forcément une manière facile d'aborder l'art contemporaingallery01 original

 

            Et aujourd'hui , au 76 rue de Turenne, dans cette partie du Marais où vous devez aller si vous avez un tant soit peu de sens de ce « qu'il faut avoir vu »  , un superbe hôtel particulier et des artistes aussi connus que Sophie Calle, Jean-Michel Othoniel et Johan Creten, de jeunes hôtesses élégantes et  peu débordées, une librairie impressionnante, et des salles au vide soigneusement travaillé.johan-creten-22589 15602

            Oui, après tout,pourquoi le succès serait il mal vu chez un jeune home audacieux , intuitif et travailleur, qui a su anticiper , dans le choix de ses lieux ( la rue Louise Weiss), comme de ses artistes ( le japonais Takashi Muramaki par exemple ) ; art contemporain n'est pas synonyme de  lieux d'expositions , bricolés  ou confidentiels , voire impénétrables. Cette exposition collective de printemps est légère, et agréablement surprenante ,   comme l'éléphant en apesanteur, attaché par le bout de la trompe  de Daniel Firman  et ces colliers de verre d'Othoniel . J'ai apprécié, comme toujours, les céramiques de Creten à mi-chemin entre l'animal , l'humain , le végétal et toujours justes .éléphant

 

            Un regret quand même, pas de vrai grande découverte dans cette superbe galerie, mais peut être simplement n'ai-je plus la fraicheur du regard de ma première jeunesse …

 

Informations pratiques :

Galerie Perrotin

76 rue de Turenne 75 003 Paris

jusqu'au 21 avril 2012 , mardi-samedi 11h-19h 

Les illustrations sont celles de la Galerie Perrotin

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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 23:11

 Un-e Egon Schiele anglo-portugaise par Michel Duvail

 PH-1.jpg

 

 

C’est souvent un moment émouvant de découvrir l’œuvre d’un artiste qui vous est inconnu. C’est donc un choc rare lorsque l’œuvre vous paraît être celle d’une artiste majeur de notre époque. C’est ce qui vient de m’arriver par un pur hasard en passant devant le centre culturel Calouste Gulbenkian de Paris. Mais je crains que lorsque vous lirez mon article, il ne vous restera plus beaucoup de temps pour courir découvrir cette artiste exceptionnelle.

 

 

Je compare le sentiment que j’ai éprouvé à la découverte de Paula Rego avec celui que j’ai vécu en visitant pour la première fois la Fondation Leopold de Vienne et découvrant l’œuvre d’Egon Schiele. Il y a de fortes similitudes entre ces deux peintres : des peintures fortes, expressives, réalistes et pouvant être dérangeantes. Il y a sans doute une étrange dimension mystique supplémentaire dans l’œuvre de Paula Rego. On ne sort pas indemne de la vision de ces toiles qui vont vous marquer pour longtemps.

 

Les triptyques autour de l’avortement sont bouleversants. ph2.jpg

 


 

Certaines œuvres peuvent paraître indécentes mais elles vous fascinent. La plupart des tableaux sont ambigus, tant dans leurs significations cachées que dans l’ambigüité des personnes représentées.

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Des thématiques religieuses (fuite en Egypte) associées à des contes de notre enfance (Blanche Neige et sa marâtre) nous plongent dans les abîmes interprétatifs et peut être dans les profondeurs de notre inconscient. C’est une forme de représentation picturale de la comédie (drame) humaine.

 ph5.jpg

 

C’est à priori la première exposition en France consacrée à cette peintre septuagénaire née au Portugal, vivant à Londres et faites Dame Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique pour services rendus à l'art. La plupart des œuvres exposées ont été peintes entre 1987 et 1997 et sont des pastels.

 

 Fondation Calouste Gulbenkian –

Délégation en France/ Centre Calouste Gulbenkian.

39, bd de La Tour Maubourg

75007 Paris

du lundi au vendredi : de 11 h à 18 h

samedi : de 11 h à 18 h

Entrée libre

Métro : La Tour Maubourg

Crédit photo : Photos extraites de la plaquette

 

 

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 22:53

   Zoo urbain par Michel Duvail

 

 

affiche-anial.jpg

 

Où peut-on voir simultanément plus de 120 œuvres occidentales de Bonnard, Bourgeois, Calder, César, Durer, Géricault, Giacometti, Goya, Koons, Moore, Picasso, Rembrandt, Van Gogh etc. : à l’exposition de printemps 2012 du Grand Palais : Beauté animale. C’est la seconde exposition animalière de la saison, mais Beauté animale, exposition que je qualifierais d’historico- éclectique, est loin d’atteindre la créativité et l’originalité de Bêtes off à la Conciergerie cet hiver. Certes l’exposition est magnifiquement illustrée et documentée, en ayant fait le choix d’un syncrétisme culturel de valeurs sûres.

 


 

Vous êtes accueillis à l’entrée de l’exposition par un Lièvre (XVIe) d’une grande délicatesse de Hans Hoffmann et au fil des salles tout le règne animal semble être représenté qu’il soit à plume, à poil, à carapace, qu’il vole qu’il rampe, qu’il nage : excellente révision anatomique. Comme le dit la commissaire de l’exposition : « les seuls humains présents dans l’exposition sont les visiteurs ».animal-2.jpg

 

Cette exposition présente les différentes représentations de la « bête » au fil des siècles du XVIème siècle au XXIème siècle. Les différents espaces « Observations », « Préjugés », « Découvertes », « Sensibilité » interrogent la relation curieuse que l’art et l’espèce humaine entretiennent avec l’animal. Nos rejets, nos peurs, nos phobies, nos fantasmes sont abordés ; pourquoi, le crapaud, les chauves-souris, les serpents, les rats même les chats les exacerbent –ils ?animal3.jpg

 

L’exposition se termine par une salle présentant des espèces disparues comme le dodo, ou en voie de disparation comme l’ours blanc représenté par un superbe plâtre légèrement stylisé de Pompon plus grand que nature.

 

RMN

 

Quelques œuvres sont marquantes : comme un dessin d’un flamand rose dans un livre gigantesque, de superbes dindons ou la densité du regard du « Cheval blanc » de Théodore Géricault.

 animal-4.jpg

RNM

 

Une scénographie sobre, claire, aérée, un accrochage particulier des tableaux pour permettre une meilleure visibilité aux enfants, des cartons très lisibles en 3 langues : français, anglais et allemand en font une exposition d’un original classicisme mais agréable à visiter.

 

Tous les visuels appartiennent aux RMN

 

 

Information Pratiques

Jusqu’au  16 juillet

Galeries du Grand Palais

Entrée Clémenceau

3 avenue du Général Eisenhower – Paris - 8e

Tous les jours sauf le mardi, de 10h à 20h, le mercredi jusqu'à 22h

Entrée: 12 euros (plein tarif), 8 euros (tarif réduit)

 

 

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 21:53

 

 Matisse tisse par Michel Duvail

 

 Matisse-1.jpg

 

 

Détail de l'affiche de l'exposition "Matisse, paires et séries". Henri Matisse,)
 Collection Centre Pompidou /

 

60 tableaux et 40 dessins en font une exposition de taille réduite. La particularité de cette exposition qui n’est en aucun cas une rétrospective de l’œuvre de Matisse, c’est la confrontation d’œuvres fonctionnant par paires ou par séries peintes sous des angles, des interprétations et des techniques picturales différentes.

 

Particulièrement intéressant, c’est le travail préparatoire à la réalisation d’une œuvre ou l’artiste semble dévoiler ses secrets de fabrication. D’abord une étude au fusain, puis des dessins à la plume. C’est de la présentation de ce travail pour la fameuse toile : la blouse romaine, qu’émerge toute la puissance du travail créatif.

 

Certes il y a des œuvres majeures dont la fameuse blouse romaine qui sont présentées dans cette approche. 4 grands nus bleus clôturent l’exposition et démontrent la puissance de la maîtrise de la technique du découpage. Certes il y a dans la peinture de Matisse de la joie, du bonheur.matisse-2.jpg

 

Mais malgré tout cela, je continue à ne pas aimer la peinture de Matisse. Les tableaux sont beaux, la variété des couleurs parfaites, mais c’est lisse et parfois, sa couleur ressemble à des omelettes baveuses. Matisse rassure et ennuie. C’est l’enfant sage au milieu des garnements, Picasso, Schiele, Miro, Braque, Dali. Duffy est plus joyeux et léger. Un classicisme pesant sur cette peinture ; un réalisme légèrement teinté des grands courants picturaux du 20ème siècle. Matisse c’est le confort bourgeois.

 

 

Pour les amateurs de Matisse, l’exposition  « Séries et Paires » est une exposition à visiter, car elle permet d’approcher le travail créatif et l’univers de l'artiste.  

 

Matisse – Paires et séries

Centre Georges Pompidou

Paris

Du 7 mars au 18 juin 2012

Tlj à partir de 11 h à 21h 

>>>   Ouverture en nocturne jusqu'à 23h du vendredi au lundi

 

 

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 22:23

  

M Duvail 1Une exposition qui déboussole également le visiteur par Michel Duvail

 

Petite exposition – entrée libre – à la maison de l’Amérique Latine – exposant 16 artistes de tous les continents sur le thème du voyage en mixant photos, installations, vidéos autour du thème du voyage. Fait-elle réfléchir sur le sens du voyage ? Voyage plaisir, voyage blessures, voyage rêve, voyage sans retour.

 

Certaines œuvres posent des interrogations : « Comment allez à de Tijuana à San Diego, en un mois sans franchir la frontière mexico – américaine ? »

 

M Duvail 2La maquette d’un  Boeing 747, aux bagages saucissonnés à l’extérieur de la carlingue fait elle référence à la mondialisation d’un tourisme de masse ou aux flux migratoires ?

 Des vidéos hermétiques, l’une présentant de bien belles images d’un antarctique sombre, mais nécessitant la maîtrise de l’espagnol pour en comprendre le sens. Vous retrouvez le néon rouge qui joue le premier rôle également sur la façade extérieure du musée.M-Duvail-3.jpg

Quelques œuvres à remarquer :

-                          une figure de prou humaine dont on se demande en permanence si l’acteur va sauter devant l’étrave du bateau.

-                          un moulage en latex réalisé avec réalisé avec la propre sève d’un hévéa fait penser à la mue d’un gigantesque serpent


L’hermétisme est très présent dans les vidéos et objets présentés. Aucun carton explicatif, vous n’en trouverez pas plus dans le dytique de présentation des 29 œuvres exposées. Alors j’ai pris la liberté d’en nommer certaines :

-          le tarzan brésilien

-          le mitraillage colombien

-          le néon rouge aux manchots

-          la forêt vierge miniature

 

Michel-D-4.jpgC’est peut être cela aussi le voyage, ne pas tout comprendre de ce que l’on voit et laisser vaguer son imagination.

 

Information  Pratique  

Exposition jusqu'au  28 avril 2012

Du lundi au vendredi de 10h à 20 h

Samedi : 14h à 18h

Entrée gratuite

217 boulevard Saint Germain – Paris - 7

Métro : Solferino ou Rue du Bac

 

Ps : traduction de l’enseigne rouge : « recherche personnes pour voyage périlleux, salaire bas, froid extrême, longs mois d’obscurité totale, danger constant, retour vie incertain, honneur et reconnaissance en cas de réussite » (annonce : 1914 – the Times)

 

Crédit photos : auteur

 

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 21:46

 

Les Phares à Paris par Anne Le Menn

 

Belle arrivée après la descente qui mène au 1000 m2 de l’exposition « Phares » du musée de la Marine. Les lentilles de Fresnel des phares nous accueillent  étincelantes, sources de lumière elles  tournent doucement dans une pénombre bleue. Nous sommes en immersion dans le monde des géants des mers, ceux qui guident les bateaux ou balayent de leur faisceau la fenêtre d’une maison côtière au sein de la nuit.  

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Les phares parlent  même aux réfractaires des virées maritimes. Si beaux, si hauts, fièrement campés dans des endroits infernaux. 

 

L'exposition du musée de la Marine ne se contente pas de nous évoquer leur majesté, elle nous les explique intelligemment dans leurs contextes sociologique, historique, technique et politique. Elle nous raconte leur évolution du  phare d’Alexandrie  à  ceux de France et d’Angleterre.  Nous découvrons qu’une industrie parisienne avait le monopole de la fabrication de leurs éléments optiques, et qu’un phare existait sur la colline de Chaillot.8-.jpg

 

Une exposition didactique  mais pas  rébarbative, poétique et ludique un voyage dans les embruns qui se termine sur l’énoncé de la situation actuelle de ces monuments si particuliers : déclarés inutiles que vont-ils devenir ?

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Informations pratiques

Musée de la Marine 17 place du Trocadéro 75116 Paris

Du lundi au vendredi : 11h-18h, samedi et dimanche : 11h- 19h

Tarif : 9€

Jusqu'au  4 novembre 2012

Les visuels sont fournis par le musée de la Marine. 

 

 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 21:19

 

Au service de la désobéissance

« La Censure à l'époque coloniale » ,  au Musée du Montparnasse par Marie-Anne Chenerie

 

 

            image muséeL'affaire Audin, la question Alleg, les porteurs de valise, les réseaux Jeanson, les saisies judiciaires ( détruire des livres et interdire leur distribution ) , la désertion, la torture, les éditions de Minuit  , tout ce contexte m'est finalement très peu connu, à moi dont les parents ont vécu cette période des «  événements »,  puisque c'est ce terme qui a  désigné la guerre d'Algérie.

 

            la question small-53f9fL'exposition qui vient de se terminer au Musée du Montparnasse  a ce grand mérite de retracer une période contemporaine, complexe et trouble et de soulever des questions  dérangeantes  autour de la légitimité de la désertion et de l'exil, du rôle de l'écriture dans la résistance , de  la «  bataille de l'écrit contre l'oreiller de silence » comme l'écrit le résistant Pierre Vidal-Naquet .

 

          arendt  Cette exposition est très bien couplée avec une très belle galerie de  «  Portraits de l'exil , Paris New York », du photographe Fred Stein, portraits d'intellectuels ayant fui le nazisme, puis la guerre en Europe , depuis ce visage universellement connu d'Einstein, triste, moqueur, insaisissable , enfantin et  très âgé en même temps , jusqu'à  la dynamique photo d'Hannah Arendt,  en passant ce magnifique portait d'Henri Barbusse .

. Ici aussi, la force de la résistance contre le désastre d'une époque , énergie vitale ,  souffrance et liberté de créer . barbusse.jpg

 

            Il faut aller à ce Musée du Montparnasse, non seulement pour son cadre, si inattendu , au pied de la Tour , mais aussi pour l'esprit qui y règne, les idées qui y sont défendues, dans ce lieu qui a d'abord reçu des artistes  du monde entier dans les années 1930 ( on dirait aujourd'hui un lieu « alternatif ») : tolérance, ouverture, rencontres cosmopolites , ces valeurs se retrouvent aujourd'hui dans cette allée cachée  du 14è arrondissement , dans ce petit musée sincère et sans prétention , différent .einstein

 

Informations pratiques :

 

Musée du Montparnasse

21 avenue du Maine 75015 Paris - tél : +33 (0)1 42 22 91 96

Tous les jours, sauf le lundi, de 12h30 à 19

 

Les illustrations sont extraites des dossiers de presse ou du site du Musée du Montparnasse

 

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 21:33

 

Les Gobelins par Marie-Jeanne  Laurent

 

gobelins aballea small GMAUn tisserand n'entre pas dans le Saint des Saints de la Tapisserie sans émotion, d'autant plus que le mot si à la mode " d'installation "le rend plutôt méfiant...



Mais c'est tout à fait une réussite : les "installations" sont là pour mettre en valeur le savoir-faire des lissiers contemporains, dont la technique garde la perfection des anciens, mais dont les effets se libèrent heureusement du 18e et du 19e siècle.et peut-être même du 20e...
A l'entrée un claustrât aux panneaux orientables où doit se jouer merveilleusement la lumière selon le moment de la journée. Réalisé à Beauvais: la chaîne est composée de fils métalliques et de plastique, un léger ruban blanc tissé en serpentant comme une petite rivière laisse toute son importance à la chaîne. Et à l'extérieur, s'agrippe à la manière de vrilles de la vigne, une passementerie colorée.
Plus loin nous attend la méridienne de Madame Récamier, dépouillée de sa sempiternelle soie à médaillons, revêtue d'un tissage brun uni qui évoque la laine brute des moutons bruns, décoré d'un unique nénuphar
une tapisserie d'après Boucher sert de repoussoir : Vulcain forgeant des armes pour je ne sais qui. Tous les demi-tons dont on a été si fier à l'époque ont passé, ne laissant qu'un beige fade, où seuls subsistent les rouges et bleus.
Plus loin la suite des batailles d'Alexandre par Lebrun et les autres, aux couleurs fortes plus préservées nous donnent par un jeu de miroir le tournis, tel le tumulte de la bataille. Apothéose de la technique, du jeu des couleurs.
Des claustras sobres, faits de bandes blanches entrecroisées sur un cadre, séparent les scénographies : un jeu mouvant de nuages - envers de la tapisserie d'Anthémis meublé des rondeurs agréables de modèles nus- au plafond, se reflète dans un jeu de miroir au sol. Poésie et vertige...il faut s'assoir !
Apothéose de la création contemporaine : 2 fauteuils en bois doré, fauteuil d’hiver, fauteuil d'été, sont recouverts d'un tissage délicat d'arbres, de ciel, en positif-négatif.
Comment oser s'asseoir sur de tels fauteuils ?
Ils sont placés sur un tapis de la Savonnerie, évoquant la nuit étoilée, bleu outremer. Tâches jaunes et quelques traces de rouge pour faire chanter, ou bien une prairie étoilée de boutons d'or, à la tombée du jour.
Un autre tapis, présenté verticalement, à décor de papiers peints découpés, à l'harmonie de bruns-rouges, semés de petits papiers blancs, se reflète lui aussi dans un miroir
Il y a aussi l'humour des voiles légers de mariées, des mouches posées sur une toile arachnéenne, et j'en oublie.
Arachnée déesse du tissage, n'a pas à s'inquiéter, ni la technique ni l'inspiration ne sont en péril aux Gobelins.

Information ¨Pratique Manufacture des Gobelins tous les jours, 11h-18h, jusqu'au 15 avril

 

Marie-Anne Chenerie a également visité cette exposition voir article..

 

 

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 20:31

Sempe-un-peu-de-Paris-et-dailleurs.jpg

Les dessins de Sempé des vues du ciel par Anne Le Menn

 

Quand je regarde un dessin de Sempé, en toute modestie j’ai l’impression d’être un Dieu. D’en haut  installée sur un nuage blanc et  douillet   je vois le monde des humains de Sempé vivre dans des cadrages qui nous montrent la terre vue du ciel. 

 

Je suis bien sur un Dieu bon et généreux et j’observe avec bienveillance. J’admire pour eux le Paris de Sempé, ses arbres, ses conductrices de bus au nez pointu, ses ponts, ses petits oiseaux, le chat qui traverse solitaire la rue. Car eux ils courent  ou sont coincés dans d’inextricables embouteillages. 

 

Ils sont pour moi une madeleine de Proust,  un parfum d’enfance,  tant ils semblent immuables et intemporels : Sempé  sévit depuis 1956 dans Paris-Match avec ses petits  humains agités.

 

Les plus sympathiques des créatures que m’a dessinées Sempé ce sont les enfants, j’adore vers la fin de l’exposition une image ou ils s’agglutinent dans un  fauteuil pour lire, peut être une histoire  du petit Nicolas,  nous savons alors déjà dans la salle d’exposition de  l’Hôtel de Ville que son univers graphique ne se limite pas à cette série.

 

Sempé, un peu de Paris et d'ailleurs. jusqu’au 31 mars 2012. Exposition gratuite à l'Hôtel de Ville. Salle Saint-Jean. 5, rue de Lobau. 75004 Paris. Elle génère de longues files d’attentes, ouverte tous les jours sauf dimanche et jours fériés de 10h à 19h.

 

 

 

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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 22:58

 

Casanova une exposition flamboyante par Marie-Jeanne Laurent

 

L'exposition, flamboyante à son image, s'est terminée dimanche 19 février 2012 à la BNF de Paris sur le site Richelieu.

 

Traitées en forme de théâtre à l'italienne, une succession de pièces, tendues de rouge nous entraînent dans le tourbillon de la jeunesse et de la gaité à Venise, des fastes des cours successives où ce terrible homme, sans naissance ni argent, savait s'imposer auprès des grands, perclus d'ennui et de vanité.Ce terrible homme, aventurier, tricheur, si séducteur, a même fondé à Paris, avec une loterie, beau piège à alouettes, une manufacture de tissus, où se manifeste son goût et son amour du beau. Las, il fait vite faillite bien sûr, jetant sans doute l'argent à tous vents.



Trois  surprises, de taille :



1- Le manuscrit, écrit en français, de "l'histoire de ma vie", presque sans ratures, 10 volumes écrits 13 heures par jour pour tromper l'ennui de l'hiver en Bohême, manuscrit dont la BNF est tout simplement propriétaire (13 h par jours, à vos plumes...même si vous n'avez pas vécu 10 vies).
2- une gravure de Piranèse  (série des prisons), 55cm x 40 environ, où  les rayures agressives, entrecroisées comme une partition de musique irréelle jouent lumière, clairs-obscurs, pénombres et le noir de l'enfermement.piranese.jpg
3- le manuscrit autographe de Don Giovanni par Mozart, tout simplement. (Casanova y aurait participé)

Ces trois pièces inestimables répandues parmi tableaux, objets précieux de la vie quotidienne d'un homme raffiné, et même beaux vêtements de soie, ainsi que gravures classiques de l'époque. Une estampe, sans doute un vernis mou, qu'on  nous indique avoir nécessité 3 plaques pour la couleur et 2 pour le noir, donne un portrait très curieux de Louis XV, que l'on disait beau, et montre parfaitement et sans doute sans le vouloir le caractère dépressif et "mou" du sujet.

Jeux de lumières, théâtres d'ombre, et même quelques extraits des très bons films qui lui ont été consacrés. à ce propos, je vous conseille de voir ou revoir "la nuit de Varennes" d'Ettore Scola, où Marcello campe un Casanova décati, mais toujours au-dessus de la mêlée, lucide et se moquant de lui-même, obligé de se plagier sous le regard amoureux des femmes qui le voient tel qu'il n'est plus...



Vous y verrez aussi son homologue français, mythomane accroché à son Ile Saint-Louis comme un pétoncle sur le rocher, Restif de la Bretonne, qui n'a voyagé en rêve, mais quels rêves.

Lisez ses "nuits révolutionnaires" et vous en apprendrez beaucoup sur ce que l'on ne nous a pas dit de la révolution à Paris
 Vous pourrez lire aussi "l'histoire de ma vie", qui vient de paraître en poche, mais je ne sais s'il y a 10 volumes ? 
Bien, au travail….

 

 

 

 

 

 

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