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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 21:09

Les Camondo: de Constantinople aux plaines glacées d'Auschwitz par Marie Anne Chenerie

Le musée d'Art et d'Histoire du Judaisme présente « La splendeur des Camondo » , illustrant le parcours de cinq générations de financiers , mécènes , humanistes, artistes . Cette histoire d'une famille éclairée, puissante et généreuse , se termine à Auschwitz , sans descendance . Un seul lieu retient, comme dans un moment figé pour l'éternité , l'essence de ce qu'ont été ces hommes, ces femmes, leur culture et leur morale : c'est le Musée Nissim- de- Camondo, rue de Monceau à Paris .

J'ai choisi de vous décrire ici deux personnalités, deux hommes de cette famille , si opposés dans leur caractère , mais si sincères dans leurs convictions , deux cousins germains, Issac ( 1851/1911 ) et Moise ( 1860 / 1935 ) de Camondo .


 Isaac ,à gauche , et des amis musiciens, presque un « dandy » , extraverti, bon vivant , innovant, courageux dans ses soutiens et ses positions, généreux , mais certains diront aussi, éparpillé, souvent critiqué , parfois arbitraire ( mais l'arbitraire d'un collectionneur n'est-il pas justement cette part de personnalité indispensable , qui le différencie du choix que ferait un logiciel ? ) ; il fréquente les coulisses de l'opéra Garnier ; il aura deux enfants qu'il ne reconnaitra pas d'une chanteuse , mais qu'il soutiendra généreusement toute sa vie . C'est aussi un artiste ,compositeur , passionné par la correspondance des sons et des lumières .


Moise, dont la vie semble dominée, presque dirigée, par la mort de son fils Nissim à 19 ans, aviateur dans l'Armée française :il est réservé, conventionnel, fidèle , même au souvenir, discret , je l'imagine solitaire , « the sad fate of a gentleman » comme le dit un de ses contemporains.




Deux personnalités si opposées et qui ont pourtant en commun: l'amour de l'art , la passion de la collection . Leurs choix ont été guidés à la fois par le respect du passé qui s'exprime , par exemple dans le choix des peintres hollandais, ou les meubles du 18è siècle français , la tolérance et le respect de culture étrangère, ( au sens fort du terme, dans son étrangeté ) , avec la collection japonaise , l'ouverture sur le nouveau, parfois , à l'époque le scandaleux :les monotypes de Degas achetés par les Camondo sont d'une modernité étonnante, par exemple .   Bref, un éclectisme , le mariage du respect de la tradition et l'ouverture vers l'inattendu qui sont pour moi, la trace de très grands collectionneurs , qu'ont été ces Juifs venus d'Orient, chargés d'histoire et de tradition, et qui ont porté très haut le flambeau de la culture française, tout aussi également leur culture .

Ce que je trouve particulièrement intéressant , c'est la fin de l'histoire , si liée à leurs personnalités : Isaac a donné, légué , y compris de son vivant, avec toute sa générosité, il a soutenu, financé, dispensé sa vitalité et son argent . Moise , à la mort de son fils , s'est resserré, concentré sur l'hôtel de la rue Monceau , comme si ce petit palais devait servir d'écrin à sa douleur . Et c'est bien cette image que je retiens , l'Hôtel Nissim-de-Camondo sous la neige, vous y êtes invités, car Moise était généreux , mais « Ne faites pas trop de bruit, ici vit encore un père pour qui l'indicible s'est produit le jour où il a appris la mort de son fils unique »......

Indications pratiques : Musée d'Art et d'Histoire du Judaisme , 71 rue du Temple 75 003 Paris tlj sauf le samedi de 10h à 18h , nocturne jusqu'à 21h le mercredi Entrée : 7 €, TR 4.5 €

A voir aussi : Musée Nissim de Camondo 63, rue de Monceau 75 008 Paris du mercredi au dimanche de10h à 17h 30

A lire : Le dernier des Camondo Pierre Assouline Poche, environ 7 €

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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 23:46

James Ensor (1860-1949)

Le curieux peintre et graveur Belge d’Ostende , est exposé à Orsay. Un aventurier, un visionnaire qui n’a pas beaucoup quitté son lieu de naissance. Un voyageur immobile, aux pérégrinations inquiètes et sombres dans un déploiement de couleurs fraiches et acidulées.

A voir ses œuvres évoluer au fil des salles de cette rétrospective, on sent la personnalité de l’artiste émerger et se distinguer, de celles, du commun de ses mortels contemporains.

Les premières peintures datent des alentours de 1880, James Ensor est encore très jeune, mais il exécute magistralement de grands tableaux, avec des natures mortes et des scènes d’intérieur aux couleurs chaudes. Les femmes aux robes à volants et bottines travaillent ou dégustent avec délectation des huitres. A part une scène où une femme en détresse, est allongée dans son lit (1882), l’ambiance est plutôt calme et feutrée.

La salle suivante regroupe la collection de ses dessins que possède le musée d’Orsay.

Ensuite, les sujets deviennent plus difficiles à comprendre, Les cranes et les masques apparaissent. Des eaux fortes surprennent, celle de la cathédrale, date de 1886, et bien qu’elle fasse figurer une multitude de personnage, elle est de relative petite taille 23.6 x 17.7 cm. Confusion, images morbides, personnages ricaneurs et ambigus aux visages cachés, deviennent les sujets de prédilections. Les humains sont devenus des marionnettes grotesques et inquiétantes. James Ensor n’exalte pas la joie de vivre.

L’exposition daigne enfin nous donner quelques renseignements en nous indiquant, brusquement en milieu de parcours, l’exhaustivité des dates importantes de sa biographie. Ainsi,  un peu recadrés, nous repartons pour une autre salle, les scènes peintes ou gravées sont peu compréhensibles, du moins pour le néophyte. Il nous semble cependant que sur l’huile « l’intrigue » de 1890, voir tous les protagonistes rire jaune, la gamme des couleurs est tonique et le traitement pictural d’une grande modernité, James Ensor dans sa rébellion et ses méandres tortueux a inventé un style qui lui est propre.

La dernière salle regroupe ses autoportraits, ils forment un ensemble disparate et tassé et ne donnent pas assez de clés pour comprendre qui était ce magnifique peintre bizarre.

Un James Ensor à ne pas manquer, mais une exposition qui ne l’éclaire pas assez.

Musée d’Orsay 1 rue de la légion d'honneur 75007 Paris
jusqu'au 4 février 2010

Le MOMA est plus didactique
 http://www.moma.org/interactives/exhibitions/2009/ensor/#/intro/

Sur Arte une série de vidéos
http://www.arte.tv/fr/2945904.html

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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 22:49

L’émoi de la photo Espace d’art contemporain Eugène Beaudouin Antony, Nadil Boutros, Sophie Chiret, Charles Delcourt, Isabelle Eshraghi.

Les mois de la photographie envahit l’Espace Eugène Beaudouin à Antony. Blanc et sobre, niché au sein de la cité universitaire Jean Zay d’Antony, ce lieu d’exposition donne une fois de plus à voir une exposition de grande qualité. Les quatre photographes présentent un regard  pétri d’humanité sur les pays qu’ils explorent.


Charles Delcourt  montre le résultat d’une déambulation dans les rues de New York, il  a traversé la ville avec l’appareil photo,  aux aguets, des moments se sont présentés qu’il a saisi,  en empathie avec une ville qui lui a été accueillante. Une dame prend la pose du petit cochon publicitaire d’un restaurant, une ombre caresse un visage.  Les tirages argentiques en format carré s’alignent dans une belle série de ces instants captés


Le regard d’Afrique de Sophie Chivet, imprimé sur de  grands formats de papier, se complète par d’autres  de quelques centimètres,  une grande beauté plastique règne dans les camaïeux de couleurs, les mises en pages soignées, mais cette maitrise laisse la vie exploser , observée avec respect et chaleur.


Isabelle Eshraghi témoigne d’une réalité, celle de la femme en pays musulman. Les photographies sont variées et de styles  souvent  différents les unes des autres. Si le quotidien montré n’est pas toujours facile, il n’y a pas de pathos et l’humour est présent. Elle produit des images fortes et pleines de vitalité.


Nabil Boutros manie lui aussi avec sensibilité, noir et blanc ou couleur, son beau travail sur les coptes du Nil, suit le quotidien de cette population en observateur attentif.



Une exposition à ne pas rater, c’est gratuit, c’est ouvert aussi le dimanche, on est bien accueillit, cela fait voyager, réfléchir, s’émouvoir et c’est beau !

Espace d’Art contemporain Eugène Beaudouin résidence Universitaire Jean Zay bâtiment F rue Lafontaine 92160 Antony, ouvert du vendredi au dimanche de 14 h 30 à 19 h,

jusqu’au 13 décembre 2009.


http://www.espacebeaudouin.com

Le site de Charles Delcourt

http://charlesdelcourt.canalblog.com

 

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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 22:47
Une histoire d'objets familiers par Marie Anne Chenerie

 Voici 2 peintures , a priori bien différentes , mais qui, toutes deux , représentent des objets de la vie domestique, objets familiers de l'artiste . Vous aurez reconnu bien sûr dans la première oeuvre une nature morte de Giorgio Morandi et , moins connu , dans la seconde, une nature morte « Tea Tins » de Louisa Dusinberre , qui a exposé récemment, rue des Abbesses à Paris.

Peu de points communs : le style et la taille des tableaux ( les nature mortes de Morandi sont petites, parfois très petites , celles de Louisa Dusinberre sont grandes, et même très grandes (presque 2 m de haut sur 1,60 m de marge ...) , la palette, la structure et , surtout la vie et le caractère des 2 artistes : Louisa Dusinberre est Anglaise, elle habite en France avec son mari – Américain, Giorgio Morandi est un Italien né en 1890 ; Morandi est décrit par ses contemporains comme un homme discret, voire effacé qui est né et est mort au même endroit, comme s'il n'avait pas davantage bougé que les pots et les boîtes qu'il peint. Il a vécu célibataire, auprès de ses 3 soeurs, dans un atelier monacal. Louisa Dusinberre est expansive, optimiste, rieuse , énergique, multi-culturelle , tous éléments qui côtoient aussi une certaine gravité .

Difficile d'imaginer 2 personnes plus différentes , et pourtant tous deux se sont attachés, à travers leur personnalité, à décrire ce qui leur est familier, dans le sens premier du terme: « qui est de la famille ». A l'origine, les dieux familiers, sont , chez les Romains, des esprits que l'on disait être attachés aux habitants d'une maison pour les inspirer et les diriger. Bref , des objets humbles, utiles, vus, intégrés, absorbés par le regard et le fait de vivre avec eux tous les jours, mais qui , sait-on jamais , protègent , voire dirigent la « famille » .

 Voici maintenant les objets réels qui ont donné ces peintures.
Que voyons nous ?
Chez Louisa Dusinberre , les boîtes, colorées , dansent , elles s'écartent , décollent , et dansent une danse individuelle qui vient se conjuguer avec les mouvements des boîtes voisines ; j'y associerais une musique de jazz . Chez Morandi, je trouve la stabilité , l'équilibre, la mesure, dans la palette et dans la composition, les objets sont resserrés, concentrés, un équilibre atteint mais qui est peut être le fruit d'une longue quête et, qui sait d'un long voyage de ces objets ; j'y associerais le silence .

Dans les 2 cas, les objets sont devenus abstraits, mais ils nous donnent à voir un monde bien différent , le reflet de l'âme de leur auteur . Voici bien la preuve que la peinture est un art unique , rencontre d'un sujet ( choisi par l'auteur et déjà ce choix est un premier élément de cette construction merveilleuse qu'est un tableau) , de celui qui peint et de celui qui regarde; cette conjonction, cette combinaison ne sera jamais la même et là est toute la merveille de la peinture : que jamais deux personnes ne peignent de la même façon le même objet , ni que deux personnes ne regardent de la même façon la même peinture .







Le site de Louisa Dunsinberre
http://www.louisart.net/

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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 23:37

Visuel : intérieur à Dommartin-sous-Hans

Le 11 novembre commémore la guerre 14-18, l’occasion de se rappeler à quel point elle fut destructrice, elle a marqué de façon profonde les hommes et les femmes, qui ont vécu cette période.

Maurice Achener, en sa position d’Alsacien ,né Allemand ,formé à Munich était dans une situation particulièrement  délicate. Dans la logique de ses convictions francophiles, il participe à la guerre du coté français. Il avait obtenu en 1913 la nationalité française, peu de temps avant son mariage avec Emily Patry une Suisse.

Quand la guerre survient, il est mobilisé au Mans comme interprète, sous le nom de Maurice Patry, il était préférable de ne pas porter un nom à consonance allemande. il  adopte donc celui de son épouse.

Il est envoyé au front en Champagne, il réalise un carnet de croquis et continue à peindre, les illustrations sur cet article sont des huiles réalisées dans ce contexte.

Sa formation artistique lui permet de finir la guerre aux Invalides comme dessinateur.
Visuel : Le Mans 1916

La période est également marquée par un deuil familial, en 1916, il perd son premier fils René, alors âgé de 2 ans.

La guerre rompra également les liens qu’il avait jusqu’alors conservés avec son professeur de Munich, Peter Halm.

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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 23:21

Gravures, Estampe et illustration



Milly la forêt, Sylvie Dujoncquoy

 

"J’ai découvert la gravure il y a bientôt vingt ans au hasard d’un cours de dessin-peinture transformé en atelier gravure.

J’ignorais tout des procédés et quand mes premières épreuves sont sorties de la presse, cela a été une révélation. J’ai découvert les subtilités de la taille et les surprises des passages dans l’acide ! Aux couleurs se sont substituées les ombres et les lumières et cela correspondait agréablement à mon désir de transcrire les lumières de ces pays de soleil où j’aime voyager . Sans aller très loin, en  parcourant  les rues d’Etampes, ma ville natale, je ne manque pas de sujets d’inspiration non plus . Un petit pont, un lavoir, de vieilles pierres, tout est prétexte à une idée de gravure.

Les techniques de  «  taille douce » que je privilégie sont l’eau-forte  et l’aquatinte ainsi que la pointe sèche. Je trace mon dessin sur une plaque de cuivre préalablement recouverte d’un vernis. En plongeant cette plaque dans un bain d’acide (l’eau forte) j’obtiens un premier trait. Puis je cuis une résine sur la plaque et protège mes tons successivement, après chaque bain dans l’acide, jusqu’à obtenir des  noirs intenses si je le souhaite. J’aime aussi la technique de la pointe sèche, car il n’y a pas de procédé chimique. Je creuse mon dessin sur la plaque , plus les traits sont serrés, plus j’obtiens un sombre. La plaque est ensuite encrée puis passée sous une presse. Les deux rouleaux de la presse obligent le papier à venir chercher l’encre dans les tailles du cuivre."  Sylvie Dujonquoy

 

Gravures Exposition au Loup Blanc , 6 place du marché Milly La Forêt du 6 au 15 novembre 2009. 0164 98 82 28 tous les jours sauf le lundi 10h 12h 30 et 15h 19H 30.

 


Paris, Marie Lavie, Icônes et Monotypes  « Patmos, l’île de la révélation » du 18 au 29 novembre 2009, Atelier Gustave 36 rue Boissonade, Paris 14e Voir Article

 

Paris, Figures , Galerie Prodomus Voir Article

Paris, Strasbourg : la rétrospective, Pierre Soulages à Beaubourg jusquau au 8 mars 2010 de 11h00 - 21h00, est associée à Strasbourg , à « Soulages, l'oeuvre sur papier » , jusqu’au  03 janvier 2010, Musée d'Art Moderne et Contemporain.




 Quimper. François Béalu, Terres anatomiques , Réalisée en collaboration avec les musées d’Orléans, Gravelines et Soissons, l’exposition sera présentée au musée des beaux-arts et pour partie à la Médiathèque des Ursulines, dans les vitrines des salles de lecture, tous les jours, sauf le mardi, de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h. Fermé le dimanche matin.

 


Saint-Cloud (92), Bois de fil, bois debout... La gravure sur bois du 21 novembre au 20 décembre 2009, , Musée des Avelines 60 rue Gounod 92210 Saint-Cloud 01 46 02 67 18 http://musee-saintcloud.f

Montréal, jusqu’au 3 janvier 2010 : "Le monde fantastique d'Erik Desmazières", Musée des beaux-arts de Montréal, première rétrospective canadienne des œuvres d'Erik Desmazières, une cinquantaine d’œuvres sont présentés.


Auvers-sur-Oise , 95, « Panorama de la gravure, de Daubigny à nos jours » Du 17 octobre 2009 à avril 2010, le musée DAUBIGNY Manoir des Colombières Rue de la Sansonne 95430 Auvers-sur-Oise, 01 30 36 80 20

Compiègne (60) , Estampe Européenne, l'Espace Jean Legendre, accueille les oeuvres de 43 artistes français, hongrois, danois et roumains, dont certains créées dans l'atelier Torben Bo Halbirk, jusqu’au 10 décembre, Espace Jean Legendre, Pl. Briet Daubigny/Rue du Gal Koenig 60200 Compiègne 03 44 92 76 76

Eymoutiers, 87, Marc Chagall , exposition Lithographies, Gravures, Grands Livres illustrés, Espace Paul Rebeyrolle 87120, jusqu’au 15 novembre 2009 , 05 55 69 58 88.Tous les jours de 10h à 19h.


Avallon, Plein ciel sur les gravures : Léon Degoix (1858-1931) ,Musée de l'Avallonnais, vétérinaire, homme politique et amateur d'art, membre de l'Académie Jullian et graveur, jusqu’au 31 décembre 2009,

Montélimar , "Calvo ou l'art du détail dans la bande dessinée" Le Musée de la Miniature ouvre ses portes à l’un des plus grands auteurs de la bande dessinée française. Edmond-François Calvo (1892-1957) est l’auteur de La bête est morte!, (La guerre mondiale chez les animaux ,1944/45) Jusqu’au 31 décembre 2009, Musée de la Miniature 19 rue Pierre julien Montélimar, du mercredi au dimanche de 14h à 18h


Il n’y a pas que l’estampe :


De beaux lavis , le charme du blanc et du noir :

Paris, Lumi Mizutani : Peinture a l’encre de chine


« Fascinée par le jeu de l’encre et de l‘eau, par le dialogue du noir avec le blanc, je me laisse entraîner, au gré de ses caprices, par cette matière qui flotte, pénètre puis dévore le support. Les contrastes de lumière ravissent l’oeil, emporté par la puissance d’attraction de l’esthétisme zen. La tentation de se laisser conduire par cette force inconnue cède alors le pas à l’envie de conquérir et dépasser la matière, le peintre redevenant ainsi maître de sa création. »  Lumi  Mizutani


du  5 au 25 novembre 2009  Au Pont Rouge  33, quai de Bourbon 75004 Paris 01 56 24 24 78  Galerie Au Pont Rouge

 

Paris, Louisa Dusinberre vernissage « one night only » le samedi 7 novembre entre 18h30 et 20h00 46, rue des Abbesses PARIS 18 , prendre rendez vous.www.louisart.net


Paris,  L’affichiste Michel Quarez, Bibliothèque Forney 1, rue du Figuier jusqu'au 2 janvier 2010 Voir Article.


Paris, Musée du Louvre ; « Titien, Tintoret, Véronèse... Rivalités à Venise », Jusqu’au 4 janvier. Galeries nationales du grand Palais.

Paris, Musée D’Orsay, James Ensor(1860-1949), rétrospective du grand peintre belge dont l'oeuvre singulier court du début des années 1880 jusqu'au beau milieu du XXe siècle. jusqu’au 4 février 2010.

Paris, L'exposition « La Confusion des Sens » à l'espace Louis Vuitton Voir Article.


Paris, L'exposition « L'image Cabrée » à la fondation Paul Ricard  Voir Article.



La Côte-Saint-André, (Isère) Jongkind, « des Pays-Bas au Dauphiné » , Musée Hector-Berlioz , jusqu’au 31 décembre 2009, 69 rue de la République, BP 63 38 261 La Côte-Saint-André Cedex 04.74.20.24.88, Le musée est ouvert tous les jours sauf le mardi de 10h à 19h ENTRÉE GRATUITE

A venir :

Rueil-Malmaison , Jean Dubuffet, l'oeuvre gravé 1944-1984
110 lithographies et sérigraphies, 1 demi-douzaine de peintures et sculptures et une trentaine de documents relatifs aux recherches de Jean Dubuffet dans le domaine de l'estampe.

Atelier Grognard  6, av. du Château de Malmaison 92500 Rueil-Malmaison
01 41 39 06 96, Du 18 décembre 2009 au 8 mars 2010.
Tlj sf mar de 13h30 à 19h.


Saint Louis, (68), Andrea Pagnacco, artiste d’origine vénitienne, se réclame d’une longue tradition, ce qui ne l’empêche pas de produire des estampes stupéfiantes de modernité. Les fragments de notre environnement technologique y suscitent des interrogations métaphysiques sur le rapport de l’homme aux objets. Forum, Hôtel de ville. Entrée gratuite Du 5 mars 2010 au 11 avril 2010

Wesserling,
Pierre SPALAÏKOVITCH organise une exposition de l'œuvre gravé et dessiné de Milivoj Grujic' dit "ELIM" au Parc de Wesserling du 6 février au 9 mai 2010 http://www.parc-wesserling.fr/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 22:24

Gravures Figures, Galerie Prodomus Paris, 


Vite ! je vais être en retard (disait le lapin dans Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll)


Beaucoup des grands plaisirs que peuvent offrir les gravures sont réunis dans l’exposition GRAVURES FIGURES. MIREILLE BALTAR, PIERRE COLLIN et MUZO, savent jouer des matières et possèdent chacun leur monde graphique où l’humain et l’humour tiennent une place prépondérante.  Il ne vous reste que jusqu’au 7 novembre 2009 pour courir à la galerie Prodomus, humains aux visions bouleversées par le vertige et parfois aux oreilles de lapin vous y attendent.



Galerie Prodomus  46, rue Saint-Sébastien 75011 Paris

Ouvert du mercredi au samedi de 14h à 19h

01 43 14 48 25  

www.prodromus-galerie.com

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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 20:47
Livre « Couleurs et lumière d’Alsace » par Pascal Jung et Jean Claude Wey, Edition les petites vagues

Il est bien agréable de découvrir ce livre, qui aborde le thème des artistes peintres alsaciens, de la période 1870-1970. Les mauvaises langues racontent que toutes les publications sur ce sujet n’abordent que Hansi et que les autres artistes seraient bien oubliés, Maurice Achener ne serait dont pas seul dans ce cas. Les deux auteurs de l’ouvrage « Couleurs et lumière d’Alsace », Pascal Jung et Jean Claude Wey, passionnés par cette période, ont réalisés un ouvrage qui se veut un outil pour le collectionneur.

Où ces oeuvres sont elles visibles ?
Après une introduction historique, le livre localise les œuvres concernées en précisant notamment les musées où il est possible de les trouver. Il semble cependant que, toujours selon certaines personnes bien informées, cela ne soit pas si facile et que cette période n’ai pas les faveurs des personnes tenant la destinée de certains musées Alsaciens. De ce fait ces œuvres restent plus souvent dans les fonds que sur les cimaises. La salle de cette période du musée d’Art moderne de Strasbourg est ainsi, parait il sinistre et riquiqui, et le musée Sundgauvien d’Altkirch un peu poussiéreux. Mais cela n’est peut être que de vilains ragots. On peut toutefois remarquer que ce n’est pas cet aspect de son patrimoine que les musées de Strasbourg mettent en exergue dans leurs expositions.

Artistes présentés
L’ouvrage aborde une bibliographie des livres sur le sujet, avec un hommage à Maître François Lotz auteur de quatre livres de référence ». Puis il présente un panorama des graveurs et illustrateur Alsaciens, en omettant Maurice Achener, qu’il est vraiment temps de faire connaitre. Une de ses œuvres est cependant présentée : « Rue du dévidoir » à Strasbourg, gravure datant de 1935, dont 6 épreuves sont déposées à la Bibliothèque Nationale de Paris. Suivent quelques biographies succinctes des peintres , Léo Schnung, Lothar Von Seebach entre autres, et la liste des principaux regroupement d’artistes : du Kunschthafe en passant par le groupe des peintres de la Saint Nicolas.

Une belle galerie de peinture
Les auteurs nous  proposent  un magnifique album,d’une centaine d’œuvres classées par sujet et par résonances. De nombreuses vues de la cathédrale de Strasbourg, se complètent. On peut regretter que la qualité des œuvres soit assez inégale, la mise en page sur fond noir tue les reproductions de certains tableaux. Et  le grand nombre d’artistes présentés amène un problème de saupoudrage, car à l’exception de Lothar Von Seebach il n’y a que peu d’œuvres proposées par artiste, c’est parfois frustrant. Cependant quelques belles découvertes sont à saluer : magnifique aquarelle de Jean Désiré d’Illzach (1847-1916) « La petite Pierre », et le beau port d’Emile Schneider.


Ce livre est un énorme travail, qui donne un bon aperçu de la diversité des artistes, des sujets et des styles dans la période ciblée. Il montre la richesse de ce moyen d’expression en Alsace, et prouve que c’est un domaine à explorer et à promouvoir. Il faut que de belles expositions et des collections permanentes plus complètes soient proposées dans les musées, et fassent ainsi taire les grincheux déjà cités. Des actions publiques se doivent d’assister les énergies comme celles de Pascal Jung et Jean Claude Wey , pour faire connaître et aimer les peintres alsaciens.

Le site des auteurs
http://jung-wey.monsite.orange.fr/

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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 16:24
Michel Quarez : «  Je kiffe tes affiches, mec ! » par Marie Anne Chenerie


Cette fois-ci, pas de concept, pas de scénographie sophistiquée ,  pas de « curateur » , pas d'hôtesse en tailleur noir et hauts talons : non une exposition sans prétention, dans un site historique magnifique , l'Hôtel de Sens ( bibliothèque Forney)  , mais des oeuvres si peu classiques et si dynamisantes ! Et, qui plus est ,  de la sérigraphie, une technique qui a toute sa place ici .

Une fois n'est pas coutume, je commence par quelques citations extraites du Livre d'Or de l'exposition :

«  C'é tro bo »

«  Tant de talent , merci Michel »

«  La bibliothèque Forney nous a habitués à des expositions autrement substantielles et intéressantes . Les affiches tirées de leur contexte  n'ont pas grande signification pour un visiteur » 

« Ya de la joie »

«  Trop cool »

«  A  mon avis, les habitants du 9-3 ont droit à quelque chose de moins laid! »

« Ca pète, ça vit »

«  Je suis consternée par ce que j'ai vu »

«  Affiches simplistes et naïves ,.. à l'image du Parti Communiste Français de maintenant »

« Quelle horreur ces affiches sur les murs extérieurs de notre vénérable bibliothèque , débarrassez nous en vite ; signé : une habitante du 4 è , qui évitera le lieu jusqu'en janvier »

«  Merci pour l'espérance »


Voilà , vous voyez, personne n'est  pas indifférent ; alors, il faut juger par vous même, voir l'exposition    et faire le tour de l'Hôtel pour voir ces affiches collées, parfois déchirées et graffitées , comme celle ci ; noter comme celui qui a déchiré l'affiche l'a rendue encore plus tonique, forte, en la soulignant de cette bande blanche puissante .


 















Quelques considérations personnelles, vous savez que je donne mon avis, même quand on ne me le demande pas ...


 Ce qui frappe d'abord, ce sont les couleurs , pures et aussi lourdes, saturées , c'est du vert pétard, du jaune pétard, du bleu pétard ( d'ailleurs n'a-t-il pas fait  toute une série sur le 14 juillet, comme si lui même aimait cette ambiance claquante -ici photo ) et du rose ... si rose , un condensé de rose, surtout à côté de ce vert, si vert ( voir photo en début de cet article ) . Et vous ferez ici cette expérience : une couleur existe surtout  par la couleur qui la jouxte et vice versa . Et le trait noir , presque toujours présent, vient asseoir l'ensemble et sert de référence à chaque couleur . Et si nous  jouons  « l'effet lunettes » , à savoir qu'après avoir vu une vraie oeuvre d'art, notre regard voit ce qui nous entoure par le prisme de l'artiste , je dirais que , en quittant la rue du Figuier , j'ai vu autrement le vert des croix des pharmacies, le jaune des gilets des égoutiers, le rouge du «  petit bonhomme »  des feux de la circulation  , qui venaient s'inscrire sur le fonds de grisaille de la ville , comme une affiche de Quarez sur un mur de banlieue et qui me passaient un message .



Qu'est ce qui fait qu'une oeuvre de Michel Quarez est une affiche et non un tableau ?  L'affiche, quelle qu'elle soit, veut nous dire de faire quelque chose , souvent de façon directe et immédiate : acheter ( surtout ) , se faire vacciner, regarder sous les sièges du métro, ne pas mettre ses doigts dans les portes du métro , signer une pétition, donner de l'argent ... Le tableau , lui, nous donne à voir , au lieu de nous demander de faire : il nous dit aussi bien sûr quelque chose , mais il nous dit surtout comment l'artiste a vu le visage, le paysage, le corps, la nature morte qu'il peint , et émet à travers cette vision transposée avec des pinceaux et de la couleur ou de matières gravées ou imprimées  , des messages, parfois directs, parfois plus subtils . Ici, nous avons un travail qui est celui d'un affichiste, il nous dit «  la piscine de ... est ouverte », mais il peint l'eau d'une piscine vue par dessous et le spectacle  toujours surprenant  et souvent drôle d'un nageur vu sous l'eau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 





Examinons maintenant cette critique : « les affiches de Carrez défigurent les sites, plus spécialement les murs chargés d'histoire ». je pose ici une photo prise dans le quartier , sans aucune  affiche sur ces murs : vous y voyez de beaux vieux murs , et des nuances de gris  et beige fort subtiles, surtout si elles se mêlent aux nuances du ciel parisien . Vous le verrez et ne le regarderez pas , sauf si un guide vous signale que c'est dans cet immeuble que la reine X recevait ses amants (ceci n'est bien sûr qu'un exemple totalement gratuit) .


Maintenant, imaginez que Quarez y a placé cette affiche ou ce morceau d'affiche et vous verrez tous les gris, beiges, blancs, bruns se composer pour répondre à ces couleurs, comme s'ils étaient mis au défi de « bien se tenir » . Et de la même façon les couleurs «  pétard » de l'affiche se sentiront posées, assises , confortées par cet entourage historique, subtil, complexe : simplicité et complexité se répondront , couleur pures et nuances se valoriseront, contours  dépouillés et lignes subtiles se correspondront  . On n'existe que par ce qui est différent ...Ce n'est pas irrespectueux de mettre une affiche de Quarez sur un mur chargé d'histoire, cela va le faire parler, le révéler  au contraire ! Et ce serait la même chose sur un mur de périphérique,  sur une palissade de chantier, voire sur les carreaux en céramique des stations de métro, mais bien plus trivial que sur un monument historique . Au passage , rassurons  le visiteur  qui a exprimé son indignation dans le livre d'or : l'ensemble a été réalisé avec des architectes des monuments historiques et la colle ne se verra plus quand les affiches seront enlevées . 


Dernière question : la couleur est-elle un médium gai ? Le noir et le gris sont ils tristes ? Eh bien, peut être serez vous surpris et direz vous que j'étais mélancolique  le jour où j'ai vu l'exposition, mais je trouve, paradoxalement qu'il se dégage une sorte de  tristesse pour  certaines affiches . Bien sûr , il y a le mouvement , l'humour, Quarez, aime manifestement les lieux qu'il vante, mais plus que de la gaité , j'y  vois de l'espérance comme l'a dit un visiteur anonyme : notre quotidien n'est peut être ni facile ni gai, mais, bougeons, dansons, marchons, ne restons pas immobiles .  La réduction couleur = gaieté n'est donc pas aussi simple . Mais les couleurs en mouvement de Quarez, nous ont «  fait du bien » , comme il le dit lui même «  l'affiche n'a même pas le pouvoir de communiquer (..), en fin de compte , elle peut tout juste faire du bien comme un massage »

 

Bon je m'arrête ici , sinon, on va me dire – à juste titre – que je suis trop longue – et je termine par cette scène souvent vue en banlieue : ces jeunes qui s'habillent en noir, blanc, gris ( le summum étant un keffieh à carreaux gris noirs , blancs sur un blouson blanc et un pantalon gris ) et tout d'un coup, un ou ou deux ou trois d'entre eux  portant un blouson dont je ne citerai pas la marque, uni, jaune saturé, bleu claquant ou vert dense, ( vous savez , ces blousons avec une capuche et dont les  cordons  de capuche sont blancs)  . Et ce blouson-là  fait vibrer toutes les nuances de gris  des vêtements de ses amis, du ciel de Nanterre et des gares de RER ; le lendemain, ce sera lui qui portera le blouson blanc à motifs gris et son amie le blouson rouge magenta . Je vous dis, c'est «  l'effet lunettes » de Michel Quarez , qui, je le précise en passant, a 71 ans !


Merci aux personnes de l'exposition qui m'ont répondu avec gentillesse, m'ont permis de prendre des photos, et de relever les citations du livre d'or ( j'y ai pris le titre de cet article )  et merci aussi à la jeune demoiselle qui m'a conseillée et aidée pour cette  signature :

 : )  I L M-Q <3  ) I L M-Q <3



Bibliothèque Forney

1, rue du Figuier

métro saint Paul / Pont Marie

jusqu'au 2 janvier 2010

du mardi au samedi 13h /19h

entrée: 4 € , tarif réduit 2 €


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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 21:41
Marie Lavie Icônes et Monotype « « PATMOS - l’île de la Révélation » Atelier Gustave Paris

Marie Lavie vit et travaille entre Paris et l’île grecque de Patmos, elle se partage entre deux techniques graphiques : celle de l’estampe avec le monotype et  l’icône traditionnelle, tempera à l’œuf sur panneau de bois, dorure à la feuille d’or, selon la tradition du grand maître grec du XXe siècle, Photis Kontoglou. Par ces deux approches, l’exposition « PATMOS - l’île de la Révélation » présente loin des chromos et des clichés, la vision d’une passionnée de cette île rude et séduisante.


« Moi, Jean… j’étais dans l’île appelée Patmos… » . 

Patmos, ce nom évoque aussitôt  une porte ouverte dans le ciel,  des éclats d’or, de jaspe et de sardoine,  des éclairs, des voix, des tonnerres, des tremblements de terre… un récit prophétique et fantastique, l’ouverture des sept sceaux , les noces de l’agneau.

Il existe un autre Patmos,  celui de la petite île rocheuse à forme d’hippocampe du sud de la mer Egée, aux côtes dentelées,  au relief contrasté, dominé  par  la sévère forteresse du monastère saint Jean le Théologien. 

Ce Patmos-là, lui aussi, est poésie pure. Au crépuscule commence la symphonie des coqs, ponctuée par le braiement incongru des ânes ;  au petit matin c’est le concerto des clochettes, celles des chèvres qui prennent le maquis,  puis celui des cloches des églises de la ville haute qui appellent les fidèles.

Au printemps,  l’île  quitte son habit vert  pour se parer d’un manteau de fleurs blanches et jaunes,  mais quand vient la fin de l’été,  elle n’offre plus que l’aspect d’une carapace de lune brûlée par le soleil.

La lumière y est intense et  les vents forts qui font travailler les moulins et les marins.

 

Marie Lavie


Du 18 au 29 novembre 2009  A l’Atelier Gustave 36 rue Boissonade, Paris 14e

du lundi au samedi : 13h-20h,  le dimanche : 14h-19h

VERNISSAGE :
Mercredi 18 novembre de 18h à 21h
19h : quelques mots de Jean-Claude Polet

BRUNCH :
samedi 21 et 28 novembre : 11h-15h

Métro: Raspail, Port Royal - Parking: 146 bd
Montparnasse

 


Visuels : Marie Lavie
Dans sa longueur, monotype, 68x28 cm, 2009
Entre nous, monotype, 40x30 cm, 2009

http://www.icones-grecques.com/
http://www.galerielavie.com/

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