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5 décembre 2007 3 05 /12 /décembre /2007 22:45

Jules Raymond Koenig est né le 2 août 1872 à Saintes Marie aux Mines.  
Ce peintre graveur fait ses études et débuts en Alsace, il est l’un des membre du  groupe appelé  La Société  des Artistes Alsaciens et fondé par Emile Schneider et auquel participe Maurice Achener, avec qui il restera ami. Comme beaucoup d’Alsacien,  il vient vivre et travailler à Paris.  Il  est alors élève dans les ateliers de  Luc Olivier Merson de Gustave Moreau et de Jean-Paul Laurens.   Maurice Achener, Alexandre Urbain et Daniel Schoen fréquenteront aussi l'atelier de Jean-Paul Laurens.  
Il participe à la grande guerre du coté Français.
Il expose au Salon de la Société Nationale de Beaux Arts et au salon des Tuileries. 
Il remporte une mention honorable à l’exposition Universelle de Paris en 1900.
Surtout connu en tant que paysagiste.  il effectue des voyages en Italie, il représente aussi la Belgique et la Bretagne.
Pour le Benezit "son style se rapproche des fauves et de Paul Gauguin".
Son tableau "Rivière à Pont Aven" se trouve au Musée de Chalons sur Saone.


Sources 
Benezit 
Dictionnaire des petits maîtres de la peinture 1820-1920 Gérald Schurr et Pierre Cabane Edition de l'amateur. 

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1 octobre 2007 1 01 /10 /octobre /2007 21:36

Le  peintre graveur Louis Willaume naît à Lagny en 1874, il décèdera en 1949. 
Elève des peintres Bouguereau et de Gabriel Ferrier,  il débute au salon de la Société Nationale des Beaux Arts en 1899, il reçoit le prix de la société des paysagistes en 1920, le prix Corot au salon de 1923 et la médaille d’or à la section des gravures en 1929. Il réalise environ 500 eaux fortes. 

En 1948 il fait partie de la Société des Peintres graveurs français. Cette organisation avaiet été crée sous l'impulsion de Bracquemond dès 1889.
 

Il est également membre du Groupe de l’érable  qui exposera au Canada en 1924 avec les artistes : Emile Aubry, Many Benner, Georges Desvallieres, Henri Dabadie, André Devambez, Emmanuel Fougerat, Charles Hoffbauer, Louis Jourdan, Paul-Albert Laurens, Auguste Leroux, Georges Leroux, Mme Martin-Gourdault, Louis Roger, Lucien Seevagen, Paul Sieffert, Henri Zo, Jules Desbois, Paul Moreau-Vauthier, Charles Paillet et André Vermaire, les sculpteurs; Louis Huvey et Edouard Léon, et pour les arts appliqués, Edgard Brandt, Emile Decoeur, Albert Gsell et Mlle Lucie Roisin.

Il illustre également des livres  L’ouvrage de Edmond  Pilon « Le charme de Paris » en 1933. Paris ses eaux et ses fontaines de Georges Montorgeuil.

 

En  collaboration avec Maurice Achener il travaille sur  les éditions de la société de Saint Eloy :

La série des Petites villes de France d’ Émile Sedeyn avec Edgar Chahine, Charles Hallo, Dauchez, Brouet, Gobo, Albert Decaris , Gusman, Paul Adrien Bouroux, Polat, Véder, Henry Cheffer, Jean Frélaut,  , (Société de Saint Eloy).1935-1937

Par les champs et par les grèves de Gustave Flaubert, notice de René Dumesnil, avec Charles Jouas, Henry Cheffer, Paul Adrien Bouroux,  André Dauchez, Edgar Chahine etc. (Société de Saint Eloy) Livre conservé à la Bibliothèque nationale de France, 1939.

 

Janine Bailly-Hertzerg  le présente ainsi : «  Louis Willaume nous laisse un  oeuvre gravé * fécond  mais sans grande personnalité. Les sujets qu’il traite sont « gentils » uniquement fait pour plaire, représentés avec un grand classicisme et sans spontanéité. Il aime à griffer son cuivre avec la pointe pour obtenir une sorte de fouillis léger ».

 

* Remarque : Non il n’y a pas (ici) de faute d’orthographe on parle bien d’un oeuvre gravé et non pas d’une oeuvre gravée.

    

Son témoignage de la banlieue parisienne avec la gravure « le Pont de Billancourt » n’est  pas représentative de ces travers, elle montre les berges d’Issy les Moulineaux . Cette gravure se trouve à Sceaux au musée d’Ile de France et fut présentée lors de l'exposition "Travail et Banlieue regards d'artiste"

Le Musée d'Orsay possède son  tableau  intitulé "Le pont des Saints Pères" .

 

Sources :

Catalogue de l’exposition Travail et Banlieue regards d’artiste 1980-1980 du musée dIle de France à Sceaux Somogy Editions d’Art (2001).

Dictionnaire de l’estampe en France (1830, 1950) Janine Bailly-Herzberg. Editions Arts et Métiers Graphiques 1985.
Article sur internet concernant le groupe de l'érable 
La gravure les procédés et l'histoire Jean E Bersier edition 1948 La table ronde  tr

Artcle availla

 

 

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29 septembre 2007 6 29 /09 /septembre /2007 20:46

Estampe-Jouas.JPGCharles Jouas (1866-1942) commença sa carrière en tant que dessinateur. Il travailla en 1897, sur un projet d’illustration du livre « Cent ans aux Pyrénées » de Henri Beraldi. Si l’édition  n’aboutit  pas, il en  reste une belle série des dessins et aquarelles sur le massif des Pyrénées.

http://www.balades-pyrenees.com/jouas_charles.htm

 

C’est en  donnant  ses propres dessins à graver, que Charles Jouas  s’intéresse puis s’initie à la technique de  l’eau forte, aux alentours de 1900.  Il est influencé par par Francis Seymour Haden *

Ses gravures sur  Paris, avec la série de « Paris vu de Notre Dame » (16 planches) et celle intitulée « Autour de Saint Séverin », présentent la ville dans  les évènements qui l’atteignent et son évolution (inondations, grands travaux, aménagement des quais). 

En tant que graveur il fut également illustrateur,sur l'ouvrage de Joris Karl Huysmans La cathédrale (64 eaux fortes).
Sources :

 

On le qualifie d’héritier de la technique et de l’inspiration romantique.
Il exposa dans la galerie J. Chaine et Simonson en 1913. 

 Il participa à la création de la Société de  Saint Eloy. Société de bibliophiles,  dont étaient également menbres : Henri Vever (1854-1942) le bijoutier-joaillier, grand amateur d'estampes, Paul Adrien Bouroux et André Dauchez. Pour la Société de Saint Eloy,  il contribua à la mise en image, d’une édition de luxe du  livre « Par les champs et par les grèves » de Gustave Flaubert. Le texte était préfacé d’une notice écrite par René Daumesnil. Dans cet ouvrage collectif, intervenaient d’autres graveurs tels que  Edgar Chahine, et Louis Wuillaume, dont il était l’ami,  André Dauchez, Henri Cheffer, Paul Adrien Bouroux,  et Maurice Achener.

 Ce fut également un arménophile engagé ami d’Archag Tchobanian.

 
Il présida la section gravure de la Société Nationale des Beaux-Arts.

 

Catalogue de l’exposition Travail et Banlieue regards d’artiste 1980-1980. Somogy Editions d’Art.

Dictionnaire de l’estampe en France (1830, 1950) Janine Bailly-Herzberg. Editions Arts et Métiers Graphiques 1985.
J. E Bersier La gravure les procédés et l'histoire édition 1948 La table ronde.
 
Jtrav
* roc
Brochure ailla dans les Pyrénées pour

  un projet de

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1 septembre 2007 6 01 /09 /septembre /2007 23:20

DSC00922.JPGC’est la fin d’un été riche en pluie, dont le seul avantage est de donner du temps libre pour des expéditions dans des expositions Par hasard ou par envie, parfois sur les traces de Maurice Achener, quelques belles rencontres et découvertes ont ainsi donné des couleurs au temps gris. Nous sommes allés sur les traces de Maurice Achener et de André Engel au château de Ripaille. 

Dans un précédent article, nous avons parlé de l'amitié qui liait Maurice Achener et André Engel. Quelques gravures de Maurice Achener qui témoignent de passage à Ripaille, nous sont parvenues. le château de Ripaille est situé près de Thonon les Bains sur les berges du lac Léman. La Haute Savoie nous attire pour ses sentiers, donnant de belles aperçus sur le Mont Blanc. Cependant  La randonnée sous la cape de pluie c’est pas génial. Nous optons pour d'autres loisirs et  décidons d’un départ direction Thonon les bains, le lac Léman et le logis de André Engel.  La visite du domaine de Ripaille est agréable, le lieu est magique entre vignes et eaux bleues du lac. Les façades du château et les dépendances,  construites par Amédée VII premier duc de Savoie qui sera Pape sous le nom de  Félix V, ont retrouvé le type d'architecture initial. Le logis était à l'origine flanqué de sept tours, une pour chacun des membres de l'ordre de Saint Maurice, il n'en reste cependant plus que quatre. 
L’ensemble a été restauré par Frédéric Engel-Gros   vers  1900.  Il était un industriel de Mulhouse, père de André et époux d'une demoiselle  Gros d’où le monogramme EG que l’on retrouve fréquemment représenté. Il  a aménagé l’intérieur de l’habitation dans un style résolument Art Nouveau. Et le modernisme a été voulu afin d’assurer le confort. Dans la cuisine, une gigantesque cuisinière à charbon founit le chauffage central, des conduits amènent l’air chaud dans les autres pièces. Le rendement thermique n’'était pas optimum, puisque deux wagonnets de charbon par mois étaient nécessaires. La vaisselle était  facilitée par un évier équipé  d’un robinet  en métal, et alimenté d'eau courante chaude et froide et munit de beaux égouttoirs en bois. Des passes plats facilitaient le service. Dès cette période le château dispose d’une installation électrique. En pensant aux visites de Maurice Achener, il est évident que la place ne manquait pas pour loger les visiteurs et que comme le vin est bon, le séjour devait être bien plaisant.DSC00928.JPG                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                  
Mais au moment de partir, nous ressentons une petite frustration, à part quelques photos de André Engel, ses œuvres ne sont pas présentées, et pas de trace des fameux oiseaux empaillés. Heureusement sa présence est plus palpable quand nous visitons l’arboretum qu’il a créé, c’est un lieu de promenade et de préservation de l’environnement.

Quelques informations complémentaires :




Le site de la fondation du château de Ripaille :
http://www.ripaille.fr/

muriers.jpgVoir également sur ce blog :

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22 juin 2007 5 22 /06 /juin /2007 22:01

A partir de 1871 l'annexion de l'Alsace à l'Allemagne provoque une émigration d'Artistes de la région et met fin au courant artistique appelé "Ecole Alsacienne". 

 

Emile Schneider est né le 23 janvier 1873 à Illkirsh Grafenstaden. C'est donc, dans un contexte de province allemande que Maurice Achener et Emile Schneider se rencontrent et participent au renouveau de l'art Alsacien. 

 

Après une formation près de Léon Hornecker à l'école municipale des Arts de Strasbourg, Emile Schneider devient lui même professeur à l'Ecole des Arts décoratifs de Strasbourg. Il pratique la lithographie dont il réalisera environ 150 pièces. Il contribue avec de nombreux artistes à l'illustration des contes en dialecte publiés par G Stoskopf en 1897 et 1898. Il donne deux lithographies à " La Saint Georges " journal publié en 1902 par Dush. Ses imprimeurs sont d'abord Dush et surtout son successeur Michel.  

 

En 1901 Emile Schneider, Georges Ritleng, Léon Hornecker et Gustave Krafft créent le groupe d'artiste appelé "Société des artistes de Saint Nicolas" qui devient par la suite " La Société  des Artistes Alsaciens ». Cette société comptera parmi ses membres Maurice Achener, Daniel Albert Schoen, J.J Waltz-Hansi,  Alexandre Urbain, N. Forsberg, Léon Hornecker, Camille Schlumberger, Albert Schultz, Jules Raymond Koening, Auguste Edelmann et Frédéric Lauth.  Ces groupes politisés se constituent  pour créer un mouvement, une culture bien propre à l'Alsace, en effet les artistes, musiciens, intellectuels alsaciens en ont assez de la "Kultur" allemande ce en quoi ils sont parfois soutenus par des intellectuels allemands . La situation est vivable dans une relative liberté, cependant la langue parlée, enseignée et écrite est l'allemand.  

 Emile Schneider publie un album de 20 lithographies , apellé  « Gens de chez nous et d’ailleurs » Dans sa lettre préface à ce recueil, Simon Rocheblave professeur d’histoire à  l’université de Strasbourg qualifie ce mouvement de « récalcitrance » artistique. Il indique qu’après la première guerre mondiale, et le retour à la France , ils ont du également lutter contre le risque de perdre leur identité propre. 

 

Extraits du texte " … Déjà bien avant la guerre, je savais, par le Docteur Bucher, par mon regretté ami Georges Spetz et par d'autre que la SOCIETE DES ARTISTES ALSACIENS  , dont vous êtes l’âme, opposait sa digue courageuse, obstinée au flot d’art germanique qui déferlait en Alsace, et qui grâce à vous, ne fit pas tout le mal qu’il se promettait de faire. Tout ceux qui , à Paris, suivaient de loin la vie artistique de l’Alsace vers 1910, sentaient la vaillance de votre petite phalange, de Georges Ritleng et de Maurice Achener avec vous d’abord puis de ceux qui se joignirent à ce petit noyau, comme Léon Hornecker, Camille Schlumberger Albert Schultz, , et  J.J Waltz-Hansi,  dans une lutte qui paraissait  désespérée, tant elle était disproportionnée, contre l’oppression de l’art munichois, et les appâts matériels tendus à la naturelle ambition des artistes indigènes. Votre art à vous comme votre âme regardait vers la France. Votre idéal était le notre ; votre talent était « de chez nous » et non « d’ailleurs ». C’est un chapitre attachant et trop peu connu, de l’histoire de la petite patrie alsacienne dans l’histoire de la grande patrie française, que celui de votre « récalcitrance » artistique, au début du vingtième siècle jusqu’à la lutte suprême qui, en assurant votre triomphe faillit aussi assurer votre submersion. Mais non, et nous avons assisté en 1920 et 1921, à un nouveau jaillissement de cette source. …. 

Quand ce chapitre spécial de l'histoire strasbourgeoise s'écrira ( et cela se produira bien un jour), l'hommage du narrateur ira,  - outre les noms déjà cités, - à un Daniel Schoen, celui-là réenraciné depuis l'armistice au centre de l'art strasbourgeois, à Jules Raymond Koening, à Alexandre Urbain, à Auguste Edelmann, à Frédéric Lauth et à quelques autres, qui en dépit d'une installation parisienne, n'en ont pas moins soutenu et maintenu le mouvement dont nous voyons aujoud'hui les résultats. 

Tous, ils ont lutté par le pinceau pour l’idée française, avant de lutter –dans la mesure où ils l’ont pu, -hier, pour la cause française, et sous l’uniforme français. Et ce dut être pour vous, cher Monsieur, une émotion sans nom que de voir défiler chez vous, le soir de l’entrée triomphale du Général Gouroud à Strasbourg, vos camarades, les peintres Alex. Urbain, J.R Koenig, M. Achener, André Engel, Aug. Edelmann et Daniel Schoen, tous rayonnants sous l’uniforme bleu-horizon avec leurs galons, leurs blessures et leur croix. Une telle journée doit avoir sa place marquée dans l’histoire de l’art en Alsace.. "

En analysant son oeuvre :

"On voit d'abord un éxécutant de la lithographie singulièrement habile, au métier souple et varié , très dessinateur par la ligne, très peintre apr la lumière et la couleur, très "lithographe" par l'entente de la pierre et de l'encre", ce qui est asurement beaucoup dire dans cette Alsace qui fut le berceau de l'art lithographique. On voit aussi , dirai-je un caricaturiste ? non, ou à peine. Un "moraliste" du crayon plutôt , ou un psychologue de la silhouette et des allures du costume ou du geste. Il y a là comme du Daumier Alsacien...

Ah! vous êtes bien de chez vous Monsieur et pas d'ailleurs! Quel WACKES au naturel que votre WACKES!

Emile Schneider est l'un des collaborateurs de la revue la "Revue alsacienne illustrée". Ce périodique bilingue allemand et français, a été publié sous l'impulsion de Charles Spindler et de Gustave Stoskopf. Les articles marquent un refus de la domination Allemande. Ils sont illustrés par de nombreux artistes dont Emile Schneider, mais aussi Maurice Achener et André Engel.   

Emile Schneider expose pour la première fois en 1895 à l'exposition Internationale de Berlin, puis à Munich en 1897. Il participe de 1898 à 1938 à de nombreuses expositions à Strasbourg. 

 Emile Schneider meurt à Paris le 16 décembre 1947.

 

Les musées d'Hagueneau et de Strasbourg regroupent  des oeuvres de Emile Schneider. son oeuvre lithographié complet se trouve au cabinet des estampes de Strasbourg.

 

 

Lithographie de l'album "Gens de chez nous et d'ailleurs" légende "glaasb'sch du's tu coupes la dedans toi ?"

 

Portraits de Maurice Achener par Emile Schneider dans les années 1901 à 1904 (Collection Particulière):


 

 

 

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24 mai 2007 4 24 /05 /mai /2007 22:16

Raffaella Cavalieri travaille à l’Université de Sienne en Italie, au département de Littérature Moderne et de Science du Langage (Universita degli Studi di Siena dipartimenta di letterature moderne e scienze dei linguaggi) Elle est spécialiste de la littérature des voyages a publié la  traduction du livre d’André Peraté “Sienne” illustré par Paul Adrien Bouroux. 

André Pératé (1862-1947, est né à Nancy, il est admis et étudie à l'Ecole Normale Supérieure de Paris, où il devient agrégé de lettres. Il est membre de l'Ecole 
française de Rome de 1884 à 1887 et travaille ainsi sur les miniatures du Térence au Vatican .

En 1922, il est nommé  Directeur par intérim de l'Ecole  française de Rome. Plus tard il sera Conservateur au musée de Versailles avec Pierre de Nolhac. Ses thèmes de recherche de prédilection sont  l'archéologie, la  mystique chrétienne, la peinture italienne et plus  généralement l'histoire de l'art italien.  Il collabore ainsi  à la « Grande Encyclopédie », aux « Annales de  l’Histoire d'Art" de André Michel. Dans ces revues  il publie notamment ses études sur l'art italien. Il est également l'auteur d'une  traduction poétique de Dante en français, et  de "Petites  fleurs de Saint François d'Assise". Il réalise des ouvrages  consacrés au musée de Versailles ("Versailles" et "Musée National  Versailles"), et enfin un guide de Sienne et un autre sur Assise,  qui sont illustrés par le graveur Paul Adrien Bouroux. 

Raffaella Cavalieri nous propose ici une biographie de ce graveur, qui était le voisin et l’ami de Maurice Achener. Ils travaillèrent ensemble sur de nombreux livres destinés à des bibliophiles, nottament ceux édités par la société de Saint Eloy et quand vers la fin de leurs vies Paul Adrien Bouroux eut la vue altérée, Maurice Achener l’aida souvent dans son ouvrage de graveur.

Paul-Adrien Bouroux (1878-1967): sa vie, ses voyages, ses livres illustrés.

Graveur et illustrateur de livres, Paul-Adrien Bouroux, naît à Mézières le 14 juin 1878. Il hérite de sa mère la passion pour le dessin, et à l’age de 4 ans il ést déjà capable de copier les aquarelles qu’elle réalisait.

Ayant terminé ses études au collège des Barnabites de Gien, il commence sa carrière dans l’Enregistrement. Pendant son service militaire à Rouen il rencontre des camarades qui sont des élèves de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris et qui le présentent à leur professeur: le peintre Luc-Olivier Merson.Il lui donne des conseils.

Rendu à la vie civile, Paul-Adrien Bouroux est nommé receveur à Guillaumes et puis à Grancey-le-Château, d’où il se rend souvent à Dijon qui le séduit. Il y fait la connaissance du graveur Victor Focillon qui l’initie aux secrets de la gravure. En 1905 il participe au Salon des Artistes Français avec l’eau-forte intitulée La Forge. Dans l’année suivant il démissionne de l’Enregistrement et se consacre exclusivement à la gravure.

Au retour d’un voyage en Angleterre il obtient la consécration officielle de son talent en recevant une mention honorable au Salon du 1908 avec Les Oies du moulin. Ses voyages seront très importants pour sa carrière artistique: il aime la vision directe et consciencieuse de la nature et de cette vision vive et directe il tire les illustrations des livres qu’il réalise sa vie durant. Il publie une interprétation de ce que ses yeux ont vu et non pas d’un texte: il préfère se pénétrer de l’atmosphère réelle des villes que du texte, en y faisant des long séjours et en bâtissant ses dessins devant la nature.

D’un voyage en Savoie et dans une partie de la Suisse il ramène des croquis qui inspirent les planches au vernis mou qu’il présente au Salon de 1909 en un album intitulé De Londres à Genève. En 1912 une nouvelle médaille récompensera les planches realisées pour l’illustration du livre de R.P. Berthier Fribourg, ville d’Art. L’expérience d’illustrateur ne sera pas limité à cette oeuvre, mais elle se renouvelle très vite: en 1914 il présente au Salon les planches exécutées pour le livre d’André Pératé Sienne. Il voyage en Italie en 1913. Même la guerre n’interrompt pas son activité artistique et, au front, il réalise nombreux croquis et des eaux-fortes qu’il rassemble sous le titre de Au front d’Alsace.

Après la guerre il reprend l’activité d’illustrateur et en 1925 il est encore en Italie, toujours avec André Pératé. Cette fois l’objet de leur séjour est Assise, en vue de la publication d’un ouvrage sur cette ville. L’artiste s’arrête aussi à Arezzo, Volterra et Livourne et puis il gagne la Corse. En 1927 la Bretagne l’attire et il y illustre Colette Baudoche de Barrès. Son humeur vagabonde le conduit à La Rochelle et au pays basque en 1928, d’où il ramène quelques nouvelles planches grâce auxquelles il obtient la médaille d’or au Salon du 1929. La même année il illustre l’Oblat de Huysmans. En 1932 il devient secrétaire de la Société de Saint-Eloy qu’il avait contribué à fonder en 1923 avec les graveurs Charles Jouas, André Dauchez et le bibliophile Henri Vever. Le but de la société est d’éditer des livres de bibliophiles et elle réunit pour cela quinze graveurs qui se partagent l’illustration d’un texte choisi par le comité. Il collabore à l’exécution de Paris, ses eaux et ses fontaines de G. Montorgueil, à la collection des monographies des Petites villes (Bergues, Senlis et Uzès) et aux trois volumes consacrés aux Châteaux d’Ile-de-France.

La société n’absorbe pas toute l’activité de l’artiste et il illustre successivement Boulogne Belle, Le Pays de Hainaut, et Sur les Chemins de la victoire. En 1936 l’Etat lui reconnait la Légion d’Honneur. Quand la seconde guerre mondiale entrave les déplacements lointains, il se réfugie dans sa maison d’Ile-de-France et travaille à l’illustration de Sylvie de Gérard de Nerval. Dès que la circulation redevient libre, Bouroux suit son esprit voyageur et en 1947 il retrouve la Bretagne, puis Hossegor en 1950. L'année 1947 voit la parution de Le Cahier vert de Maurice de Guérin et en 1952 Le Manuscrit de ma Mère de Lamartine représente le dernier ouvrage important du graveur. Peu après, un accident oculaire nécessite une grave opération qui lui évite la cécité mais n’empêche pas sa vue de se fatiguer très rapidement. Il réalise encore plusieurs planches jusqu’en 1964 quand une crise cardiaque met un terme à sa carrière de graveur. Il vit encore quelque temps, jusqu’au 31 mars 1967.

RAFFAELLA CAVALIERI

D'autres articles de Raffaela Cavalieri disponibles sur Internet

http://www.fabula.org/revue/document1092.php

http://www.fabula.org/revue/document1041.php

En Italien :

http://www.storicamente.com/03_biblioteca/schede/2brewer.htm
http://www.unisi.it/lettura.scrittura/imago
http://www.bancaetruria.it/docfile/etruria_oggi_67.pdf

Références du livre :
André Pératé, Siena, Pacini Editore, Pisa, giugno 2007
215 pag. Euro 18,50
ISBN: 978-88-7781-903-1


Première illustration de l'article huile de Maurice Achener : Le jardin des Bouroux à Senlis (Collection Particulière)

Illustrations de Paul Adrien Bouroux pur le livre de Jean Yole "Le marais de Monts en Vendée"  
SAint-Gilles-croix-de-vie-copie-1.jpg

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22 février 2007 4 22 /02 /février /2007 23:05

André Engel est un peintre paysagiste,  ami de  Maurice Achener, il naît à Bâle en 1880, dans une famille alsacienne de Mulhouse. Il  est le fils de Frédéric Engel–Gros patron des usines textiles DMC. Il grandit dans le Château de Ripaille situé au bord du lac Léman et entouré d’une forêt, que  Maurice Achener prendra comme sujet de quelques gravures. Il partage ses années d’études entre Bâle, Lausanne et Paris, et  prend ses premières leçons de peinture dans l’atelier de Sandreuther. Il devient médecin, vers 1903, il  fait des recherches en chimie et participe à la création du service radiothérapie de l’hôpital de Lausanne. Mais en 1905 il ne se consacre plus qu’à la peinture. Il travaille alors à Karlsruhe sous la direction de Marc Lauger, puis poursuit sa formation à Paris avec Vignal et Luc-Olivier Merson. Il voyage en compagnie de Maurice Achener en Italie. engel-orta2.jpgIl publie des aquarelles dans la revue alsacienne Illustrée. Et  fait l’objet d’une importante exposition à la galerie Petit de Paris. Il revient à la médecine pendant les années de la grande guerre 1914-1918, à laquelle il participe  en tant que responsable d’une unité mobile de radiologie. A la fin de cette guerre, en 1919,  il participe avec Maurice Achener, à Londres aux expositions caritatives organisées par la Société d’Assistance d’Alsace Lorraine à la « Goupil Gallery », afin d’obtenir des fonds pour la reconstruction de l’Alsace Lorraine. Grand voyageur, Il parcourt l’Inde et constitue suite à  ses lointains  périples une importante collection d’oiseaux tués et empaillés. Plus pacifiquement il ramène aussi des végétaux et crée de 1930 à 1934 une arboretum forestier à coté de Thonon les Bains sur le domaine de Ripaille. Le but de cette plantation est de démontrer les possibilités d’adaptation de variétés étrangère. L’expérimentation sur le Douglas d’Amérique du Nord est une grande réussite. Il illustre le livre de contes pour enfants "Six Contes Vosgiens" d' Anna Roger Favre, paru en 1925 chez l'éditeur Braun & Cie à Mulhouse.

Andr---Engel1.JPG 

 

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12 février 2007 1 12 /02 /février /2007 23:32

Dans un article de la Revue Alsacienne illustrée de 1912, apparaît, dessiné par Maurice Achener, un curieux lion, montrant une pose peu fréquente chez ce digne animal. Si nous  connaissons le majestueux lion de Bartholdi, sur  la place Denfer Rochereau,  posant couché au milieu des embouteillages de Paris, des statues de lions agressifs se jetant sur de malheureuses proies, ce lion pensif,  montrant debout, son arrière-train est  insolite. Il illustre un article sur le Val Saint Grégoire, la vallée de Munster en Alsace. 

Voici l’histoire ou la légende de cet étrange animal, le  texte commence ainsi
:
«  Dans un bosquet de la promenade municipale actuelle, un lion de pierre est gravement assis au haut d’une colonne Renaissance et médite sur les vicissitudes de sa vie tourmentée. Le lion ornait autrefois la porte d’entrée du château de Hattstadt dont quelques blocs de granit indiquent encore l’emplacement dans une forêt sauvage, au-dessus du village de Soultzbach" » 
L’histoire relate ensuite qu’en 1465 le seigneur de Hattstadt revient d’une campagne en Lorraine chargé de rapines. Les gens de Munster alors alliés des ducs de Lorraine essaient de récupérer ce butin, mais sont brisés, en signe d’humiliation leur drapeau est alors attaché à la queue du lion. Cet événement déclenche un soulèvement général de la vallée, le château est détruit. Seul le lion est épargné et transporté « en grande pompe » dans l’arsenal. 
Une centaine d’année plus tard le protestantisme se répand et l’abbé Burckard Nagel se convertit en 1536. 
Mais la contre réforme catholique gagne l’abbaye et une période troublée commence. L’auteur nous indique comment  le lion reprend ainsi du service
.
« En 1560  à l’occasion de l’inauguration du nouvel hôtel de ville, le conseil communal utilisa pour faire enrager l’abbé, notre lion, qu’il alla réveiller de son long sommeil. On le hissa sur une fontaine, vis à vis de la porte d’entrée de l’abbaye, et, renouvelant la grosse farce du seigneur féodal, on dirigea vers les fenêtres de l’abbé la partie la moins noble de ce roi des animaux. »
Malgré les requêtes de l’abbaye au tribunal Reichskammergericht, pendant un siècle, la ville l’emporte. Mais une nouvelle puissance intervient, le Roi de France succède au Saint Empire Germanique. C’est un  préteur, neveu du cardinal de Mazarin qui gouverne. 
Lorsque qu’en 1675, Munster s’oppose aux empiètements du préteur, il envoie l’armée. 
« Peu de temps après cette humiliation douloureuse, on fit faire volte face au fameux lion, et c’est au balcon de l’hôtel de ville qu’il tourna le dos dorénavant »  
L’Eglise connaît dès ce moment une vague de prospérité,  balayée en  1789 par la tourmente révolutionnaire, le préteur est alors remplacé par un maire élu.«le lion lui-même prit par au mouvement et reprit la position que la commune lui avait primitivement assignée »L’auteur termine dans son texte par la chronologie des évènements suivants, de l’industrialisation textile de la ville au retour sous la tutelle de l’Empire d’Allemagne, il n’indique pas ce qu’il advint du lion. 

Mais depuis la parution de l’article en 1912, sachez qu’il est toujours à Munster, témoin des changements de pouvoir et de l’esprit d’indépendance des habitants de sa cité.  Si vous visitez cette ville, cherchez le,  et observez comment il est positionné, vous pourrez en tirer votre propre interprétation.
  
 

 

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21 janvier 2007 7 21 /01 /janvier /2007 23:14

Paul Ahnne est né à Papeete en 1910 et mort à Strasbourg en 1977d'une maladie tropicale.
Il fut le conservateur du Cabinet des Estampes de Strasbourg, mais aussi écrivain critique et chroniqueur d'exposition. Décrit par Robert Heitz comme :" Tahitien devenu Alsacien de volonté et de coeur".
Il est l'auteur de nombreux livres et publications sur l'Alsace et Strasbourg.

Il écrivit un ouvrage sur le peintre Balthazar en 1950, qu'il offre et dédicace  en ces termes à Maurice Achener:
 "A Monsieur Maurice Achener aristocrate de la gravure, en témoignage de respectueuse amitié."   
Dans le cadre de sa fonction de conservateur,  il organise en 1960 au Cabinet des Estampes de Strasbourg l’exposition « Soixante ans de gravure Alsacienne (1900_1960)", qui présenta l'évolution de la gravure alsacienne avec des oeuvres de Maurice Achener et d'autres artistes.


Le catalogue de l’exposition gravures de Maurice Achener de 1962, organisée avec l’aide de la Société Godefroy Engelmann à la bibliothèque de Mulhouse, comporte un texte de Paul Ahnne, il  présente ainsi le travail de Maurice Achener :

« Dès 1914 sa vision ou tout au moins son interprétation du sujet se clarifie, s’épure se dépouille pour atteindre la maîtrise qu’on lui reconnaît aujourd’hui, sans perdre pour autant ses qualités poétiques. Maurice Achener est un graveur au plein sens du mot. Son art porte sans doute l’empreinte des ans, mais comme les grands vins en se bonifiant. »

 

 

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