Maurice Achener

Mardi 24 octobre 2006

 

                                                     « M Achener est un aquafortiste varié, délicat, d’une g rande séduction..» Clément Janin

"Sa pointe souple et nuancée se prête admirablement aux paysages qu'il traduit - qu'il s'agisse des brumes du Nord ou du soleil du Midi - et aux figures qu'il évoque." Delteil.


Maurice Victor Achener est né à Mulhouse en 1881. Son père un ingénieur est l'inventeur d'une machine à imprimer en couleurs les étoffres, il favorise son aptitude au dessin  et le sensibilise à la technique. Maurice Achener a 17 ans au décès de son père. La famille s’installe à Strasbourg , et sa mère, connaissant le développement de l’impression sur tissus, l'inscrit à l’Ecole des Arts décoratifs de Strasbourg. Il complète sa formation à Munich, il réalise ses premiers travaux de graveur sur cuivre  en 1902 à la Kunstakakademie près de Peter Halm. Il n’a cessé de graver et ce jusqu’à sa mort en 1963.

Il réalisera plus de 500 gravures.  Dans une période marquée par une révolution dans les arts plastique, , il continuera à représenter la nature, dans une tradition classique, mais très personnelle,  travaillant le rendu des matières pierres, bois herbes et de l’atmosphère par des traits d’eaux fortes subtils et délicats. 


Maurice Achener  est un paysagiste, un graveur minutieux et précis,  chaque gravure passe par de nombreux "états", voire jusqu'à plus de 10. Il dispose d’une presse mécanisée dans son atelier et imprime lui-même ses plaques, ce qui n'est pas fréquent, à cette période. Il aime utiliser des papiers du XVIIe siècle pour ses tirages et réalise lui même ses encres. Mais les gros tirages sont confiés avec des instructions très précises à des imprimeurs.

Si beaucoup des gravures ont été réalisées librement en tant que créations autonomes, Maurice Achener se montre également un illustrateur prolifique. Dans ce cas l’artiste se met à l’écoute d’un écrivain, d’une commande d’un cercles de bibliophiles ou d’autres clients pour collaborer à des livres, réaliser des timbres, des cartes de nouvel an ou des
ex libris.


Les illustrations de livres sont l’occasion, de  travailler, voire de diriger en tant que commissaire au livre, avec des équipes constituée d’autres graveurs. Dont certains alors encore jeunes comme Pierre-Yves Trémois, tandis que d’autres sont déjà reconnus comme  Edgar Chahine, Adolphe Beaufrère, et Jean Frélaut. On retrouve également les fameux créateurs de timbres et de "Marianne" Henry Cheffer et Albert Decaris.


Artiste sincère, Maurice Achener a consacré sa vie à son métier et sa passion : la gravure. 

En cliquant sur ce lien  vous accédez à la  catégorie Maurice Achener regroupant les articles traitant des différents aspects de son métier et de sa technique.

Et ici vous trouverez dans la catégorie Ecrits sur Maurice Achener les articles reprenant les écrits sur son oeuvre des critiques et témoins de son époque.

 

Par ALM
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Jeudi 26 octobre 2006

 

Né en 1881, Maurice Achener étudie à l'école des Arts décoratifs de Strasbourg. Cet enseignement ne répondant pas à ses aspirations, c’est à Munich à la Kunstakademie qu’il complète sa formation. Il y est l’élève de Ludwig Von Leofftz, et Peter Halm qui lui fait découvrir l'eau-forte. 

En Alsace il est un des membres du groupe d'artiste francophile   La Société  des Artistes Alsaciens " fondé par Georges Ritleng et Emile Schneider. 




Illustration Portrait de Peter Halm (Mainz 1854- Munich 1923) 
par Karl Stauffer-Bern
Portrait of the etcher Peter Halm
1895 


LAURENS-AUTOPORTRAIT.jpg Vers 1907-1908 il vient à Paris, il travaille avec Jean-Paul Laurens, qui fut également le professeur de Dunoyer de Segonzac.  

Il est initié à la technique de la gravure sur bois, ou xylographie, par Herbert Lespinasse et Jules Germain

Toute sa vie, il est admiratif des grand maîtres de la gravure Albert Durer, Jacques Callot et Rembrandt, et est influencé par Corot. 






Jean Paul Laurens


Rembrandt-paysage-3-arbres-550-f20b3.jpg

Sources : Dictionnaire des graveurs, Illustrateurs et affichistes francais et étranger (1673- 1950) Tome premier. Gaité Dugnat et Pierre Sanchez. L'échelle de Jacob Dijon MMI.

Dictionnaire de l'Estampe en France (1830-1950), par Janine Bailly-Herzberg Editions Arts et métiers graphiques, 1985.



                                                                                                    Gravure de Rembrandt

Par ALM
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Jeudi 26 octobre 2006
C’est un voyageur, venant d’Alsace il représente beaucoup Strasbourg, l’Allemagne, et la Suisse. Il parcours l’Italie, Florence, Fiesole, Vérone, Tremezzo, et Venise. Il dessine beaucoup Paris et, au gré de ses commandes, sillonne la France : Poitiers, Carcassonne, les Alpes, la Bretagne, la Corse, la Provence. Il se déplace aux Etats Unis, où vit son fils Pierre. Par son apartenance à des sociétés de graveurs telles que les "Los Angeles print society" et "Chicago Society of Etchers, il est en contact avec de grands collectionneurs. La gravure est appréciée dans les années 1930 en Amérique du Nord, ce qui explique, peut-être , la présence de ses œuvres dans des musées américains. Vers la fin de sa vie il séjoune chez sa fille Rosine en Tunisie.

Par ALM
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Mercredi 8 novembre 2006

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Les institutions suivantes possèdent des oeuvres de Maurice Achener 
 :

 

La Bibliothèque Nationale à Paris,

Le Musée d'Ile de France à Sceaux,

Le Cabinet des Estampes de Strasbourg ,

La Médiathèque de Mulhouse, 

Le Musée des beaux Arts de Nantes

Le cabinet des Estampes de Munich,

La New York Public Library ,USA

Le Smithsonian American Art Museum, à Washington USA

 Le Cleveland Museum of Art (Ohio) USA

Le Musée Legion of honor de San Francisco Californie USA.

Le Musée Art Museum de Wichita Kansas  USA. undefined
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Jeudi 14 décembre 2006

undefined Maurice Achener porte beaucoup d'attention à l'impression de ses oeuvres.


Comme beaucoup d'artistes graveurs de l'époque il utilise des papiers du XVIII eme siècle pour ses tirages. C'est en effet le début de la mécanisation du papier, et ce dernier ne lui semble pas de qualité suffisante.


Fait encore peu fréquent à l'époque, pour un peintre graveur, il possède dans son atelier,au 2 de la rue Dupleix à Paris, sa propre presse de taille douce. Il l'utilise pour vérifier ses états. 

Nous ignorons la marque de cette presse,  qu'il équipera d'un moteur à la fin de sa vie.

Il a  sans doute imprimé quelques plaques pour Edgar Chahine, et a peut être initié ce dernier à l'art du tirage, puisque nous avons retrouvé une épreuve d'une gravure de Maurice Achener, avec papier de chine encollé, sur laquelle est indiqué "imprimé par Edgar Chahine".


Lorsqu'il travaille avec des imprimeurs taille douce, Maurice Achener leur donne des instructions très claires, sur la façon de procéder. Il accentue les effets de sombres et de clairs en gardant parfois volontairement le voile de l'encre sur la plaque après essuyage.


Informations pour l'impression de gravure "La villa de lord Byron" de Genève à l'imprimeur :

"Encre 2/3 Franckfort 1/3 léger {assez légère diluée avec de huile de noix,

un peu de noir léger extra

En essuyant laisser une légère teinte sauf au premier plan et sur le centre" 


Les impressions dont il est le plus satisfait sont souvent dédiées à son épouse par un petit mot : "A Emilie".
Par ALM
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Samedi 24 mars 2007

 

Même si la technique de la gravure, a occupé une plage majeure dans la production artistique de Maurice Achener, il est également un peintre graveur dans le sens qu'en donnent les critiques de son époque, en les différenciant ainsi des artistes qui font uniquement de la gravure dites de reproduction. Ces derniers sont alors considérés comme plus proches de l'artisanat. Cette distinction fut à l'origine de la création des organisations telles que de des "Peintres Graveurs".

Dans la revue du "Print connoiseur "de juillet 1923, Louis Seyden explique son évolution de la peinture vers la pointe sèche et l’eau forte par sa rencontre avec le graveur Peter Halm. son professeur à l’école des Beaux Arts de Munich, il fait également remarquer que Maurice Achener n’abandonne pas la peinture pour autant, puisqu’il présente régulièrement au Salon de la Société Nationale des Beaux Arts des œuvres peintes.

“Born in 1881 in Mulhouse, Achener studied at first in his own country, then in Munich . He destined himself to painting, which he never gave up completely. His sending to the Société Nationale des Beaux Arts, while not frequent have not passed unnoticed. But soon perhaps under the influence of one of his professors in Munich , Peter Halm, himself an etcher of repute, he began to feel the attraction of the point and the etching.”

  Photo-101.jpg
Maurice Achener Autoportrait 
 
Si les peintures des années 1900 sont dans une veine impressionniste, on note sur les paysages italiens et méditerranéens, l’influence de Corot.   

  7e03_12.jpg

 













Maurice Achener campagne italienne


Il est  également possible de constater que gravure et peinture se complètent, le même sujet étant traité souvent par les deux techniques. La peinture est sans doute  réalisée en extérieur et le même sujet fait simultanément ou ultérieurement l’objet d’une ou plusieurs gravures. La peinture peut être ainsi imaginée comme une méthode afin  bien s’imprégner de l’atmosphère qui sera retraduite par la technique de la gravure.

 

  180084074749_0.jpg

 

 

 

 

Un tableau et une gravure montrent souvent un même site. Exemple du "Parc" undefined
Par ALM
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Mercredi 11 juillet 2007

 

Maurice Achener a aussi réalisé des lithographies. Clément-Janin dans un article dans la revue Byblis indique "en concurrence à l'eau-forte, il mène le bois et parfois la lithographie. Il a cependant assez peu de sympathie pour cette dernière. Comme son ainé jeanniot, il lui préfère l'eau forte et le bois "qui ne blaguent pas!"

Voici dans un registre qui lui est  inhabituel, le programme d'une pièce de théâtre de Labiche, donnée le 2 mai 1903 à Strasbourg. la lithographie est réussie et l'on peut regretter que Maurice Achener n'est pas poursuivi également dans cette voie. L’artiste  s'est représenté dans la foule qui assiste au spectacle, au lieu de regarder la scène il fixe une jeune femme derrière lui. Tout cela est bien étrange.  
Cette lithographie de Maurice Achener est proche de celles réalisée par Emile Schneider. A cette période, Maurice Achener a 23 ans, il vit à Strasbourg, il est membre du groupe d'artiste francophile,  "Société des artistes de Saint Nicolas" fondé par Emile Schneider. Il fréquente les frères Matthis, deux jumeaux poètes parfois qualifiés de  "créateurs du lyrisme alsacien". Maurice Achener est proche de son départ pour Paris, où il se rendra en 1908. car Paris l'attire, la capitale est alors la ville lumière le centre artistique mondial et les artistes y débarquent des quatres coins du monde . 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des informations sur les deux poètes Albert (1874-1930) et Adolphe (1874-1944)  Matthis en suivant le lien suivant

http://www-bnus.u-strasbg.fr/ExposAnciennes/matthis/matthis/Intro_1.htm

Et écouter un de leur poème http://www.lamanivelle.org/pages/spe_matthis.php?active=49&deroule=menuNouveautes

 Sources : Clément-Janin Byblis printemps 1923 "Maurice Achener Peintre-Graveur Alsacien".

   

 

Par ALM
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Lundi 28 janvier 2008

Maurice Achener a réalisé ces copies de gravures de Durer, il a utilisé la technique de la gravure sur bois ou xylographie Dans l'inventaire du fond français il est indiqué qu'il y a été initié par Germain Jules et Herbert Lespinasse. Les deux estampes ici présentées sont des copie du personnage central de deux  des gravures de Christ-copie-1.JPG Dürer intitulées :
Supplément à la grande passion : La cène 1510
Supplément à la vie de la vierge page de titre 1511 

les gravures de Maurice Achener sont inversées par rapport à l'original. 

Nous ne savons pas si l'objectif de ce travail était didactique ou si Maurice Achener, dont le monogramme est proche de celui de Dürer, voulait ainsi lui rendre hommage.

Vi--rge.JPG
Inscription près de la copie de Supplément à la vie de la vierge 
"fragment d'après Dürer à ma chère soeur Maurice Achener 08 d--tail-Vierge.JPG "














Dimensions :
Christ  8 cm L. X 9,5 cm H. 
Vierge: 7,5 cm L. X 10,5cm. H.

D--taill-christ-main.JPG D--taill-christ-t--te.JPG
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Mardi 25 mars 2008

 

Salons, expositions collectives

Maurice Achener expose à  Paris dès 1906 au salon de la Société Nationale des Beaux-Arts. Il y  participera tous les ans pendant trente ans, à l’exception de 1915 et 1916.  

Il est également présent aux expositions de la Société des Peintres-Graveurs Français organisées par les Galeries Durand-Ruel en 1913 et 1922,  au salon d’Automne en 1920 et à sa section des livres en 1919. 

Il participe aux évènements de la Société de la Gravure sur Bois Originale, au Salon de la Société des Artistes Décorateurs en 1922. A l’Exposition Universelle de Paris de 1937 il présente six paysages à l’eau forte . Il est membre du Salon des indépendants en 1941, et de  la Société Internationale de la Gravure Originale en Noir en 1922, 1923, 1924, 1926, 1927, 1928, 1929, et 1931 à Paris.


Chicago en 1914, du 5 mars au 1 avril , the Chicago Society of Etchers , organise "Etchings" avec 4 gravures de Maurice Achener dont Basalica Paladiana qui illustre le catalogue.


A Londres, en 1919 il participe à des expositions de la  "Société d'Assistance de l'Alsace Lorraine ", elles sont destinées à collecter des fonds pour la reconstruction de ces régions après la guerre. "Exhibition of Works of Artists of Alsace ans Lorraine " Elles ont pour lieu, "The Goupil Gallery 5, Regent Street. Et pour "Exhibition of contemporary French Prints" au   Victoria and Albert Museum (south kensingtown) du 10 Mai au 20 juin 1927. 


Au Etats Unis,  à Los Angeles, il est  présent aux expositions de l’association "The print makers of Los Angeles" qui deviendra la "Print Makers Society of California"  en  1920, 1922, 1923 et 1926 .  


Au cours de l'été 1923  il expose à  la Charité sur Loire et à Thann.

En  1929, la Galerie Simonson 19 rue de Caumartin à Paris montre  des gravures et des dessins de Maurice Achener, accompagné d'oeuvres de Samuel Chamberlain et de José Pedro Gil.
 

1961, il est présenté en tant qu’artiste Alsacien, à la rétrospective "Soixante ans de gravure Alsacienne 1900-1960" organisée par le Cabinet des Estampes de Strasbourg, la bibliothèque municipale et la société Godefroy Engelmann de Mulhouse, au château des Rohan de Strasbourg.

2008 , L'association des amis de E et JJJ Rigal, propose des gravures sur l'arbre, dans le cadre d'une exposition de 110 gravures sur ce thème par des maîtres de l'estampe de 1800 à nos jours. Plessis Robinson (92).

Expositions personnelles
 

Dans les années 1920 il expose à Chicago, qui est à cette époque une des ville les plus avancées de la scène artistique des Etats Unis. Il présente ses oeuvres dans la "Albert Roullier Art Galleries"  ,  trois expositions personnelles sont ainsi organisées dans les années 1920 (dont une en 1927).  Plus de 90 de ses gravures y sont à chaque fois montrées.
 








Maurice Achener  fait l’objet d’une exposition personnelle à Paris dans la Galerie Marcel Guiot 4 rue Volney à Paris en 1927. Il y présente 54 gravures de paysages Italiens, de Strasbourg, de Paris de Fribourg et de Provence.



Le
catalogue de cette exposition est préfacé par l'historien et critique d'Art , André Blum: "... Ce n'est pas un promeneur distrait pour lesquels les aspects de la nature ne changent pas; il sent au contraire à chaque moment les effets différents produits par l'ombre ou le soleil, par le vent par les vapeurs qui montent de la terre, par les brumes, par les pluies qui modifient sans cesse la physionomie d'un coin de terre. Pour exprimer la vérité de ces harmonies, sa science joue avec dextérité du noir et du blanc, dont il fait ressortir les diverses valeurs sur ses épreuves, sachant indiquer par ses tailles ce que signifie chaque élément d'un paysage..." 

A l'occasion de cette exposition le journal américain "International Herald Tribune" lui consacre un article signé par Emily Holmes Coleman.
 

 

De 1922 à 1954 il travaille avec  la Galerie  Le Garrec Sagot, et du 26 Mars au 17 Avril 1943 ses oeuvres font l'objet de "Provinces Françaises vues par Maurice Achener"  l'inauguration est sous la présidence de Monsieur Vallery-Radot conservateur du Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale. La galerie est alors localisée 21 rue du Four à Paris dans le VIe. 










Il expose régulièrement à la galerie AKTUARYUS de Strasbourg.
 

En 1962, la ville de Mulhouse consacre une rétrospective à  ses soixante ans de gravures,  l'exposition est organisée par la Société Godefroy Engelmann.  
Dans la préface du catalogue de cette exposition "Gravure de Maurice Achener" il est indiqué que "ses gravures ont surtout figuré aux devantures de la Maison Alsacienne où elles attirent tout particulièrement l'attention des Mulhousiens".
"Cela dura jusqu'en 1962. Cette année-là, pour la première fois, la Société organisait une exposition consacrée à un artiste encore vivant, un des doyens de la gravure française, Maurice Achener, qui de surcroît était mulhousien. Le caractère quasi-officiel de la manifestation, qui apparaissait comme un hommage de la ville à l'un de ses enfants"

 En 1963 à l'occasion de son décès, la Bibliothèque Nationale de Paris, qui dispose d'un important dépot de ses oeuvres organise une exposition au Départements des estampes  : 
"Le Cabinet des estampes a présenté à partir du 10 juillet quelques gravures de Maurice Achener, en hommage à cet artiste disparu le 18 avril 1963.Né à Mulhouse en 1881, Mr Achener fut pour l'eau-forte l'élève de Peter Halm à Munich avant de suivre à Paris l'enseignement de Jean-Paul Laurens. Gravant depuis 1902 quelques bois, mais surtout 500 eaux-fortes, il se spécialisa dans le paysage. Ses vues d'Alsace principalement, mais celles aussi d'Italie, de Suisse ou de Bretagne montrent dans une facture traditionnelle une grande sensibilité. "


En 2003 suite à  une  donation,  la Bibliothèque-Médiathèque de Mulhouse organise l’exposition intitulée "La douce luminosité du ciel".
 

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Par ALM
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Vendredi 20 juin 2008


L'historien d'art Noel Clément-Janin (1862-1947)

Clément-Janin
était un des collaborateurs de Jacques Doucet, le couturier et collectionneur à l'origine de la blibliothèque INHA (Institut National d'Histoire de l'Art) de Paris. 

Au printemps 1923, Clément-Janin écrit un article sur Maurice Achener dans la revue Byblis[1]. Il y conte, les débuts de Maurice Achener à l'eau-forte, par un dialogue entre Peter Halm professeur et Maurice Achener alors son élève à Munich. Maurice Achener a 20 ans et vient suivre l'enseignement de l'académie des Beaux Arts : une petite leçon de gravure pleine d'humour, qui semble démontrer que l'eau-forte c'est plutôt facile.


La pédagogie de Peter Halm pour formation à la gravure


« Peter Halm  était un excellent professeur qui n’obligeait pas ses élève à l’imiter. Il lui enseigna le dessin, et quand il constata que son jeune disciple en savait suffisamment, il le jeta au figuré bien entendu, dans l’eau forte. Un jour à la veille des grandes vacances, il lui apporta un cuivre de la dimension de celui de la Pièce aux Cent Florins[1], et lui dit :

-          « Si vous ne travaillez pas pendant deux mois, vous vous ennuierez. Prenez ce cuivre et faites une eau-forte.

-          « Une eau-forte ? mais je ne sais pas le premier mot de métier !

-          « Bah ! Quand on sait dessiner, on sait graver. Et vous allez voir comme c’est facile. »

-          Il prend son couteau, fait sauter sur le bord de la plaque qu’il avait vernie une petite écaille et met le cuivre à nu :

-          « Répandez de l’acide à cette place et il entamera le métal. C’est tout le principe de l’eau-forte. Au moyen d’une pointe, dessinez votre sujet du mieux que vous pourrez, et …vous me l’apporterez. Je le ferai mordre. »

-          Néanmoins devant le peu de chaleur de l’élève en présence d’un si grand cuivre, il lui en rapporte le lendemain un plus petit, et c’est lesté de ces deux plaques que Maurice Achener repartit pour Strasbourg, où il devait passer ses vacances.

-          Quand il revient les deux cuivres  dessinés, et qu’il demanda à Peter Halm de les faire mordre :

-          « Moi ? Jamais de la vie ! Un bon ouvrier termine lui –même son travail ! Demandez quelques conseils à vos camarades et allez-y ! »

-          Le jeune homme «y alla » et, par bonheur, ne rata pas ses morsures. Il fit rapidement de tels progrès que Peter Halm exposait ses eaux fortes dans les salles de cours et lui procurait des amateurs.

[1]   Byblis miroir des arts du livre et des l'estampe, est une revue spécialisée qui s'était donné pour tâche de "servir la Gravure et la Typographie francaise". Pour ce faire elle publiait quatre fois par an "des gravures et des planches originales accompagnées du texte des écrivains spécialisés". Dans une de ces publications de l'année 1923 nous avons pu relever le commentaire suivant "l'estampe n'est plus comme au temps de notre jeunesse le tableau du pauvre".

[1] La Pièce aux cent florins  gravure de Rembrandt  Achevée vers 1649 Eau-forte, pointe sèche et burin. 281 x 394 mm  BNF
[1] Illustration de l'article Photographie de Maurice Achener vers 1900


Par ALM
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