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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 21:57

Au Carré de Baudouin : «.... Tout le temps perdu ne se rattrape plus » par Marie-Anne Chenerie


Le photographe Stefan Koppelkamm  expose au Carré de Baudouin  dans le 20è Arrondissement , sous le titre » Temporalités allemandes »,  une série de photographies passionnantes : il nous montre le même lieu, dans une ville de l'ex- Allemagne de l'Est  , d'abord en 1990, au moment de la réunification des deux Allemagne , puis dix ans après , alors que la réunification est devenue effective . carre-baudouin_expo.jpg

 

Ce qui m'intéresse , c'est d'abord la façon dont le photographe a saisi ce dont il sait que cela va disparaître   carre-baudouin-2-bis-copie-1.jpgcarre-baudouin-2-copie-1.jpget de nous le montrer sans sentimentalité ,  ni excès , par la simple juxtaposition de deux photos prises à dix ans d'intervalle; les photos sont grandes, frontales, en noir et blanc, sans effet apparent de mise en scène, présentées sans autre commentaire que leur date et leur localisation  . L'auteur ne prend pas parti mais nous amène à nous poser cette question :  'Ce que nous voyons dans les images des années 2000 est-il fonctionnel, propre, efficace, rassurant ou simplement banal ? ' Ou encore: 'A- t-on sauvé ces  immeubles et ces lieux , ou bien a- t-on éradiqué le passé ? ' La restauration n'est elle pas une forme de destruction ? 

 

Mais aussi , de façon plus intime, ces photos  me rappellent que ce que j'aime dans un visage, une silhouette, un geste , ce n'est pas la perfection lisse , mais cette cicatrice, cette maladresse, ce dos un peu voûté, cette mèche qui commence à blanchir  , cette ride que j'ai vu apparaître peu à peu . Ce visage m'est proche, familier et doux et non pas parfait et lointain . carre-baudouin-_5.JPGcarre-baudouin-_6.jpg

 

Ce n'est pas un hasard si ce photographe est Allemand ; il existe en allemand un mot très juste : « Heimweh », que l'on peut traduire grossièrement par 'mal du pays' ou ' nostalgie', dans le sens de ce qui m'était familier et  dont la perte me fait souffrir. Ceci m'évoque irrésistiblement Barbara , et ces paroles :


« Dis, au moins le sais-tu,
Que tout le temps qui passe,
Ne se rattrape guère,
Que tout le temps perdu,
Ne se rattrape plus »

 

Une très belle idée, une mise en scène sobre et efficace dans un endroit inattendu , passez au Carré de Baudouin .

 

Informations pratiques :

 

Carré de Baudouin

12 Rue de Ménilmontant 75 020 Paris

métro Gambetta ou Pyrénées

Entrée libre du samedi au samedi de 11h à  18h

 

Jusqu'au 3 avril



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