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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 21:46

Au royaume des filles en tongs par Anne Le Menn

La rétrospective du peintre graveur Marc Desgrandchamps fait la preuve s’il en était besoin que la confrontation directe avec une œuvre est nécessaire.  Après avoir lu un certain nombre d’article sur ce peintre,  et regardé les photographies associées, il m’était impossible de savoir si cela  pouvait me toucher.  Les commentaires portaient sur la liquidité, les coulures de la peinture, Télérama aimait plutôt tandis que  le blog de Lunettes rouges informait  que  «ce n’est pas ma tasse de thé ».  Je suis allée voir ce qu’il en était au musée d’Art Moderne.

La vidéo  présentée en apéritif à l’exposition est claire : Marc Desgranchamp explique calmement sa démarche créative : il  utilise des photos tirées de film. Des images lui parlent, il en tire des éléments, le plus souvent des corps humains en mouvements, qui vont constituer les lettres de l’alphabet  des mots par lequel il écrit  sa toile.  Il est intrigué  par les rapports des uns par rapport aux autres. Son  discours est  parlant pour quiconque a  dessiné des modèles vivants*  et s’est exercé à comprendre l’architecture du corps humain.  C’est  une excellente idée que de donner les informations avant l’exposition, ainsi préparée, je commence  mon  cheminement devant les toiles.

Les corps apparaissent,  plus massifs et sculpturaux que sur les images dont ils proviennent. Les pieds des jeunes femmes, personnages récurrents, sont  chaussés de tongs.  Sans nous regarder,  ces humaines, poursuivent une route qui leur est propre, nous sommes  spectateurs,  comme assis à la terrasse d’un café,  extérieurs à leur vie mais les observant passer.  Une ambiance qui me fait fredonner  la chanson «ultra  moderne solitude » d’Alain Souchon.

Les corps chez  Marc Desgranchamps  évoluent  dans un décor esquissé par des aplats d’une matière picturale liquide, et sous une lumière estivale.   Selon que l’on  s’approche ou se recule, les tableaux  changent, l’aspect photographique s’accentuant  quand la vision est éloignée. Sous une première approche  lisse, presque  plate,  ils s’avèrent complexes, et  présentent plusieurs niveaux de lectures.  Cette découverte progressive est agréable, le langage de la peinture  de Marc Desgrandchamps se décode.

 

Cette exposition a une qualité de  promenade en environnement familier, dans un univers contemporain ou la peinture et la figuration du corps  reprennent un rôle de transmetteurs efficaces  des  images de notre époque.

 

Modèle vivant : Pour ceux qui n’ont pas encore essayé, je conseille d’acheter un petit carnet et un crayon et d’en tenter l’expérience. Tata Jeannette qui dort devant sa télévision est bien pour commencer, car c’est plus facile quand le sujet ne bouge pas.  Il y a aussi des ateliers qui proposent ce type dem-Desgranchamps-3.jpg séances avec des modèles professionnels qui savent rester sans bouger plusieurs minutes, ce qui est loin d’être facile. Le plus souvent ces modèles aiment leur métier et se donnent du mal pour prendre des poses intéressantes pour les dessinateurs.

 

Visuels dossiers de presse :

 

Sans Titre 2006 Huile sur toile 195 x 130 cm Collection Museum Frieder Burda, Baden-Baden

© Jean-Louis Losi © ADAGP, Paris 2011 Courtesy Galerie Zürcher, Paris – New York m-Desgranchamps-1.jpg

Sans Titre 2007 Huile sur toile 200 x 300 cm – diptyque Collection privée, Paris © Jean-Louis Losi © ADAGP, m-Desgranchamps-2.jpgParis 2011 Courtesy Galerie Zürcher, Paris – New York

Sans Titre 2010 Huile sur toile 200 x 300 cm – diptyque Collection privée © Jean-Louis Losi © ADAGP, Paris 2011  Courtesy Galerie Zürcher, Paris – New York

 

Information Pratique

Musée d’Art Moderne de la ville de Paris 11 avenue du Président Wilson 75016 Paris

Ouvert du mardi au dimanche jusqu'à 18h  Nocturne le jeudi jusqu'à 22h

Fermeture les lundis et les jours fériés

TARIFS Plein tarif : 7 €

 

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