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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 22:12

Une longue tradition par Anne Le Menn

 

Dans la salle d’exposition à l’étage de la mairie du VIème place Saint Sulpice, le plancher fait du bruit sous les pas. Une dame lit un livre et ne lève pas la tête à mon arrivée. Un jeune homme derrière son comptoir ne bronche pas non plus. J’ai l’impression de déranger dans ce lieu très tranquille de la 69eme exposition de la société des Peintres-Graveurs Français.

Ce groupement a été fondé en 1889, son premier président en a été Félix Braquemont, il comptait alors  parmi ses membres : Marie Cassat et Camille Pissaro, plus tard Auguste Rodin,  Jean-Louis Forain  Auguste Lepère et Roger Vieillard l’ont présidé.  Dès ses débuts elle organisa des expositions en invitant des artistes étrangers, qui sont  le thème de l’édition 2011.  

Je me dirige le plus discrètement possible vers les estampes. La scénographie est simple, pour chacun des artistes deux cadres,  chaque artiste a encadré ses deux œuvres dans deux cadres pareils, mais les cadres sont différents selon les artistes et l’ensemble est bien tassé. Les expositions seraient elles restées dans la tradition de celles de 1889 ? expo_1898.jpgParis-Avril-003.JPG

Toutefois en me concentrant, je suis heureuse de découvrir le graveur Diego Bianconi dans « la curva » une courbe de la route et « Im bade » (dans le bain) montre un univers quotidien que des cadrages déséquilibrant font basculer dans l’étrange, voire l’inquiétant. Aangeschoten haas (Le lièvre ivre)  de Charles Donker donne la même impression, sous son poil velouté et brillant, on ne sait s’il est mort ou terrorisé. Et les grands  autos-portraits de Piotr Szurek (1000x 670), sont de belles eaux-fortes, dans des  matières très foncées.  Paris-Avril-008.JPG

Du coté des artistes français, des fleurs ne manquent pas de charme : celles de Nathalie Grall aux noms rigolos et l’héliogravure de Philippe Martin qui me fait penser aux roses du jardin de ma grand-mère.  Sylviane Canini campe un petit rat inspiré par Degas tout en délicatesse dans « Le Chausson vert ».

hemery.jpgLes conditions ne sont pas idéales pour regarder les paysages urbains de Pascale Hémery, dans l’escalier, je manque de recul. Elle donne à voir  une représentation très personnelle et réussie d’architectures modernes. La cohabitation des plans donne une vision décalée, où des lampadaires, des vieux hangars  un pont, une silhouette humaine,  apportent  un coté de guingois qui humanise en cassant la sévérité et la dureté de cet environnement familier.  

En sortant de l’exposition, j’avais un peu de vague à l’âme, alors que vu la qualité de certains artistes j’aurais du être en pleine forme. Il est heureux de voir se perpétuer la Société des Peintres Graveurs Français et ses expositions. Toutefois si elle veut séduire un nouveau public, il serait souhaitable que ses expositions donnent plus de plaisir à ses visiteurs par un accueil et un accrochage  plus sympathique.

Information Pratique  

Société des Peintres-Graveurs Français Mairie du VIème arrondissement Place Saint Sulpice Paris. Jusqu’au 20 avril et du 29 avril au 29 mai Temple de Chauray 12 rue de l’église Chauray. 

 

Visuels : Carte postale site Léon Hornecker

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