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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 23:18

 

Edvard Munch à la Pinacothèque : « le cri » expliqué

, par Marie-Anne Chenerie

 

            Il est vrai que j'avais rapidement et injustement classé les expositions de la Pinacothèque à Paris dans la catégorie des expositions mercantiles  , au marketing impeccable reposant sur des titres vendeurs et une communication efficace .

            Un article du blog «  Les Lunettes Rouges » m'a poussée à aller voir la dernière exposition d'Edvard Munch, qui vient de fermer ses portes ..

 

            J'ai aussi toujours été attirée par le théâtre  scandinave, en particulier Ibsen: la Maison de Poupées, Hedda Gabler, John Gabriel Borkman , avec cette atmosphère si particulière , l'impression  irrépressible que les personnages sont des morts-vivants , toujours à côté d'une vie passée ou future, qui a été , pourra ou pourrait être  heureuse, à la différence de leur existence réelle , morbide et solitaire . D'ailleurs , ce pessimisme  a atteint son paroxysme avec Niezstche , et beaucoup d'artistes expressionnistes de l'Europe du Nord  ont été plus ou moins atteints de névroses : Kirchner, Soutine, Van Gogh, Munch ,[….allant parfois jusqu'au suicide.Edvard_Munch_1921-copie-1.jpg

            Littérature et peinture sont ici très imbriquées : un  théâtre de solitude, comme l'oeuvre de Munch .

 

            Je voudrais ici retenir trois techniques des très ( trop ? ) nombreuses oeuvres exposées à la Pinacothèque : la  gravure sur bois , le dessin  et la peinture ; il est edvard-munch-pinacotheque-litho-autoportait.jpegaussi important de souligner que Munch a toujourstravaillé et retravaillé les mêmes thèmes : la femme vampire, l'enfant malade, l'adolescence , les personnages sur un pont … dans différentes techniques. Il a répété , gratté coloré, décoloré, superposé, expérimenté , comme, à ma connaissance ne le font que rarement les artistes .

            Cette gravure sur bois munch-_jeunes-filles-sur-un-pont.jpgmontre bien comme cette technique  est un médium pertinent pour Munch: noirs profonds, stries, frontières abruptes entre le noir et le blanc , justesse du trait, parfois à la limite de la maladresse  lorsque la gouge n'a pas la docilité du crayon., et est donc encore plus expressif  .munch_les-solitaires-copie-1.jpg

           

            Deux magnifiques dessins: un   portait de stringberg munch_Portrait-d-August-Strindberg.jpget un dessin d'enfant munch-dessin-enfant-femme.JPGet de femme , qui montre le désespoir froid de l'enfant Edvard Munch  qui a perdu sa mère à 5 ans : ici aussi, traits hachures, peu ou pas de couleurs , visages  peu marqués . Une impression d'instantané  qui ont fait juger les oeuvres exposées à Munich en 1892 comme «  laides » et «  inachevées » : Munch  ne voit et donc ne peint ou ne dessine que l'essentiel , l'oeuvre est achevée puisque l'artiste a dit tout ce qu'il avait à dire .

 

            Enfin le tableau de la    femme au chapeau rouge munch_Femme-au-chapeau-rouge-sur-le-Fjord.jpgexprime également la douleur et cette ombre violette en bas à droite , écho de l'ombre de la femme, nous intrigue et nous inquiète .

 

 

            Donc, beaucoup d'oeuvres  qui marquent et dont on se souvient .

            Un bémol cependant sur l'accrochage , trop serré,fatigant,  dans des salles basses et obscures , des textes parfois peu adaptés et trop longs ; je regrette que l'accent ne soit  pas  mis davantage sur les différentes techniques de gravure ( litho, pointe sèche, xylographie, lino..)  qui , à elles seules expriment la force et l'angoisse de cet artiste.

            Enfin, ce titre « l'anti-cri », racoleur, car les  oeuvres présentées ne sont pas en opposition au grand tableau de Munch, universellement connu: l'exposition  nous montre au contraire ce que voit l'artiste avant ou après que l'homme désespéré entende cet hurlement dans un ciel rouge sang .

 

L'exposition : Munch : « l'anti cri » s’est terminée le 8 août 2010 à la Pinacothèque de Paris, place de la Madeleine 75008 , de 10h30 à 18h30, tous les jours

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  « Je ne rejette pas ma maladie, car mon art lui doit beaucoup. »

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