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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 12:13

 

Alexandre Manceau , le graveur et le compagnon par Marie-Anne Chenerie

 

 

            Alexandre Manceau , ce nom ne vous dit rien ? A moi non plus, jusqu'à ce que je lise le livre  très intéressant d'Evelyne Bloch-Dano, : « Le dernier amour de George Sand » .

 

            Voici la photo de cet homme, photo-alexande-manceau.jpgqui a inspiré à cette femme étonnante ces phrases  envoyées à son éditeur Hetzel : «  J'ai quarante six ans, j'ai des cheveux blans , cela ne me fait rien .On aime les vielles femmes plus que les jeunes, je le sais maintenant . »

 

            Oui, cette femme, que l'on a dit dévoreuse d'hommes, dominante, maternante, inspiratrice, portant à bout de bras des personnages aussi complexes que Chopin , Musset ou Ary Scheffer , des hommes enfants qu'il lui fallait materner , connue pour ses fantaisies vestimentaires , sa vie , qui   sent parfois le soufre de l'homosexualité ( ses pantalons, ses coiffures, ses cigares, son nom d'artiste..) , socialiste militante , robuste , plus connue par ses amours que par ses romans ( qui peut dire avoir lu jusqu'au bout sans se forcer « La petite Fadette «  ou «  La mare au diable »? ) . Voilà son constat de bonheur , à un âge ou les femmes de son époque se disaient «  hors course » .

            Et cet  aveu touchant , c'est à Alexandre Manceau qu'elle le doit, graveur de 13 ans plus jeune qu'elle , d'un rang social moins élevé qu'elle , avec qui elle connaitra une relation apaisée et équilibrée  , jusqu'à la mort de ce dernier .

 

            L'histoire est  curieuse : en 1849, Sand dit « Mon coeur est un cimetière » , elle vient de perdre sa petite fille chérie , elle a rompu avec Chopin , et ne sait que penser de son fils autrefois préféré, Maurice , dont elle perçoit bien l'absence de réussite et ne peut que constater l'échec de sa relation avec sa fille Solange  .

 

            Et voici qu 'apparait Manceau, ami de son fils, d'abord secrétaire , puis infirmier, puis intendant, premier lecteur, amant et confident  Elle se repose sur cet homme , elle sur qui tant de  personnes ont pu compter .

 

            Alors , et les gravures de Manceau? J'ai bien cherché et à part un très connu et très beau portait de Georgeportrait-g-sand.jpg, et cet auto portrait subtil autoportait manceau] je dois avouer que je n'ai pas trouvé grand chose, hormis  quelques gravures orientalistes le-zouave-manceau.jpg, un genre à la mode à l'époque .

 

            Mais ce que je retiens , ce sont les qualités de cet homme , qui a su se rendre indispensable dans la discrétion et la durée .

            Et je ne peux m'empêcher de penser que l'on retrouve ici beaucoup de caractéristiques  de l'art de la gravure elle même , qui exigepatience et travail discret, souvent invisible et qui n'est pas toujours reconnu à sa juste valeur , cet art dont la réputation d'austérité et de «  sérieux » peut rendre l'accès difficile .

            Mais une gravure, vous en avez eut être fait l'expérience , si elle est bonne , vous est  un compagnon fidèle et plein de ressources .

            Ce n'est donc peut être pas un hasard si le dernier amour de George Sand était graveur

 

« Le dernier amour de George Sand »

par Evelyne Bloch-Dano

chez Grasset

 

Les illustrations de cet article sont extraites de la bibliothèque d'images «  Gallica »

 

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