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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 23:16

Jean-Louis Forain vers la modernité par Anne Le Menn

 

Jean-Louis Forain (1852-1931)  est  peintre  impressionniste, un des membres de la petite bande qui a  organisé les expositions ayant donné le nom au mouvement.  Une rétrospective   lui était consacrée du 10 mars au 5 juin  au  musée du Petit Palais.  On ne peut que remarquer l’originalité de la programmation de cet endroit,  qui saison après saison ,remet en lumière des personnalités artistique injustement oubliées (excellentes expositions sur le potier  Jean-Joseph Carriès  et sur le peintre  Giuseppe De Nittis). Forain_-_Le_client.jpg

« Jean-Louis Forain la comédie parisienne »  nous a introduits près d’une  personnalité marquante du XXème.  Forain  a  produit  des peintures et gravures sur les  sujets qui l’inspiraient, dans les thèmes  de prédilection de Degas, mais un cran au dessus dans la dénonciation  du cynisme d’une société bourgeoise et d’une pudibonderie hypocrite. Le tableau «le client » daté de 1878 est un modèle du genre.  Un monsieur chapeauté fait son choix tandis que les pensionnaires d’une maison close, proposent leurs services.  Face  à ces scènes glauques, il représente des sujets plus légers sur la vie parisienne : belles à l’Opéra, champs de courses.

Mais pour vivre  et parce qu’il y excellait, Forain a également mené une activité de dessinateur de presse ; Il est caricaturiste pour le courrier français, le Figaro, l’écho de Paris et The New York Herald, et crée des cartons pour les mosaïques de la façade et des vitraux du café riche. Si cette production est marquée par  son époque, les peintures réalisées, quand la grande guerre survient, en 1914, avec des couleurs terreuses émaillées d’éclats de blancs. sont modernes et fortes, on retrouve cet  univers dans l’œuvre  d’ Anselm Kiefer (1954). Touché par l’accident de son fils mobilisé, Forain n’avait  pas hésité  à s’engager  à 62 ans, pour intégrer  l’armée dans  la section de camouflage, avec les peintures il réalisera  des tracs de propagande qui seront dispersés sur le territoire ennemi.

Quand Forain peut se permettre de cesser ses activités alimentaires vers 1919,  Il se consacre uniquement à la peinture,  il continue dans la voie qui s’est amorcée sur les toiles de guerre. Les audaces impressionnistes semblent de charmantes distractions. Forain ne veut plus du fignolé il  cherche la puissance des formes esquissées et inachevées« un tableau pour être ragoutant doit être terminé en esquisse »  Mais cela passe dans des scènes  soigneusement mises en place. Les  mouvements  des  corps des personnages créent des circulations sur la toile. On retrouve les pointes de blanc pur, sur des fonds dans des tonalités rouges et bleues.  Des tableaux qui ont du souffle et de la vie. Une peinture énergique pour finir une vie de  peintre brillante d’un modernisme impressionnant.

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