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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 23:42

 

 Invitation_expo_Sacksick_mai12.jpgGilles Sacksick la peinture force tranquille par Anne Le Menn

 

Gilles Sacksick aime regarder. Il peint son entourage ses proches, des objets du quotidiens, une corbeille de fruit, quelques pommes ou une vieille cafetière. Une femme s’est déchaussée et se repose alanguie dans un fauteuil. Une jeune fille pose droite et impassible.  Dans un monde muet, statique, et immuable, réalisé dans une facture intemporelle mais souvent éblouissante.

 

Le pigment d’une aquarelle ou d’un lavis sait laisser la zone d’ombre dessiner le contour. Il laisse comprendre la forme, sans rien ajouter d’inutile. Dans une simplicité qui demande à la fois laisser faire et dextérité. La matière est vivante et riche et réussit la gageure de reproduire une réalité sans ennuyer. 

 

Dans l’exposition Gilles Sacksick présentée jusqu’au 30 juin 2012 par la galerie La Maison-près-Bastille à Paris, les œuvres rassemblées ne fonctionnent pas toujours bien ensemble. Elles sont de sujets et de techniques picturales diversifiés et leur accrochage est trop serré. Les œuvres mériteraient une mise en scène plus aérée pour laisser savourer leur force tranquille. Mais la visite à la galerie reste bien agréable.

 

Information Pratique :

La Maison-près-Bastille 12 rue de Daval 75011 Paris -01 43 55 30 39  http://gillessacksick.com/

 

 

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 09:51

Histoire de la page blanche, à la Maison du Danemark par Marie-Anne Chenerie

 

           callesen.jpg Il est 15 heures un samedi sur les Champs Elysées : chaleur, foule, bruit, achats  plus ou moins opportuns, mal aux pieds.

            Et j'entre dans la grande salle de la Maison du Danemark, pour l'exposition de Peter Callesen «  La vie en papier ». Ici, un petit miracle : tout est subtil, aéré, frais, léger . Mais pas de cette légèreté facile et finalement superficielle, léger parce que l'artiste utilise exclusivement pour ses créations une feuille de papier blanc et un cutter,  que ses œuvres sont un équilibre subtil entre plein et creux, qu'elles occupent harmonieusement l'espace. Et elles sont en fait lourdes, c'est à dire pleines des  histoires qu'elles racontent .bateau

            Car il y a mille façons de raconter des histoires, et cette façon là est pleine d'humour, de tristesse, comme ces oiseaux prisonniers de leurs dessins, et même morbides, comme l'auteur le dit lui même.birds-trying-to-escape-their-drawing-1

            Peter Callesen a le génie du raccourci, et nous fait directement sentir ce que nous vivons  d'instable, de tragique, de drôle, d'inattendu. J'ai trouvé en particulier que l'artiste rendait très justement ces moments particuliers de notre vie, où les choses peuvent arriver, ou pas, ou peut-être ou jamais .J'ai aussi pensé devant toutes ces œuvres, qui détachent le dessin découpé en gardant une zone de contact, que nous collions toujours à notre origine, sans pouvoir nous en détacher. la vague

            Et j'apprécie que tout ceci soit montré à partir d'une feuille blanche, neutre, familière, facile à remplir avec différentes significations, avec une grande économie de moyens et une force d'autant plus remarquable.

 

Informations pratiques :

Maison du Danemark. 2etage. 142 avenue des Champs-Elysées. Paris 8e 

mardi-vendredi 13h-19h 
samedi, dimanche et jours fériés 13h-18h, jusqu'au 17 juin
entrée libre 

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26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 21:22

   

Histoires de voir – « show and tell »  – Fondation Cartier pour l’art contemporain

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Des disciples du douanier Rousseau par Michel Duvail

 Un jour, ils se sont découverts artistes, ils viennent des quatre coins de la planète. C’est sans doute l’une des premières fois qu’ils sont exposés dans un lieu de renommée internationale consacré à l’art contemporain. Ils sont considérés comme des « naïfs », ce sont les héritiers du douanier Rousseau et en rêvant un peu ce sont peut être dans ces artistes à la puissance créatrice indéniable que se trouvent les grands talents de demain.

 Belle exposition atypique qui nous interroge sur la place de l’art populaire au sein de l’art contemporain. Grâce à ces artistes singuliers aux origines diverses et qui pour la plupart n'ont suivi aucune formation artistique. Ils sont loin des circuits officiels et empruntent des chemins de traverses pour nous faire accéder à leur monde émerveillé.

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Cette exposition est née afin de comprendre de quoi est fait l’art dit naïf ou primitif et l’on ne peut que se féliciter de cette curiosité de la Fondation Cartier. Ces artistes portent sur le monde un regard étonné et vous le serez aussi en parcourant cette exposition.

 

Beaucoup d’œuvres parmi les plus intéressantes représentent la nature et les animaux dans une explosion de couleurs et de stylisation des formes.md3.jpg

 

Ce qui est peut être le plus intéressant dans cette exposition originale c’est quelle nous démontre que l’art contemporain n’est pas uniquement hermétique, élitiste et incompréhensible. Histoire de voir nous donne à voir une ouverture sur le monde et une grande bouffée d’oxygène quand on a l’habitude de fréquenter les expositions d’art contemporain.

  mf4-copie-1.jpgInformations Pratiques

Fondation Cartier pour l’art contemporain

 

261 boulevard Raspail – 75014 – Paris

 

15 mai au 21 octobre 2012

 

Du mardi au dimanche

 

 

 

Photo de l’auteur

 

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 19:45

 

Monumenta 2012 – Daniel Buren

 

En fonction de la météo ! par Michel Duvail

 046.JPG


Si vous décidez d’aller voir l’exposition Monumenta consacrée à Daniel Buren, le plus important sera de choisir votre jour de visite en fonction premièrement de la météo puis de l’heure. 

Explications :

Pour la météo, vous avez en gros trois options :

-          si vous y allez un jour de grand soleil vous serez sans doute enthousiasmé par la symphonie des couleurs sur et sous les corolles multiformes,

-          si vous allez un jour gris de pluie, vous serez sans doute déçu par le côté fade et écrasé de l’installation par rapport au vaste vaisseau qu’est la nef du Grand Palais,

-          l’idéal, c’est de vous y rendre un jour d’alternance ou le soleil joue avec les nuages pour profiter au maximum de la variation de la luminosité et des couleurs sur les corolles de Daniel Buren.  038.JPG

 

Pour l’heure, une seule règle à respecter que les rayons du soleil, dans son cycle, traversent la verrière du grand palais. En gros entre 11h et 17h.022.JPG

 

Monumenta est chaque année un moment que j’attends car à chaque fois la surprise est au rendez-vous. Il y a eu au cours des 5 expositions organisées depuis 2007 des moments exceptionnels et éblouissants en particulier pour la première manifestation avec Anselme Kieffer. Des moments monumentaux : Richard Serra avec ses plaques de fonte à la manière de 2001 l’odyssée de l’espace, ou Anish Kapoor avec ses « cacahuètes » géantes. J’ai été moins intéressé par Christian Boltanski.

 

Alors 2012… ludique et chatoyant. 377 disques pelliculés de plastique bleu, jaune, rouge et vert suspendus à environ 3 mètres au-dessus du sol et tenus pas des petites colonnes carrées couvrent la quasi-totalité de l’espace excepté sous la coupole centrale ou sont installés des cercles, directement au sol, réfléchissant la grande coupole.

C’est beau (surtout quand le soleil joue avec l’exposition) c’est très décoratif comme dans un caléidoscope. C’est amusant et reposant (à condition qu’il n’y ait pas la foule). C’est un peu comme un spectacle de danse, c’est émouvant sur le moment, mais vite oublié car la sensation est éphémère.016.JPG

Mais Monumenta reste l’un des grands événements artistiques, à ne pas rater. Et cette année c’est peut être la première fois, ou l’artiste à réussi à réaliser une continuité entre l’environnement, le lieu et l’exposition et à marier les éléments : la terre, l’air, l’eau, le feu.

 

Ps : n’oubliez pas votre appareil photo.

 

 

Grand Palais

Du 10 mai au 21 juin 2012

Tous les jours sauf le mardi

Entrée : 5 euros plein tarif

Attention, l’entrée se fait latéralement (avenue du Gal Eisenhower) et non avenue Churchill.

 

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 22:04

 

Un désordre jouissif

 

 

Par Michel Duvail

 

Une exposition assez spectaculaire, captivante et originale où le visiteur est plongé dans une scénographie faite de matériaux de construction en acier recouverts de plâtre tenus par des fils qu’il traverse pour finalement en être éliminé comme si l’on avait caboté à l’intérieur d’un énorme intestin.73464-maitres-du-desordre-musee-du-quai-branly-1-.jpg

 

Une exposition mêlant chamanisme et art contemporain au cours de laquelle le visiteur affronte trois grandes sections : l’ordre imparfait, la maîtrise du désordre, et la catharsis, plus une bande son qui vont le dérouter profondément à la fois par l’originalité de la confrontation avec 300 objets ethnologiques et les œuvres d’une vingtaine d’artistes contemporains.  Le thème est le désordre du monde ou comment les hommes en négociant avec les puissances divines vont tenter de mettre un peu d’ordre dans ce chaos. Le résultat est laissé à l’appréciation du visiteur.bosch

 

L’exposition nous confronte à l’universalité des fonctions rituelles conduites par des mages, des  intermédiaires, des passeurs, des sorciers, des psychopompes, des guérisseurs, des devins qui essayent par les moyens les plus variés (comme ce vase à urine de cerf) de tenter de communiquer avec des divinités et ce faisant à chercher à maîtriser les forces du chaos.

 cerf

L’exposition nous conforte dans l’analyse que tout ordre est imparfait même l’ordre divin et  nous apprend peut être plus sur la psychologie humaine que sur les divinités. Faut-il croire aux forces de l’esprit pour apprécier cette exposition ? Pourquoi à certains moments, cette ambiance m’a fait penser à Tintin et les Picaros ? L’originalité de cette exposition c’est que chaque visiteur va en avoir une lecture très personnelle en fonction de ses expériences de vie et de ses propres croyances. Comme cette vidéo, d’Anna Halpin : « Dancing my cancer ». Je suis persuadé que lorsque vous la visiterez d’autres questions vous viendront à l’esprit.

 

En ayant fait le choix du mélange des époques, des lieux géographiques, associé à une très grande variété d’objets (en particulier anthropologiques), la densité voire la complexité de l’ensemble peut déconcerter et dérouter et une question se pose : est-ce que les deux dangers qui menacent le monde ne sont-ils pas l’ordre et le désordre ?

 

 

Musée du Quai d’Orsay

37 quai Branly

75007 – Paris

Du mardi au dimanche

Du 11 avril au 29 juillet

Plein tarif : 8,50 euros

 

Crédit photos : Auteur

 

 

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 22:38

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White Drama , Exposition «  Comme des Garçons » à la Cité de la Mode :

Ce n'est pas de la mode, mais qu'est ce que c'est ? Par Marie-Anne Chenerie

 

            wd1.jpgUne création étrange venue d'un autre monde , la trace d'un événement tragique ( le drame )  et violent, comme le suggère le titre «  white drama » , comme si , après une tragédie ( Fukushima ?? me souffle ma mémoire ) , quelques êtres - des femmes-  avaient survécu  dans une stature étrange .

            Oui, on peut décrire ces tenues , comme celle de mariées hors du temps , des cocons de naissance entourés de roses blanches , mais aussi  on peut y voir des mains toujours absentes, soit dissimulées  dans des manches exagérément longues , soit recouvertes par des capes et des visages encagoulés comme ces pénitents de Pâques; j'y ai ressenti l'univers  d'une cérémonie funéraire ,  calme et majestueuse , légère aussi, un souvenir de momies, encore accentué  par ces bulles  en plastique,  sous lesquelles sont exposés les mannequins et qui m'évoque  des êtres après cryogénisation.

            Cette exposition me rappelle d'ailleurs , et ce n'est sans doute pas une coïncidence , l'exposition de la Maison de la Culture du Japon «  doubles lumières », de l'artiste Aiko Miyanaga , qui a travaillé cette matière étonnante qu'est la naphtaline ; le blanc serait il la couleur du Japon aujourd'hui ? ( voir le post sur cette exposition : http://achener.over-blog.org/article-double-lumiere-maison-de-la-culture-du-japon-51558965.html)wd2.jpg

 

            En tout cas , quelle poésie , et quelle magnifique démonstration que la matière crée la couleur,  ici le blanc, la synthèse de toutes les couleurs , le blanc ivoire  cassant des satins, le blanc presque gris des coiffures comme du plâtre, le blanc effilé des cheveux , ..  blanc un peu oppressant , à tel point que l'oeil retrouve avec reconnaissance le gris du ciel de Paris et  le vert des structures de la Cité de La Mode, vert que j'ai toujours trouvé fort exagéré, mais qui ici, m'a rendue à la réalité  d'un monde vivant .

 

Informations pratiques :

Les Docks - cité de la Mode et du Design, jusqu'au 7 octobre
34 quai d’Austerlitz
75013 Paris

Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h, sauf jours fériés.

Billet d’entrée groupé pour les 2 expositions  :
Plein tarif : 6 € 
Tarif réduit : 4,5 €
Tarif jeune (14-26 ans) : 3 €
Gratuit moins de 14 ans

 

Crédit photos : auteur

 

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 21:18

 

Touche pas à mon parvis ! Par Marie-Anne Chenerie

 

Forme Publique à  La Défense

 la-def.jpg

            Oui, j'aime La Défense , malgré tout . Tout , c'est-à-dire les cohortes de fourmis grises qui, dans un sens puis dans l'autre , rejoignent leur cellule  , malgré les bourrasques pluvieuses , qui anéantissent en 30 secondes parapluie et brushing, malgré les embouteillages d'êtres humains  qui s'écrasent  pour accéder à l'escalier roulant qui les mènera des rails souterrains à l'air libre , qui vous font haïr  tout être vivant autour de vous , surtout s'il est agrémenté d'un sac à dos qui vous écrase l'épaule ou d'une queue de cheval qui vous fouette le visage .

           Par_LaDefense_Joan_Miro.jpg Alors, ce parvis ? Je l'aime pour sa beauté étrange , ses gris et ses blancs, ses reflets , sa verticalité , les couleurs et les formes inattendues de quelques très belles et très grandes oeuvres de Calder ou Miro, où la courbe rouge ou bleue met en valeur la raideur  minérale des tours , ou cette statue de la Commune de Paris, toute en courbes, qui contraste subtilement avec la belle tout Elf . C'est un endroit à part , intermédiaire entre la réalité  , la science fiction et la bande dessinée , comme une utopie .la-def-2.jpg

 

            Et voici que de nouveaux «  mobiliers urbains » sont apparus ces dernières semaines , et , de mon point de vue, non seulement ils n'ajoutent rien à cet univers, mais ils le compliquent et l'alourdissent . Censés rendre l'univers plus convivial ? Alors que j'ai toujours trouvé les initiatives des «  habitants » de La Défense drôles, efficaces , un peu iconoclastes, les exercices de Street dance sur la pelouse, les bancs traditionnels en bois peint verts  que l'on déplace malgré le poids pour faire face au soleil, les touristes  surexcités qui sautent dans le bassin Agam , ou les marches de l'Arche recouvertes de pointillés d'êtres humains ; c'est ainsi que l'on apprivoise un lieu, tout en lui gardant sa rigueur et son dépouillement .la-defense-3.jpg

 

Encore un avis : descendez voir les très belles photos et maquettes dans le sous sol de la dalle, au Musée de la Défense , avec toutes ces architectures , réelles ou imaginées , qui font l'histoire de la Défense

 

Forme Publique , « Testez le mobilier de demain »

Parvis de La Défense

 

Musée de La Défense

Ouvert tous les jours de 10 h à 18 h et le samedi jusqu'à 19 h. Entrée libre.
15, place de La Défense – La Défense 4 – 92 974 – Paris La Défense

 

Les illustrations sont extraites du site de l'EPAD

 

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 23:05

 

L'oeuvre d'art : un bon placement ? Par Marie Anne Chenerie

 

            Face à l'effondrement des valeurs boursières et à la hausse du prix des valeurs dites «  refuge » comme l'or ou l'immobilier, voilà que l'investissement «  art » réapparait .

            L'année 2010 a enregistré  des prix records, Paul Cézanne , un des peintres les plus chers , cote  250 millions de dollars , puis Jackson Pollock et Willem de Kooning ,  et les grands acheteurs sont maintenant chinois .

 Nicolas-De-Stael---80x100.jpg

            Une fiscalité encore avantageuse ( exonération vis à vis de l'ISF , et une taxation des plus-values encore légère)  constituent des atouts certains . Le salon «  Art Design Paris » aux Tuileries , du 28 mars au 1er avril 2012, évidemment sponsorisé par une grande banque , a réuni tous les grands galéristes parisiens , qui eux mêmes avaient sélectionné leurs meilleurs oeuvres . Voici , en résumé  très rapide , ce qui se vend aujourd'hui , deux  grandes tendances : l'art abstrait français des années ( Mathieu, Hartung , Mondrian, Riopelle), du très classique ..)   et à son opposé,  l'art animalier sous touts ses formes : peinture, sculpture, photo , chevaux chinois  hippopotames , panthères et ours .  On reste tout étonné de pouvoir demander le prix d'un Fernand Léger, ou d'un Picabia , et de s'entendre répondre tout simplement « 350 000 euros, Madame ».3007hartung4.jpg

           

           cheval_tang_13la09m.JPG Alors , pour finir, un conseil ; si vous avez une somme pas forcément très élevée à investir ,( enlevez  deux zéros au prix ci dessus )  achetez une gravure, oeuvre unique , souvent accessible et vous  serez étonné de trouver facilement sur le marché des gravures et estampes de très grands  maîtres, dont les prix sont sans commune mesure avec ceux de leurs toiles .

            Placement en art : ni plus ni moins risqué qu'un placement en bourse ( je dirais presque moins risqué ), mais au moins, le plaisir de posséder une oeuvre originale, plaisir qui vaut tous les retours sur investissement  .

 

 

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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 22:59

 

Autobiographies à l'Espace Culturel Louis Vuitton : « Je me raconte »

par Marie-Anne Chenerie

 

LeWitt1.jpgSol Le Witt, art minimal; conceptuel strictement géométrique ? Oui, si l'on  se rapporte à ces oeuvres typiques. Artiste obsessionnel ? Oui aussi si l'on s'en tient à ces lignes  noires et blanches, à ces cubes empilés  .

 

Mais l'exposition «  Autobiographies » , de l'Espace Culturel Louis Vuitton    montre un visage passionnant et inattendu de cet artiste , qui a choisi , pour se représenter, ou du moins représenter sa vie , une série  de photographies noir et blanc,  contrecollées d'objets de son quotidien ; uninventaire , qui nous dit le rapport entre nous, sujet et tous les objets qui nous entourent , choisis ou non , en tout cas vus , revus à tel point que nous ne les voyons plus, sauf si nous sommes artistes et prenons le parti de les photographier ou dessiner . Prise électrique, abat jour, siphon, linges, livres etc, des «  choses » banales mais que je nomme et identifie , et deviennent ainsi une partie de ma vie . L'oeuvre  de Sol Le Witt repose sur une mise en page quadrillée , comme ses structures modulaires, mais elle dit beaucoup sur sa personne, avec discrétion et subtilité.lewitt-2.jpg

 

Je retiens également dans cette intéressante exposition l'oeuvre de Yvan Salomone, qui, étrangement, nous parle aussi de lui dans  ses magnifiques aquarelles:  paysages  industriels , friches, ports , chantiers, pas un être humain, mais l'artiste  est là par son regard et par le fait qu'il ait été touché par ces scènes au point de les reproduire,  systématiquement , obstinément  et avec pudeur et presque avec tendresse .SALOMONE1.jpg

 SALOMONE 2

Il y a donc d'innombrables façons d'écrire son autobiographie : c'est une trajectoire très  privée, souvent émouvante, toujours étonnante . Les récits les plus touchants sont bien, pour moi, ceux qui disent «  je » indirectement et délicatement . 

 

Informations pratiques

Autobiographies

Espace Culturel Louis Vuitton

60 rue Bassano, 75 008 Paris

jusqu'au 20 mai , du lundi au samedi de 12h à 19h, le dimanche de 11h à 19h , sauf 1er mai

Entrée libre

 

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 23:25

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C 215 à La Chapelle Saint Louis de La Salpêtrière: la rencontre d'un lieu et d'un artiste

par Marie-Anne Chenerie

 

            280px-P1000519_Paris_XIII_Salpetriere_chapelle_Saint-Loui.JPGUne église n'est en rien un lieu neutre pour une exposition , encore moins s'il s'agit de l'Eglise  Saint Louis de La Salpêtrière, dans le XIII è arrondissement à Paris  austère mais splendide , baignée de lumière, chargée de rites , de croyances , de mystères, qui plus est , la chapelle d'un hôpital et pas n'importe lequel , celui «  des fous » de Charcot, où un nef était réservée aux malades, l'autre aux aliénés.  Et puis aussi des souvenirs personnels , ceux heureux de la maternité ( la Salpêtrière est aussi une maternité ) , ceux plus sombres d'un hôpital , et les images si  fortes des expositions du Festival d'Automne ou des Nuits Blanches .

            S'il est certain qu'une oeuvre ne peut être isolée de son contexte d'exposition , alors les oeuvres du « Street artiste » C 215 , bien connu pour ses pochoirs virtuoses,  est  exemplaire de la relation , a priori, inattendue qui s'établit entre cette architecture et ces créations : les caissons  lumineux , ces  visages, parfois peints sur des supports qui ont eux mêmes une histoire ,  comme des portes en bois , sont des représentations , si différentes , mais peut  être si  proches des représentations  des scènes sacrées classiques qui coexistent dans  cette chapelle dans de grands tableaux religieux . Vision sociale de l'artiste, intérêt  pour l'identité de chacune des personnes représentées , respect du lieu avec ces «  vitraux/ caissons » , placés , discrètement , mais efficacement aux emplacements des douze stations du Chemin de Croix.AFFICHE-c215.jpgc215-1.JPG

            Cette exposition , comme d'autres dans ce lieu, et de façon discrète et subtile,  montre encore une fois  le rapport étroit entre les lieux de culte et l'art contemporain , le lien entre le sacré et l'art au delà des époques et même des religions .

 

Informations pratiques :

Jusqu'au 30 avril

La Chapelle St Louis - Hôpital de la Pitié-Salpêtrière - 47, boulevard de l'Hôpital - 75013 PARIS

 

Crédit Photos : auteur

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