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22 mai 2007 2 22 /05 /mai /2007 23:15

En 1921 le paquebot le Paris est une réalisation de prestige,  un livre illustré par Maurice Achener est offert aux passagers. Edité dès 1919,  il est intitulé « Paysages de Paris ». Il est écrit par Léandre Vaillat, qui a également réalisé des articles sur ce paquebot. 

 

C’est un petit ouvrage qui fera l’objet d’un tirage sans doute important, et dont les exemplaires ne sont pas numérotés. Il existe sous diverses couvertures cartonnées. Maurice Achener a essentiellement travaillé pour des ouvrages de bibliophiles avec des exemplaires en nombre limité, c’est donc une production particulière dans sa carrière.

 

Le texte de Léandre Vaillat  est dédicacé «  A une Américaine qui m’avait prié de lui « montrer Paris ». Il se propose comme guide touristique de la capitale francaise.  

Le premier chapitre intitulé Le fleuve décrit des lieux autour de la Seine , suivent les thèmes de l'avenue des traditions , du Quartier latin et Le vieil hôtel.  Les endroits en relation avec les Etats Unis illustrent la « table des chapitre » avec la tombe de La Fayette au cimetière de Picpus et le premier quartier général de l’armée américaine à Paris (esplanade des invalides).

 

Les qualités littéraires du texte ne sont pas l’objet de notre propos, mais pour situer le style, on peut trouver que la ville est décrite de façon un peu datée aujourd’hui, par un auteur enthousiaste verbeux mais au vocabulaire parfois onirique. Pour exemple un petit extrait  destiné à  inciter à la marche à pied sur le quai d’Orsay alors près de la gare d’Orléans « Chaque pas d’une promenade tranquille projette sur nos yeux, pourvu qu’ils soient actifs, guetteurs sans indolence, une image qui est votre création  et qui vous appartient comme une gravure non achetée chez le marchand mais dessinée par votre sympathie sur le vélin du rêve, et à laquelle chacune de vos sensations ajoute une touche d’enluminure » 

 

Face à cette commande, Maurice Achener, dessine les lieux en relation avec le texte mais utilise également des gravures qu’il a déjà réalisées sur Paris. Il opère un travail de  simplification et de changement d’échelle pour s’adapter à la mise en page, pour ce faire il commence par  dessiner de nouveau l'illustration dans le sens où elle sera à l’impression. Lors de ce traitement une gravure telle que celle du pavillon de Flore sans devenir mièvre perd son corps et de son charme initial, mais s’intègre bien dans la page écrite et aux objectifs de promotion de Paris, dans sa double signification, de ce livre.

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20 avril 2007 5 20 /04 /avril /2007 23:11

Le livre « Paysages de Paris » comporte dans ses dernières page le texte suivant :« Achevé d’imprimé l’an 1919, En commémoration de son paquebot le « Paris » La Compagnie générale Transatlantique  a édité ce livre pour l’offrir à ses passagers ». 

 "Paysages de Paris » a pour auteur, un homme dont le prénom charmant n’est pas encore revenu à la mode, il s’appelle  Léandre Vaillat et les dessins qui illustrent l'ouvrage sont de Maurice Achener.

Le paquebot le Paris est mis en chantier à Saint Nazaire en 1913, mais sa construction est bloquée par la première guerre mondiale et ce n’est qu’en 1921 que le Paris appareille pour son premier voyage vers New-York.

Sa décoration est soignée, et se veut novatrice. Dès 1916 John Dial Piaz administrateur et futur président de la Compagnie générale Transatlantique, demande à la Société de l’Art français moderne d’en étudier l’agencement. En 1919 le projet de cabine de Tony Selmeshem est exposé au Salon des Artistes décorateurs. René Lalique imagine, dans le grand salon, les portes et les appliques d’éclairage en verre moulé, elles sont réalisées par Nelson. Le hall et l’escalier monumental, de l’architecte Bowens de Boijen, sont de style Art Déco, tandis que la grande salle à manger, très différente avec un aspect très métallique et un plafond en verrière, présente une architecture Modern style. Le ferronnier Edgar Brandt s’est inspiré de motifs marins (vagues coquillage poulpe)  pour la rampe de l’escalier en fer forgé, les balustrades et la coupole. Les matériaux sont recherchés, luxueux  et originaux, Georges Dumaine  crée des appareils d’éclairage en albâtre, cristal et bronze, René Prou compartimente la salle à manger des deuxième classe de piliers en bois de courbaril et utilise des boiseries en amarante pour le salon bibliothèque.

La décoration reçoit quelques vives critiques, mais Léandre Vaillat décrit ainsi cette réalisation : « Le soir une douce clarté tombera non des étoiles comme dit le Cid, mais des verrières. Un escalier à double évolution mène à l’étage supérieur : la rampe en fer forgé avec ses vagues entrelacées, conduit le regard sans heurt, jusqu’aux arabesques culminantes de la voûte ». Et Gilles Lambert le définit   comme  « un paquebot féminin où règne le charleston des années vingt. ».

Le bateau connaît un vif succès, mais en 1927 il est accidenté en baie de New York par une collision avec un cargo norvégien, en août 1929 il subit un incendie important, les travaux de remise en état durent 6 mois. La mode ayant beaucoup changé entre 1921 et 1929, il évolue vers une architecture intérieure plus sobre. Et pour la première fois, une piste de danse en glace lumineuse  équipe  un paquebot.

Mais le 18 avril 1939, au Havre,  un autre incendie, débute dans la boulangerie du bord et  ravage le bateau, les œuvres d’art destinées  à l’exposition internationale de New York sont sauvées, mais le navire coule. L’épave restera à cet emplacement, et provoquera l’accident du paquebot Liberté en 1946, elle ne sera démolie qu’en 1947.

 

Références :

http://www.frenchlines.com/ship_fr_368.php

Pierre Kjellberg : Art déco : Les maîtres du mobilier le décor des paquebots.

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7 avril 2007 6 07 /04 /avril /2007 21:49

 

 
The print connoisseur July 1923 Edited and published by Winfred Porter Truesdell Champlain New York

 

The etchings of Maurice Achener by Louis Seyden

 

In all epochs artists have seen to suddenly find themselves after having long and laboriously searched for their way. Such was not the case with Maurice Achener, however.
He had etched some twenty years and if he worked much, with the feelings always, sometimes a little uncertainly, from the very first his work has shown the impress of sincerity. One can go through it from the first to the last plate without finding the least suspicion of the deliberate use of any artifice. The desire to strike the imagination is totally foreign to him, and no etcher is less literary in the sense that is given to this qualification today. Let us understand by this that in a landscape whether in his native Alsace, in Italy, or in the Isle of France, disregarding theory and recollections, he has only he has only the desire to be an analyst of as great penetration as possible. Blank perhaps to the uncultivated or superficial observer, because often less pictures than their reflection his works enchants the delicate by shades of intense expression, by its refined sensitiveness which is left to ones divination.

One may well understand that’s Achener’s success under such conditions have been slow and progressive. He had from the first followers on whom the quality of his esprit and of is work was not lost. A circle of faithful collectors, growing larger every year, followed and encouraged him, classing him among contemporary etchers of solid reputation, and the future will certainly rank him among the masters.


Born in 1881 at Mulhouse, Achener studied at first in his own country, then at Munich. He destined himself to paintings, which he never gave up completely; his sending to the Société Nationale des Beaux Arts while not frequent have not passed unnoticed "sic". But soon, perhaps under the influence of one of his professors at Munich, P.Halm, himself etcher of repute, he began to feel the attraction of the point and the etching. But he did not give himself up to it definitely until after he had tried the wood block.
















About 1909,
sollicited by an amateur, M Spetz to illustrate a collection of legendary poems, he acquired by himself the technique of the wood block, and even his first effort were successful. We may add in passing that he returned to the wood engraving in 1919, illustrating La princesse Maleine, of  Maurice Maeterlinck, and in1922 making the very important illustrations for La faute de l’abbé Mouret by Emile Zola.


But it is with the etching; that we are concerned here. His  first  plate date from 1902. The subject he chose from the country round around him, at Strasbourg and vicinity, attacking the most diverse themes, landscape, architecture, interiors. He even etched figure subjects a Dutch woman, a fisherman, some portraits. His character being (idealism and talent apart) laborious and conscientious, these first effort although scattered are yet not without value. The struggle of the artist with the technique of the medium which must to be learned is not too evident, and if the techniques hesitate at times, the vision is already personal. Before commencing to etch he had made   many designs and painting which one readily perceives even in his first efforts. When he started to works with the needle he had therefore long been in the possession of the requisite knowledge acquired as a painter, of what subject to choose and how to translate it. It is without doubt to this that these first are a quality often lacking in the early work, the result of experience, thought and happy simplifications…..


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6 avril 2007 5 06 /04 /avril /2007 22:31

 

The print connoisseur July 1923 Edited and published by Winfred Porter Truesdell Champlain New York

 

The etchings of Maurice Achener by Louis Seyden

In 1908 Achener came to Paris, and here, as in his own country, is still drawn to that which attracted him from the first the irregular outlines of the old buildings, the savoury color of the stones slowly weathered by the sun and rain of centuries, in other words the picturesque. To loosen this tendency, to give the proper aspect to his work, the severity and the hardness of the North needed the infusion of Latin cheerfulness. The warmth and serenity of the South were wanted .Italy was necessary. He arrived there the first time in 1910 and a once there a revelation. At the contact with these aspects, new to him, of nature and civilization, his perceptions asserted and multiplied themselves; his spirit became free from its timidity from the first influence received. He burned with an enthusiasm, new and free, with a young and virile ardour for the eternal beauties which appeared to him. From that tile on he tried, he dared he succeeded. His composition fell into order, showed development, acquired ease and brilliancy.

Scarcely had he had the time to catch a glimpse of what Italy had in store for him than Venice with its imperial charmed attracted him. It is however as a “flaneur” that he repaired there, stopping at Brescia, Verona and ”, from whence he dates some interesting notes in sketches of their monuments-bathed in that indescribable atmosphere full of tenderness, showing the power to grasp, and what is better, to express.

Finally he is at Venice. He etched here as early as that first year, eleven plates, notably le Pont des Saints Apôtres, la Fondamentea Nuove,  de Saint-Jean Evangeliste and the façade of Vieux Palais reproduced here, in which the ruin retain a smiling nobility behind the wreathed palli. From that time his talent is marked by Italy. He returned the year following to revisits Brescia, Vincenza, Verona. Later he remained a long time at Florence and visited Sicily, bringing back from Palermo and Girgenti many significant plates. Each halting place seems to hold in reserve for him a voluptuous intoxication of production. His thought became fused with the happy harmony which created all about him that powerful light without violence, that architecture of such ordered elegance, that wonderfully decorative vegetation. He created in joy! What more dazzling remembrance than that remembrance that of a morning spent before the ramparts of Sclaligieri at Verona!

 

Certainly this talent is subjective, but how well it expresses, how it excels in fixing forever the emotion of an hour. No better example of this could be given than that one of his plates, the view An werp (?), impregnated with the melancholy austerity of the North. This date, like the preceding one of 1911 shows that the impress left by Italy on the mind of Achener did not turn him, asides from working under other skies. The South had not held him entirely : often he returned to Alsace, and he also worked a good deal in, Paris, and Switzerland both before and after the war.

But to return to the Italians plates (of which there are no less than forty-six) beside the Venitian Series one should note the importance and the interest of the Florentine Series which include several plates of the first order, such as the panorama of La Certosa, views in which the penetrating lights is cleverly graduated, the luminous Descente de Fiesole, or the noble and sober Or San Michele.



 





































Continued .....

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5 avril 2007 4 05 /04 /avril /2007 21:44

The print connoisseur July 1923 Edited and published by Winfred Porter Truesdell Champlain New York

 

The etchings of Maurice Achener by Louis Seyden


The olds buildings, the walls pitted by the weather and burned by the sun, the shadowed alleys, seemed to hold a particular appeal for Achener. He loved the harmony here, the discordance there; good portraitist of the towns, he penetrated their innermost secrets with a tender veneration. But nature also held for him its charms, and in particular the trees. Besides playing an expressive role in many of his plates, there are a certain number in which they furnish him with the sole motive. From his first essays in etching Achener saw the tree decoratively (see la Matinée de Printemps, Les Dunes près de Knocke). In Italy the mixture of the silvery trees with the sombre green of the Cypress rejoined the colourist in him, their silhouettes brought also to his compositions an clement of attraction which he used with originality. From this point of view le vivo Alto of Sienne is considered by many collectors to be one of his most personal plates.

 

 

 

In Switzerland the old and picturesque Fribourg, surrounded by precipitous gorges and dominated by the massive tower of its collegiate church, has furnished Achener the subject of six important plates : in default of a really  characteristics atmosphere the artist has called to his aid others factors  of emotion, violently contrasting lights and shades, profundity of perspective. However, in spite of the great picturesque interest and technique of these plates (of which the best seems to be la Vieille Ville) we prefer to the large view of Sion et la vallée du Rhône, and anove all the small and more recent views of Geneva and its environs, those of Collogny, or la Villa de Lord Byron, more varied in means and expressive of the utmost subtlety.  


 




In the interval of these journeys, and with the exception of the war time (for him, as for so many others, a frightful  period of four years) Achener has nearly every year etched some aspect of Paris, into the spirit of which he has a fine insight. If he is not swallowed up into the contemplation of the old capital with the fervour of the Florentines hours, for example, at least he loves with a clairvoyant feeling, taking pleasure in analyzing, and expressing with justness. Few plates of Paris, even the most celebrated, have for me the same appel as the Pont de la Tournelle of 1919, or that of 1920 the moving grace of the Pont Neuf of 1912, the elevated style of la Place de la Concorde of 1919. Some of the older views, such as the Pantheon of 1909 attract us however almost as much, as in spite of the picturesque interest perhaps a little too much in evidence, we find in them an irresistible eloquence expressed in loving fashion meditative and comprehensive.

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3 avril 2007 2 03 /04 /avril /2007 23:17

The print connoisseur July 1923 Edited and published by Winfred Porter Truesdell Champlain New York

 

The etchings of Maurice Achener by Louis Seyden

As to the technique of the work, we are able to omit going into details as an original plate and numerous reproductions accompany the present text. Achener draws directly on the copper from nature, the rustic  perpectives or villagers which he has prepared to interpret. Often he makes first a small sketch to determine the principal lines of a subject. At other times when the extend and variety scheme require, the sketch is more detailed; the values are studied more thoroughly. This rigorous study of perspective is one of the masterly qualities of etcher. He attains by this to that precision of atmosphere, to that feeling of space which characterizes all his work: it is so true that all poetry is born of a patient labour. If he confines himself to the essential in is work of preparation, Achener never leaves a plate until he given and minute consideration to the mise au point. And the pulling of the proofs, he confides to the care of no other, which is responsible for a notable part in the final result. He has for his profession the same veneration as for his art.

 

 

It is b the views of the Geneva country already mentioned and by a fine series consecrated to Etampes, a pretty little villa in the suburbs of Paris that we may judge of the present expression of the art of Achener. As his evolution progresses we see him turn more to simplicity,. He shows more tone, he is sincere but more wilful, also sensitive but less subjective. The picturesque element is subordinated, the effect aimed as is discrete and at the same time imperious.  The artist does not content himself to suggest emotion, he become more ardent; yesterday he analyzed; now he suggests, he wishes to conquer. It is possible that these new tendencies remain unobserved among certain categories of collectors, who may regret the plates of effect, the decorative pictures of former times; at any rate they will enjoy the selection of the elite, and that is the essential, since Achener’s aim has always been to produce work which would appeal to the elite

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24 mars 2007 6 24 /03 /mars /2007 17:11

 

Même si la technique de la gravure, a occupé une plage majeure dans la production artistique de Maurice Achener, il est également un peintre graveur dans le sens qu'en donnent les critiques de son époque, en les différenciant ainsi des artistes qui font uniquement de la gravure dites de reproduction. Ces derniers sont alors considérés comme plus proches de l'artisanat. Cette distinction fut à l'origine de la création des organisations telles que de des "Peintres Graveurs".

Dans la revue du "Print connoiseur "de juillet 1923, Louis Seyden explique son évolution de la peinture vers la pointe sèche et l’eau forte par sa rencontre avec le graveur Peter Halm. son professeur à l’école des Beaux Arts de Munich, il fait également remarquer que Maurice Achener n’abandonne pas la peinture pour autant, puisqu’il présente régulièrement au Salon de la Société Nationale des Beaux Arts des œuvres peintes.

“Born in 1881 in Mulhouse, Achener studied at first in his own country, then in Munich . He destined himself to painting, which he never gave up completely. His sending to the Société Nationale des Beaux Arts, while not frequent have not passed unnoticed. But soon perhaps under the influence of one of his professors in Munich , Peter Halm, himself an etcher of repute, he began to feel the attraction of the point and the etching.”

 Photo-101.jpg
Maurice Achener Autoportrait 
 
Si les peintures des années 1900 sont dans une veine impressionniste, on note sur les paysages italiens et méditerranéens, l’influence de Corot.   

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Maurice Achener campagne italienne


Il est  également possible de constater que gravure et peinture se complètent, le même sujet étant traité souvent par les deux techniques. La peinture est sans doute  réalisée en extérieur et le même sujet fait simultanément ou ultérieurement l’objet d’une ou plusieurs gravures. La peinture peut être ainsi imaginée comme une méthode afin  bien s’imprégner de l’atmosphère qui sera retraduite par la technique de la gravure.

 

 180084074749_0.jpg

 

 

 

 

Un tableau et une gravure montrent souvent un même site. Exemple du "Parc"undefined

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22 février 2007 4 22 /02 /février /2007 23:05

André Engel est un peintre paysagiste,  ami de  Maurice Achener, il naît à Bâle en 1880, dans une famille alsacienne de Mulhouse. Il  est le fils de Frédéric Engel–Gros patron des usines textiles DMC. Il grandit dans le Château de Ripaille situé au bord du lac Léman et entouré d’une forêt, que  Maurice Achener prendra comme sujet de quelques gravures. Il partage ses années d’études entre Bâle, Lausanne et Paris, et  prend ses premières leçons de peinture dans l’atelier de Sandreuther. Il devient médecin, vers 1903, il  fait des recherches en chimie et participe à la création du service radiothérapie de l’hôpital de Lausanne. Mais en 1905 il ne se consacre plus qu’à la peinture. Il travaille alors à Karlsruhe sous la direction de Marc Lauger, puis poursuit sa formation à Paris avec Vignal et Luc-Olivier Merson. Il voyage en compagnie de Maurice Achener en Italie. engel-orta2.jpgIl publie des aquarelles dans la revue alsacienne Illustrée. Et  fait l’objet d’une importante exposition à la galerie Petit de Paris. Il revient à la médecine pendant les années de la grande guerre 1914-1918, à laquelle il participe  en tant que responsable d’une unité mobile de radiologie. A la fin de cette guerre, en 1919,  il participe avec Maurice Achener, à Londres aux expositions caritatives organisées par la Société d’Assistance d’Alsace Lorraine à la « Goupil Gallery », afin d’obtenir des fonds pour la reconstruction de l’Alsace Lorraine. Grand voyageur, Il parcourt l’Inde et constitue suite à  ses lointains  périples une importante collection d’oiseaux tués et empaillés. Plus pacifiquement il ramène aussi des végétaux et crée de 1930 à 1934 une arboretum forestier à coté de Thonon les Bains sur le domaine de Ripaille. Le but de cette plantation est de démontrer les possibilités d’adaptation de variétés étrangère. L’expérimentation sur le Douglas d’Amérique du Nord est une grande réussite. Il illustre le livre de contes pour enfants "Six Contes Vosgiens" d' Anna Roger Favre, paru en 1925 chez l'éditeur Braun & Cie à Mulhouse.

Andr---Engel1.JPG 

 

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12 février 2007 1 12 /02 /février /2007 23:32

Dans un article de la Revue Alsacienne illustrée de 1912, apparaît, dessiné par Maurice Achener, un curieux lion, montrant une pose peu fréquente chez ce digne animal. Si nous  connaissons le majestueux lion de Bartholdi, sur  la place Denfer Rochereau,  posant couché au milieu des embouteillages de Paris, des statues de lions agressifs se jetant sur de malheureuses proies, ce lion pensif,  montrant debout, son arrière-train est  insolite. Il illustre un article sur le Val Saint Grégoire, la vallée de Munster en Alsace. 

Voici l’histoire ou la légende de cet étrange animal, le  texte commence ainsi
:
«  Dans un bosquet de la promenade municipale actuelle, un lion de pierre est gravement assis au haut d’une colonne Renaissance et médite sur les vicissitudes de sa vie tourmentée. Le lion ornait autrefois la porte d’entrée du château de Hattstadt dont quelques blocs de granit indiquent encore l’emplacement dans une forêt sauvage, au-dessus du village de Soultzbach" » 
L’histoire relate ensuite qu’en 1465 le seigneur de Hattstadt revient d’une campagne en Lorraine chargé de rapines. Les gens de Munster alors alliés des ducs de Lorraine essaient de récupérer ce butin, mais sont brisés, en signe d’humiliation leur drapeau est alors attaché à la queue du lion. Cet événement déclenche un soulèvement général de la vallée, le château est détruit. Seul le lion est épargné et transporté « en grande pompe » dans l’arsenal. 
Une centaine d’année plus tard le protestantisme se répand et l’abbé Burckard Nagel se convertit en 1536. 
Mais la contre réforme catholique gagne l’abbaye et une période troublée commence. L’auteur nous indique comment  le lion reprend ainsi du service
.
« En 1560  à l’occasion de l’inauguration du nouvel hôtel de ville, le conseil communal utilisa pour faire enrager l’abbé, notre lion, qu’il alla réveiller de son long sommeil. On le hissa sur une fontaine, vis à vis de la porte d’entrée de l’abbaye, et, renouvelant la grosse farce du seigneur féodal, on dirigea vers les fenêtres de l’abbé la partie la moins noble de ce roi des animaux. »
Malgré les requêtes de l’abbaye au tribunal Reichskammergericht, pendant un siècle, la ville l’emporte. Mais une nouvelle puissance intervient, le Roi de France succède au Saint Empire Germanique. C’est un  préteur, neveu du cardinal de Mazarin qui gouverne. 
Lorsque qu’en 1675, Munster s’oppose aux empiètements du préteur, il envoie l’armée. 
« Peu de temps après cette humiliation douloureuse, on fit faire volte face au fameux lion, et c’est au balcon de l’hôtel de ville qu’il tourna le dos dorénavant »  
L’Eglise connaît dès ce moment une vague de prospérité,  balayée en  1789 par la tourmente révolutionnaire, le préteur est alors remplacé par un maire élu.«le lion lui-même prit par au mouvement et reprit la position que la commune lui avait primitivement assignée »L’auteur termine dans son texte par la chronologie des évènements suivants, de l’industrialisation textile de la ville au retour sous la tutelle de l’Empire d’Allemagne, il n’indique pas ce qu’il advint du lion. 

Mais depuis la parution de l’article en 1912, sachez qu’il est toujours à Munster, témoin des changements de pouvoir et de l’esprit d’indépendance des habitants de sa cité.  Si vous visitez cette ville, cherchez le,  et observez comment il est positionné, vous pourrez en tirer votre propre interprétation.
  
 

 

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21 janvier 2007 7 21 /01 /janvier /2007 23:14

Paul Ahnne est né à Papeete en 1910 et mort à Strasbourg en 1977d'une maladie tropicale.
Il fut le conservateur du Cabinet des Estampes de Strasbourg, mais aussi écrivain critique et chroniqueur d'exposition. Décrit par Robert Heitz comme :" Tahitien devenu Alsacien de volonté et de coeur".
Il est l'auteur de nombreux livres et publications sur l'Alsace et Strasbourg.

Il écrivit un ouvrage sur le peintre Balthazar en 1950, qu'il offre et dédicace  en ces termes à Maurice Achener:
 "A Monsieur Maurice Achener aristocrate de la gravure, en témoignage de respectueuse amitié."   
Dans le cadre de sa fonction de conservateur,  il organise en 1960 au Cabinet des Estampes de Strasbourg l’exposition « Soixante ans de gravure Alsacienne (1900_1960)", qui présenta l'évolution de la gravure alsacienne avec des oeuvres de Maurice Achener et d'autres artistes.


Le catalogue de l’exposition gravures de Maurice Achener de 1962, organisée avec l’aide de la Société Godefroy Engelmann à la bibliothèque de Mulhouse, comporte un texte de Paul Ahnne, il  présente ainsi le travail de Maurice Achener :

« Dès 1914 sa vision ou tout au moins son interprétation du sujet se clarifie, s’épure se dépouille pour atteindre la maîtrise qu’on lui reconnaît aujourd’hui, sans perdre pour autant ses qualités poétiques. Maurice Achener est un graveur au plein sens du mot. Son art porte sans doute l’empreinte des ans, mais comme les grands vins en se bonifiant. »

 

 

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