Estampe-Jouas.JPGCharles Jouas (1866-1942) commença sa carrière en tant que dessinateur. Il travailla en 1897, sur un projet d’illustration du livre « Cent ans aux Pyrénées » de Henri Beraldi. Si l’édition  n’aboutit  pas, il en  reste une belle série des dessins et aquarelles sur le massif des Pyrénées.

http://www.balades-pyrenees.com/jouas_charles.htm

 

C’est en  donnant  ses propres dessins à graver, que Charles Jouas  s’intéresse puis s’initie à la technique de  l’eau forte, aux alentours de 1900.  Il est influencé par par Francis Seymour Haden *

Ses gravures sur  Paris, avec la série de « Paris vu de Notre Dame » (16 planches) et celle intitulée « Autour de Saint Séverin », présentent la ville dans  les évènements qui l’atteignent et son évolution (inondations, grands travaux, aménagement des quais). 

En tant que graveur il fut également illustrateur,sur l'ouvrage de Joris Karl Huysmans La cathédrale (64 eaux fortes).
Sources :

 

On le qualifie d’héritier de la technique et de l’inspiration romantique.
Il exposa dans la galerie J. Chaine et Simonson en 1913. 

 Il participa à la création de la Société de  Saint Eloy. Société de bibliophiles,  dont étaient également menbres : Henri Vever (1854-1942) le bijoutier-joaillier, grand amateur d'estampes, Paul Adrien Bouroux et André Dauchez. Pour la Société de Saint Eloy,  il contribua à la mise en image, d’une édition de luxe du  livre « Par les champs et par les grèves » de Gustave Flaubert. Le texte était préfacé d’une notice écrite par René Daumesnil. Dans cet ouvrage collectif, intervenaient d’autres graveurs tels que  Edgar Chahine, et Louis Wuillaume, dont il était l’ami,  André Dauchez, Henri Cheffer, Paul Adrien Bouroux,  et Maurice Achener.

 Ce fut également un arménophile engagé ami d’Archag Tchobanian.

 
Il présida la section gravure de la Société Nationale des Beaux-Arts.

 

Catalogue de l’exposition Travail et Banlieue regards d’artiste 1980-1980. Somogy Editions d’Art.

Dictionnaire de l’estampe en France (1830, 1950) Janine Bailly-Herzberg. Editions Arts et Métiers Graphiques 1985.
J. E Bersier La gravure les procédés et l'histoire édition 1948 La table ronde.
 
Jtrav
* roc
Brochure ailla dans les Pyrénées pour

  un projet de

DSC00922.JPGC’est la fin d’un été riche en pluie, dont le seul avantage est de donner du temps libre pour des expéditions dans des expositions Par hasard ou par envie, parfois sur les traces de Maurice Achener, quelques belles rencontres et découvertes ont ainsi donné des couleurs au temps gris. Nous sommes allés sur les traces de Maurice Achener et de André Engel au château de Ripaille. 

Dans un précédent article, nous avons parlé de l'amitié qui liait Maurice Achener et André Engel. Quelques gravures de Maurice Achener qui témoignent de passage à Ripaille, nous sont parvenues. le château de Ripaille est situé près de Thonon les Bains sur les berges du lac Léman. La Haute Savoie nous attire pour ses sentiers, donnant de belles aperçus sur le Mont Blanc. Cependant  La randonnée sous la cape de pluie c’est pas génial. Nous optons pour d'autres loisirs et  décidons d’un départ direction Thonon les bains, le lac Léman et le logis de André Engel.  La visite du domaine de Ripaille est agréable, le lieu est magique entre vignes et eaux bleues du lac. Les façades du château et les dépendances,  construites par Amédée VII premier duc de Savoie qui sera Pape sous le nom de  Félix V, ont retrouvé le type d'architecture initial. Le logis était à l'origine flanqué de sept tours, une pour chacun des membres de l'ordre de Saint Maurice, il n'en reste cependant plus que quatre. 
L’ensemble a été restauré par Frédéric Engel-Gros   vers  1900.  Il était un industriel de Mulhouse, père de André et époux d'une demoiselle  Gros d’où le monogramme EG que l’on retrouve fréquemment représenté. Il  a aménagé l’intérieur de l’habitation dans un style résolument Art Nouveau. Et le modernisme a été voulu afin d’assurer le confort. Dans la cuisine, une gigantesque cuisinière à charbon founit le chauffage central, des conduits amènent l’air chaud dans les autres pièces. Le rendement thermique n’'était pas optimum, puisque deux wagonnets de charbon par mois étaient nécessaires. La vaisselle était  facilitée par un évier équipé  d’un robinet  en métal, et alimenté d'eau courante chaude et froide et munit de beaux égouttoirs en bois. Des passes plats facilitaient le service. Dès cette période le château dispose d’une installation électrique. En pensant aux visites de Maurice Achener, il est évident que la place ne manquait pas pour loger les visiteurs et que comme le vin est bon, le séjour devait être bien plaisant.DSC00928.JPG                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                  
Mais au moment de partir, nous ressentons une petite frustration, à part quelques photos de André Engel, ses œuvres ne sont pas présentées, et pas de trace des fameux oiseaux empaillés. Heureusement sa présence est plus palpable quand nous visitons l’arboretum qu’il a créé, c’est un lieu de promenade et de préservation de l’environnement.

Quelques informations complémentaires :




Le site de la fondation du château de Ripaille :
http://www.ripaille.fr/

muriers.jpgVoir également sur ce blog :

Maurice Achener a beaucoup illustré de textes, il a participé à la passion du beau livre qui animait son époque. 

Il a travaillé avec des maisons d’édition créatives notamment les Editions Crès et Mornay spécialistes dans l'édition de luxe et alors très populaires. 

Il a collaboré avec les personnalités de ce domaine tel que Gabriel Daragnès l’éditeur et illustrateur, et le typographe Louis Jou. 

Il a utilisé le bois gravé et l'eau forte

Les premiers livres sont marqués par l'Alsace avec la légende romantique d'une princesse dans un château et les poèmes des frères Matthis, puis l’horizon s'élargit. Certains ouvrages peuvent présenter des textes un peu touristiques ou vieillit, mais Maurice Achener a  mis son talent au service des  grands auteurs Emile Zola, André Suarès, Emile Verhaeren en passant par Maurice Maeterlinck, Remy Belleau, Flaubert et le prix Goncourt de 1911 Alphonse de Châteaubriant. 

Maurice Achener est un véritable architecte du livre, il réalise des gravures mais il crée aussi les lettrines et les autres éléments typographiques. Il décide de la mise en page, à une période ou l’ordinateur et les outils de PAO ne sont pas encore apparus. 

Enfin avec la "Société de Saint Eloy" la société de bibliophile crée par son ami Paul Adrien Bouroux et le joaillier Henri Vever, il coordonne les projets et devient commissaire au livre. 

Il mènera cette activité jusqu’en 1960 sur le deuxième tome des « Châteaux d’Ile de France » la Société de Saint Eloy lui signifie alors gentiment qu’il faut laisser la place sur le troisième et dernier tome. « Voici bien des années que vos gravures illustrent les volumes que nous avons publié et témoignent de la place que vous occupez dans notre société … nous avons du considérer l’avenir de la Société et rechercher de nouveaux graveurs qui puissent relayer nos sociétaires artistes dans leur œuvre. Comprenant la peine que nous ferions à ceux de nos anciens et fidèle graveurs qui n’auraient pas de chapitre …  »

 

« Promenade en auto un soir d’été» de Georges Spetz, éditeur de Strasbourg 1908.


« Théodolinde Waldner de Freundstein » 
Légende Alsacienne de Georges Spetz Editeur Imprimerie-Librairie Lahure, technique de bois gravé. 1909.

 

 « Widesaft » de Albert Matthis avec Adolphe Matthis, Editeur Stoosburri, Strasbourg, Imprimerie Alsacienne), 1911 Ce livre est conservé par Bibliothèque Nationale de Paris.

 

    « Ecoutez la chanson » de André de Raulin, seize vieilles chansons lorraines     illustrations de Serge Beaune, J-M de Raulin, Jean Baffier, Maurice Achener, G Cornelius, Adolphe Willette. 1912.

 

 «  La Princesse Maleine »  de Maurice Maeterlinck, Editeur Georges Crès et Cie, Paris Collection le Théatre d’Art,1918.

 

 






« Feu »
de Gabriele d'Annunzio), Frontispices gravés à l'eau-forte par Maurice Achener Editeur Georges Crès et Cie, Paris Collection  tome 1 et 2, Les Maîtres du Livre, 1919.

 

  «Paysages de Paris» de Léandre Vaillat. La compagnie transatlantique lui demande d'illustrer ce livre en commémoration de son nouveau paquebot le Paris, il sera offert à ses passagers (Editeur - Cie Gale Transatlantique)  1919. (voir articles sur le site).

 

« Contes choisis » par Pierre Louys, ornementations typographiques gravées sur bois  avec Gabriel  Daragnès et Pierre-Eugène Vibert. Le frontispice est de Gabriel Daragnes. Editeur Georges Crès et Cie, Paris, Collection  Les Maîtres du Livre, 1919.

 

« Moralités légendaires » de Jules Laforgue collaboration avec Louis Jou et Pierre-Eugène Vibert aux ornements typographiques, Editeur Georges Crès et Cie, Paris Collection  Les Maîtres du Livre, 1920.

 

 « Histoire Grotesques et sérieuses » de Edgar Poe avec une traduction de Baudelaire, collaboration avec Gabriel  Daragnès et Pierre-Eugène Vibert, G Aubert,  Editeur Georges Crès et Cie, Paris, Collection  Les Maîtres du Livre, 1921. 

 

«  La Faute de l'Abbé Mouret », de Emile Zola, Editeur A & G Mornay Libraires, gravure sur bois. C’est le quatorzième livre de la collection les Beaux Livres, 1922.Ce livre est conservé à la Bibliothèque Nationale de Paris.

 

 




« Monsieur des Lourdines »
par Alphonse de Châteaubriant ce livre était le Prix Goncourt 1911 préalablement édité chez Bernard Grasset, est repris en édition de luxe par l’éditeur A & G Mornay Libraires, il est le vingt huitième livre de la collection les Beaux Livres. Maurice Achener réalise plus de 100 illustrations entre le frontispice à l’eau forte, la couverture, les lettrines, les vignettes de tête de chapitre, et les culs-de-lampe, en bois gravé 1925.











« Provence »
par André Suarès une suite d’estampes, précédée d'un poème en prose de André Suarès, Eaux fortes de Maurice Achener et de Henry Cheffer, Bois en couleurs de Louis Jou, Publication à Paris (Le Goupy), 1925, Ce livre est conservé à la Bibliothèque Nationale de Paris.

 « Petites villes de France » d’ Emile Sedeyn avec Edgar Chahine, Charles Hallo, Dauchez, Brouet, Gobo, Albert Decaris , Gusman, Paul Adrien Bouroux, Tigrane Polat, Véder, Henry Cheffer, Jean Frélaut, Louis Willaume, Cottet, Il est édité par la societé de bibliophile « Société de Saint Eloy » . 1935-1937

"Dix Gravures originales en noir publiées sous les auspices de la Gravure originale en noir" par A.Baudelot , Planches de Maurice Achener, Paul Adrien Bouroux, Gustave Bruyer, Henry Cheffer, H Dumas, L Grand-Gérard, F. hertenberger, E Lein, melle Ripa de Roveredo, Louis Wuillaume, Préface de Camille Mauclair.

« Par les champs et par les grèves » de Gustave Flaubert, notice de René Dumesnil, avec Charles Jouas, Henry Cheffer, Paul-Adrien Bouroux, Louis Willaume, André Dauchez, etc. (Société de Saint Eloy) , Ce livre est conservé à la Bibliothèque Nationale de Paris.   1939.

« Cités et paysages de France » Poèmes de Louis Maigret préface de Camille Mauclair en collaboration avec Yves Brayer, P. Fleury , Van Hasselt , Lucien Jonas , P. Labrouche , Maurice de Lambert , Fernand Maillaud , M. Parturier, C. Rameau , G. Venet , J.-F. Zingg Edition Barry Paris , Ce livre est conservé à la Bibliothèque Nationale de Paris. 

 «  La Première journée de la bergerie » de Remy Belleau, livre édité par la société de bibliophilie Société des Médecins bibliophiles. 1945. Maurice Achener réalise toutes les illustrations et les lettrines.

 « Almanach, cahier de vers » de Emile Verhaeren.  Il est Commissaire au livre avec José Belle pour l'édition de ce livre. Dans lequel interviennent, pour chaque mois de l'année des graveurs différents : Paul Adrien Bouroux, Paul Baudier, Charles Hallo, Jean Frélaut, Eugène Corneau, Henry Cheffer, Adolphe Beaufrère, Camille Josso, Pierre-Yves Trémois, Lemagny, Robert Jeannisson, et André Vahl. Le livre est édité par   la Société de Saint Eloy. 1951.

« Marchés et Foires de Paris » de Léo Larguier.  Avec Pierre-Yves Trémois, Henry Cheffer, Lemagny, Charles Hallo, Robert Jeannisson, René Cottet, Fernand Hertenberger, Paul Adrien Bouroux, Albert Decaris, Jean Frélaut, Camille Josso (Société de Saint Eloy). 1953.

 « Vieilles Abbayes d'Ile de France » de Louis Réau Avec Robert Jeannisson Pierre-Paul Lemagny, Henry Cheffer, Fernand Hertenberger, André Valhl, Aymar de Lézardière, Paul Baudier, Paul Adrien Bouroux, Charles Hallo, René Cottet, Albert Decaris, Camille Josso, Adolphe Beaufrère.(Société de Saint Eloy). 1955

Il participe à la série de livres « Châteaux D'Ile de France  » d'Ernest de Ganay (Société de Saint Eloy). 1957.

 

Maurice Achener a aussi réalisé des lithographies. Clément-Janin dans un article dans la revue Byblis indique "en concurrence à l'eau-forte, il mène le bois et parfois la lithographie. Il a cependant assez peu de sympathie pour cette dernière. Comme son ainé jeanniot, il lui préfère l'eau forte et le bois "qui ne blaguent pas!"

Voici dans un registre qui lui est  inhabituel, le programme d'une pièce de théâtre de Labiche, donnée le 2 mai 1903 à Strasbourg. la lithographie est réussie et l'on peut regretter que Maurice Achener n'est pas poursuivi également dans cette voie. L’artiste  s'est représenté dans la foule qui assiste au spectacle, au lieu de regarder la scène il fixe une jeune femme derrière lui. Tout cela est bien étrange.  
Cette lithographie de Maurice Achener est proche de celles réalisée par Emile Schneider. A cette période, Maurice Achener a 23 ans, il vit à Strasbourg, il est membre du groupe d'artiste francophile,  "Société des artistes de Saint Nicolas" fondé par Emile Schneider. Il fréquente les frères Matthis, deux jumeaux poètes parfois qualifiés de  "créateurs du lyrisme alsacien". Maurice Achener est proche de son départ pour Paris, où il se rendra en 1908. car Paris l'attire, la capitale est alors la ville lumière le centre artistique mondial et les artistes y débarquent des quatres coins du monde . 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des informations sur les deux poètes Albert (1874-1930) et Adolphe (1874-1944)  Matthis en suivant le lien suivant

http://www-bnus.u-strasbg.fr/ExposAnciennes/matthis/matthis/Intro_1.htm

Et écouter un de leur poème http://www.lamanivelle.org/pages/spe_matthis.php?active=49&deroule=menuNouveautes

 Sources : Clément-Janin Byblis printemps 1923 "Maurice Achener Peintre-Graveur Alsacien".

   

 

A partir de 1871 l'annexion de l'Alsace à l'Allemagne provoque une émigration d'Artistes de la région et met fin au courant artistique appelé "Ecole Alsacienne". 

 

Emile Schneider est né le 23 janvier 1873 à Illkirsh Grafenstaden. C'est donc, dans un contexte de province allemande que Maurice Achener et Emile Schneider se rencontrent et participent au renouveau de l'art Alsacien. 

 

Après une formation près de Léon Hornecker à l'école municipale des Arts de Strasbourg, Emile Schneider devient lui même professeur à l'Ecole des Arts décoratifs de Strasbourg. Il pratique la lithographie dont il réalisera environ 150 pièces. Il contribue avec de nombreux artistes à l'illustration des contes en dialecte publiés par G Stoskopf en 1897 et 1898. Il donne deux lithographies à " La Saint Georges " journal publié en 1902 par Dush. Ses imprimeurs sont d'abord Dush et surtout son successeur Michel.  

 

En 1901 Emile Schneider, Georges Ritleng, Léon Hornecker et Gustave Krafft créent le groupe d'artiste appelé "Société des artistes de Saint Nicolas" qui devient par la suite " La Société  des Artistes Alsaciens ». Cette société comptera parmi ses membres Maurice Achener, Daniel Albert Schoen, J.J Waltz-Hansi,  Alexandre Urbain, N. Forsberg, Léon Hornecker, Camille Schlumberger, Albert Schultz, Jules Raymond Koening, Auguste Edelmann et Frédéric Lauth.  Ces groupes politisés se constituent  pour créer un mouvement, une culture bien propre à l'Alsace, en effet les artistes, musiciens, intellectuels alsaciens en ont assez de la "Kultur" allemande ce en quoi ils sont parfois soutenus par des intellectuels allemands . La situation est vivable dans une relative liberté, cependant la langue parlée, enseignée et écrite est l'allemand.  

 Emile Schneider publie un album de 20 lithographies , apellé  « Gens de chez nous et d’ailleurs » Dans sa lettre préface à ce recueil, Simon Rocheblave professeur d’histoire à  l’université de Strasbourg qualifie ce mouvement de « récalcitrance » artistique. Il indique qu’après la première guerre mondiale, et le retour à la France , ils ont du également lutter contre le risque de perdre leur identité propre. 

 

Extraits du texte " … Déjà bien avant la guerre, je savais, par le Docteur Bucher, par mon regretté ami Georges Spetz et par d'autre que la SOCIETE DES ARTISTES ALSACIENS  , dont vous êtes l’âme, opposait sa digue courageuse, obstinée au flot d’art germanique qui déferlait en Alsace, et qui grâce à vous, ne fit pas tout le mal qu’il se promettait de faire. Tout ceux qui , à Paris, suivaient de loin la vie artistique de l’Alsace vers 1910, sentaient la vaillance de votre petite phalange, de Georges Ritleng et de Maurice Achener avec vous d’abord puis de ceux qui se joignirent à ce petit noyau, comme Léon Hornecker, Camille Schlumberger Albert Schultz, , et  J.J Waltz-Hansi,  dans une lutte qui paraissait  désespérée, tant elle était disproportionnée, contre l’oppression de l’art munichois, et les appâts matériels tendus à la naturelle ambition des artistes indigènes. Votre art à vous comme votre âme regardait vers la France. Votre idéal était le notre ; votre talent était « de chez nous » et non « d’ailleurs ». C’est un chapitre attachant et trop peu connu, de l’histoire de la petite patrie alsacienne dans l’histoire de la grande patrie française, que celui de votre « récalcitrance » artistique, au début du vingtième siècle jusqu’à la lutte suprême qui, en assurant votre triomphe faillit aussi assurer votre submersion. Mais non, et nous avons assisté en 1920 et 1921, à un nouveau jaillissement de cette source. …. 

Quand ce chapitre spécial de l'histoire strasbourgeoise s'écrira ( et cela se produira bien un jour), l'hommage du narrateur ira,  - outre les noms déjà cités, - à un Daniel Schoen, celui-là réenraciné depuis l'armistice au centre de l'art strasbourgeois, à Jules Raymond Koening, à Alexandre Urbain, à Auguste Edelmann, à Frédéric Lauth et à quelques autres, qui en dépit d'une installation parisienne, n'en ont pas moins soutenu et maintenu le mouvement dont nous voyons aujoud'hui les résultats. 

Tous, ils ont lutté par le pinceau pour l’idée française, avant de lutter –dans la mesure où ils l’ont pu, -hier, pour la cause française, et sous l’uniforme français. Et ce dut être pour vous, cher Monsieur, une émotion sans nom que de voir défiler chez vous, le soir de l’entrée triomphale du Général Gouroud à Strasbourg, vos camarades, les peintres Alex. Urbain, J.R Koenig, M. Achener, André Engel, Aug. Edelmann et Daniel Schoen, tous rayonnants sous l’uniforme bleu-horizon avec leurs galons, leurs blessures et leur croix. Une telle journée doit avoir sa place marquée dans l’histoire de l’art en Alsace.. "

En analysant son oeuvre :

"On voit d'abord un éxécutant de la lithographie singulièrement habile, au métier souple et varié , très dessinateur par la ligne, très peintre apr la lumière et la couleur, très "lithographe" par l'entente de la pierre et de l'encre", ce qui est asurement beaucoup dire dans cette Alsace qui fut le berceau de l'art lithographique. On voit aussi , dirai-je un caricaturiste ? non, ou à peine. Un "moraliste" du crayon plutôt , ou un psychologue de la silhouette et des allures du costume ou du geste. Il y a là comme du Daumier Alsacien...

Ah! vous êtes bien de chez vous Monsieur et pas d'ailleurs! Quel WACKES au naturel que votre WACKES!

Emile Schneider est l'un des collaborateurs de la revue la "Revue alsacienne illustrée". Ce périodique bilingue allemand et français, a été publié sous l'impulsion de Charles Spindler et de Gustave Stoskopf. Les articles marquent un refus de la domination Allemande. Ils sont illustrés par de nombreux artistes dont Emile Schneider, mais aussi Maurice Achener et André Engel.   

Emile Schneider expose pour la première fois en 1895 à l'exposition Internationale de Berlin, puis à Munich en 1897. Il participe de 1898 à 1938 à de nombreuses expositions à Strasbourg. 

 Emile Schneider meurt à Paris le 16 décembre 1947.

 

Les musées d'Hagueneau et de Strasbourg regroupent  des oeuvres de Emile Schneider. son oeuvre lithographié complet se trouve au cabinet des estampes de Strasbourg.

  

 

Lithographie de l'album "Gens de chez nous et d'ailleurs" légende "glaasb'sch du's tu coupes la dedans toi ?"

 

Portraits de Maurice Achener par Emile Schneider dans les années 1901 à 1904 (Collection Particulière):

 

 

 

Raffaella Cavalieri travaille à l’Université de Sienne en Italie, au département de Littérature Moderne et de Science du Langage (Universita degli Studi di Siena dipartimenta di letterature moderne e scienze dei linguaggi) Elle est spécialiste de la littérature des voyages a publié la  traduction du livre d’André Peraté “Sienne” illustré par Paul Adrien Bouroux. 

André Pératé (1862-1947, est né à Nancy, il est admis et étudie à l'Ecole Normale Supérieure de Paris, où il devient agrégé de lettres. Il est membre de l'Ecole 
française de Rome de 1884 à 1887 et travaille ainsi sur les miniatures du Térence au Vatican .

En 1922, il est nommé  Directeur par intérim de l'Ecole  française de Rome. Plus tard il sera Conservateur au musée de Versailles avec Pierre de Nolhac. Ses thèmes de recherche de prédilection sont  l'archéologie, la  mystique chrétienne, la peinture italienne et plus  généralement l'histoire de l'art italien.  Il collabore ainsi  à la « Grande Encyclopédie », aux « Annales de  l’Histoire d'Art" de André Michel. Dans ces revues  il publie notamment ses études sur l'art italien. Il est également l'auteur d'une  traduction poétique de Dante en français, et  de "Petites  fleurs de Saint François d'Assise". Il réalise des ouvrages  consacrés au musée de Versailles ("Versailles" et "Musée National  Versailles"), et enfin un guide de Sienne et un autre sur Assise,  qui sont illustrés par le graveur Paul Adrien Bouroux. 

Raffaella Cavalieri nous propose ici une biographie de ce graveur, qui était le voisin et l’ami de Maurice Achener. Ils travaillèrent ensemble sur de nombreux livres destinés à des bibliophiles, nottament ceux édités par la société de Saint Eloy et quand vers la fin de leurs vies Paul Adrien Bouroux eut la vue altérée, Maurice Achener l’aida souvent dans son ouvrage de graveur.

Paul-Adrien Bouroux (1878-1967): sa vie, ses voyages, ses livres illustrés.

Graveur et illustrateur de livres, Paul-Adrien Bouroux, naît à Mézières le 14 juin 1878. Il hérite de sa mère la passion pour le dessin, et à l’age de 4 ans il ést déjà capable de copier les aquarelles qu’elle réalisait.

Ayant terminé ses études au collège des Barnabites de Gien, il commence sa carrière dans l’Enregistrement. Pendant son service militaire à Rouen il rencontre des camarades qui sont des élèves de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris et qui le présentent à leur professeur: le peintre Luc-Olivier Merson.Il lui donne des conseils.

Rendu à la vie civile, Paul-Adrien Bouroux est nommé receveur à Guillaumes et puis à Grancey-le-Château, d’où il se rend souvent à Dijon qui le séduit. Il y fait la connaissance du graveur Victor Focillon qui l’initie aux secrets de la gravure. En 1905 il participe au Salon des Artistes Français avec l’eau-forte intitulée La Forge. Dans l’année suivant il démissionne de l’Enregistrement et se consacre exclusivement à la gravure.

Au retour d’un voyage en Angleterre il obtient la consécration officielle de son talent en recevant une mention honorable au Salon du 1908 avec Les Oies du moulin. Ses voyages seront très importants pour sa carrière artistique: il aime la vision directe et consciencieuse de la nature et de cette vision vive et directe il tire les illustrations des livres qu’il réalise sa vie durant. Il publie une interprétation de ce que ses yeux ont vu et non pas d’un texte: il préfère se pénétrer de l’atmosphère réelle des villes que du texte, en y faisant des long séjours et en bâtissant ses dessins devant la nature.

D’un voyage en Savoie et dans une partie de la Suisse il ramène des croquis qui inspirent les planches au vernis mou qu’il présente au Salon de 1909 en un album intitulé De Londres à Genève. En 1912 une nouvelle médaille récompensera les planches realisées pour l’illustration du livre de R.P. Berthier Fribourg, ville d’Art. L’expérience d’illustrateur ne sera pas limité à cette oeuvre, mais elle se renouvelle très vite: en 1914 il présente au Salon les planches exécutées pour le livre d’André Pératé Sienne. Il voyage en Italie en 1913. Même la guerre n’interrompt pas son activité artistique et, au front, il réalise nombreux croquis et des eaux-fortes qu’il rassemble sous le titre de Au front d’Alsace.

Après la guerre il reprend l’activité d’illustrateur et en 1925 il est encore en Italie, toujours avec André Pératé. Cette fois l’objet de leur séjour est Assise, en vue de la publication d’un ouvrage sur cette ville. L’artiste s’arrête aussi à Arezzo, Volterra et Livourne et puis il gagne la Corse. En 1927 la Bretagne l’attire et il y illustre Colette Baudoche de Barrès. Son humeur vagabonde le conduit à La Rochelle et au pays basque en 1928, d’où il ramène quelques nouvelles planches grâce auxquelles il obtient la médaille d’or au Salon du 1929. La même année il illustre l’Oblat de Huysmans. En 1932 il devient secrétaire de la Société de Saint-Eloy qu’il avait contribué à fonder en 1923 avec les graveurs Charles Jouas, André Dauchez et le bibliophile Henri Vever. Le but de la société est d’éditer des livres de bibliophiles et elle réunit pour cela quinze graveurs qui se partagent l’illustration d’un texte choisi par le comité. Il collabore à l’exécution de Paris, ses eaux et ses fontaines de G. Montorgueil, à la collection des monographies des Petites villes (Bergues, Senlis et Uzès) et aux trois volumes consacrés aux Châteaux d’Ile-de-France.

La société n’absorbe pas toute l’activité de l’artiste et il illustre successivement Boulogne Belle, Le Pays de Hainaut, et Sur les Chemins de la victoire. En 1936 l’Etat lui reconnait la Légion d’Honneur. Quand la seconde guerre mondiale entrave les déplacements lointains, il se réfugie dans sa maison d’Ile-de-France et travaille à l’illustration de Sylvie de Gérard de Nerval. Dès que la circulation redevient libre, Bouroux suit son esprit voyageur et en 1947 il retrouve la Bretagne, puis Hossegor en 1950. L'année 1947 voit la parution de Le Cahier vert de Maurice de Guérin et en 1952 Le Manuscrit de ma Mère de Lamartine représente le dernier ouvrage important du graveur. Peu après, un accident oculaire nécessite une grave opération qui lui évite la cécité mais n’empêche pas sa vue de se fatiguer très rapidement. Il réalise encore plusieurs planches jusqu’en 1964 quand une crise cardiaque met un terme à sa carrière de graveur. Il vit encore quelque temps, jusqu’au 31 mars 1967.

RAFFAELLA CAVALIERI

D'autres articles de Raffaela Cavalieri disponibles sur Internet

http://www.fabula.org/revue/document1092.php

http://www.fabula.org/revue/document1041.php

En Italien :

http://www.storicamente.com/03_biblioteca/schede/2brewer.htm
http://www.unisi.it/lettura.scrittura/imago
http://www.bancaetruria.it/docfile/etruria_oggi_67.pdf

Références du livre :
André Pératé, Siena, Pacini Editore, Pisa, giugno 2007
215 pag. Euro 18,50
ISBN: 978-88-7781-903-1


Première illustration de l'article huile de Maurice Achener : Le jardin des Bouroux à Senlis (Collection Particulière)

Illustrations de Paul Adrien Bouroux pur le livre de Jean Yole "Le marais de Monts en Vendée"  
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En 1921 le paquebot le Paris est une réalisation de prestige,  un livre illustré par Maurice Achener est offert aux passagers. Edité dès 1919,  il est intitulé « Paysages de Paris ». Il est écrit par Léandre Vaillat, qui a également réalisé des articles sur ce paquebot. 

 

C’est un petit ouvrage qui fera l’objet d’un tirage sans doute important, et dont les exemplaires ne sont pas numérotés. Il existe sous diverses couvertures cartonnées. Maurice Achener a essentiellement travaillé pour des ouvrages de bibliophiles avec des exemplaires en nombre limité, c’est donc une production particulière dans sa carrière.

 

Le texte de Léandre Vaillat  est dédicacé «  A une Américaine qui m’avait prié de lui « montrer Paris ». Il se propose comme guide touristique de la capitale francaise.  

Le premier chapitre intitulé Le fleuve décrit des lieux autour de la Seine , suivent les thèmes de l'avenue des traditions , du Quartier latin et Le vieil hôtel.  Les endroits en relation avec les Etats Unis illustrent la « table des chapitre » avec la tombe de La Fayette au cimetière de Picpus et le premier quartier général de l’armée américaine à Paris (esplanade des invalides).

 

Les qualités littéraires du texte ne sont pas l’objet de notre propos, mais pour situer le style, on peut trouver que la ville est décrite de façon un peu datée aujourd’hui, par un auteur enthousiaste verbeux mais au vocabulaire parfois onirique. Pour exemple un petit extrait  destiné à  inciter à la marche à pied sur le quai d’Orsay alors près de la gare d’Orléans « Chaque pas d’une promenade tranquille projette sur nos yeux, pourvu qu’ils soient actifs, guetteurs sans indolence, une image qui est votre création  et qui vous appartient comme une gravure non achetée chez le marchand mais dessinée par votre sympathie sur le vélin du rêve, et à laquelle chacune de vos sensations ajoute une touche d’enluminure » 

 

Face à cette commande, Maurice Achener, dessine les lieux en relation avec le texte mais utilise également des gravures qu’il a déjà réalisées sur Paris. Il opère un travail de  simplification et de changement d’échelle pour s’adapter à la mise en page, pour ce faire il commence par  dessiner de nouveau l'illustration dans le sens où elle sera à l’impression. Lors de ce traitement une gravure telle que celle du pavillon de Flore sans devenir mièvre perd son corps et de son charme initial, mais s’intègre bien dans la page écrite et aux objectifs de promotion de Paris, dans sa double signification, de ce livre.

Le livre « Paysages de Paris » comporte dans ses dernières page le texte suivant :« Achevé d’imprimé l’an 1919, En commémoration de son paquebot le « Paris » La Compagnie générale Transatlantique  a édité ce livre pour l’offrir à ses passagers ». 

 "Paysages de Paris » a pour auteur, un homme dont le prénom charmant n’est pas encore revenu à la mode, il s’appelle  Léandre Vaillat et les dessins qui illustrent l'ouvrage sont de Maurice Achener.

Le paquebot le Paris est mis en chantier à Saint Nazaire en 1913, mais sa construction est bloquée par la première guerre mondiale et ce n’est qu’en 1921 que le Paris appareille pour son premier voyage vers New-York.

Sa décoration est soignée, et se veut novatrice. Dès 1916 John Dial Piaz administrateur et futur président de la Compagnie générale Transatlantique, demande à la Société de l’Art français moderne d’en étudier l’agencement. En 1919 le projet de cabine de Tony Selmeshem est exposé au Salon des Artistes décorateurs. René Lalique imagine, dans le grand salon, les portes et les appliques d’éclairage en verre moulé, elles sont réalisées par Nelson. Le hall et l’escalier monumental, de l’architecte Bowens de Boijen, sont de style Art Déco, tandis que la grande salle à manger, très différente avec un aspect très métallique et un plafond en verrière, présente une architecture Modern style. Le ferronnier Edgar Brandt s’est inspiré de motifs marins (vagues coquillage poulpe)  pour la rampe de l’escalier en fer forgé, les balustrades et la coupole. Les matériaux sont recherchés, luxueux  et originaux, Georges Dumaine  crée des appareils d’éclairage en albâtre, cristal et bronze, René Prou compartimente la salle à manger des deuxième classe de piliers en bois de courbaril et utilise des boiseries en amarante pour le salon bibliothèque.

La décoration reçoit quelques vives critiques, mais Léandre Vaillat décrit ainsi cette réalisation : « Le soir une douce clarté tombera non des étoiles comme dit le Cid, mais des verrières. Un escalier à double évolution mène à l’étage supérieur : la rampe en fer forgé avec ses vagues entrelacées, conduit le regard sans heurt, jusqu’aux arabesques culminantes de la voûte ». Et Gilles Lambert le définit   comme  « un paquebot féminin où règne le charleston des années vingt. ».

Le bateau connaît un vif succès, mais en 1927 il est accidenté en baie de New York par une collision avec un cargo norvégien, en août 1929 il subit un incendie important, les travaux de remise en état durent 6 mois. La mode ayant beaucoup changé entre 1921 et 1929, il évolue vers une architecture intérieure plus sobre. Et pour la première fois, une piste de danse en glace lumineuse  équipe  un paquebot.

Mais le 18 avril 1939, au Havre,  un autre incendie, débute dans la boulangerie du bord et  ravage le bateau, les œuvres d’art destinées  à l’exposition internationale de New York sont sauvées, mais le navire coule. L’épave restera à cet emplacement, et provoquera l’accident du paquebot Liberté en 1946, elle ne sera démolie qu’en 1947.

 

Références :

http://www.frenchlines.com/ship_fr_368.php

Pierre Kjellberg : Art déco : Les maîtres du mobilier le décor des paquebots.

 

 
The print connoisseur July 1923 Edited and published by Winfred Porter Truesdell Champlain New York

 

The etchings of Maurice Achener by Louis Seyden

 

In all epochs artists have seen to suddenly find themselves after having long and laboriously searched for their way. Such was not the case with Maurice Achener, however.
He had etched some twenty years and if he worked much, with the feelings always, sometimes a little uncertainly, from the very first his work has shown the impress of sincerity. One can go through it from the first to the last plate without finding the least suspicion of the deliberate use of any artifice. The desire to strike the imagination is totally foreign to him, and no etcher is less literary in the sense that is given to this qualification today. Let us understand by this that in a landscape whether in his native Alsace, in Italy, or in the Isle of France, disregarding theory and recollections, he has only he has only the desire to be an analyst of as great penetration as possible. Blank perhaps to the uncultivated or superficial observer, because often less pictures than their reflection his works enchants the delicate by shades of intense expression, by its refined sensitiveness which is left to ones divination.

One may well understand that’s Achener’s success under such conditions have been slow and progressive. He had from the first followers on whom the quality of his esprit and of is work was not lost. A circle of faithful collectors, growing larger every year, followed and encouraged him, classing him among contemporary etchers of solid reputation, and the future will certainly rank him among the masters.


Born in 1881 at Mulhouse, Achener studied at first in his own country, then at Munich. He destined himself to paintings, which he never gave up completely; his sending to the Société Nationale des Beaux Arts while not frequent have not passed unnoticed "sic". But soon, perhaps under the influence of one of his professors at Munich, P.Halm, himself etcher of repute, he began to feel the attraction of the point and the etching. But he did not give himself up to it definitely until after he had tried the wood block.
















About 1909,
sollicited by an amateur, M Spetz to illustrate a collection of legendary poems, he acquired by himself the technique of the wood block, and even his first effort were successful. We may add in passing that he returned to the wood engraving in 1919, illustrating La princesse Maleine, of  Maurice Maeterlinck, and in1922 making the very important illustrations for La faute de l’abbé Mouret by Emile Zola.


But it is with the etching; that we are concerned here. His  first  plate date from 1902. The subject he chose from the country round around him, at Strasbourg and vicinity, attacking the most diverse themes, landscape, architecture, interiors. He even etched figure subjects a Dutch woman, a fisherman, some portraits. His character being (idealism and talent apart) laborious and conscientious, these first effort although scattered are yet not without value. The struggle of the artist with the technique of the medium which must to be learned is not too evident, and if the techniques hesitate at times, the vision is already personal. Before commencing to etch he had made   many designs and painting which one readily perceives even in his first efforts. When he started to works with the needle he had therefore long been in the possession of the requisite knowledge acquired as a painter, of what subject to choose and how to translate it. It is without doubt to this that these first are a quality often lacking in the early work, the result of experience, thought and happy simplifications…..


 

The print connoisseur July 1923 Edited and published by Winfred Porter Truesdell Champlain New York

 

The etchings of Maurice Achener by Louis Seyden

In 1908 Achener came to Paris, and here, as in his own country, is still drawn to that which attracted him from the first the irregular outlines of the old buildings, the savoury color of the stones slowly weathered by the sun and rain of centuries, in other words the picturesque. To loosen this tendency, to give the proper aspect to his work, the severity and the hardness of the North needed the infusion of Latin cheerfulness. The warmth and serenity of the South were wanted .Italy was necessary. He arrived there the first time in 1910 and a once there a revelation. At the contact with these aspects, new to him, of nature and civilization, his perceptions asserted and multiplied themselves; his spirit became free from its timidity from the first influence received. He burned with an enthusiasm, new and free, with a young and virile ardour for the eternal beauties which appeared to him. From that tile on he tried, he dared he succeeded. His composition fell into order, showed development, acquired ease and brilliancy.

Scarcely had he had the time to catch a glimpse of what Italy had in store for him than Venice with its imperial charmed attracted him. It is however as a “flaneur” that he repaired there, stopping at Brescia, Verona and ”, from whence he dates some interesting notes in sketches of their monuments-bathed in that indescribable atmosphere full of tenderness, showing the power to grasp, and what is better, to express.

Finally he is at Venice. He etched here as early as that first year, eleven plates, notably le Pont des Saints Apôtres, la Fondamentea Nuove,  de Saint-Jean Evangeliste and the façade of Vieux Palais reproduced here, in which the ruin retain a smiling nobility behind the wreathed palli. From that time his talent is marked by Italy. He returned the year following to revisits Brescia, Vincenza, Verona. Later he remained a long time at Florence and visited Sicily, bringing back from Palermo and Girgenti many significant plates. Each halting place seems to hold in reserve for him a voluptuous intoxication of production. His thought became fused with the happy harmony which created all about him that powerful light without violence, that architecture of such ordered elegance, that wonderfully decorative vegetation. He created in joy! What more dazzling remembrance than that remembrance that of a morning spent before the ramparts of Sclaligieri at Verona!

 

Certainly this talent is subjective, but how well it expresses, how it excels in fixing forever the emotion of an hour. No better example of this could be given than that one of his plates, the view An werp (?), impregnated with the melancholy austerity of the North. This date, like the preceding one of 1911 shows that the impress left by Italy on the mind of Achener did not turn him, asides from working under other skies. The South had not held him entirely : often he returned to Alsace, and he also worked a good deal in, Paris, and Switzerland both before and after the war.

But to return to the Italians plates (of which there are no less than forty-six) beside the Venitian Series one should note the importance and the interest of the Florentine Series which include several plates of the first order, such as the panorama of La Certosa, views in which the penetrating lights is cleverly graduated, the luminous Descente de Fiesole, or the noble and sober Or San Michele.



 





































Continued .....

The print connoisseur July 1923 Edited and published by Winfred Porter Truesdell Champlain New York

 

The etchings of Maurice Achener by Louis Seyden


The olds buildings, the walls pitted by the weather and burned by the sun, the shadowed alleys, seemed to hold a particular appeal for Achener. He loved the harmony here, the discordance there; good portraitist of the towns, he penetrated their innermost secrets with a tender veneration. But nature also held for him its charms, and in particular the trees. Besides playing an expressive role in many of his plates, there are a certain number in which they furnish him with the sole motive. From his first essays in etching Achener saw the tree decoratively (see la Matinée de Printemps, Les Dunes près de Knocke). In Italy the mixture of the silvery trees with the sombre green of the Cypress rejoined the colourist in him, their silhouettes brought also to his compositions an clement of attraction which he used with originality. From this point of view le vivo Alto of Sienne is considered by many collectors to be one of his most personal plates.

 

 

 

In Switzerland the old and picturesque Fribourg, surrounded by precipitous gorges and dominated by the massive tower of its collegiate church, has furnished Achener the subject of six important plates : in default of a really  characteristics atmosphere the artist has called to his aid others factors  of emotion, violently contrasting lights and shades, profundity of perspective. However, in spite of the great picturesque interest and technique of these plates (of which the best seems to be la Vieille Ville) we prefer to the large view of Sion et la vallée du Rhône, and anove all the small and more recent views of Geneva and its environs, those of Collogny, or la Villa de Lord Byron, more varied in means and expressive of the utmost subtlety.  


 




In the interval of these journeys, and with the exception of the war time (for him, as for so many others, a frightful  period of four years) Achener has nearly every year etched some aspect of Paris, into the spirit of which he has a fine insight. If he is not swallowed up into the contemplation of the old capital with the fervour of the Florentines hours, for example, at least he loves with a clairvoyant feeling, taking pleasure in analyzing, and expressing with justness. Few plates of Paris, even the most celebrated, have for me the same appel as the Pont de la Tournelle of 1919, or that of 1920 the moving grace of the Pont Neuf of 1912, the elevated style of la Place de la Concorde of 1919. Some of the older views, such as the Pantheon of 1909 attract us however almost as much, as in spite of the picturesque interest perhaps a little too much in evidence, we find in them an irresistible eloquence expressed in loving fashion meditative and comprehensive.

The print connoisseur July 1923 Edited and published by Winfred Porter Truesdell Champlain New York

 

The etchings of Maurice Achener by Louis Seyden

As to the technique of the work, we are able to omit going into details as an original plate and numerous reproductions accompany the present text. Achener draws directly on the copper from nature, the rustic  perpectives or villagers which he has prepared to interpret. Often he makes first a small sketch to determine the principal lines of a subject. At other times when the extend and variety scheme require, the sketch is more detailed; the values are studied more thoroughly. This rigorous study of perspective is one of the masterly qualities of etcher. He attains by this to that precision of atmosphere, to that feeling of space which characterizes all his work: it is so true that all poetry is born of a patient labour. If he confines himself to the essential in is work of preparation, Achener never leaves a plate until he given and minute consideration to the mise au point. And the pulling of the proofs, he confides to the care of no other, which is responsible for a notable part in the final result. He has for his profession the same veneration as for his art.

 

 

It is b the views of the Geneva country already mentioned and by a fine series consecrated to Etampes, a pretty little villa in the suburbs of Paris that we may judge of the present expression of the art of Achener. As his evolution progresses we see him turn more to simplicity,. He shows more tone, he is sincere but more wilful, also sensitive but less subjective. The picturesque element is subordinated, the effect aimed as is discrete and at the same time imperious.  The artist does not content himself to suggest emotion, he become more ardent; yesterday he analyzed; now he suggests, he wishes to conquer. It is possible that these new tendencies remain unobserved among certain categories of collectors, who may regret the plates of effect, the decorative pictures of former times; at any rate they will enjoy the selection of the elite, and that is the essential, since Achener’s aim has always been to produce work which would appeal to the elite

 

Même si la technique de la gravure, a occupé une plage majeure dans la production artistique de Maurice Achener, il est également un peintre graveur dans le sens qu'en donnent les critiques de son époque, en les différenciant ainsi des artistes qui font uniquement de la gravure dites de reproduction. Ces derniers sont alors considérés comme plus proches de l'artisanat. Cette distinction fut à l'origine de la création des organisations telles que de des "Peintres Graveurs".

Dans la revue du "Print connoiseur "de juillet 1923, Louis Seyden explique son évolution de la peinture vers la pointe sèche et l’eau forte par sa rencontre avec le graveur Peter Halm. son professeur à l’école des Beaux Arts de Munich, il fait également remarquer que Maurice Achener n’abandonne pas la peinture pour autant, puisqu’il présente régulièrement au Salon de la Société Nationale des Beaux Arts des œuvres peintes.

“Born in 1881 in Mulhouse, Achener studied at first in his own country, then in Munich . He destined himself to painting, which he never gave up completely. His sending to the Société Nationale des Beaux Arts, while not frequent have not passed unnoticed. But soon perhaps under the influence of one of his professors in Munich , Peter Halm, himself an etcher of repute, he began to feel the attraction of the point and the etching.”

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Maurice Achener Autoportrait 
 
Si les peintures des années 1900 sont dans une veine impressionniste, on note sur les paysages italiens et méditerranéens, l’influence de Corot.   

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Maurice Achener campagne italienne


Il est  également possible de constater que gravure et peinture se complètent, le même sujet étant traité souvent par les deux techniques. La peinture est sans doute  réalisée en extérieur et le même sujet fait simultanément ou ultérieurement l’objet d’une ou plusieurs gravures. La peinture peut être ainsi imaginée comme une méthode afin  bien s’imprégner de l’atmosphère qui sera retraduite par la technique de la gravure.

 

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Un tableau et une gravure montrent souvent un même site. Exemple du "Parc"undefined

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