Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 22:53

     Georges Gasté, un orientaliste pas comme les autres,

par Marie-Jeanne Laurent

 

61_la_terrasse_de_Sitta_Agra_Inde_1906.jpgVous ne trouverez  ni «coucher de soleil sur le Nil à Giseh», ni ondulante odalisque, descendante innombrable du bain turc de M. Ingres et des peplums de Gerôme, si admirablement peints.

 

En avance sur son temps, c’est le regard fraternel d’un ethnologue solitaire, qui observe une antiquité mystique perpétuant dans les pierres, les masures, dans un puit de guingois, aussi bien que dans les plis d’un burnous, les gestes des femmes lavant, portant des charges sur leur tête ou tissant. Photographe inlassable, ses grands tirages sont aussi construits qu’un tableau. Mais comment faisait-il vers 1888-1898, pour obtenir naturel, présence et spontanéité, alors que l’appareil était posé sur un pied et que le déclenchement pouvait nécessiter une minute et plus? Mise à part sa série de portraits, de facture classique, mais à la beauté et à la noblesse intérieures, sa touche picturale est en avance, transparente, vibrante, comme instantanée, femmes dans un oued, garçonnet sur une terrasse en lavis rapide (noté «pastel») sur papier à grain, avec le détail du sèche-linge

Immergé ensuite en Inde, la vibration de la lumière, les touches légères sont encore plus libres, architecture à la «Odilon Redon», où les femmes semblent posées comme des libellules, féériques dans le verdure ou bien hardiment détaillées.

 

Un film sensible, dont le fil est sa correspondance avec son seul ami, nous fait entrer dans l’intimité du travail d’un peintre qui mérite sa place avec les plus grands.

 

Il termine sa vie en 1913, avant l’écroulement d’un monde dont il s’était absenté.

 

 

Informations pratiques :

jusqu'au 5 mai 2013, musée du Montparnasse, 21 avenue du Maine.

 

Les illustrations sont extraites du dossier de presse

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires