Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 janvier 2008 6 12 /01 /janvier /2008 22:53

pointe-s--che.JPG "Pas de bon ouvrier sans des bons outils" dit le dicton, pour la gravure en taille douce c’est pareil. L'objectif  est d' attaquer le métal, C’est pourquoi la gravure en creux est aussi appelée chalcographie ou gravure sur métaux. 
L’outil le plus simple est la pointe sèche, c’est un bout de bois avec juste une pointe à son extrémité, rien de plus basique, peu de risque de se blesser, avec elle nous dessinons sur la plaque de cuivre, cela enlève le vernis qui la recouvre, un clou ferait aussi bien l’affaire, mais serait moins maniable. Au fur et à mesure que le vernis se recouvre du dessin, des filaments d’or apparaissent comme par magie. Le cuivre brillant et poli brille. Et plus cela semble lumineux, plus le noir sur le papier sera important, la gravure ou l’art de la surprise. Un article de R Fischer dans un journal alsacien du 20 novembre 1962 concluait d'ailleurs ainsi joliement un article sur Maurice Achener :" Ainsi avons-nous rencontré Maurice Achener, graveur , 81 ans, autour duquel les enfants répètent lorsqu'il le voient graver à la pointe sèche sur le cuivre vernis et fumé, la même phrase émerveillée _ Oh, regarde, maman, ce monsieur dessine des lignes d'or sur du noir! "

Mais revenons aux outils, plus sophistiquée, du moins de nom,  la pointe diamant, c’est brillant, mais pas la peine de braquer pour cela un graveur, c’est tout à fait abordable, à partir de quelques dizaines d’euros chez les bons fournisseurs. Pratique pour revenir ajouter un peu de creux à la plaque, l’encre s’y incrustera en donnant un noir fort. Par contre l’attaque s’émoussera au fil des impressions. Il faudra peut être protéger la plaque par un aciérage, qui consiste en une électrolyse qui recouvre la plaque d'acier. Elle change alors de couleur et passe d'orange doré à gris. Maurice Achener utilisait pointe diamant et pointe de rubis. Pour noircir sans acide des tas de petites roulettes existent, elles sont munies d’un manche et on les roule sur la plaque. Certaines font des lignes parallèles, d’autres des points asymétriques, des petits trous ou des grands, un grand choix vous est offert, vous pouvez demander à votre dentiste de vous  passer de ses veilles roulettes, elles peuvent donner des matières intéressantes.  

Chacun de ces outils d’attaque du métal présente une qualité graphique et il est possible de les panacher pour varier les effets. 
brunissoir-manche-en-bois.JPG

Quand la gravure réalisée n’est pas à la hauteur de nos  ambitions, et que des attaques indésirables de l’acide ou des outils sur la plaque ne plaisent pas, on a des repentirs. Il devient nécessaire de reblanchir la gravure en polissant la plaque. Et cela devient physique, les outils fatigants sortent. Le brunissoir est une espèce de cuillère bombée qu’il va falloir frotter avec énergie et un peu d’huile sur l’endroit à rattraper. Et si cela ne suffit pas, l’ébarboir intervient avec cet outil tranchant sur trois cotés, un peu de concentration est nécessaire, en cas de dérapage cela peut saigner.

 

Les outils des graveurs changent peu et ceux de Maurice Achener seraient encore utilisables de nos jours. 
pince.JPG



Les illustrations sont extraites de "Traité de la gravure à l'eau forte" de Maxime Lalanne,  la première édition date de 1866.

Partager cet article

Repost 0

commentaires