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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 22:59

 

L'art contemporain arabe : un air de printemps ? par Marie-Anne Chenerie

 

 

            Avec cette belle affiche , affiche.jpgvous vous interrogez : est ce qu'on peut parler d'un véritable printemps arabe de l'art contemporain, lié à cette vague de fonds politique , comme certains l'affirment pour le cinéma?

            Et bien non, l'art moderne ou contemporain arabe a existé depuis le début du XXè siècle, reconnu par les historiens de l'art dans le monde. Certes  son origine, l'art moderne est un pur produit de l'Occident , voire de l'Europe. Mais l'Europe n'en a pas l'exclusivité et cette exposition à la Villa Emerige le montre bien .       

            Aux origine de cet art « moderne » arabe , dès les années 1930, il y a la montée du nationalisme et des luttes pour les indépendances ; les artistes affirmaient le rejet de la peinture orientaliste , qui produit une image déformée de la réalité les-femmes-d-alger.jpg . Ces nouvelles formes d'art exprimaient ainsi la revendication de liberté et de modernité refusées aux peuples colonisés ; déjà et toujours , l'art se développe dans un contexte de revendication et de résistance .

 

            Autre élément intéressant de cette aventure artistique:  l'appui de deux sources  esthétiques principales : les expressions modernes de l'art et la tradition locale .

            Les courants contemporains de l'art universel  ont été largement valorisés  ( expressionnisme ou abstraction, par exemple ) et remettent en cause le classicisme aussi bien que l'orientalisme et le patrimoine artistique traditionnel ( artisanat, calligraphie ) venu des traditions arabo-musulmanes, voire des arts mésopotamiens, pharaoniques, phéniciens ...L'abstraction , qui constitue un des aspects les plus visibles de l'art contemporain universel , a ainsi trouvé dans la culture artistique islamique un écho profond .

 

            Alors, ces oeuvres de la Villa Emerige ?

            Le lieu est magnifique villa-emerige.jpgJ'avouerais que j'ai été un peu déçue, imaginant  un ensemble à la fois universel, contemporain et enraciné dans la tradition arabe. Certes , nous y retrouvons la plupart des courants contemporains: photo, installations, sculptures en résine, « vraie » peinture , mais des oeuvres pour moi très inégales .

            Je retiendrai , le personnage  frontal et très fort du Libanais Ayman Baalki , où le fond joliment  fleuri et le keffieh rouge font un cadre contrasté et subtil aux yeux sombres du combattant combattant.jpg  , la Syrienne Laila Muraywid et ses  sculptures en résine , traduisant la violence de la sexualité , universelle certes, mais peut être plus encore dans son vécu traditionnel,  ou les oeuvres faussement naïves  et drôles de Khaled Takreti .amour-haine.jpg

 

            N'est ce pas la meilleure preuve que l'oeuvre de qualité désigne d'abord son époque avant de signaler son auteur ou son origine ? Et qu'elle transcende son origine , pour parler de liberté et de nouveauté ?

 

Information pratiques :

Villa Emerige , 7 rue Turquan

75 016 Paris
Jusqu'au  12 novembre 2011, du mar au dim de 12h à 19h.

Entrée 5 €

 

Les illustrations ont été tirées du dossier de presse , sauf «  les Femmes d'Alger » de Delacroix , extrait du site du Musée Delacroix.

 

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