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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 21:34


De Nittis par Marie-Jeanne Laurent

colazione_in_giardino.1221092417.jpgDe Nittis est né à Barletta, Italie en 1846. Il étudie aux  Beaux-arts de Naples et s'installe à Paris dès 1868. Il expose au Salon chaque année,  fait connaissance de Manet et Caillebotte, participe à la première exposition impressionniste en 1874.
Introduit par Edmond de Goncourt dans le salon de la princesse Mathilde, où  il faut être vu pour faire partie du Tout-Paris artistique, il est le peintre de Paris, ses quais, ses monuments, ses grands travaux après les destructions de 1871, ses femmes élégantes dont il peint à ravir les robes à tournure, dans les salons, les champs de course, ou patinant, leurs petites mains dans un manchon, divertissement très apprécié à l'époque.
Il peint aussi les monuments de Londres, commandés par un mécène et mène  une vie mondaine brillante. Il est décoré de la Légion d'Honneur, et meurt  à 38 ans.
Est-ce tout ? Non point.
C'est surtout celui qui veut fixer l'instant de lumière qui passe, la  lumière du sud, son pays, comme celle de l'Ile de France et des rivages du Nord. Quelques paysages lumineux de l'Italie le font connaître, des études de ciel évoquent Delacroix, une série  sur l'éruption du Vésuve, à laquelle il a assisté en 1872, montre que l'anecdote lui est secondaire.
La lumière grise du nord éblouit en deux tableaux :Une mer déchaînée, où les larges touches d'un pinceau au bout arrondi, vertes, blanches et grises s'emmêlent avec fureur: il ne manque que le bruit de la vague.
L'autre : la gardeuse d'oie,  par ses accords gris, ocres, jaunes : un grand ciel plombé, gris fer, des meules affaissées par l'orage qui vient de passer, le chemin défoncé par les charrettes, et aux ornières brillantes d'eau, à droite une masse d'arbres, sombre, et derrière la haie, un petit fragment de chaume jaune qui fait chanter l'ensemble . (Cela ne vous rappelle rien ? Voyons, le petit mur jaune de la vue de Delft par Vermeer, si bien loué par Proust). Mais que cela doit être ennuyeux de garder deux oies criardes: la pauvre vieille en est toute affaissée, sa quenouille sur les genoux, seule.
La lumière, il l'utilise pour souligner la beauté des femmes: de larges touches blanches, comme hâtives, mais si indispensables sur les dos, les  décolletés, cadrages audacieux pour l'époque, ou il montre des femmes de dos, tissus chatoyants (il a découvert les estampes japonaises comme ses  amis).
Les ciels encore, les ciels si changeants de l'Ile de France, sont le sujet principal de ses ponts de Paris, même s'il se croit parfois obligé de mettre une jolie femme au premier plan.
 Il pratique aussi avec bonheur le pastel : Paris dans un brouillard blanc et lumineux, où marchent deux femmes en noir, dont l'une en bonnet, la  servante. ...et aussi, inattendu, un échafaudage de nuit, dans le quartier des Tuileries, qui évoque quelque Titanic ou quelque sculpture moderne.
 Pour finir, une note de bonheur (car il était aussi heureux en famille)  trois croquis à l'huile de la charmante Léontine, sa femme, au jardin,  avec ces mêmes touches de lumière. En somme une vie heureuse, mais trop courte...


Information Pratique :  

Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris  Avenue Winston Churchill  75008 Paris
«De Nittis la modernité élégante », jusqu’au 16 janvier 2011. Du mardi au dimanche de 10h à 18h, nocturne le jeudi  jusqu'à 20h.

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