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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 15:21

Toulouse , le Musée des Augustins , un soir de Noël ... par Marie-Anne Chenerie

 Vous vous êtes trouvé au bord de l'explosion avec les courses , les caprices des jeunes ( et des moins jeunes ) , les histoires de famille ressassées , la surdose de chocolat ?

            J'ai en ce qui me concerne trouvé l'antidote , une visite au Musée  , en cet après midi où vous êtes certain de vous y retrouver seul . A mon avis en effet :  pour lire, comme pour voir une oeuvre d'art , il vaut mieux être seul , sans doute est ce un point de vue personnel !

             Et quand ce Musée est un superbe cloître en brique rose , le Musée des Augustins à Toulouse , c'est une plongée dans le silence et l'art intemporel .

            Au départ, j'y ai été attirée par l'exposition «  Petits théâtres de l'intime » , des petites oeuvres dites «  de boudoir » datant de la fin de l'Ancien Régime et une affiche affriolante . Ce qui, vous en conviendrez est un peu décalé pour une exposition qui se tient dans un ancien couvent , et qui plus est à l'intérieur de l'immense et magnifique église .

 

            Mais , de fait, j'ai été arrêtée sur le chemin de l'exposition  par quelques très belles oeuvres , dans ses gardes salles vides , avec quelques jeunes gardiennes plus occupées à échanger les sms de noël qu'à surveiller les visiteurs,  et qui vous sourient d'un air gentiment gêné quand vous les surprenez , mais qu'importe .

            D'abord, il y a ces fameuses gargouilles  , alignées le long du cloître, ces  êtres qui hurlent parce qu'ils sont  monstrueux, seuls, détestés, craints , dans leur désert glacé. Jamais je n'avais regardé d'aussi près ces « visages » mi homme mi animaux , et  senti que à travers les siècles et leur monstruosité, nous avions peut être quelque chose en commun ? gargouille3.jpg

 

            Il y a eu ensuite ce beau visage endormi ou mort du chevalier dans sa niche de briques roses , le marbre blanc du dernier sommeil et la beauté des traits  chevalier.jpg

 

            Enfin , ce chef d'oeuvre, Notre Dame de Grasse, ND-de-grasse2.jpgce visage  fin, triste , doux  et volontaire , qui a servi de modèle à tant de médailles de communion à Toulouse  et cette attitude si naturelle et si peu conventionnelle de l'enfant et de sa mère , qui détournent leurs visages  et leurs corps l'un de l'autre . Bien sûr de savants exégètes vous expliqueront que chacun regarde un des donateurs de la sculpture , installée dans un groupe de personnages . Mais je préfère y voir la spontanéité  de cette très jeune fille, qui peut être n'est pas encore certaine d'accepter son destin ?

 

            gargouille-2.jpgJe quitte le musée, sans avoir vu la fameuse exposition, croisant les gargouilles qui s'immobilisent pour la nuit dans le soir qui tombe sur le grand cyprès noir du cloître. Vite happée par « la vraie vie » et une jeune voix d'adolescente, au visage aussi lisse et doux que celui que je viens de croiser , qui hurle , surexcitée en s'accrochant à mon bras  «  Maman, Maman, j'ai trouvé les chaussures de ma vie! ». Et oui, tout le monde ne parle pas à l'oreille des  gargouilles ….et tant mieux !

 

Informations pratiques :

Musée des Augustins , musée des Beaux Arts de Toulouse

21 rue de Metz

31 000 Toulouse

entrée : 8 € ( tarif réduit : 5 €)

Exposition «  Petits Théâtres de L'intime », jusqu'au 22 janvier 2012 .

 

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commentaires

Marie-Pierre 19/01/2012 08:49

Oh quelle belle évocation ! Seule ou à deux, un musée comme celui-la est une merveille.