Le Monotype

Le monotype est une technique de l’estampe. Deeljeet Heerasing  utilise cette méthode,   il  exprime  par ce  medium, son attirance , pour les ambiances en noir et blanc, des vieux films policiers. 

La plaque est recouverte d'encre noire

Deeljeet  Heerasing commence par recouvrir d’encre la totalité de la surface d’une plaque de plexiglas, puis il travaille par retrait de l’encre.

La réalisation du monotype

La plaque est placée sur une table lumineuse.  Pour se guider l'artiste dessine quelques repères, des points qui lui donnent une première délimitation du sujet. Si les outils semblent rudimentaires : coton tige, morceaux de bois, le dessin est précis.

L'impression de l'oeuvre

Lorsque, le résultat obtenu convient à Deeljeet Heerasing, il l'imprime. Dans le cas d'un monotype il est possible d’utiliser la même presse que pour la gravure en eau forte, mais elle est alors réglée de façon à offrir moins de pression.

La plaque est placée sur la presse, on la recouvre  du  papier, posé sec, et ensutie des  langes (des tissus épais qui protègent la plaque lors du passage des rouleaux).

 













Le monotype n'est pas une estampe multiple

Un monotype ne permet pas de reproduire plusieurs fois le même dessin. Cependant après le premier tirage, Deeljeet  Heerasing imprime une deuxième fois la plaque, avec le reste de l’encre il obtient ainsi ce qui est appelé  un fantôme. Généralement plus pâle que la première estampe,  ce second monotype présente d’autres qualités picturales.

 

Fiche pédagogique sur le monotype

 

Expositions


Saint Pol de Léon Finistère 29

La  prebendale présente l’exposition « Mathurin Méheut et Yvonne Jean-Haffen » le peintre et son élève évoquent en traits vigoureux une Bretagne vivante et active.

http://www.laprebendale.fr/














Paris, Marie-France Phalip présente des oeuvres récentes, gravures monotypées et tempéra
du 13 au 19 novembre 2008, Espace Karen Gulden 21 rue Saint-Sabin 75 011 Paris Métro Bastille 
Ouvert tous le jours de 11h à 19 H. 
Paris, BNF "Estampes japonaises. Images d'un monde éphémère"

BNF Sur le site Richelieu (Galerie Mazarine et Crypte) du 18 novembre 2008 au 15 février 2009

http://expositions.bnf.fr/japonaises/fuji/album.html

 

Paris, Johnny Friedlaender (1912-1992). Le graveur dans son temps
Organisée par l’INHA, salle Roberto Longhi
jusqu’au 8 novembre 2008 : L’artiste et son œuvre

18 novembre 2008 au 3 janvier 2009 : Autour d’un atelier

Accès : 6 rue des Petits-Champs Entrée libre

http://www.inha.fr/spip.php?article1964

 

Paris, Maria Elena Veira da Silva (1908-1992) jusqu'au 22 novembre Galerie Jeanne Bucher 53 rue de Seine 75006 Paris   http://www.jeanne-bucher.com/galerie/index3.php

Paris, Fred Deux et Cecile Reims à la halle Saint Pierre jusqu’au 8 mars 2009 http://www.hallesaintpierre.org/index.php?page=expos La Galerie Michèle Broutta  présentera  les gravures de Cécile Reims jusqu'au 29 novembre 2008

Paris, Albert Marquet au Musée de la Marine: Et si nous allions voir la mer ?
http://www.musee-marine.fr/site/fr/expo_albert_marquet

















Paris, Raoul Dufy : le plaisir, musée d'art moderne de la ville de Paris, jusqu'au 29 janvier 2009

http://www.lemonde.fr/culture/article/2008/10/25/raoul-dufy-peintre-pas-si-facile_1111085_3246.html





Paris , Ecole des beaux arts « Figures du corps - une leçon d’anatomie aux Beaux-arts »

WWW.ENSBA.FR


Boulogne Billancourt,  rétrospective Yves Brayer , Musée des années 30 . 28 av. André-Morizet -92100-Boulogne-Billancourt. Tél.: 01.55.18.46.42. Ouvert de 11h à 18h, du mardi au dimanche (fermé lundi et jours fériés), jusqu'au 25 janvier 2009 métro Marcel Semba












Yerrres, la rétrospective du graveur Roger Vieillard et du peintre Anita de Caro "Le trait et la couleur rétrospective Roger Vieillard Anita de Caro"  est prolongée jusqu’au 15 décembre  2008 à la propriété Caillebotte de Yerres.
Informations pratiques :
La Ferme Ornée
Propriété Caillebotte  8 rue de Concy - 91330 Yerres ,  01 69 48 93 93  www.yerres.fr  Horaires :
ouvert du mercredi au dimanche mercredi, jeudi, vendredi de 14h30 à 18h samedi et dimanche de 10h30 à 12h et de 14h30 à 18h












Talence, Pierrette Burtin-Serrail
Gravures, livres illustrés
.
Exposition organisée par l’Estampe d’Aquitaine en collaboration avec le Forum des Arts du 8 au 20 novembre 2008

A VENIR :
Rennes,  Luc-Olivier Merson
 (1846-1920)   Au  musée des beaux arts des Rennes du 9 décembre au 8 mars 2009.
Musée des Beaux Arts

Paris BNF
 "Henri Rivière de l’ombre a la lumière" du 3 mars au 31 mai 2009

Exposition organisée par l’Estampe d’Aquitaine en collaboration avec le Forum des Arts du 8 au 20 novembre 2008 sur le site Richelieu.


D’autres informations sur le site de

 Manifestampe  http://www.manifestampe.org/




Plessis Robinson, exposition de gravure « les arbres » organisée par  l' Association des Amis d'Edmond et J.J.J. Rigal, Des maîtres de la gravure du XIXe comme  Eugène Blery (1805-1886), Jules Michelin (1817-1870) un aquafortiste amateur dans la lignée de Corot, Roderic O’Conner qui cotoiera Gauguin au Pouldu, aux graveurs du XX eme qui ont fréquenté et fait imprimer à l’atelier RIGAL , les Riigal et Avati, Coutaud, Dali, Dubreil, Jacquemin, Houtin, Loiselet, Peynet, Rothshild, Spitzer jusqu’à ceux du XXI eme  autour des œuvres Renaud Bec (lauréat 2007 du Prix Rigal) celles de Nicole Bouharmont et d'autres graveurs contemporains.


C'est aussi l'occasion, de découvrir des gravures de Maurice Achener sur ce thème récurrent dans son oeuvre.

Du 25 octobre au 7 novembre 2008. Tous les jours de 14h à 19 H

64 rue du Moulin Fidel Plessis Robinson (92) Entrée libre

http://www.rigal-asso.com

www.plessisrobinson.com














Strasbourg : Conférence sur le kunschthafe

Maurice Achener a participé au renouveau artistique de l'Alsace à la fin du XIX eme siècle une conférence de Arnaud Weber aborde ce sujet le 24 octobre 2008


http://www.kunschthafe.org/











Paris, Maria Elena Veira da Silva (1908-1992) du 14 octobre au 22 novembre Galerie Jeanne Bucher 53 rue de Seine 75006 Paris   http://www.jeanne-bucher.com/galerie/index3.php


Paris,
JM Mathieux-Marie  graveur Lauréat du grand prix de la fondation Taylor L.G. Baudry 2006 1 rue la Bruyere 75009 PARIS  Entrée libre
http://www.fondationtaylor.com/

 

Paris, Johnny Friedlaender (1912-1992) "Le graveur dans son temps", jusqu’au 8 novembre 2008 , suivie à partir du 18 novembe et jusqu’au 3 janvier par la deuxième partie «Autour d’un Atelier » Galerie Colbert Salle Roberto Longhi 2 rue Vivienne 75002 Paris. Accès : 6 rue des Petits-Champs http://www.inha.fr/spip.php?article1964 Entrée libre

 

Paris, Fred Deux et Cecile Reims à la halle Saint Pierre du 15 septembre 2008 au 8 mars 2009 http://www.hallesaintpierre.org/index.php?page=expos La Galerie Michèle Broutta  présentera  les gravures de Cécile Reims jusqu'au 29 novembre 2008

Yerrres, Retrospective du graveur Roger Vieillard et du peintre Anita de Caro à la Ferme Ornée Propriété Caillebotte Yerres (91)  "Le trait et la couleur rétrospective Roger Vieillard Anita de Caro"  jusqu’au 30 novembre 2008 à la propriété Caillebotte de Yerres. Informations pratiques : La Ferme Ornée Propriété Caillebotte  8 rue de Concy - 91330 Yerres ,  01 69 48 93 93  www.yerres.fr  Horaires : ouvert du mercredi au dimanche mercredi, jeudi, vendredi de 14h30 à 18h samedi et dimanche de 10h30 à 12h et de 14h30 à 18h

A venir  Rennes,  Luc-Olivier Merson (1846-1920)   Au  musée des beaux arts des Rennes du 9 décembre au 8 mars 2009. Musée des Beaux Arts

D’autres informations sur le site de
Manifestampe  http://www.manifestampe.org/

 Les Ateliers Rigal sont un des lieux de l’estampe, ils cherchent à maintenir la tradition de l’art de la gravure.  Dans une petite rue de Fontenay aux Roses, en banlieue parisienne,  une maison abrite leurs imposantes presses en fonte, fabriquées par Ledeuil.  L’histoire est ancienne,  puisque c’est depuis 1927, que la famille Rigal fait vivre ces ateliers d’impression de gravure en taille douce.

 

Le créateur Edmond Rigal

L’aventure a commencé avec Edmond Rigal (1902-1996), formé à l’école Estienne, il débute en tant  qu’enseignant  en taille douce dans cette école. En 1927,  il reçoit le prix du meilleur ouvrier de France en gravure taille douce, et crée son premier atelier d’impression à Fontenay aux Roses. Il le déplacera  à Fontainebleau de 1937 à 1948. En parallèle à son activité d’imprimeur, Edmond Rigal grave et peint.


JJJ Rigal

Son fils Jacques Joachim Jean Rigal (1926-1997), suit  rapidement les traces de son père, dès 4 ans il grave à 10 ans il expose au salon d’Automne, les organisateurs l’ayant sélectionné sans connaître son âge. C’est un excellent graveur,  son œuvre est marquée par l’utilisation fréquente de la couleur, pour la même estampe, il est nécessaire de graver plusieurs plaques.

 

Le développement des Ateliers Rigal

En 1948, J.J.J. Rigal  prend la succession et développe les Ateliers par de nouvelles activités : la typographie et l’impression de livres de bibliophilie. L’Atelier déménage de nouveau et revient à Fontenay aux Rose, rue Guérard. A partir de 1960,  Denise Rigal  son épouse, s’occupe de  la gestion. L’Atelier imprime les œuvres de nombreux artistes : de Salvaldor Dali, au du buriniste Pierre-Yves Trémois, en passant par Mario Avati, Lars Bo, André Minaux.  La liste des artistes est longue, et comprend les plus grand graveurs du XX me siècle.  Les compétences, notamment en ce qui concerne la gravure en couleur, des Rigal sont appréciées et le marché est porteur. Une antenne de l’Atelier est même créée à Cadaquès  dans la patrie de Dali en 1966. Suite à une baisse de l’activité les Ateliers déménagent à leur localisation actuelle rue Boris Vildé. 


 

Les Ateliers Rigal en 2008

Depuis 1999, c’est Nicole, la fille de JJJ Rigal, qui continue à faire vivre les Ateliers, elle est aidée dans cette tâche par  Denise Rigal et  l’association des amis des d’Edmond et de J.J.J Rigal. 

Un lieu de création

L’espace est très bien équipé. Il comprend quatre presses d’impression de taille douce électrifiées, un atelier de gravure avec une hotte pour la manipulation des acides, trois boîtes à  grain pour l’aquatinte, un atelier d’aciérage et de sérigraphie.  Il est possible de faire imprimer ses tirages mais aussi de se former aux techniques de l’estampe. 


La promotion de la gravure 

Dans le souvenir des deux fondateurs, les Ateliers ont également pour objectif la promotion de la gravure originale, un prix Rigal de la gravure est décerné chaque  année à un jeune graveur de moins de 37 ans. Les Ateliers accueillent  le public lors de portes ouvertes.  

 

A la fin du mois d'octobre 2008,  les Ateliers proposent une exposition de gravure « les arbres » au Plessis Robinson. Elle  présentera des maîtres de la gravure du XIXe comme  Eugène Blery (1805-1886), Jules Michelin (1817-1870) un aquafortiste amateur dans la lignée de Corot, Roderic O’Conner qui cotoiera Gauguin au Pouldu, et évoquera les graveurs du XX eme qui ont fréquenté l’atelier avec Avati, Coutaud, Dali, Dubreil, Jacquemin, Houtin, Loiselet, Peynet, Rothshild, Spitzer. La gravure contemporaine sera là, avec des œuvres Renaud Bec (lauréat 2007 du Prix Rigal).

Du 25 octobre au 7 novembre 2008. Dans le cadre du Moulin Fidel au Plessis Robinson (92)

 

Pour plus de renseignements : Les Ateliers Rigal

31 rue Boris Vildé 92260 Fontenay-aux-Roses –France

http://www.rigal-asso.com

Rétrospective Roger Vieillard et Anita de Caro Le trait et la couleur

 

L’exposition présentée à la propriété Caillebotte, est une occasion rare, de découvrir le graveur Roger Vieillard et le peintre Anita de Caro. Si Roger Vieillard avait choisi le burin et uniquement le burin, Anita de Caro a aussi gravé puis elle a peint. Les deux artistes formaient un couple aux multiples facettes, Roger Vieillard a été champion de tennis, banquier, écrivain et poète. Personnalité brillante et éclectique, disposant d’une grande capacité de travail lui permettant de mener « plusieurs vies de front », il a partagé sa passion de l’art avec son épouse Anita de Caro.














L’exposition nous accueille par six « sculptures » aux allures de totem. Trois des « reliefs gravés » sur socle de Roger Vieillard répondent à  trois sculptures de bois assemblés et peints par Anita de Caro.







L'Atelier 17 l'apprentissage


Par une passerelle, nous engageons dans une  salle qui retrace l’Atelier 17 de Stanley Hayter, lieu des années d’apprentissage de Roger Vieillard. En 1934. Stanley William Hayter, anglais peintre et chimiste, créa à Paris,  cet atelier, véritable laboratoire expérimental de la gravure. Il  voulait relever le défi de la gravure et en faire selon ses termes « un art pour artiste ». Sur les murs les premières gravures de Roger Vieillard, côtoient  les œuvres d’autres membres de l’Atelier 17, Stanley William Hayter, Antony Gross, Anton Prinner, Joseph Hetch, John Buckland Wright, et  des eaux fortes d’Anita de Caro. Elle fut une des rares femmes à fréquenter l’atelier, endroit de sa rencontre avec Roger Vieillard.  Henry Miller lui avait confié l’illustration de son roman  « The great round eyes full and black »,  en découvrant ses gravures, ici présentées, Arthur Miller lui fit remarquer « Ma chère vous êtes la seule à ne pas me voir érotique ».  L’ensemble des gravures, de la salle bien que de sujet et de techniques variés, présente une unité, l’appartenance à un atelier, par essence communauté de travail,  est sensible.

Roger Vieillard Architectures

Les salles suivantes, consacrées à Roger Vieillard, regroupent les œuvres par ses thèmes de prédilection. La première est  inspirée par « les Architectures »   Pour Roger Vieillard, elles sont un des résultats de l’activité humaine : « l’homme a conçu l’ARCHITECTURE » comme le prolongement de sa vie brève et fragile, à la mesure de ses besoins et de ses songes».  Les gravures évoluent de  burins à la ligne simple, comme dans ‘Tour de babel ‘ et ‘Economie dirigée’  à des recherches graphiques plus élaborées comme dans  «La cathédrale » et « Manhattan ».  Le dessin est imaginaire mais il reprend des éléments figuratifs. Les silhouettes humaines minuscules de ‘tour de Babel 1 », semblent perdues dans des tours immenses,  au bord du déséquilibre, dans « Babylone » de 1941 les hommes sont réduits à de minuscules hiéroglyphes.  Ils disparaissent dans d’autres gravures consacrées à  ce sujet. La vision de l’économie n’est pas optimiste, l’architecture montrée est écrasante.

 

Les thèmes de la figure humaine et de la poésie

Les deux autres salles abordent respectivement les thèmes de  «Figures humaine » et celui des « abstractions de l’esprit », Roger Vieillard passe  d’une représentation linéaire à des matières plus originales, à base de gaufrage et de zones découpées. Des zones blanches réservées espaçant d’autres espaces aux graphismes abstraits. Souvent la gravure montre une forme unique, dont le contour présente une grande importance. Jean Tardieu décrit ainsi le graphisme de  Roger Vieillard  « A la pointe du scalpel, une incision crissante dans les entrailles moirées de l’imaginaire. Des noirs variés à l’infini, allant du gris pâle d’un affleurement d’aiguilles aux crochets ancrés dans la nuit du Styx… . parfois pareils à un son soufflé au loin dans le cuivre, le recours délicieux d’un blanc « réservé » épais comme une goutte de lait » . L’impression semble plus joyeuse, l’humain représenté d’une façon de plus en plus abstraite se transforme en une silhouette. La « mutation » semble aboutir dans les « reliefs gravés » , ces effigies, debout ou allongées, possèdent une grande présence, « la gravure devenue objet » comme l’explique Jean Tardieu.

Dans « la nuit danse » burin,  dont 3 états sont montrés, un espace blanc sur un maillage noir dessine quelques lignes qui suggèrent une fine silhouette, à la tête en croissant de lune, qui danse. Avec une grande économie de moyens, Roger Vieillard  nous offre une image poétique et ludique.    





















Anita de Caro une oeuvre colorée

C’est aussi le coté poétique et ludique, qui  frappe dans la salle consacrée aux œuvres d’Anita de Caro. Peintures colorées, bois peints et assemblés en statues, collages de morceaux de gravures de Roger Vieillard : « Le monde d’Anita de Caro est un monde gai, plein de merveilles enregistrées et interprétées dans une nuance joyeuse » (Herta Wescher).  Comme chez Roger Vieillard l’œuvre oscille entre figuratif et abstrait. Quarante toiles sont présentées, on retrouve certains des   thèmes de Roger Vieillard (Villes, les figures humaines) mais aussi un monde qui lui est propre (cosmogonies, Coups de dés). Les  supports sont variés, mais quelque soit la technique utilisée : huiles aquarelles, le résultat est vivant et échappe à la redite. Anita de Caro parlait ainsi « Il n’est pas simple de parler de la peinture que l’on fait, car pour le peintre, peindre c’est comme respirer… Mon expression naturelle est la couleur, car elle est le langage de émotions. Elle naît quand je la pose sur la toile. Seule la nécessité l’appelle. Chaque instant la découvre. La toile lui apporte l’espace ou elle trouve forme et rapports… Une impression sensible peut venir de la pierre la plus banale d’un mur ou d’une figure entrevue dans la rue. Mais ce n’est plus le sujet qui compte, c’est plutôt la rencontre de quelque chose qui porte à un état de grâce. ». Anita de Caro a  été  l’une des dernières artistes américaines à être venue à Paris, attirée par la suprématie artistique de cette ville. Les deux artistes sont proches de l’école de Paris, qui est le dernier style représentatif d’une hégémonie artistique de la France sur le reste du monde.


Une inititation aux techniques de l'estampe

Dans l’orangerie du parc, le musée du dessin et de l’Estampe originale de Gravelines, propose une exploration pédagogique des différentes techniques de la gravure (burin, eau-forte,  gravure sur bois), une presse permettra des démonstrations d’impression.


  Cette exposition, hors norme, par rapport à la tendance culturelle actuelle , donne le plaisir de découvrir deux artistes aux œuvres originales. Elle possède beaucoup d’attraits, le commissaire d’exposition, Anne Guérin, auteur du catalogue raisonné de Roger Vieillard, a su faire partager sa connaissance et sa passion pour les deux artistes. L’exposition bénéficie d’un cadre exceptionnel. La propriété Caillebotte est un haut lieu de l’impressionnisme, elle a fait l’objet d’une réhabilitation, dont l’espace d’exposition est la dernière opération. L’aménagement a été réalisé avec la collaboration des équipes du musée d’Orsay, afin d’offrir les conditions requises à des expositions artistiques. L’exposition « Le trait et la couleur » inaugure avec bonheur un nouveau lieu culturel auquel nous souhaitons beaucoup de succès.

 

Roger Vieillard, Catalogue raisonné, Œuvre Gravé, 1934-1989, deux volumes (ouvrage dirigé par Anne Guérin avec le collaboration de Virginie Rault, essai de Dominique Tonneau-Ryckelynck, préface de Marc Fumaroli), éditions Somogy, Paris, 2003, 217 p. (ISBN 2850564818) .


Roger Vieillard Anita de Caro le trait et la couleur
, par
Anne Guérin, Catalogue de l'exposition de la propriété Caillebotte de Yerres, 20 septembre au 30 novembre 2008, éditions Gourcuff et Gradenigo, Ville de Yerres, 2008, 127 p.
(ISBN 9782353400454) .

 

    

 

 

Yerrres, Retrospective du graveur Roger Vieillard et du peintre Anita de Caro à la Ferme Ornée Propriété Caillebotte Yerres (91)  "Le trait et la couleur rétrospective Roger Vieillard Anita de Caro" Les œuvres du graveur Roger Vieillard  (1907-1989) et de sa compagne le peintre Anita De Caro (1909 1998)  sont  présentées du 19 septembre au 30 novembre 2008 à la propriété Caillebotte de Yerres.

L’exposition inaugure un nouveau lieu  culturel de la région parisienne. Roger Vieillard est un artiste majeur de la gravure du XXème siècle. Il a utilisé le burin, cette petite gouge permet une attaque directe de la plaque de cuivre. Dans la lignée des grands graveurs du passé, il a aimé et choisi la technique exigeante du burin, qu’il utilise au profit d’une œuvre personnelle et singulière. 

Homme discret et passionné,  Roger Vieillard a commencé par briller en tennis, il joua avec les meilleurs en  compagnie des fameux mousquetaires, ce fut aussi un excellent latiniste.  Juriste de formation, il voulut et assura son indépendance financière en travaillant à la direction d’une Banque jusqu’à sa retraite en 1968. Mais dès 1937, il découvre, la gravure en rencontrant  Stanley William Hayter et  Joseph Hecht à l’atelier 17. Anita de Caro, originaire de New York, vient également graver dans cet atelier, il l’épouse, ils formeront  le couple emblématique du Paris artistique des années 40 à 70. Roger Vieillard est remarqué, par  Jeanne Bucher, elle organisera sa première exposition personnelle en 1942. L’œuvre de Roger Vieillard  est très personnelle, elle met en scène un univers exprimant sa quête intellectuelle. Elle sait faire vibrer l’espace, via la représentation de la perspective, comme dans ses œuvres de jeunesse proche du surréalisme, ou par la recherche de matières diversifiées, aux moyens de jeux de tailles élaborés. Le travail du graveur évoluera au fil de sa recherche et de ses innovations, il rapproche la gravure de la sculpture par un procédé, dans lequel il combine ses plaques encrées et des moulages en stucs, afin  d’obtenir des bas reliefs.

De son coté Anita de Caro suivra en parallèle son parcours de peintre, Son œuvre, que  Jean Tardieu décrit comme « la synthèse entre ce qui parle à son esprit et ce qui plaît à sa vision», oscille en permanence entre abstraction et figuration.

Ce couple uni partage une vie vouée à l’art. Ils travaillent dans le même lieu, échangent  sur leurs travaux respectifs, fréquentent  des amis proche de leur sensibilité  Jean Tardieu, Jean Bazaine, Joseph Hetch, dans une complicité de chaque instant.

Le commissaire de l'exposition Anne Guérin a réalisé le  catalogue raisonné de Roger Vieillard

Informations pratiques :

La Ferme Ornée Propriété Caillebotte

8 rue de Concy - 91330 Yerres

T. 01 69 48 93 93

www.yerres.fr 

Horaires :

ouvert du mercredi au dimanche mercredi, jeudi, vendredi de 14h30 à 18hsamedi et dimanche de 10h30 à 12h et de 14h30 à 18h

 

(Roger Vieillard - Catalogue raisonné, Oeuvre gravé 1934-1989, Anne Guérin, Virginie Rault, Dominique Tonneau-Ryckelync, Marc Fumaroli , Paru le 01/03/2003, Editeur Somogy)

















Anita de Caro sculptures de bois assemblés et peints

Maison Laffite, Didier
Piketti Du mardi au dimanche de 14 h 30 à 18 h 30 Entrée libre http://www.maisonslaffitte.fr/article/articleview/1789/1/292

 

Fred Deux et Cecile Reims à la halle Saint Pierre du 15 septembre 2008 au 8 mars 2009

http://www.hallesaintpierre.org/index.php?page=expos

La Galerie Michèle Broutta  présentera  les gravures de Cécile Reims  du 8 octobre  au 29 novembre 2008

Paris,
Johnny Friedlaender (1912-1992) "Le graveur dans son temps", 18 septembre au 8 novembre 2008 Galerie Colbert Salle Roberto Longhi 2 rue Vivienne 75002 Paris. Accès : 6 rue des Petits-Champs http://www.inha.fr

 

Et toujours

 

Saint-Maur, Exposition Pierre-Antoine Cluzeau (1884-1963), Musée de Saint-Maur des fossés jusqu'au 21 septembre 2008 (entrée gratuite)

 

Pont-L’Evêque, Edgar Chahine (1874- 1947) peintre graveur jusqu'au 28 septembre
http://espacelesdominicaines.over-blog.com/article-15701164.html

 
A venir

Rennes,  Luc-Olivier Merson (1846-1920)   Au  musée des beaux arts des Rennes du 9 décembre au 8 mars 2009.
 

 

 

D’autres informations sur le site de Manifestampe

 


L'historien d'art Noel Clément-Janin (1862-1947)

Clément-Janin
était un des collaborateurs de Jacques Doucet, le couturier et collectionneur à l'origine de la blibliothèque INHA (Institut National d'Histoire de l'Art) de Paris. 

Au printemps 1923, Clément-Janin écrit un article sur Maurice Achener dans la revue Byblis[1]. Il y conte, les débuts de Maurice Achener à l'eau-forte, par un dialogue entre Peter Halm professeur et Maurice Achener alors son élève à Munich. Maurice Achener a 20 ans et vient suivre l'enseignement de l'académie des Beaux Arts : une petite leçon de gravure pleine d'humour, qui semble démontrer que l'eau-forte c'est plutôt facile.


La pédagogie de Peter Halm pour formation à la gravure


« Peter Halm  était un excellent professeur qui n’obligeait pas ses élève à l’imiter. Il lui enseigna le dessin, et quand il constata que son jeune disciple en savait suffisamment, il le jeta au figuré bien entendu, dans l’eau forte. Un jour à la veille des grandes vacances, il lui apporta un cuivre de la dimension de celui de la Pièce aux Cent Florins[1], et lui dit :

-          « Si vous ne travaillez pas pendant deux mois, vous vous ennuierez. Prenez ce cuivre et faites une eau-forte.

-          « Une eau-forte ? mais je ne sais pas le premier mot de métier !

-          « Bah ! Quand on sait dessiner, on sait graver. Et vous allez voir comme c’est facile. »

-          Il prend son couteau, fait sauter sur le bord de la plaque qu’il avait vernie une petite écaille et met le cuivre à nu :

-          « Répandez de l’acide à cette place et il entamera le métal. C’est tout le principe de l’eau-forte. Au moyen d’une pointe, dessinez votre sujet du mieux que vous pourrez, et …vous me l’apporterez. Je le ferai mordre. »

-          Néanmoins devant le peu de chaleur de l’élève en présence d’un si grand cuivre, il lui en rapporte le lendemain un plus petit, et c’est lesté de ces deux plaques que Maurice Achener repartit pour Strasbourg, où il devait passer ses vacances.

-          Quand il revient les deux cuivres  dessinés, et qu’il demanda à Peter Halm de les faire mordre :

-          « Moi ? Jamais de la vie ! Un bon ouvrier termine lui –même son travail ! Demandez quelques conseils à vos camarades et allez-y ! »

-          Le jeune homme «y alla » et, par bonheur, ne rata pas ses morsures. Il fit rapidement de tels progrès que Peter Halm exposait ses eaux fortes dans les salles de cours et lui procurait des amateurs.

[1]   Byblis miroir des arts du livre et des l'estampe, est une revue spécialisée qui s'était donné pour tâche de "servir la Gravure et la Typographie francaise". Pour ce faire elle publiait quatre fois par an "des gravures et des planches originales accompagnées du texte des écrivains spécialisés". Dans une de ces publications de l'année 1923 nous avons pu relever le commentaire suivant "l'estampe n'est plus comme au temps de notre jeunesse le tableau du pauvre".

[1] La Pièce aux cent florins  gravure de Rembrandt  Achevée vers 1649 Eau-forte, pointe sèche et burin. 281 x 394 mm  BNF
[1] Illustration de l'article Photographie de Maurice Achener vers 1900


 

Salons, expositions collectives

Maurice Achener expose à  Paris dès 1906 au salon de la Société Nationale des Beaux-Arts. Il y  participera tous les ans pendant trente ans, à l’exception de 1915 et 1916.  

Il est également présent aux expositions de la Société des Peintres-Graveurs Français organisées par les Galeries Durand-Ruel en 1913 et 1922,  au salon d’Automne en 1920 et à sa section des livres en 1919. 

Il participe aux évènements de la Société de la Gravure sur Bois Originale, au Salon de la Société des Artistes Décorateurs en 1922. A l’Exposition Universelle de Paris de 1937 il présente six paysages à l’eau forte . Il est membre du Salon des indépendants en 1941, et de  la Société Internationale de la Gravure Originale en Noir en 1922, 1923, 1924, 1926, 1927, 1928, 1929, et 1931 à Paris.


Chicago en 1914, du 5 mars au 1 avril , the Chicago Society of Etchers , organise "Etchings" avec 4 gravures de Maurice Achener dont Basalica Paladiana qui illustre le catalogue.


A Londres, en 1919 il participe à des expositions de la  "Société d'Assistance de l'Alsace Lorraine ", elles sont destinées à collecter des fonds pour la reconstruction de ces régions après la guerre. "Exhibition of Works of Artists of Alsace ans Lorraine " Elles ont pour lieu, "The Goupil Gallery 5, Regent Street. Et pour "Exhibition of contemporary French Prints" au   Victoria and Albert Museum (south kensingtown) du 10 Mai au 20 juin 1927. 


Au Etats Unis,  à Los Angeles, il est  présent aux expositions de l’association "The print makers of Los Angeles" qui deviendra la "Print Makers Society of California"  en  1920, 1922, 1923 et 1926 .  


Au cours de l'été 1923  il expose à  la Charité sur Loire et à Thann.

En  1929, la Galerie Simonson 19 rue de Caumartin à Paris montre  des gravures et des dessins de Maurice Achener, accompagné d'oeuvres de Samuel Chamberlain et de José Pedro Gil.
 

1961, il est présenté en tant qu’artiste Alsacien, à la rétrospective "Soixante ans de gravure Alsacienne 1900-1960" organisée par le Cabinet des Estampes de Strasbourg, la bibliothèque municipale et la société Godefroy Engelmann de Mulhouse, au château des Rohan de Strasbourg.

2008 , L'association des amis de E et JJJ Rigal, propose des gravures sur l'arbre, dans le cadre d'une exposition de 110 gravures sur ce thème par des maîtres de l'estampe de 1800 à nos jours. Plessis Robinson (92).

Expositions personnelles
 

Dans les années 1920 il expose à Chicago, qui est à cette époque une des ville les plus avancées de la scène artistique des Etats Unis. Il présente ses oeuvres dans la "Albert Roullier Art Galleries"  ,  trois expositions personnelles sont ainsi organisées dans les années 1920 (dont une en 1927).  Plus de 90 de ses gravures y sont à chaque fois montrées.
 








Maurice Achener  fait l’objet d’une exposition personnelle à Paris dans la Galerie Marcel Guiot 4 rue Volney à Paris en 1927. Il y présente 54 gravures de paysages Italiens, de Strasbourg, de Paris de Fribourg et de Provence.



Le
catalogue de cette exposition est préfacé par l'historien et critique d'Art , André Blum: "... Ce n'est pas un promeneur distrait pour lesquels les aspects de la nature ne changent pas; il sent au contraire à chaque moment les effets différents produits par l'ombre ou le soleil, par le vent par les vapeurs qui montent de la terre, par les brumes, par les pluies qui modifient sans cesse la physionomie d'un coin de terre. Pour exprimer la vérité de ces harmonies, sa science joue avec dextérité du noir et du blanc, dont il fait ressortir les diverses valeurs sur ses épreuves, sachant indiquer par ses tailles ce que signifie chaque élément d'un paysage..." 

A l'occasion de cette exposition le journal américain "International Herald Tribune" lui consacre un article signé par Emily Holmes Coleman.
 

 

De 1922 à 1954 il travaille avec  la Galerie  Le Garrec Sagot, et du 26 Mars au 17 Avril 1943 ses oeuvres font l'objet de "Provinces Françaises vues par Maurice Achener"  l'inauguration est sous la présidence de Monsieur Vallery-Radot conservateur du Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale. La galerie est alors localisée 21 rue du Four à Paris dans le VIe. 










Il expose régulièrement à la galerie AKTUARYUS de Strasbourg.
 

En 1962, la ville de Mulhouse consacre une rétrospective à  ses soixante ans de gravures,  l'exposition est organisée par la Société Godefroy Engelmann.  
Dans la préface du catalogue de cette exposition "Gravure de Maurice Achener" il est indiqué que "ses gravures ont surtout figuré aux devantures de la Maison Alsacienne où elles attirent tout particulièrement l'attention des Mulhousiens".
"Cela dura jusqu'en 1962. Cette année-là, pour la première fois, la Société organisait une exposition consacrée à un artiste encore vivant, un des doyens de la gravure française, Maurice Achener, qui de surcroît était mulhousien. Le caractère quasi-officiel de la manifestation, qui apparaissait comme un hommage de la ville à l'un de ses enfants"

 En 1963 à l'occasion de son décès, la Bibliothèque Nationale de Paris, qui dispose d'un important dépot de ses oeuvres organise une exposition au Départements des estampes  : 
"Le Cabinet des estampes a présenté à partir du 10 juillet quelques gravures de Maurice Achener, en hommage à cet artiste disparu le 18 avril 1963.Né à Mulhouse en 1881, Mr Achener fut pour l'eau-forte l'élève de Peter Halm à Munich avant de suivre à Paris l'enseignement de Jean-Paul Laurens. Gravant depuis 1902 quelques bois, mais surtout 500 eaux-fortes, il se spécialisa dans le paysage. Ses vues d'Alsace principalement, mais celles aussi d'Italie, de Suisse ou de Bretagne montrent dans une facture traditionnelle une grande sensibilité. "


En 2003 suite à  une  donation,  la Bibliothèque-Médiathèque de Mulhouse organise l’exposition intitulée "La douce luminosité du ciel".
 

Photo-014.JPG

 

 

 

Maurice Achener a réalisé ces copies de gravures de Durer, il a utilisé la technique de la gravure sur bois ou xylographie Dans l'inventaire du fond français il est indiqué qu'il y a été initié par Germain Jules et Herbert Lespinasse. Les deux estampes ici présentées sont des copie du personnage central de deux  des gravures de Christ-copie-1.JPG Dürer intitulées :
Supplément à la grande passion : La cène 1510
Supplément à la vie de la vierge page de titre 1511 

les gravures de Maurice Achener sont inversées par rapport à l'original. 

Nous ne savons pas si l'objectif de ce travail était didactique ou si Maurice Achener, dont le monogramme est proche de celui de Dürer, voulait ainsi lui rendre hommage.

Vi--rge.JPG
Inscription près de la copie de Supplément à la vie de la vierge 
"fragment d'après Dürer à ma chère soeur Maurice Achener 08 d--tail-Vierge.JPG "














Dimensions :
Christ  8 cm L. X 9,5 cm H. 
Vierge: 7,5 cm L. X 10,5cm. H.

D--taill-christ-main.JPG D--taill-christ-t--te.JPG

undefined  Maurice Achener a réalisé plus de cinquante gravures sur Strasbourg et ceci tout au long de sa vie, un hommage à la ville de sa jeunesse et de ses amis tel que Emile Schneider. 

Paul Ahnne , présente ainsi la ville de Strasbourg :
" Le vieux Strasbourg s'amenuise de décennie en décennie, mais bien des coeurs se souviennent et s'il ne dépendait que d'eux les vestiges qui méritent de subsister, la grâce et la poésie qui les baignent ne subiraient aucune atteinte. Il ne s'agit pas de nier les exigences d'une évolution naturelle et logique. Que les percées soient faites, que de vieilles maison soient remplacées par des nouvelles, que plus d'ordre et de clarté s'instaurent sous la règle de nos bâtisseurs modernes quoi de plus naturel !
" Mais de grâce ! Que l'utilitarisme, ce mot plus affreux encore que ne peut l'être parfois la chose qu'il désigne, ne bouleverse pas, ne dénature pas tout..."


Paul Ahnne 1959 "Strasbourg 1850-1950 "cité dans "Strasbourg naguère 1855 1945 " Pierre Feder et Astrid Gidoni Editions Payot Collection "mémoires des villes" 1979



En cliquant sur ici vous accéderez à notre présentation des gravures sur Strasbourg 

Focus sur la gravure du quai Saint Nicolas

Préparation de la plaque

Maurice Achener a le plus souvent utilisé  la gravure en creux dite taille douce. L’artiste attaque une plaque de métal, du cuivre ou du zinc.

Soit directement par un outil (burin, roulettes ou pointe sèche)  

Soit en recouvrant la plaque d’un vernis, sur lequel on dessine avec une pointe. La plaque est ensuite plongée dans un bain d’acide « l’eau forte » qui attaque la plaque partout ou la pointe a dégagé le vernis. La plaque est nettoyée avec le solvant correspondant au vernis utilisé.

 

Encrage

Dans la matrice qui est la plaque de cuivre résultant de différentes morsures de l'acide. L’encre va rester dans les parties en creux, les tailles. 

On recouvre totalement la plaque d’encre, on essuie avec de la tarlatane, qui est une mousseline fine. On commence par des chiffons sales et on utilise des tissus de plus en plus propre.  L’encre est enlevée sur toutes les parties qui doivent rester blanches. C’est avec la paume de la main que l’on nettoie les résidus d’encre qui forment un voile.

 Maurice Achener a utilisé l’encrage pour obtenir les blancs et les noirs souhaités à l’impression, parfois en laissant  volontairement le voile sur des zones sans tailles.

pointe-s--che.JPG  "Pas de bon ouvrier sans des bons outils" dit le dicton, pour la gravure en taille douce c’est pareil. L'objectif  est d' attaquer le métal, C’est pourquoi la gravure en creux est aussi appelée chalcographie ou gravure sur métaux. 
L’outil le plus simple est la pointe sèche, c’est un bout de bois avec juste une pointe à son extrémité, rien de plus basique, peu de risque de se blesser, avec elle nous dessinons sur la plaque de cuivre, cela enlève le vernis qui la recouvre, un clou ferait aussi bien l’affaire, mais serait moins maniable. Au fur et à mesure que le vernis se recouvre du dessin, des filaments d’or apparaissent comme par magie. Le cuivre brillant et poli brille. Et plus cela semble lumineux, plus le noir sur le papier sera important, la gravure ou l’art de la surprise. Un article de R Fischer dans un journal alsacien du 20 novembre 1962 concluait d'ailleurs ainsi joliement un article sur Maurice Achener :" Ainsi avons-nous rencontré Maurice Achener, graveur , 81 ans, autour duquel les enfants répètent lorsqu'il le voient graver à la pointe sèche sur le cuivre vernis et fumé, la même phrase émerveillée _ Oh, regarde, maman, ce monsieur dessine des lignes d'or sur du noir! "

Mais revenons aux outils, plus sophistiquée, du moins de nom,  la pointe diamant, c’est brillant, mais pas la peine de braquer pour cela un graveur, c’est tout à fait abordable, à partir de quelques dizaines d’euros chez les bons fournisseurs. Pratique pour revenir ajouter un peu de creux à la plaque, l’encre s’y incrustera en donnant un noir fort. Par contre l’attaque s’émoussera au fil des impressions. Il faudra peut être protéger la plaque par un aciérage, qui consiste en une électrolyse qui recouvre la plaque d'acier. Elle change alors de couleur et passe d'orange doré à gris. Maurice Achener utilisait pointe diamant et pointe de rubis. Pour noircir sans acide des tas de petites roulettes existent, elles sont munies d’un manche et on les roule sur la plaque. Certaines font des lignes parallèles, d’autres des points asymétriques, des petits trous ou des grands, un grand choix vous est offert, vous pouvez demander à votre dentiste de vous  passer de ses veilles roulettes, elles peuvent donner des matières intéressantes.  

Chacun de ces outils d’attaque du métal présente une qualité graphique et il est possible de les panacher pour varier les effets. 
brunissoir-manche-en-bois.JPG

Quand la gravure réalisée n’est pas à la hauteur de nos  ambitions, et que des attaques indésirables de l’acide ou des outils sur la plaque ne plaisent pas, on a des repentirs. Il devient nécessaire de reblanchir la gravure en polissant la plaque. Et cela devient physique, les outils fatigants sortent. Le brunissoir est une espèce de cuillère bombée qu’il va falloir frotter avec énergie et un peu d’huile sur l’endroit à rattraper. Et si cela ne suffit pas, l’ébarboir intervient avec cet outil tranchant sur trois cotés, un peu de concentration est nécessaire, en cas de dérapage cela peut saigner.

 

Les outils des graveurs changent peu et ceux de Maurice Achener seraient encore utilisables de nos jours. 
pince.JPG



Les illustrations sont extraites de "Traité de la gravure à l'eau forte" de Maxime Lalanne,  la première édition date de 1866.

Une gravure est une oeuvre originale réalisée par un artiste et destinée à une impression sur une presse à taille douce. Elle offre la possibilité d'être reproduite de façon multiple, tout en respectant un nombre limite de tirages.

La presse du graveur de taille douce est composée de deux montants de fonte, réunis par deux rouleaux superposés entre lesquels passe une plaque d’acier mobile. L’ensemble est comparable à un laminoir dont on peut régler la pression par les deux extrémités du rouleau supérieur. La table passe d'une extrémité à l'autre sous les deux rouleaux.  Sur la table sont disposés des langes, qui sont des rectangles de tissus de laine blanche.

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