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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 18:07

 

La Villa Médicis à 30 mn de RER de la station Châtelet ? Oui, au Musée de Saint Maur ( la «  villa Médicis ») qui expose en ce moment la Biennale de l'Estampe . Passionnant, pour le néophyte comme pour les graveurs avertis, dans un cadre inattendu: un jardin qui sent le tilleul, un petit hôtel de pierre blanche du 19è siècle, de belles salles très lumineuses.


Je ne vous parlerai pas ici des différentes techniques de l'estampe ( très bien expliquées dans l'audioguide , que vous pouvez d'ailleurs télécharger www.audiovisit.com/visite_detail.php?vi )  , mais bien de ce que j'ai ressenti en face de certaines gravures , selon un choix tout à fait arbitraire, parmi les 42 artistes exposés.

Avant de vous parler des œuvres, une remarque- entièrement personnelle- sur le thème de cette Biennale 2009 : « la Métamorphose » . Voici un intitulé qui permet tout et son contraire , et , c'est bien le cas, vous trouverez des représentations de portraits, de chantiers, de papillons, de héros mythologiques , de minéraux, que sais-je ... Et d'ailleurs , la gravure n'est-elle pas elle même une métamorphose , puisque , par l'impression, la gauche devient la droite ,  le clair devient le foncé , et le creux devient le plein . Chaque tirage amène sa part de transformation, d’imprévu, bref de métamorphose. Voici donc un thème qui présente  peu d'intérêt par lui-même  ...

 

 

Bon, maintenant que je me suis laissée aller à ce léger mouvement d'humeur, parlons des merveilles que j'ai vues, car, après tout , le thème n'est qu'un prétexte . Je vais vous citer plusieurs œuvres qui ont retenu mon regard .


            Parmi elles figurent les 4 prix, attribués avec justesse, de mon point de vue ; les 3 critères à remplir sont : la qualité technique, la personnalité de l’artiste, l'adéquation avec le thème choisi ( pour ce critère , vous avez compris que je suis plus dubitative) . Personnellement (mais personne ne m'a demandé de faire partie du jury !), j'aurais ajouté un autre critère : «  les techniques de l'estampe correspondent-elles bien à ce que l'artiste a voulu exprimer ? ». En effet, qu'apportent ces noirs si différents, ces effets granuleux, ces  nuances infinies de gris, ces superpositions, cette interaction entre le papier ou le support choisi par l'artiste et sa création, par rapport à une autre technique?

 

            Voici donc « ma » sélection;

 

  • La splendide « Terre » de Maurice Maillard, dure, étrange, silencieuse , pas d'être humain, sauf peut être celui qui regarde ?
  • Marcelle Hansellar et ses scènes étranges , intenses ( ai je déjà rêvé cette représentation , l'ai-je imaginée ? ) et les nuances de gris qui renforcent cette impression onirique et triste.
  • L'autoportait de Pablo Fleizman, avec cet oeil si noir qui vous transperce ; de plus, j'ai toujours beaucoup aimé les plaques au format aléatoire et le format inattendu de la gravure ( format trouvé au hasard, a dit l'artiste ) rend le portait plus fort, minéral, intransigeant.
  • Les chantiers de Catherine Bouyer: ici aussi, je dois avouer mon faible pour les scènes de chantiers urbains, démolitions ou constructions, leur désordre apparent , leurs lignes de force, leurs contrastes, si bien rendus ici , avec toute leur poésie triste.
  • La finesse mystérieuse du dessin à l'eau forte d'Angelo Demartin, ou la rencontre surprenante du crayon et de l'escargot.
  • Les oiseux , au premier abord charmants, mais, à y mieux regarder, troublants , décalés dans leur mise en page et leurs superpositions , et ce si beau noir , accroché par les « barbes » de la pointe sèche .
  • Catherine Gillet et son œuvre au burin, qui force l'admiration, pour qui connait la technique et a tenté de s'y frotter!
  • L'expression colorée de Philippe Auriol, et la répétition noire de ses « narcisses »; ses couleurs, juvéniles, claquantes, un peu acides, font jouer l'ensemble de tous les gris et les noirs des autres œuvres : voici l'iconoclaste de l'exposition !
 

C'est donc ma sélection, à vous de faire la vôtre.

 

 

            Et si la réelle métamorphose n'était pas celle du reflet de votre visage dans la vitre qui protège la gravure, sur ces noirs et gris, déchirés, entaillés, satinés , hachés , troués, qui transforment l'image de vous que vous croyez connaître.

 

            Vous repartez de la Villa Médicis  en regardant tout ce qui vous entoure comme une gravure possible : les rails du train qui vous ramène vers Paris , la banlieue et ses chantiers qui défilent, le noir du tunnel , le jeune avec son « ghettoblaster », dont le T shirt vous rappelle les couleurs de l'estampe sur plexiglas , ou encore les sièges de la station RER de Nation ( vous savez, ces invraisemblables « cellules-coques » en plastique rouge foncé ! ) : les estampes ont réussi à changer votre regard !

 

 

Pour s'y rendre :

 

Renseignements :
Musée de Saint-Maur
Villa Médicis
5, rue Saint-Hilaire
94210 La varenne saint Hilaire
Téléphone : 33(0)1.48.86.33.28
Courriel : musee@mairie-saint-maur.com

Accès
RER : ligne A2, direction Boissy-Saint-Léger, arrêt La Varenne-Chennevières
Route : autoroute A4 ou A86, sortie Saint-Maur, suivre Saint-Maur centre.
Bus : n° 111 ou 112, arrêt La Varenne-Chennevière



Horaires d'ouverture :
Du mardi au samedi de 10h à 12h et de 14h à 18h,
dimanche de 11h à 13h et de 14h à 19h. Fermé le lundi et jours fériés

Jusqu'au 20 septembre 2009 ....

 

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