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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 23:24

Bollybeau à  Woodbourg ou Bollywood à Beaubourg ? Par Michel Duvail

 

Ce n’est que récemment que la scène artistique indienne a émergé à la faveur d’une nouvelle génération d’artistes. En France, deux  ou trois manifestations nous ont permis de découvrir ces artistes : en 2008, l’exposition Bombaysers dans le cadre de Lille 3000 et surtout Indian Summer à l’Ecole Nationale des Beaux Arts de Paris en  2005.

 

affiche bombayAutant Indian Summer avait été un choc culturel, autant l’exposition présentée au Centre Georges Pompidou me semble moins originale, moins spectaculaire ; l’excitation de la découverte n’est plus là et la mixité d’artistes français et indiens ne fonctionne pas au mieux. Oui clairement,  j’ai la nostalgie de la révélation qu’a été Indian Summer.

 

La mise en condition commence au rez de chaussée par une musique de type diphonique de haute Asie qui accompagne le visiteur jusqu’au dernier étage. Cette technique de chant qui permet de produire plusieurs notes simultanément avec un seul organe vocal semble avoir pour fonction de préparer le visiteur à être réceptif au choc des civilisations.

 

Organisées de manière circulaire autour de plusieurs thématiques traitant de politique, d’urbanisme et d’environnement, de religion, du foyer, de l’identité et de l’artisanat, cinquante artistes français et indiens, nous présentent leur vison de la société indienne et nous font voyager à travers la diversité culturelle de ce pays. Dans ces 2000 mètres carrés on ressent une impression de grand bazar, sans doute proche de l’image que nous pouvons nous faire du foisonnement de la vie quotidienne indienne déroutante pour les occidentaux.

 

Chacun pourra aussi trouver son compte dans un mélange de tradition et de modernité où tous les arts sont conviés : peinture, sculpture, vidéo, performance etc. Des artistes indiens très connus comme Subodh Gupta créateur d’une gigantesque installation à l’église de Sainte Marie Madeleine à Lille (toujours visible et à voir, même si la vaisselle en alu s’est patinée avec le temps) nous présente sa caverne d’Ali Baba bien sage et ordonnée.

 

Les œuvres indiennes s’éloignent de notre représentation parfois kitsch de l’art du sous continent à l’inverse des créateurs français qui semblent avoir fait le choix de renforcer cette approche comme les montages photos de Pierre et Gilles ou les bimbeloteries de Jean Michel Othoniel.

 

Dans la grande variété des œuvres présentées, quelques unes méritent le détour :

 

-          Presqu’intouchable : lames de rasoir rouge vermillon en guirlande de fleurs

-          Pensez à droite, pensez à gauche, le bidonville à la verticalité impressionnante

-          La moto animal-e en os synthétique

-          Au-delà des Dieux ou le football à la mode indienne

-          La liberté c’est essentiel ou comment transformer vos pièces métalliques usagées en tapis de salon

-          Révélez les secrets dont vous êtes témoin : ou scène de ménage dans un magasin de verroterie

 

-          En clôture de l’exposition, attardez vous sur les superbes photos d’une idylle franco-indienne dans un sauna gay parisien dans le cercle consacré à l’identité de genre et à l’identité sexuelle.

bombay2.jpg

-          Et pour terminer au rayon vidéo visionnez : le songe de Poliphile.

 

 

 

 

(La liberté c’est essentiel – Sakshi Gupta)

bombay3.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(Dieu affamé - Subodh Guphta église Sainte Marie Madeleine – Lille)

Informations pratiques :

 

Centre Georges Pompidou

Paris -Dehli-Bombay

25 mai - 19 septembre 2011 
11h00 - 21h00 

Nocturnes tous les jeudis jusqu'à 23h

Fermeture des caisses à 22h 

 

Tarifs

12 €, TR 9 € / 10 €, TR 8 €, selon période

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